Réforme Darcos : « Plus personne ne pilote rien »
EDUCATION – « Vu de loin, on a l'impression que plus personne ne pilote rien », entend-on à l'IUFM de Lyon. La réforme menée par Xavier Darcos ? C'est « le bordel », « une pagaille ». Et une menace en cours, selon les enseignants. Alors que l'opinion publique peut avoir l'impression par le prisme des médias d'un « détricotage », d'un « report », le collectif des personnels, professeurs et enseignants-stagiaires de l'IUFM affirme qu'il « n'en est absolument rien ». Selon Isabelle Tourron, professeur documentaliste, « La réforme n'est pas reportée pour l'année prochaine. Elle est en cours. Le ministère de l'éducation fait pression pour que les maquettes* remontent »...
A la première lecture de la lettre de Xavier Darcos, envoyée le 20 Mars à la FSU, première organisation syndicale de la fonction publique, ils se sont dit : « On a gagné! ». Puis ont vite déchanté. « On remet tout sur les rails », indique Michel Driol, formateur en lettres, pour qui ce texte ne fait qu'ajouter de la confusion, avec une « volonté d'organiser une espèce de désordre pour l'année prochaine ». Il compte de fait « 18 cas différents d'étudiants pouvant préparer les concours, ce qui est complètement impossible à gérer ». L'IUFM de Lyon ne saurait plus quoi répondre aux candidats. « Ce n'est pas une réforme qu'on nous propose. C'est la destruction d'un système de formation », ajoute Michel Driol.
L'enjeu de la pratique. « Est-ce qu'un enseignant peut se former en regardant dans des bouquins, comment on fait en classe, sans s'y confronter ? » s'interroge le formateur, qui s'insurge aussi que cette réforme soit encore présentée comme « un progrès » permettant de passer à BAC+5. « Les enseignants sont déjà formés à BAC+5 », précise Pascal Clerc, maître de conférence en géographie. Il faut avoir une licence pour pouvoir s'inscrire au concours d'entrée, que seuls « 18 % » réussissent. Ils intègrent alors l'IUFM « comme enseignant-stagiaires pendant un an », tout en étant payés, et doivent durant cette année suivre des stages. Ces derniers ne sont certes par éliminés du cursus par la réforme. « Sauf qu'en réalité, ils ne seront probablement pas obligatoires », relève Pascal Clerc, qui note « beaucoup de conditionnel dans les textes du ministère ». Selon lui, « il sera tout à fait possible d'avoir en classe des enseignants qui n'auront jamais croisé un élève pendant leur formation ».
La conférence des directeurs d'IUFM a réclamé le 23 Mars des « Etats Généraux de la formation des enseignants ». Une demande restée lettre morte. Le collectif IUFM de Lyon est mobilisé depuis Novembre 2008. Il est actuellement en grève administrative : il ne transmet ni les comptes-rendus de visites, ni les feuilles de présence, et ne participera pas aux jurys de mémoire. Prochaine étape : bloquer les jurys de concours ?
Farid SIDI-BOUMEDINE
* Les « maquettes » décrivent le cadre du contenu des formations, et précisent entre autres le nombre d'heures, d'unités d'enseignements ou leur valeur en crédit.
En Savoir plus




En même temps, arrêtons l'hypocrisie! TOUTES les universités ont rédigé des maquettes : preuve donc que l'exercice n'était pas impossible. Certains enseignants disent même en privé que la rédaction de ces maquettes, qui leur avait donné l'occasion de remettre à plat certaines formations de Master mal ficelées, avait été plutôt bénéfique. D'autres jugent leurs maquettes EXCELLENTES et sont désolés de ne pas les voir appliquées!
Disons-le tout net, la non-remontée des maquettes est donc le plus souvent une décision POLITIQUE et non SCIENTIFIQUE.
Il faut maintenant se poser la question de l'intérêt pour les universités et pour les étudiants de poursuivre une demande aveugle de retrait. Il était certes nécessaire de faire apporter des précisions sur les stages et c'est une bonne chose d'avoir obtenu que la première année d'exercice ne se fasse pas à temps complet. Il y a encore des points à discuter et à faire préciser et c'est là-dessus qu'il faut agir.
