10/04/2009

Nuit blanche et matière grise à l'université de Lyon

Dsc02016_2 UNIVERSITÉ - « En vingt ans de carrière, je n'ai jamais vu ça », commente un enseignant. La scène paraît surréaliste : à trois heures du matin, Jeudi 9 avril, la lumière est encore allumée dans le bâtiment de la présidence de l'université Lyon-II, quai Claude Bernard. Des étudiants qui jouent de la guitare sur la pelouse se font surprendre par l'arrosage automatique qui se déclenche. Ça les arrange, car le programme du jour est de rester éveillé toute la nuit. À l'intérieur, le grand amphi est noir de monde. Depuis la veille à 18h30, des enseignants-chercheurs de l'université de Lyon, de l'ENS-LSH, de l'IEP, de Saint- Étienne et de Savoie se succèdent à la tribune pour des conférences. Les étudiants prennent des notes, attentifs, sans perdre néanmoins leur humour potache. Si la nuit s'annonce blanche, ils sont persuadés que l'année ne le sera pas...

Dsc01996_4Dans ce décor d'opéra, même les orateurs les plus réservés osent exprimer leur opinion politique, voire poétique. Il y a les têtes d'affiche, comme Hugues de Chanay et Frédérique Gayraud sur la stratégie nationale en matière d'innovation ou la subtile démonstration de Jacques Gerstenkorn sur la fabrique de l'opinion. Un long générique d'acteurs dont l'interprétation est exemplaire et l'engagement manifeste se succède à l'estrade. Morceaux gratinés, entre deux ronflements.

« Casse-toi, médiocre ! » affiche sur le tableau Dominique Lagorgette, spécialiste de linguistique médiévale, qui donne un cours sur les insultes en français « de la Chanson de Roland au journal de 20 heures ». L'allusion à Sarkozy est évidente. Elle égrène avec érudition toutes les façons de « casser » un tiers à travers les siècles, des insultes en liaison à la famille (fils à putain, de moine, de chien), la profession (apothicaire, fonctionnaire), les noms propres (Guignol, Castafiore, Ducon), sans oublier les formules magiques à la suite desquelles on peut tout mettre (espèce de, bande de, sale...).

Photo_0302_309_206_23484_2Il n'y a bientôt plus de café ; certains trouvent un coin pour dormir. Dominique Carlat, enseignant en lettres, est impressionné d'avoir encore un amphi à moitié plein à six heures du matin, pour un exposé sur le thème du mépris en littérature et au cinéma. Il évoque sans la nommer Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, qui « s'adresse à un tiers, le public, démagogiquement », le prenant à témoin au lieu de dialoguer avec les universitaires.

« Si au retour des vacances de Pâques, les cours continuent à être perturbés, l'année universitaire sera menacée », affirmait-elle mercredi dans les colonnes d'Aujourd'hui en France. « Cet épouvantail, qui consiste à brandir le spectre de l'année blanche, est tout à fait erroné », rétorque Hervé Micolet, l'un des organisateurs de la Nuit Blanche de l'Université. Selon lui, cette solution n'est pas envisagée. « Les enseignements sont validés par l'université, pas par le ministère », précise-t-il. Il ajoute que si les contrôles continus sont effectivement suspendus, l'examen final est maintenu au mois de Juin.

Deux mille personnes auront assisté à cette nuit blanche. A huit heures, leur pari est gagné : prouver leur endurance et leur ténacité dans ce conflit qui dure depuis de longues semaines.

Farid SIDI-BOUMEDINE

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Commentaires

Rentrant du cinoche à bicyclette hier soir, je me suis dit qu'il y avait sur les quais, aux pieds de la fac, une foule inhabituelle ...
Le printemps s'annonce actif, festif et créatif ... J'ai le sentiment que la voie de la contestation passe aussi par là. Bien joué !

Un moyen d'action intelligent, et sans bavure. Bravo aux organisateurs, les autres universités devraient en prendre de la graine !

