Une fatigue diffuse ce matin. Les papilles fourbues, les doigts qui tapent au ralenti sur le clavier. Ce week-end se tenait le dixième anniversaire de Vin passion - que les habitués appellent la "Cugnette". Ce n'est pas sans rapport. Une quarantaine de vignerons venus de France, d'Italie, d'Espagne et du Portugal pour faire (re)découvrir leurs vins. Des très connus (Hubert Ligner, Marcel Richaud...) et des petits nouveaux, des belles découvertes. Comme ces piculit de Marco Sara, merveilles de moelleux vinifiés à côté d'Udine. Samedi soir, un dîner délicieux et bon enfant, joyeux bordel oenologique où les bouteilles passent et se dégustent sans accorder d'importance à l'ordre, dans une ambiance généreuse. Sur un repas préparé par les Gueules de Lyon, association de restaurateurs lyonnais, défilent les vins des exposants. Malgré leur éreintement, les papilles retiendront quelques vieux portos, cette Colline aux escargots de Rieffel en Alsace, ce magnum de morey 1er cru 92 d'Hubert Lignier en Bourgogne, etc. La fête avait commencé vendredi. La Maison Borie accueillait vignerons et organisateurs du salon. L'association des amis de la Cugnette avait sorti pour l'occasion des flacons des invités de ces dix dernières années pour accompagner les plats de Manu Viron, dont ces divins oeufs cocotte aux truffes. La nuit s'était prolongée pour certains jusqu'au matin, sur des jambons ibériques de Georges dos Santos. Puis le salon ouvrait ses porte. Il a inspiré ce commentaire à Jean-Luc, parisien amoureux des belles tables venus l'espace de vingt-quatre heures découvrir Vin passion...
"Vin passion dixième - mais pourquoi les lyonnais ne chantent-ils
donc pas"
"Le dixième anniversaire de vinpassion
à lyon (23 et 24 janvier 10) c'est comme un petit condensé de réussite
Une poignée de passionnés bénévoles
(et un verre se ment) qui retournent au boulot dès lundi non sans avoir tout le
week-end préparé rangé débarrassé préparé rangé débarrassé nettoyé astiqué une
salle du centre Albert Camus.
Une brochette de vignerons fidèles
ou filants, avec cette année l'Italie en vitrine et comme tous les ans la
passion en fond de commerce. Un paquet de visiteurs qui viennent
sur le week-end ajuster les stocks domestiques, découvrir forcement,
s'instruire fortement et faire force rencontres. Et puis le samedi soir, le
traditionnel repas des vignerons, cette année préparé par les chefs des Gueules
de lyon, aligne sur cinq rangées les rouleaux de nappe blanche en papier, les
convives enthousiastes et les bouteilles des vignerons dans un balai aussi
désordonné que multidirectionnel de contenance, de millésimes et d'origines.
Il faut les voir ces tablées
gouailleuses et bruyantes, couloirs de turbulences bachiques, travées des
grands enfants miraculeusement préservés de la grisaille ambiante par les
secrets de la fermentation malo-lactique
Pourtant les lyonnais ne chanteront
pas - le constat étonné ne vient pas de trois nippons qui se demandent si
prendre autant de plaisir en pleine lumière complique l'ascension du long
chemin tortueux de la félicité, mais de qui se souvient des fanfares
méridionales, des sonneurs angevins, des chorales flamandes ou des chœurs
bourguignons - là la célébration du vin déploie les gorges, ici renvoie-t-elle
dit-on au bonheur mesuré, à la célébration tamisée, à la fête qui ne doit se
départir ni de discrétion ni de dignité.
Dans le tgv du retour on pense alors que décidemment on ne comprend pas grand-chose à la belle lyonnaise, que l'éclat de vinpassion ne dissipe pas le brouillard de la vallée, que les jolis flacons viennent en silence renouveler les caves enterrées du centre ville et distiller à l'envie leur bonheur partagé, et que finalement, il n'y a peut-être pas de quoi en faire une chanson."
Jean-Luc
Merci Jean luc. Je me joins à toi pour cet hommage à tous les soutiers du salon qui permettent de passer de tels moments sans fausses notes.
