Photo : Sébastien EROME
C'était mercredi, en fin de matinée. J'étais en reportage dans le Val d'Ajol, sur les premiers contreforts des Vosges méridionales. Pour une double page qui paraîtra en novembre, sur l'une des plus belles charcuteries que je connaisse. Un artisan qui fume au hêtre, à l'ancienne. Dans son placard, ses femmes de barbe bleue sont des andouilles, des palette, des jambons, des filets... Un régal. Nous avions aussi prévu un reportage sur le munster, réalisé la veille, et un autre sur une vieille distillerie de la région qui fait de l'absinthe et une très belle vieille poire ambrée. Mais la visite, toujours la veille, nous avait un peu déçu. Alors, nous avons dégotté celle d'un vieux paysan qui distille lui-même des eaux de vie splendides, avec ses propres fruits et en maîtrisant à merveille la chauffe de l'alambic. Un beau bestiau. Presque plus large que haut, avec un visage tout rond, une peau joliement grêlée et des poches appétissantes travaillées à l'eau de vie sous les yeux. Il nous a amené visiter l'alambic, puis surtout le grenier où dorment ses alcools durant de lnogues années. Un honneur rare, visiblement. Il n'était pas monté depuis longtemps, laissant à ses fils le travail là-haut et l'échelle de meunier craquait fort sous son poids. Plus de 120 kilos. On a tremblé pour elle, puis découvert son grenier alibabesque. Sous une charpente très haute, une mer de bombonnes dodues recouvertes d'osier. Pas d'isolation, parce que le froid de l'hivers puis le chaud de l'été aident le vin à vieillir. Une ouverture dans la pierre, par laquelle une lumière un peu laiteuse venait lécher des toiles d'araignées qui aggripaient de dame-jeanne en dame-jeanne. Comme on avait avoué ne pas être pas fans de kirsch, il a voulu nous détromper. A penché une bonbonne pour remplir trois petits verres. Une merveille de nez fruité, puis une bouche qui n'en finissait pas. Complexe, équilibrée. Il s'est alors assis sur une bonbonne en nous regardant, nous encourageant d'un hochement de tête content pendant qu'on lâchait de sincères compliments. Dans la lumière rasante, Sebastien (qui doit depuis longtemps écrire sur ce blog), a fait de beaux portraits, je crois. On a bu, pas tout. Alors il nous a fait découvrir sa poire. Encore plus belle. En respirant, l'impression d'être assis sur une branche de poirier. Puis la mirabelle, très fine. Avant de redescendre, goûter un très vieux kirsch, d'une trentaine d'années, qu'il conserve dans son propre grenier, au-dessus de sa chambre à coucher, on est restés un moment assis tous les trois, sereins. A parler de l'alcool, des producteurs, des paysans, du commerce, de sa passion exigeante et précise pour la distillation. Quand on est redescendus, l'échelle craquait toujours. On se tutoyait. Olivier.
la prochaine fois y aurait pas une petite place pour moi dans la voiture.
Bon puisque le Sébastien y semble pas gouter à l'écriture, y pourrait pas nous mettre une photo pu deux.....
Julien
Rédigé par : juliennedelégumes | 17/10/2008 à 09:44
Sur le blog goûtu, le commentateur est roi. Voici donc pour Julien la photo de notre hôte...
Rédigé par : Olivier | 18/10/2008 à 12:55
...Et le photographe a décidé qu'il allait y mettre plus souvent des photos qui donnent soif et faim.
Rédigé par : Seb | 18/10/2008 à 15:09
excellentissime ;o)
sinon, je ne sais pas si tu connais la charcuterie moirou à coté de l'ile d'abeau, une tuerie, un des meilleur sabodet que je connaisse
http://www.saucissonsmoiroud.com/
tu peux manger sa came chez "menestret" entrée ouest de bourgoin, encore un spot de connaisseur ;o)
Rédigé par : sborgnanera | 20/10/2008 à 10:26
Trés belle photo Sébastien.
Je me réjouis que tu participes au moins par l'image.
Julien
Rédigé par : juliennedelégumes | 20/10/2008 à 12:17