Mais, à mon sens, IL EST ABSURDE MAINTENANT DE NE PAS FAIRE REMONTER LES MAQUETTES QUE NOUS AVONS TOUS PREPAREES.
D'une part, ce serait un déni de notre travail, mais d'autre part et surtout, il est grand temps d'organiser activement la rentrée prochaine et de fixer les étudiants à l'université en leur donnant un programme clair de préparation aux masters de l'enseignement et aux concours. Ne multiplions pas les difficultés avec des "dispositons transitoires" etc. Tout le monde est d'accord au fond sur la nécessité de recruter les enseignants à bac+5. Attelons-nous donc à la tâche tout de suite et il y aura moins de confusion pour les étudiants.
Nos maquettes sont bonnes, défendons-les et appliquons-les.
Rédigé par : Martin | 30/03/2009 à 13:43
Arrêtons l'hypocrisie! TOUTES les universités ont rédigé des maquettes : preuve que l'exercice n'était pas impossible! Et globalement tout le monde est à peu près d'accord pour dire qu'un recrutement à bac+5 sera plus valorisant pour les futurs enseignants qu'un recrutement à bac+3.
En privé, beaucoup d'enseignants disent que la rédaction des maquettes a été un exercice salutaire car elle a souvent permis de remettre à plat certains masters mal ficelés. D'autres disent même que leurs maquettes sont EXCELLENTES et sont désolés de ne pas les voir appliquées.
Certes, il fallait faire préciser certains points concernant les stages et c'est une très bonne chose d'avoir obtenu que la première année d'exercice ne se fasse pas à temps plein. Il reste encore quelques aspects techniques à discuter et éclaircir, mais maintenant il serait plus dommageable pour nos universités et pour les étudiants que nous essayons d'y fixer de ne pas annoncer clairement la formation des maîtres que nous allons mettre en place dans chaque université à la rentrée. Et il ne faut pas ajouter à la confusion en mettant sur pied des mesures transitoires etc. qui ne vont que compliquer les choses. Il est grand temps au contraire de FAIRE REMONTER LES MAQUETTES QUE NOUS AVONS PREPAREES et de nous mettre à organiser activement la rentrée. Faute de quoi nous verrons se détourner des métiers de l'enseignement de nombreux étudiants qui, en ce moment-même, sont en train de chercher à se réorienter.
Il n'y a pas une minute à perdre : nos maquettes sont scientifiquement bonnes, défendons-les!
Rédigé par : Martin | 30/03/2009 à 15:23
Cette caste d'enseignants rappelle l'histoire du scorpion et de la grenouille, comme le scorpion, elle ne peut pas s'empêcher de bloquer toute avancée quelle qu'elle soit, et dans le même temps se plaindre des conséquences de ses propres actions. Pendant que le secteur privé lutte pour faire face à la crise, nos chouchous se permettent le luxe de se mettre en grève un jour sur deux( entre les vacances bien sûr, faut pas déconner tout de même)pour des raisons qui varient suivant l'interlocuteur du moment, jusqu'à être totalement contradictoires parfois.
A croire que c'est devenu leur seule manière de s'épanouir.
Obscène et indécent.
Rédigé par : | 30/03/2009 à 15:41
Escusez moi mais comme le montre l'article, il n'y a aucunes avancées . Je suis étudiant en première année d'IUFM, et malheureusement on a beau tous relire la lettre du ministre de l'EN, on ne constate aucunes preuves d'une formation mélant théorie et pratique en classe.
Juste 108h de stage par an = 18 jours de stage en classe, il faut savoir que les Pe2 actuels ont plus du double en stage massé (plusieurs semaines de stage d'affilées) et un jour par semaine en classe pendant toute l'année scolaire. On nous parle d'une meilleure formation? Cela s'appelle de la désinformation.
Toutes les universités ont rédigées des maquettes? Chose à ce jour non prouvée, quand bien même elles sont rédigées, elles ne sont pas bonnes, puisque toutes faites dans la précipitation. A cela s'ajoute le problème suivant: comment créer un cursus de formation, permettant l'obtention d'un concours dont nous ignorons les conditions de passation...