Impossible de citer tous ceux dont les quilles nous ont fait vibrer.
Toutefois de belles découvertes italiennes: pour ne citer qu'eux, les liquoreux du Frioul d'une grande pureté de Marco Sara et les chianti élégants et la gentillesse de Giovanna Morganti(Podere le Boncie).
Aussi De belles rencontres comme celles de Jean Philippe Padie et ses vins trés personnels du Roussillon ou celle de Franck Massard dont les vins du Priorat ont fortement impressionné.
Et puis des retrouvailles incontournables telles que les délicats pouilly fuisé du domaine des Rontets nés de la passion de leurs auteurs et les intemporels et extraordinaires bourgogne du domaine hubert Ligner.
Pour ma part je voudrais retenir aussi les charcuteries ibériques renversantes de georges de Santos et quelques bouteilles superbes de viticulteurs amis du salon mais non présent sur celui ci cette année comme les vins du domaine des fossiles qui ont sacré gout de reviens-y ou les riesling du domaine Paul Kubler.
J'arrête là mon énnumération à la Maritie et Gilbert Carpentier et la prochaine fois je vous le chanterais.
Julien
Rédigé par : juliennedelégumes | 25/01/2010 à 15:24
En néophyte que je suis, j'ai bu avec plaisir le blanc de la vallée du Douro, en tout début de soirée. Rien à voir avec le souvenir que j'avais du vinho verde dégusté à Lisbonne.
D'accord avec Jean-Luc pour l'absence d'Assurancetourix. Ceci dit, plutôt que de râler, je vous apporte une solution en (beaucoup de) chair et (un peu) d'os qui s'appelle "Los Murgeos" : une banda façon sud-ouest capable de faire danser la salsa à Monseigneur Barbarin himself (en string, de préférence).
Et alors là, si Antoine Arena ne finit pas à poil .......... je m'en charge .......
Rédigé par : Odile Bled | 25/01/2010 à 21:20
Je suis tout à fait d'accord avec Jean Luc et Julien quant à l'excellent accueil de ces passionnés de la bouteille. J'avais déjà participé à quelques dégustations, j'étais rompu à la technique de crachat de lama qui permet de rester debout plus longtemps tout en gardant ses chaussures immaculées. Mais j'ignorais que ce fut possible de dîner de façon aussi agréable tout en abandonnant régulièrement et à un rythme plus que soutenu de magnifiques produits dans un crachoir situé à 20 centimètres à droite de mon propre verre. Et bien si...
Et puis il y a eu ce Chambole Musigny, virevoltant ! Je ne parvenais plus à laisser partir la bouteille. J'avais eu la bonne idée de me faire accompagner ce soir là par ma fille Karine et son compagnon Guill-Benjamin. D'un regard elle me fit comprendre qu'elle conduirait pour rentrer.
J'éloignais légèrement le crachoir, après je ne me souviens plus.
Rédigé par : Papayo | 29/01/2010 à 15:27
Je peux raconter la suite. Il y a eu encore des bouteilles, qui promettaient mille délices mais qui me sont passées sous le nez alors que je m'imbibais d'eau gazeuse. Puis un succulent dessert pour achever à la perfection ce délicieux repas où tous les plats étaient servis chauds ( en général, ils arrivent froids quand il y a autant de personnes à servir en même temps, donc bravo à la prouesse technique des gueules de Lyon ).
Ensuite, il y a eu ce gentil monsieur qui nous a proposé du porto. Mais alors, ce porto... à une heure avancée de la soirée, où mes pupilles remplaçaient mes papilles pour discerner un rouge d'un blanc, où ma bouche était tapissée de saveurs indissociables et ma langue dans du plâtre ( j'en connais d'autres, plus haut, qui m'ont avoué ne plus rien sentir du tout, mais qui le cachaient derrière un jargon compliqué et très beau ). A ce moment-là donc, le porto dans ma gorge m'a fait l'effet d'un coup de fouet revigorant. C'est pourquoi j'en garde un souvenir si net et précieux.
Guill... Benjamin et moi remercions de tout cœur le plus cool journaliste de la Terre de nous avoir invités à cette soirée drôle et instructive.
Rédigé par : karine | 30/01/2010 à 20:09