L'année 2008 vue par Olivier Christin, historien et nouveau président de l'université Lyon 2
PORTRAITS CHINOIS DE L'ANNÉE 2008 -
La rédaction de LibéLyon prend quelques jours de vacances. Mais
n'abandonne pas totalement ses lecteurs. Chaque jour, durant les
vacances de Noël, LibéLyon publie le "portrait chinois" de l'année 2008
par une personnalité qui a marqué, nourri ou participé à l'actualité de
l'année. Certains se sont déjà exprimés dans ces colonnes parce qu'ils ont été acteurs de l'actualité, d'autres
sont des personnes que nous avons croisées, interviewées ou juste
remarquées cette année et à qui nous voulions laisser la parole par le
biais de ce petit exercice de style.
Ol.B. et A.Gd.
Si vous n'aviez qu'un moment de cette année à retenir ?
Comme beaucoup d'européens, l'élection de B. Obama, peut-être autant pour l'enthousiasme qu'elle a suscité, aux Etats-Unis comme ici, que pour les promesses réelles de changement qu'elle porte. Le choc des civilisations mis en oeuvre par l'équipe sortante a prouvé qu'il n'y avait pas de pire politique que la politique du pire. On ne peut que se réjouir d'un retour à la réalité et à sa complexité après les fantasmagories guerrières.
Et celui que vous aimeriez oublier ?
Le moment, dont je me souviens hélas très bien, où j'ai du m'avouer que je n'écrirai pas -au moins pendant la durée de mon mandat de président de Lyon 2- les deux livres que j'avais commencés pour un éditeur suisse et pour le Seuil.
Une image qui restera ?
Bernard Madoff, en blouson et casquette de base-ball, déambulant dans les rues de Manhattan où il est en résidence surveillée.
Un objet ?
Les choses ou les objets m'importent assez peu, peut-être depuis la lecture, adolescent, du livre de Pérec. Les suppléments "montres", "beaux objets", "cadeaux de prestige" dont les journaux se croient obligés de nous accabler en cette période l'année m'ennuient. Un objet, quand même, pour que le portrait soit complet et vrai : mon stylo, qui fuit ou sèche alors que je dois prendre des notes urgentes ou signer un document, se perd au fond de mon cartable ou de mes poches à chaque rendez-vous, que j'égare toutes heures...
Une personne ?
Ma grand-mère, au nom impossible (prénom turc, patronyme danois), que je ne peux plus voir comme je le souhaiterais alors qu'elle entre en maison de retraite et vit le sort que l'on réserve aux personnes âgées. Je repense souvent à ce terrible sketch des Nouveaux Monstres où le fils idéal ne sort sa vieille mère que pour la conduire dans une maison de repos sinistre
L'espace d'un instant, vous imaginant Madame Soleil, que prédiriez-vous pour 2009 ?
Une révolution culturelle à Lyon 2, sans les gardes rouges et les purges, marquée par de grands événements (conférences de Hans Belting, de Carla Del Ponte..), un grand élan scientifique et de vraies ruptures (introduction d'artistes en résidence avec la Villa Gillet et les Sub.)
Olivier Christin, président de l'Université Lyon 2.
A lire sur LibéLyon :




Les artistes en résidence surveillée à la villa Gilet et au Sub... Fallait y penser.
Rédigé par : jerome manin | 25/12/2008 à 11:45
Pas complétement convenu.
On souhaitera juste que Lyon 2 finisse sa mutation et permette aux étudiants lyonnais des formations de meilleurs qualité.
Lyon 2 peut poursuivre sa politique de partenariat pas trop mal vu, mais sans garde rouge cela serait bien..
La réflexion de JM (au dessus) me semble tout à fait bien vue.
Rédigé par : Battling's Friend | 26/12/2008 à 18:03
L'image des gardes rouges est assez marrante, mais un peu désuète.
Université pionnière dans le domaine du numérique, maitre d'œuvre de la base de donnée en LSH Persée et offrant des formations de très bonne qualité, il reste certes des progrès dans certains domaines et des "batailles" sur certains fronts un peu délicats, mais Lyon 2 est bien plus moderne, ouverte et dynamique que l'on peut croire.
Rédigé par : Jérémy | 28/12/2008 à 17:13