02/02/2008

Perben à la peine

MUNICIPALES - Perbenassis Au début il était ministre. Et même plus : Garde des Sceaux. Portant haut ce costume, Dominique Perben vient en juin 2003 annoncer à la droite lyonnaise qu’il sera candidat chez elle. En décomposition avancée, elle n’a d’autre choix que de le laisser s’installer en sauveur, venu réconcilier tout le monde. Michel Havard, député et secrétaire départemental UMP, se souvient du premier dîner. «On n’avait plus vu de poids lourds sur la scène lyonnaise depuis Noir. Lui était un ministre important. On l’a écouté nous raconter sa vie, son enfance lyonnaise et son expérience d’homme d’Etat». Mais très vite le microcosme le baptise «Le Marquis»...

Chaque fin de semaine, le Garde des sceaux vient à Lyon faire ses annonces ministérielles. Son chauffeur change en chemin les plaques de la voitiure ministérielle, visse des 69 à la place des 75. Mais sans s’en rendre compte, Perben entretient un statut de ministre-candidat, de celui qui parle d’en haut, et conserve une distance avec le marigot du coin. Il raille le manque d’envergure de son rival, mais oublie de se construire une envergure locale. Ancien député-maire de Châlon-sur-Saône, il pense qu’être né à Lyon suffit. Il passe son temps à rappeler cette «lyonitude», avec un systématisme qui confine à la maladresse. Il place des anecdotes sur son enfance lyonnaise dans toutes les conversations, vient toujours de croiser dans la rue quelqu’un qui connaissait son père. Il lâche ici et là des noms de marques du cru, mange «des Saint-Marcelin de la Mère Richard», des chocolats de «chez Bernachon». Il veut prouver qu’il n’est pas un parachuté. Combat d’arrière-garde dans une ville dont la population s’est renouvelée d’un quart en dix ans ? Il en convient, mais dit aujourd’hui qu’il n’avait pas le choix, face à un Gérard Collomb l’attaquant systématiquement sur le sujet.

L’ADN lyonnais ne suffit pas à faire prendre la greffe et Dominique Perben reste un homme «distant», «froid», «emprunté», de l’avis même même de son camp – où nombre d’élus battus en 2001 ne tiennent pas plus que cela à ce qu’il réussisse où ils avaient échoué. Il est humain, assurent pourtant ses proches. Mais il le cache soigneusement. «J’ai mon quant-à-moi», corrige-t-il. D’une immodestie troublante, l’ancien ministre répète qu’il a une expérience «assez rare aux plus hautes fonctions de l’Etat», et prête à Nicolas Sarkozy cette phrase à son propos : «Quand on confie un ministère à Perben, on est sûr d’être tranquille».

En campagne, il promène un corps droit, souvent suivi à un raisonnable mètre en arrière par sa discrète épouse, Corinne. Il n’a pas toujours le réflexe de rebondir lorsqu’un passant l’interpelle sur un sujet politique. Le contact reste difficile, un peu timide. Erick Roux de Bézieux, milloniste rallié Perben, s’auto-persuade que cela va venir: «Il a quand même réussi à conquérir Châlon. C’est bien qu’il a ça en lui, qu’il sait séduire les gens, non ?».

A la rentrée 2007, son entourage lui fait passer le message qu’il faut fendre l’armure pour conquérir la ville. Quittant le registre des ministères, il change de ton, se met à lancer des «Salut, tu vas bien ?» à tout le monde. Des «Allez les gars» à tout va. Il place des gros mots dans ses conversations. Le résultat est parfois saugrenu car il subsiste un décalage flagrant entre le verbe et l’attitude, souvent ampoulée, parfois hautaine. «On s’est rendu compte que la sympathie était une sorte de maître-étalon dans cette campagne, explique Emmanuel Hamelin, tête de liste UMP dans le 4ème arrondissement. Tout le monde nous renvoyait que Gérard était sympa, et Dominique froid».

Il fallait donc rendre Perben cool. Ainsi, Emmanuel Hamelin explique que Dominique Perben est allé récemment à la «Choucroute de la chanson Croix-roussienne», et qu’il s’y est bien amusé. «J’ai été élu dix-neuf dans une ville ouvrière de gauche, alors la capacité de sympathie avec des gens modestes, ce n’est pas Collomb qui va me l’apprendre», s’énerve l’intéressé. Bruno Gignoux, élu UMP et ami d’enfance de Perben, affirme que la gauche a orchestré «la rumeur» de marquis. «C’est sûr que c’est pas le genre de type que vous avez envie de gratouiller sous le menton, dit-il, mais en petit comité, il peut être chaleureux. C’est un pudique et un grand timide. Un animal à sang froid qui a la dimension pour Lyon». Dominique Perben reprend ce discours à son compte. «Le rôle du maire de Lyon n’est pas de se faire gratouiller le menton ou taper sur le bide, confirme-t-il. C’est de donner à cettte ville la hauteur qu’elle mérite». En deux semaines, Dominique Perben a dû encaisser trois sondages catastrophiques (le dernier place son adversaire entre 55 et 59% au premier tour, avec un bilan plébiscité) et subir une opération pour un décollement de la rétine. Sa campagne prend du retard, semble désorganisée. Mais il continue, inaltérable en apparence. Il glisse simplement: «Je sais où je vais et j’y vais. Ça ne veut pas dire que je suis insensible. Je prends des coups, je ne le montre pas, mais je les ressens».
A.Gd (avec Ol.B)

