Non ce n’est pas mon surnom ni celui de certains autres participants de ce blog à qui il conviendrait pourtant parfaitement. Je vous ai parlé ça et là de mon boucher et de ses belles viandes de Haute-Loire. Mais je ne crois pas vous avoir dis pourquoi sa viande en certaines périodes de l’année est encore meilleure et, pour le Faust gastronome que je suis, une bonne raison supplémentaire de se damner. C’est qu’aux confins des hauts plateaux de l’Ardèche et de la Haute-Loire a été créée une sorte de paradis de la viande de bœuf, l’appellation d’origine contrôlée du « fin gras du Mézenc ». Celle-ci n’est commercialisée qu’entre le 1er février et le 31 mai. Cette appellation repose sur un mode d’élevage et d’engraissement au sein d’une zone géographique précise située sur ces plateaux autour du Mont Mézenc qui sont tous à une altitude de plus de 1 100 mètres. Tous les ruminants élus, c'est-à-dire ceux qui seront occis à partir du 1er février, doivent gambader au minimum du 21 juin au 21 septembre précédant dans leurs pâtures d’altitude et doivent ensuite avoir passé 110 jours minimum à l’étable où ils reçoivent du foin à volonté. Et quel foin ! Car c’est lui qui explique la qualité de la viande. En effet, en raison de l’altitude à laquelle il pousse, il est composé d’espèces végétales que l’on ne trouve pas ailleurs et en particulier la cistre. Jeme souviens que mon ami Axel qui se prétend un peu rustre pour ces affaires de ripaille m’avait bluffé alors que nous mangions un filet de bœuf de « fin gras » rôti. Il s’était étonné du subtil goût de foin de la viande. Et pas de doute que cette viande bien persillée trouve sa saveur dans ce foin particulier.
En ce moment je régale les enfants le mercredi midi de hachis Parmentier à base de queue de fins gras. Ces ingrats ne m’en gardent même pas un petit reste pour mon repas du soir. Heureusement qu’ils me laissent encore me lécher les doigts quand je le prépare.
Samedi soir, j’ai innové avec un filet de bœuf parfaitement raci que j’ai fendu dans le sens de la longueur mais pas sur toute la largeur. J’ai découpé de belles bardes fines de lard blanc de colonnata dont j’ai tapissé l’incision pratiquée dans le filet. Une fois ficelé je l’ai grillé sur la braise. Leséchalotes confites se sont alors révélées un accompagnement indispensable. Celles-ci doivent être pelées puis longuement blanchies à l’eau salée. Une fois égouttées elles sont mises à revenir dans une petite casserole avec une plaquette de beurre demi-sel (les échalotes doivent être complètement recouvertes de beurre) pendant une heure environ. La viande est servie accompagnée des échalotes et de ce beurre parfumé au cour de la cuisson des échalotes. Et je dois dire qu’on en a pris certains les doigts dans la saucière.
Julien
http://www.aoc-fin-gras-du-mezenc.com/ ou vous trouverez notamment des adresses de boucher qui commercialisent le fin gras à Lyon ou ailleurs.
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