Un mien ami, pour des raisons douteusement professionnelles, s’était enquis de visiter la Bigorre, non pour ses paysages et la compagnie de ses habitant(e)s, mais pour celle du cochon (une sorte d’obsession chez lui). Pour cela il avait expliqué à son employeur, à l’âme sensible, qu’il y en avait là bas de noirs qui avaient failli disparaitre et qu’à défaut de soutien médiatique, la race serait perdue. Enfin une grande cause à se mettre sous la dent ! Mais les motivations de mon ami étaient beaucoup plus vils car, le fourbe le savait, de vrais courageux s’étaient déjà chargés de porter la couleur de ces porcs. Ils en avaient définis toutes les règles de vie et de bien-être pour permettre à notre lointain cousin de produire les plus belles couennes. Bref, de ses pérégrinations, qu’il ne pu cacher d’être goutues, mon ami a eu la gentillesse (ou était ce pour acheter mon silence) de me rapporter un morceau séché pris dans l’une des plus belles cuisses qui soi, non pas la sienne, mais celle de ce fameux porc noir de Bigorre. Qu’il en soit remercié ! Le dit morceau s’est parfaitement adapté aux lames acérées de ma trancheuse qui l’a débité en belles tranches fines. Déposé sur un tranche de pain juste grillée et encore tiède, me voilà parti sur les contreforts des Pyrénées. Contrairement à certains de ses voisins ibériques celui-ci n’a pas cette sorte de goût rance qu’on leur trouve trop souvent selon moi. Il me semble avoir plus de finesse et d’équilibre sans renier du tout son gras. Du bel ouvrage, donc ! La cause méritait largement d’être défendue et remercions en tous ceux qui l’ont méné à bien. Militons maintenant pour que ce cochon noir arrive jusqu’à nos assiettes, frais, salé ou sec. Faites des sit in devant vos boucheries et charcuteries jusqu’à un parfait approvisionnement. Au fait, le soir où j’ai gouté ce délicieux jambon, j’avais une bouteille de Banyuls entamée (cuvée Robert Pagés du domaine de Madeloc 2004) et n’ai pas résisté à en faire converser un verre avec ce divin jambon. Ne me demandez pas pourquoi mais l’union fut célébrée en grandes pompes.
Julien
Comme toi Julien, difficile de se résigner au silence (ils nous en faudra plus) après avoir goûté à CE jambon. Un délicieux souvenir ... surtout après 6h de marche. Et que dire de sa terrine de boudin noir fondant sur du pain de campagne toasté ?
En effet, dans le cochon tout est bon, surtout l'amitié !
Rédigé par : So | 11/09/2009 à 13:12
"Contrairement à certains de ses voisins ibériques celui-ci n’a pas cette sorte de goût rance qu’on leur trouve trop souvent selon moi"
je vois ce que tu veux dire mais cela n'est du qu'à une provenance bas ou moyenne gamme, souvent pré tranché
impossible a avoir sur une patte entiere de bonne provenance
Rédigé par : sborgnanera | 16/09/2009 à 09:47
Et pourtant, j'ai également eu ce sentiment sur du bellotta bellotta
Julien
Rédigé par : Julien Charnay Rousset | 17/09/2009 à 11:36