Et non, Treize et 3 ne font pas 16, mais très étroit. C’est vrai que de l’extérieur il n’a pas l’air d’en mener large, ce restaurant. Aussi, quand on pousse la porte, ce qui nécessite un peu de poigne, on ne s’attend pas forcément à trouver pareille atmosphère. Encore que sa vitrine affiche la couleur : mâchon alsacien. Et une fois la porte passée, on comprend vite qu’on n’est pas là pour plaisanter avec la convivialité et les plaisirs épicuriens. Le patron est au fond, derrière son « bar-cuisine », à servir des canons côté clientèle et découper des cochonnailles coté table de cuisson. Et tout cela avec une égale démesure.
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Voila une question qui me tient à cœur, ne se livre pas facilement faisant parti de l’intime et des secrets de famille. C’est l’histoire de Paule, ma grand-mère ardéchoise, du temps où enfant, fille d’un couple mixte, protestant et catholique, on lui jetait des pierres parce qu’elle représentait une trahison pour chaque communauté. C’était aussi le temps où elle resta proche de son père gazé lors de la grande guerre et l’aida dans son labeur d’ébéniste avant qu’il ne disparaisse bien trop jeune. C’est aussi la figure de sa mère institutrice à forte personnalité qui éleva seule sa fille et plus tard sa petite fille en certaines périodes tourmentées. Même si elle a quitté relativement jeune les hauts plateaux, elle ne rompit jamais avec ce pays. Je ne compte pas les dimanches où nous partions pour la journée sur les chemins de son enfance. Je me souviens encore de la joie qu’elle a exprimé, alors que nous rentrions dans un restaurant, de découvrir que le patron était un de ses anciens camarades de classe.
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