Lire les autres articles du supplément consacré aux municipales lyonnaises

Commentaires

Bien vu ces portraits croisés de Collomb et Perben.Pour Lyon meme,donner à la meme équipe un 2° mandat est plutot une bonne chose, encore faudrait- il que la campagne et la pression du résultats force Collomb à prendre des engagements forts et à se "dépasser ".
On se dirige malheureusement vers une victoire trop facile de Collomb , et je ne suis pas sur que les conseils de MM Hamelin et autres consorts vont changer grand chose.Tout souriant qu'il soit,le très sarko E.Hamelin a perdu sa circonscription tout seul,sans rien faire que sourire tout plein , et va perdre de la meme façon le 4°. L'équipe Perben a multiplié les erreurs politiques,la plus grande étant de se gargariser d'un rassemblement avec millon et villiers qui a bloqué toute opportunité de vraie ouverture vers le centre. Au moment où Sarkozy a fait l'ouverture, Perben et l'UMP ont traité AM Comparini de "salope" et pris une ligne politique à droite toute avec le dernier carré des fidèles à l'alliance Millon /FN qui a déjà couté la Mairie aux dernières municipales ... pour ensuite courir derrière l'ineffable M.Mercier et les restes de l'udf en décomposition avancée .
Collomb va gagner tous les arrondissements,sauf les 2° et 6° qui éliraient un ane,pourvu qu'il soit de droite.(et en l'occurence les tetes de liste concernées ne sont pas des anes, mais apporteront les mairies.... à des millonistes ! ).Comprenne qui pourra,et vive l'OL qui va réconciler tout le monde à Old Trafford le 4 mars prochain !

Votre article et surtout celui de Sophie LANDRIN, sont pertinents. Je n'enlèverai pas une virgule... j'ajouterai juste la suffisance de Dominique PERBEN et de son entourage. Le Marquis, lui va bien, mais alors petit Marquis... il ne faut oublier ou injurier le Marquis de LAFAYETTE qui avait du panache donc petit marquis me semble plus juste.

Dominique PERBEN a gagné à Chalon, mais le maire sortant était en fin de course alors la victoire n'a pas été aussi brillante qu'elle en a l'air. Il se gargarise du fait que le Président de la République puisse dire qu'avec lui on ne risque rien... Moi à sa place je ne m'en vanterai pas...C'est sur...c'est pas le profil à prendre des risques et si le Président de la République l'avait autant en estime que cela, il en aurait fait un ministre comme c'est le cas pour ESTROSI. Pour gagner, il faut en avoir vraiment envie. Envie de faire de sa ville autre chose que ce qu'elle est aujourd'hui... et surtout donner envie d'avoir envie... que cela transpire etc.. creer un manque, vouloir le changement... et malheureusement à Droite à Lyon, c'est le vide sidéral..Revoir les fondamentaux comme le dirait Aimé JACQUET. PERBEN et son ...équipe...c'est un peu l'équipe de FRANCE de Football en Corée contre le Sénégal.. Une suffisance certaine, un manque de respect de l'adversaire, du public, des fans et l'on croit que l'on va gagner parce que l'on est champion du Monde. C'est le problème de PERBEN.... de Lionel LASSAGNE ( (qui n'a jamais eu à se battre pour gagner)et de quelques cireurs de chaussures qui l'entoure ...Vous évoquez (Zaza) Emmanuel HAMELIN. En ce qui le concerne et pour trés bien le connaitre, c'est une personne pour laquelle j'ai une grande estime et de l'affection... je ne reviendrai pas sur sa défaite, cela ne sert à rien et on ne peut ré-écrire l'histoire.Ce que je sais est qu'il aime profondemment le 4eme arrondissement. C'est peut être avec Michel HAVARD et Denis BROLIQUIER les meilleurs choix de PERBEN. Ces gens là travaillent et aiment ce qu'ils font.
Fabienne levy, tête de liste dans le 1er, alors qu'elle est déjà élue d'opposition dans le 4 et qu'elle brille par ses absences, peut en dire long sur ce que sera le futur de l'opposition dans le 1er, du respect des habitants et de ses électeurs .. De plus elle circule avec son manteau rouge frappé 'peace and love' et croit que cela va suffire ....c'est un choix de Dominique PERBEN....
Je suis un électeur de droite, encarté à l'UMP, mais je ne voterai pas pour PERBEN. La municipale pour moi c'est avant tout une affaire d'homme avant une étiquette. Je préfère perdre, aujourd'hui pour rebondir autrement demain...et finalement à bien regarder les choses, Gérard COLLOMB n'a pas un mauvais bilan.
Gérard COLLOMB à Lyon,Henry CHABERT à Villeurbanne, et Michel MERCIER au Conseil Général voilà le trio magique pour booster notre département.

Emmanuel Hamelin nous a vraiment trop fait rire dans le 4ème. Faudrait pas qu'il disparaisse tout à fait! Et maintenant, au point où en est Daniel Perben, ne lui reste plus qu'à se faire aider pour sa campagne par Christian Philip...
Bon courage à tous pour le naufrage!

j'ai lu les divers avis de pierre paul jacques il est un fait à LYON qu'une fois qu'on a goûté au socialisme et qu'on voit ce que ça donne et croyez moi c'est pas beau à voir dans notre ville on n'a surtout envie de changer, car tout va en désuétude c'est simple c'est "le bordel" nous allons perdre notre prestige du moins nous l'avons perdu grâce à ceux qui ont élu M. G. COLLOMB et je souhaite qu'aux prochainex municipalex on retrouve notre bonne droite qui était installée chez nous depuis de nombreuses années, que a gauche plie bagage il n'y a plus rien à gagner..........

Poster un commentaire

Les commentaires sont modérés. Ils n'apparaitront pas sur ce blog tant que l'auteur ne les aura pas approuvés.

Si vous avez déjà un compte TypePad ou TypeKey, merci de vous identifier.



Partenariat

Liens

Alertes Messenger

Sur Liberation.fr