Nous voilà partis pour l’ascension du mont Croix-Rousse par la voie la plus difficile mais la plus directe, dite de « la Montée de la Grande Côte». Le nom n’est pas volé ! Après avoir gravis cette voie d’une seule traite, essoufflés, nous débouchons sur le belvédère ou nous retrouvons les voies du bon Pasteur et Jean-Batiste Say. La vue est imprenable sur la plaine illuminée et le mont Fourvière. Il nous reste à emprunter l’arrête sommitale dite des Pierres Plantées qui mène à notre destination. A mi-parcours notre œil est attiré par l’enseigne d’un refuge : le Balthaz’art. Nous entrons : Galerie de peinture ? Non c’est bien un restaurant. Bien sur, la décoration fait la part belle à la peinture notamment celle de Salvador Dali, Modigliani et aux meubles chinés. Mais, on sent tout de suite qu’ici c’est en cuisinant que l’on veut faire de l’art. La charmante serveuse nous installe à l’étage bien que nous aurions préféré rester dans la salle du bas qui semblait plus accueillante. Mais c’est vraiment pour ergoter. La lecture de la carte nous montre que le chef a envie d’innover en restant dans l’air du temps. Pour ma part je me décide pour un velouté de salsifis (pour une fois que je peux en manger s’en m’emm…. à les éplucher) au foie gras et le célèbre (selon la carte) tartare de bœuf maison (après avoir longuement hésité pour la marmite thaïe).
La carte des vins est assoiffante mais les prix me paraissent victimes de l’altitude. Nous optons pour le Saint-Joseph d’un producteur dont j’ai oublié le nom et dont le vin ne m’a pas laissé lui non plus un souvenir impérissable. Nous avons pris par la suite un pot de coteaux du Languedoc Pic-Saint-Loup très gourmand que j’ai regretté de ne pas avoir commandé dés le début du repas. Alors que nous trinquons entre camarades, satisfaits d’avoir trouvé si séduisant refuge dans notre ascension, arrivent nos entrées. Le velouté de salsifis est une sacrée réussite tant la matière et le goût des deux ingrédients se complètent au point que l’on se demande comment on a pu jusqu’à présent les manger séparément. En plus, C’est très aérien alors que l’on aurait pu craindre quelque chose de plus lourd. La petite pose en attendant la suite nous permet de constater que nous sommes bien dans un bistrot : ça rigole, ça parle fort, on est là pour le plaisir. Et nous ne donnons pas notre part au chien pour refaire le monde et lancer d’innombrables projets. Pour suivre, le tartare est à la hauteur de l’entrée, assaisonné d’olives noires, de citrons confits et d’une pointe de carvi. Pour le dessert, nous en avons pris quatre différents dont la succulente tarte au citron « destructurée » et la brioche perdue aux parfums retrouvés de mon enfance. Sur ce, il ne restait plus qu’à nous laisser rouler tranquillement jusqu’au bas des pentes et rejoindre notre lit pour un sommeil de pierre. Encore une belle soirée entre amis.
Julien
Balthaz’art
7,rue des Pierres Plantées 69001 Lyon
Tel :04 72 07 08 88
Menu 25 euros
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