Dans mon panthéon des objets tops ringards figurait en bonne place le romertopf. Vous savez, cette cocotte en terre cuite aux décors un peu vieillots à des années lumières de nos cuisines high tech avec fours à vapeur et autres multifonctions. Mais l’ami Edgard, dont vous savez la perspicacité, mais peut-être moins le gout pour les choses d’un autre temps, m’a une fois de plus montré qu’il ne faut pas se fier aux apparences. Celui-ci m’a servi, il y a quelques mois, une rouelle de porc cuite à cru dans ce drôle d’ustensile. Elle était divine, parfaitement moelleuse avec une couenne croustillante qui explosait de gras en bouche. Ce soir là, je regardais alors de travers l’engin me disant que non vraiment une telle viande ne pouvait pas sortir de là et qu’en tout état de cause c’est le talent d’Edgar qui a rendu ce plat exceptionnel. Néanmoins par acquis de conscience je lui demandais de me le prêter et rentrait chez moi par des voies détournées pour ne pas être aperçu en aussi curieuse compagnie. Elle allait voir ce qu’elle allait voir cette cocotte de mamies. J’avais justement une épaule d’agneau que je m’apprêtais à faire cuire à basse température avec une méthode dont j’ai le secret pour la rendre fondante. On verra si elle peut faire mieux. Résolus à sacrifier cette épaule sur l’autel de la science je l’enfermais à regret dans ce cercueil d’argile dans son plus simple appareil de thym, sel, poivre et huile d’olive. Enfournée à froid dans un four réglé à 210° je la ressortais deux heures plus tard parfaitement grillotée en surface et fondante comme jamais.
Plus de doute, je devais admettre l’évidence ! Heureusement mon anniversaire approchait et je pus me faire offrir ce qui était devenu la cocotte de mes rêves. Je ne pouvais quand même pas avouer l’avoir acquise moi-même. Et depuis je me régale de longes de veau, rouelles et autres viandes aussi fondantes que croustillantes.
Plus de doute, je devais admettre l’évidence ! Heureusement mon anniversaire approchait et je pus me faire offrir ce qui était devenu la cocotte de mes rêves. Je ne pouvais quand même pas avouer l’avoir acquise moi-même. Et depuis je me régale de longes de veau, rouelles et autres viandes aussi fondantes que croustillantes.
Julien
Personnellement, je n'avais jamais douté de ton goût pour les cocottes... Moi j'adore utiliser le romertopt tout simplement pour cuire des petites patates au thym... Merci pour cette note savoureuse (j'adore l'épaule dans son plus simple appareil, avec le thym jouant le rôle du parfum de Marilyn).
Olivier.
Rédigé par : Olivier | 16/02/2010 à 08:07
je vois que toi aussi tu fréquentes les mamies. Ca doit tenir au nom.
julien
Rédigé par : juliennesdelégumes | 16/02/2010 à 09:07
Tout s'écroule dans ma vie culinaire, j'ignorais jusqu'à ce jour l'existence de Romertopf, l'ami (e ?) des cuissons réussies. La cuisson à basse température étant une religion établie, je souhaiterais adhérer à cette nouvelle secte (à laquelle apparemment tous les gens de goût adhèrent) . Où trouver Romertopf, un nom qui sent dur la technologie allemande, mais après recherches sur Internet évoquerait plutôt la poterie paléolithique ? Est -il vrai qu'il faut le (la) plonger dans l'eau avant de le (la) mettre au four ? Danke de mettre fin à ma quête au plus schnell, herr Julian.
Rédigé par : François Mailhes | 17/02/2010 à 20:22
Bonjour François,
tu trouveras des Romertopf un peu partout dans les magasins d'ustensiles de cuisine. Sinon avec Edgar nous préférons ne pas le tremper dans l'eau avant cuisson. Mais fait attention si ta femme est jalouse car l'objet induit des comportements monomaniaques surtout si tu goutes au tendron de veau passé par là.....
Julien
Rédigé par : juliennesdelégumes | 18/02/2010 à 09:18
Cher Julien
Je fais désormais partie de votre secte. J'ai acheté le fameux Romertopf, avec les compliments de la vendeuse. Cette dame est elle-même en possession de la cocotte magique et baigne dans l'enthousiasme, d'autant qu'elle tient le record de ventes de Romertopf.Comme elle est sympa voilà l'adresse : Appoint 23 bis Rue Paul Chenavard. Lyon 1er.
Rédigé par : François Mailhes | 18/02/2010 à 18:15
... et la joue de boeuf, avec juste quelques carottes, échalottes, bouquet garni, sel, poivre et un petit paquet de couenne...
Rédigé par : Edgar Olivier Betrtrand | 24/02/2010 à 16:55
Ça semble très bon, j'ajouterais définitivement du romarin...
Rédigé par : Pantone | 01/03/2011 à 02:54
j ai une romertopf je lis que vous ne la tremper pas dans l eau est ce possible ne risque t elle pas de casser
annick
Rédigé par : anne | 17/05/2011 à 11:59
Bonjour,
Effectivement je n'ai jamais eu de casse. Par contre je le mets dans un four encore froid.
julien
Rédigé par : juliennedelégumes | 17/05/2011 à 14:53
Je possède le même depuis une bonne dizaine d'années, passablement culotté, et je crois qu'il n'a trempé qu'une seule fois dans toute son existence, la toute première fois. Je l'enfourne aussi dans un four froid. Il a récemment subi une forte montée en température, le thermostat de mon four ayant rendu l'âme, mais il n'en a manifestement pas souffert... ni même son contenu, une épaule d'agneau fondante et parfumée.
Edgar
Rédigé par : Edgar Olivier Betrtrand | 18/05/2011 à 21:34