Cette réforme de la masterisation du concours des enseignants est finalement et tristement non fondée sur des critères scientifiques et didactiques visant à améliorer la formation des maîtres et donc de nos chères têtes blondes (comme le ministère veut le faire croire aux parents d'élève), mais tout simplement liées à des raisons politiques et économiques.
Monsieur, je ne reni pas votre travail, je demande juste que les formations ne soient pas différentes d'une université à une autre mais aussi que vous ayez plus de temps pour le rendre "impeccablement parfait, incritiquable" et permettant une meilleure formation que la précédente.
Rédigé par : Dimitri | 30/03/2009 à 16:18
A Martin
Ah oui, TOUTES les universités ?
Ravi d'apprendre que mon université n'existe pas, ou n'est pas en France - car aucune maquette conforme à la réforme Darcos n'a être rédigée.
Et vous savez très bien (ou alors vous débarquez) que même si elles remontaient maintenant, le temps qu'elles soient examinées, évaluées et acceptées, l'université serait trop en retard pour les mettre en place.
En attendant, je suis curieux de voir combien de maquettes vont effectivement partir pour le ministère le 31 mars : 2 ? 3 ?
Rédigé par : LeCheikh | 30/03/2009 à 16:44
Pour ceux que ça intéressent, demain auront lieu dans toute la France des cérémonies de non-remise des maquettes. Eh oui, n'n déplaise à Martin, de nombreux départements (dont le mien) n'ont pas rédigé de maquettes. Il doit bien y avoir une raison...
Rédigé par : Eric | 30/03/2009 à 16:52
J'ai moi-même participé à un travail de préparation d'une maquette de master enseignement. Je suis bien astrologiquement scorpion, mais je n'ai pas le syndrome de vouloir piquer la grenouille, n'en déplaise à certains anonymes qui se complaisent dans le dénigrement du corps enseignant sans chercher à en savoir davantage (pour ceux qui sont de bonne foi). Et je vous jure, ce n'est pas facile d'élaborer une telle maquette, alors qu'aucune information n'est donnée sur le programme du concours!
On l'a fait, en essayant de faire au mieux, avec sérieux, mais si vous vous penchez en détail sur les implications de cette réforme précipitée, qui n'a manifestement d'autre but que de crééer une cohorte de recalés aux concours embauchables en tant que vacataires (après tout, ils auront reçu une formation!), vous voyez qu'il y a un manque criant de moyens.
Que le ministère arrête de prendre les citoyens et les universitaires en particulier pour des imbéciles (ils ne le sont pas tous, loin de là!) et annoncent clairement sa pauvre conception comptable; mais qu'il arrête de torpiller les fondaments de l'enseignement et de la recherche en france en prétendant l'améliorer; voire même d'en faire une priorité nationale!
La non-remontée des maquettes est une attitude saine et responsable. Remettre celles qui ont été élaborées tant bien que mal, dans un esprit responsable et républicain (respect du ministère de tutelle, tant qu'il pouvait paraître digne de ce respect) eût été une lâcheté impardonnable.
Qu'en pensez-vous, lecteurs de ces lignes, serait-ce la quasi-majorité des responsables pédagogiques universitaires qui seraient devenus fous et irresponsables, où la grosse grenouille ministérielle qui aurait échoué dans sa tentative de proposer une réforme tenable et cohérente?
Rédigé par : Bourbon | 30/03/2009 à 17:43
N'en déplaise aux perroquets "umpistes", la contre-réforme Darcos relative à la (non-)formation des enseignants est (malheureusement !) toujours d'actualité :
- http://coordination-fde.org/spip.php?article27
Salut & Fraternité.
Rédigé par : FredeSud | 30/03/2009 à 17:50
S'il y a des universités qui n'ont pas REDIGE de maquettes, elles doivent être TRES minoritaires. Même les plus acharnées aujourd'hui en ont rédigées et certains CA les ont même déjà votées. Dans mon université, toute une équipe d'enseignants de plusieurs disciplines ont passé 6 mois à se réunir une fois par semaine pour les préparer. Elles sont impeccables! Simplement, elles n'ont pas été soumises au CA et donc pas "remontées".
