CNP - C'est une nouvelle brutale, incongrue au moment où une partie du monde du cinéma se presse à Lyon pour découvrir le festival Lumière 2009. Marc Artigau, programmateur historique des CNP, a reçu mercredi une lettre recommandée de son employeur, Galeshka Moravioff. Elle lui annonce sa mise à pied. Artigau va être licencié, et Moravioff, qui a fermé en catimini cet été la salle historique de l'Odéon (lire), aurait l'intention de reprendre en direct la programmation des deux CNP subsistant, Terreaux et Bellecour...
Parallèlement, et sans que les deux événements soient liés, le CNP Terreaux s'est mis en grève mercredi, pour le premier jour du festival Lumière 2009, dont iI devait diffuser trois séances. L'initiative aurait divisé les salariés, et déplu à Marc Artigau lui-même. Parce que certains la jugent contreproductive, d'autres trop symbolique. Ou encore parce qu'une partie des acteurs considèrent qu'il est au sens propre déplacé de faire de Lumière 2009 une "cible". Les spectateurs qui avaient préacheté leurs billets sont tombés sur un écran noir. Les projections ont repris aujourd'hui, avec des lectures avant les séances, pour informer les salles sur la situation des CNP.
Olivier BERTRAND
On voit mal comment les CNP deviendrait reprenable par une action publique (Ville ou Région) alors que l'on dépèce la bête de ses quelques valeurs ajoutés. Il ne restera bientôt plus que des M2 et plus de sensibilité.
Il est par ailleurs, toujours aussi choquant de voir s'étaler le pseudo festival lumière (du bling) alors que meurt les CNP.
Rédigé par : La Grande Amicale | 15/10/2009 à 15:53
@ La Grande Amicale : Je pense que vous vous trompez de cible en vous en prenant au festival Lumière. Ne jouez pas passionnés contre passionnés, même si certains bénéficient (largement certes) du soutien public, pendant que d'autres meurent sans ce soutien public. Vous rejoignez et faites le jeu de Moravioff, qui licencie sciemment son programmateur le premier jour de ce festival. On y voit aussi quelques beaux films (cinéma américain des années 50, d'artistes ensuite black listés) jamlais vus à Lyon, et même en France pour certains. Les combats se gagnent mieux en rassemblant.
Rédigé par : Mickey | 15/10/2009 à 18:44
Bon, est-ce qu'au moins cette place libre permettra la naissance d'un cinéma d'art & d'essai à Lyon. ça manque, dans cette ville...
Rédigé par : Lucas Niezschte | 15/10/2009 à 22:36
Ah ! Marc Artigau, bel orateur, passionné certes, mais tellement égocentrique, il était pourtant là le 5 septembre au CNP ODEON pour une diatribe sans fin contre son patron, légitime certes également. Mais a-t-il une seule fois défendu ses collègues ?
Devant le licenciement de 9 de ses collaborateurs, a-t-il diversifié ses tâches ? Contrôle au CNP par exemple ? Ah, c'est sûr une grêve le 1er jour du festival Lumière, ça fait mauvais effet, mais c'est certainement la seule manière d'être écouté et remarqué.
Rédigé par : la renarde | 16/10/2009 à 10:33
Pour ma part je n'oublie pas toutes ces années de recherche et de découverte qui ont permis à tant de films d'auteur d'être présentés à Lyon et tant d'initiatives (festivals, rencontres, etc.) d'être généreusement accueillies.
Coïncidence certes mais que ce coup soit porté en plein festival Lumière éclaire cette affaire d'une ironie noire et impitoyable.
Et ce n'est pas seulement une page d'histoire qui se tourne, mais de très sombres perspectives pour la programmation à Lyon pour la part la plus fragile de la création cinématographique.
La diffusion du cinéma d'essai et de recherche devient problématique au plan national et Lyon est en passe de devenir une cité sinistrée après avoir longtemps résisté, notablement grâce à Marc Artigau.
Rédigé par : Jacques Gerstenkorn | 16/10/2009 à 17:57
Marc Artigau est un grand cinéphile qui a fait beaucoup pour la programmation art et essai à Lyon. Sa mise à pied est évidemment un coup dur. Malheureusement, c'est triste à dire, mais il est aussi responsable d'une attitude suicidaire qui a conduit les CNP là où ils en sont en ne disant sans cesse que du mal de son propre cinéma ! Un directeur a aussi des responsabilités, même si le programmateur est à saluer.
Rédigé par : Rémi | 17/10/2009 à 14:25
Bonjour,
Que les "censés" journalistes de cinéma à Lyon commençent par dire "Bonjour" quand on les croise aux séances.
Mais la prétention s'installe malheureusement chez ces personnes...
Affligeant !
Rédigé par : Oscar Noé | 27/10/2009 à 09:16