28/08/2008

Société A Grenoble, maison bradée, garage offert, notaire gratuit

SOCIÉTÉ - Ce sont des petits détails glanés sur les annonces immobilières qui trahissent le début de grippe du marché immobilier grenoblois. Comme ce «garage» généreusement offert, ou ces frais de notaires carrément pris en charge par des promoteurs pour les clients qui voudront bien leur acheter un appartement. Il y a aussi ces prix annoncés «à débattre», comme si l’on achetait une voiture d’occasion, voire barrés et revus à la baisse après plusieurs mois sans trouver d’acquéreur…

Bon air.Grenoble qui, grâce à la présence d’un tissu industriel de pointe, compte une population plutôt aisée, avec de nombreux foyers de cadres supérieurs, extrêmement mobiles, bénéficiait jusqu’à cette année d’un des marchés immobiliers les plus dynamiques de France. Avec deux caractéristiques : des prix élevés par rapport à la taille de l’agglomération, et une forte construction de programmes neufs ces cinq dernières années. Las. Le bon air économique grenoblois n’aura pas suffi à garantir la bonne santé du marché. Les chiffres publiés cet été par la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier) de l’Isère font état d’un sérieux coup de froid. Le 1er trimestre 2008, ces professionnels du secteur ont noté une baisse de 5,5 % du prix de vente au mètre carré à Grenoble par rapport à 2007. Sur la même période, la surface des appartements vendus a baissé de 13,21 %. Le budget moyen des acquéreurs s’est réduit de 16,75 % en moyenne. Il est aujourd’hui d’environ 165 000 euros. Ces chiffres sont légèrement plus nuancés au niveau de l’agglomération grenobloise, qui se maintient un petit peu mieux.

La Fnaim note par ailleurs que le temps moyen de vente d’un bien s’est considérablement allongé. Il était de trois mois en 2006, il est de sept mois en 2008. L’inquiétude des professionnels est palpable, et il est désormais difficile de trouver à Grenoble un agent immobilier qui joue encore le bateleur de foire imperturbable. Les plus optimistes évoquent un «ralentissement». Les plus pessimistes notent «une vraie baisse». Florence Ravier, responsable du cabinet Besson, agence de location et de transaction grenobloise, préfère, elle, parler de «correction». «Les prix étaient à de tels niveaux que cela ne pouvait plus monter. On a atteint 3 000 euros le mètre carré dans le neuf. Pour Grenoble, c’est trop», explique-t-elle. En dix ans, de 1996 à 2006, les prix grenoblois ont prix plus de 100 %. Selon Florence Ravier, «les propriétaires se sont habitués à spéculer, ils ne comprennent pas que leurs biens ne prennent plus 12 à 15 % par an et continuent à vouloir les revendre avec des plus-values. Ce sont ces biens surévalués qui ne parviennent plus à se vendre».

«Refus».Mais il existe selon elle un autre phénomène, particulièrement visible par les agents immobiliers : les refus de prêts. «Sur les petits budgets, c’est flagrant, et cela explique aussi la baisse du nombre de transactions», remarque-t-elle. Me Emmanuelle Fonsat, notaire à Pont-de-Claix, dans l’agglomération grenobloise, dénonce le même phénomène. «Je ne compte plus les refus de prêt. J’en ai encore eu un ce matin», raconte-t-elle.

Selon la notaire, la responsabilité des banques va plus loin. «Aujourd’hui, elles déconseillent à leurs clients d’acheter, nourrissant le marasme. Depuis quatre mois, je vois dans mon étude des gens renoncer à un achat parce que leur banquier leur a expliqué qu’avec la baisse qui s’annonçait il valait mieux attendre.» Elle aussi remarque que certains types de bien sont plus touchés que d’autres. Les gros budgets, type belles résidences à 500 000 euros. Et le neuf. «On voit des promoteurs avoir les pires difficultés à vendre des queues de programme.» Malgré les garages et autre frais de notaires offerts par la maison. Ce qui, de mémoire de notaire, «ne s’était jamais vu avant».

Alice Géraud

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Commentaires

Ca y est, ca commence, ca va baisser. Mettez de l'argent de cote, dans un an ou deux ca va etre le moment d'acheter.

Si un notaire dit cela «ne s’était jamais vu avant»... c'est qu'il y a encore de l'espoir.. pour le bas peuple

Cela dit, la France reste un des pays où acheter un bien immobilier est le moins cher.

A quand des emprunts sur 30 ou 40 ans ?

C'est pas plus mal. Les agents immobiliers grenoblois vont peut-etre arreter de se goinfrer comme ils le font depuis des annees !!

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