En revanche, je ne dirais pas forcément que la formation actuelle est "impeccable"! Loin de là. Pour répondre à Dimitri (qui n'est sûrement pas étudiant comme il le prétend, sinon il ne parlerait pas de lui en disant "nos chères têtes blondes"!!!) : les stages actuels N'EN SONT PAS! Ce sont des classes en responsabilités où on vous jette dans la fosse aux lions dès la rentrée!!! Et l'IUFM ne vous aide absolument pas à bâtir vos premiers cours. Vous vous débrouillez tous seul en ne sachant même pas, la première semaine, quel est la manuel utilisé dans l'établissement (je sais de quoi je parle)! Donc pas idéal. Mais le seul avantage, c'est qu'on ne fait pas un emploi du temps complet. Donc, comme je le disais, si le ministère a accepté l'idée que la première année d'exercice ne soit pas à temps complet, pour moi, c'est OK. Surtout dans la mesure où il y aura des stages préparatoires en amont. Et, de toute façon, si l'on veut encore des améliorations par rapport à ça, on peut toujours discuter sur les aspects techniques, mais maintenant il faut avancer et préparer la rentrée. Sinon, on n'aura PLUS d'étudiants et le problème sera réglé!!!
Rédigé par : Martin | 30/03/2009 à 18:21
Il faut arrêter de prendre les étudiants en otages pour faire passer sa hargne contre un gouvernement pour qui on n'a pas voté!
Surtout en refusant des réformes qu'on avait soi-même demandées : la mastérisation des concours était demandée par les IUFM et les syndicats et la modulation des services était une revendication des Etats-Généraux des enseignants en 2004.
Et surtout, qu'on ne me réponde pas qu'on ne voulait pas de ces réformes sous cette forme-là etc. Dans ce cas-là, on s'assoit à la table des négociations et on discute! Quand on refuse d'y aller, on se trahit!
Rédigé par : Luc | 30/03/2009 à 19:12
Une petite remarque
En 1987, la France etait la premiere pour le cout par habitant et eleve. Sur les enquetes internationales (le classement PISA n'existait pas encore) pour le niveau scolaire des eleves, on etait deuxiemes
20 ans apres la creation des IUFM, on est deuxieme pour le cout d'un eleve par habitant, mais on est passe 18eme au classement PISA.
Alors, l'avis de ce que pense ces retardes (euh non pedo-psychologue, professeur d'universite [si,si]) en didactiques de l'apprentisage du francais et autres balivernes...) faisant leur guignol a l'IUFM (n'est-ce pas M. Meirieu ??), on s'en tamponne royalement.
Rédigé par : Paul Berthiaud | 30/03/2009 à 19:45
Quand on sait ce qu'est l'IUFM de Lyon... cette bande de terroristes aux méthodes totalitaires... Pourtant je n'aime pas Darcos, je le précise d'emblée avant qu'on ne me colle une étiquette.
Une année de stage est effectivement être lâché sans préparation, et encore pire jugé selon l'application des méthodes débiles de l'IUFM. Comme le dit le dernier commentaire, pour des résultats globaux pitoyables. Ce serait bien de faire face aux économies de bout de chandelles du ministère sans défendre ces pédagogos de salon qui hantent les IUFM.
Rédigé par : Blackader | 30/03/2009 à 22:17
En 1987, il n'existait pas encore de classements internationaux mais "on était deuxièmes". Deuxièmes d'un classement qui n'existait pas. Bravo pour la pertinence...
Et dans 20 ans, avec des profs non formés, la France risque fort d'être hors classement. Mais Darcos ne sera plus là pour assumer.
Rédigé par : Lubin | 30/03/2009 à 22:35
Très cher Martin, je suis effectivement étudiant en IUFM, voudriez vous mon numéro INE pour confirmer? Je ne comprends pas en quoi une expression qui est d'usage courant à savoir "nos chères têtes blondes" peut faire dire que je ne suis pas étudiant. Enfin bon bref, si on commence à pinailler sur les expressions on avancera pas.
L'IUFM soutiens les Pe2 en stage en responsabilité. Les étudiants doivent construire seuls leurs cours? OUI ce sont des futurs professeurs des écoles, s'ils ne construisent pas seuls leurs cours et qu'ils répètent seulement ce que l'on leur dit de faire, qu'ils changent de métier. Ca s'appelle la liberté pédagogique! De plus l'année précédent ces stages en question permet de connaitre les notions à aborder, et puis il y a les programmes nationaux, des documents d'accompagnement (désormais ne sont plus officiels)... des maîtres formateurs qui discutent avec les étudiants de leur didactique, de leur pédagogie, des problèmes, des réponses. Et puis l'équipe pédagogique qui accueille le "stagiaire" informe ce dernier du fonctionnement de l'école: projet d'école, projet pédagogique, situation des élèves, notions vues l'année précédente, s'il y a des "méthodes" utilisées, quels sont les manuels... (Sachez monsieur que l'utilisation de manuel n'est pas une nécessité, ce n'est donc pas un problème pour travailler efficacement en classe.)
Mr Lubin ne pouvait pas mieux répondre.
Sur ce! Longue vie, amour, paix...etc à tous!
Rédigé par : Dimitri | 30/03/2009 à 22:50
Lubin, ne fais pas semblant de ne pas savoir, s'il te plait. Tu sais tres bien qu'en 87, le classement PISA n'existait pas encore, il n'ya avait que des collectes de renseignements fournis par les pays. Le classement PISA base sur des criteres appliques a tous n'est venu que plus tard.
Rédigé par : Paul Berthiaud | 30/03/2009 à 23:20
Dans un conservatisme rigoureux, ce dialogue nous donne une fois de plus l'image d'une caste incapable de sortir de la problématique de son propre vocabulaire ne dépassant pas son organisation administrative.
Des prisonniers du monde enseignant construisant un monde rêvé sans élève d'aucune sorte...
Rédigé par : | 31/03/2009 à 08:07
A monsieur Blackalder,
Formatrice en histoire à l'IUFM de Lyon, j'apprécie de façon tres moderée de me faire traiter de terroriste par un monsieur ou une dame qui se cache derrière un pseudonyme. Si vos études d'histoire avaient été un peu plus poussées, il y a des expressions que vous n'utiliseriez pas. Ce genre d'affirmation est une insulte inadmissible. Vos pensez ce que vous voulez de la formation en IUFM et de l'IUFM de Lyon en particulier, mais vous modérez vos propos.... A propos, votre avis, on s'en moque....
Rédigé par : angelina ogier | 31/03/2009 à 11:31
@angelina ogier
Jouer les outragée, vous évite d'aborder le fond du problème. Tant que cela fonctionne vous auriez tord de vous en priver.
Rédigé par : jerome manin | 31/03/2009 à 17:26
Sachez, madame, que maintenant que j'ai quitté l'IUFM, j'ai récupéré ma liberté d'expression. Fini le chantage à la validation et les discours culpabilisateurs.
Rédigé par : Blackader | 31/03/2009 à 18:21
Sur tous les sites d'actualités, les textes et informations sont commentées par des gens de l'UMP pour qui le clavier est la principale activité militante. Ils sont faciles à reconnaître : ils sont agressifs, voire violents ("casse toi pauv con" a dit le chef); ils méprisent la culture et l'intelligence (comme le chef); ils mentent et font état de chiffres qu'ils viennent d'inventer (comme le chef). Je propose un jeu : qui pami les contributeurs ci dessus a sa carte à l'UMP?
Rédigé par : Alain | 01/04/2009 à 14:36
Hélas Blackader a raison sur le fond, si pas sur la forme. L'IUFM, les 3/4 d'entre nous y allaient avec des pieds de plomb à cause des listes d'émargement... Et subissaient effectivement les discours culpabilisateurs de formateurs dont la plupart n'allaient plus au front depuis bien longtemps... je me rappelle d'un d'entre eux dont ses collègues expliquaient avec admiration qu'il avait souhaité conserver quelques heures d'enseignement en collège ! On sentait bien qu'eux étaient soulagés d'en avoir fini.
L'encadrement y est à la fois juge et partie, vous contraint à épouser son système de pensée ; chacun comprend très vite qu'il doit se conformer au modèle, la vraie liberté de parole n'existe pas, une chappe pesante plane sur tout cela... donc l'ambiance est quelque peu totalitaire, en effet !
Bref si tout n'était pas négatif, j'en garde pourtant le souvenir d'un gâchis, d'une perte de temps incroyable : chose étrange, l'université ne m'a pas laissé les mêmes impressions !
Pour Dimitri qui explique que dans son établissement "l'équipe pédagogique accueille le stagiaire à bras ouverts et l'informe de façon exhaustive" : félicitations, vous êtes bien tombé...
Rédigé par : Philippe (pas Meirieu hélas !) | 01/04/2009 à 14:49
Je ne sais pas si le commentaire d'Alain sur de possibles détenteurs de cartes UMP me visait, mais j'informe ceux qui le penseraient que je suis de gauche, la vraie gauche, républicaine, à la Jaurès, pas une pseudo-gauche qui fait dans la démagogie et la révolution culturelle light, et cantonne au nom du droit à la différence les élèves issus de milieux défavorisés dans l'ignorance. Soit dit en passant, être UMP n'empêche pas de s'exprimer.
Même si mes propos semblent excessifs, je ne les retire pas: l'IUFM de Lyon se caractérise par un climat très pesant, où les "fortes têtes" sont soumis au chantage à la validation, où toute façon de fonctionner autre que celle prônée par Meirieu et ses acolytes est immédiatement stigmatisée. Imposer des manières de faire par la peur, j'appelle ça du terrorisme et du totalitarisme, au petit pied bien sûr. Il ne manque même pas au tableau les pratiques douteuses: réunions opaques, syndicalistes tenus à l'écart, il parait même qu'un élève stagiaire a été filmé à son insu, et que ledit film aurait été diffusé en classe. Même si certains faits ont peut-être été déformés, le tableau d'ensemble n'est pas ragoûtant.
Cela dit il paraît que dans beaucoup d'IUFM, ce n'est pas mieux: des amis stagiaires d'espagnols dans le centre se sont vus expliquer qu'ils ne seraient pas validés s'il faisaient des leçons de grammaire à leurs élèves (quel traumatisme, aussi, vouloir apprendre les règles élémentaires d'une langue!). Ce n'est donc pas tel ou tel formateur que je vise (je ne vous connais pas d'ailleurs madame Ogier), mais le système en soi.
Pour finir, j'ai un grand respect de la culture et de l'intelligence, c'est pourquoi j'ai été choqué quand à Lyon on nous a distribué un document expliquant que l'illettrisme est une invention bourgeoise, et que toutes les manières de s'exprimer se valent. Blum doit se retourner dans sa tombe. Heureusement, je n'ai plsu de comptes à rendre (tant psi pour les inspecteurs), et je peux enfin transmettre le goût de la culture à mes élèves, les ouvrir au savoir, et non les maintenir dans l'ignorance et les déterminismes sociaux en leur faisant croire démagogiquement que la science est en eux et qu'elle jaillira sans effort. mais chut! on m'a expliqué à l'IUFM qu'un prof ne transmettait pas de savoirs, c'était un animateur de classe...
Rédigé par : Blackader | 01/04/2009 à 22:23
On peut contester l'efficacité des IUFM, et il est toujours nécessaire de chercher à améliorer la formation des maîtres.
Cependant, la réforme Darcos est-elle la meilleure pour aller dans ce sens ? Supprimer la partie pratique de la formation est-elle une avancée déterminante pour avoir de meilleurs instituteurs ?
C'est dans ce sens qu'il faut envisager la question de la mastérisation. En l'occurence, le passage à la mastérisation a deux défauts :
- il dissocie la réussite de la formation et la titularisation
- il permet la sélection au passage en master2 sur des bases obscures (dossier examiné par un jury dont, comme tous les jurys universitaires, on ne connaît ni la composition ni les critères d'admission) à la place d'une sélection par concours
Cela suffit pour justifier une prise de position limpide sur cette réforme : elle doit être retirée, comme toutes les réformes de l'enseignement supérieur qui cherche à réduire les coûts au détriment de la qualité de la formation.
Pour finir, une petite citation :
« Si l’on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnements aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d’élèves ou d’étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d’inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l’enseignement et l’école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l’établissement voisin, de telle sorte que l’on évite un mécontentement général de la population ». Centre de développement de l’OCDE, 1996
Rédigé par : Tataria | 03/04/2009 à 01:34