Bravo à l'Université de Lyon !
Une "nuit blanche contre l'osbcurantisme" à aussi été organisée à l'université de Lille 1, du jeudi 9 au vendredi 10 Avril. 3 bâtiments ouverts, des enseignemnts, des débats, de points de rencontre...

Plus d'info
http://greve.univ-lille1.fr/index.php?title=Nuit_Blanche_contre_l%27obscurantisme

Il est certain que l'année est déjà complètement dévalorisée, pour ne pas dire fichue. L'organisateur des nuits blanches fait de l'intox quand il dit: « Cet épouvantail, qui consiste à brandir le spectre de l'année blanche, est tout à fait erroné ».

Non seulement les diplômes sans cours ne pourront pas être délivrés, mais en plus les professeurs ne pourront même pas justifier d'une partie de leur service et donc un problème administratif majeur se posera en ce qui concerne la paie et les heures complémentaires des enseignants sous contrat ou titulaires, et la rémunération des chargés de cours.

Cacher ça c'est se moquer des étudiants et, dans son excitation, flatter la tournure décadente que prend la "mobilisation" actuelle.

Les pod cast de cette nuit blanche

http://feeds.univ-lyon2.fr/NuitBlancheUniversite

des cosanguins dans une salle décrepépi... ca avait l'air sympa votre soirée. Ça a du leur faire mal aux fesses aux universitaires, ces êtres tellement exceptionnels et cultivés, que Sarkosy ait visé tellement juste que 2 mois après ils soient encore dans l'hystérie ou le potache... ils ont été vexés les pauvres... alors on va pas se laisser faire, hein, on va lui montrer à Sartkosy... un grand niveau intellectuel en effet, très mature...

Bien sûr que cette année universitaire ne vaudra rien! Comment prétendre le contraire? Les professeurs servent-ils leur université en bradant des diplômes qui ne valent déjà pas grand chose sur le marché du travail? Franchement, tout le monde dit déjà que Lyon 2 est une fac de feignants, voilà qui va encore donner des arguments... L'enseignement supérieur a besoin de professeurs qui enseignent plus, qui acceptent d'être évalués et de remettre en cause leur nombrilisme. Savent-ils ce qu'attendent les étudiants qui entrent à l'université? Ils ne s'en soucient pas.

Les commentaires ridicules et haineux de la fange anti-intellectualiste et poujadiste française se multiplient sur les forums, mais ils n'arrivent pas à cacher leur vide argumentatif : ce vide intellectuel, porté par de piètres penseurs, incultes, bêtes à bouffer du foin, adeptes d'un obscurantisme qu'on croirait revenu du moyen âge si les historiens ne nous avaient pas appris que le moyen âge n'avait en fait jamais été aussi obscurs que notre triste modernité.

Et quels "arguments" avancent les adeptes de la secte UMP, les turiféraires de la haine anti-universitaires ? Lisons-les, ces sinistres fats :

- "des cosanguins dans une salle décrepépi". Au plan formel, même pas foutus d'accorder correctement un participe passé ni d'écrire correctement leurs insultes. Mais passons. Au plan du contenu, quel idiotie : il y avait ce soir-là, dans un amphi rutilant et refait à neuf, plusieurs centaines de personnes, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes, universitaires et étudiants, musiciens et danseurs, poètes et cuisiniers, chacun ayant eu à cœur de faire œuvre de générosité, de don de soi, et surtout de diversité. Diversité des thèmes traités lors des conférences, des provenances (Lyon, Saint-Etienne, Grenoble, etc.), des établissements (Lyon 1, Lyon 2, Lyon 3, ENS LSh, IEP, etc.), des approches, etc. Quand on connaît précisément les statistiques du vote Sarkozy lors des présidentielles (un vote composé principalement de vieux retraités, sans diplômes et adeptes de la peine de mort, nous apprennent les statistiques issues des sondages après vote), on voit bien où se situe en réalité la consanguinité...

- "Bien sûr que cette année universitaire ne vaudra rien! Comment prétendre le contraire? Les professeurs servent-ils leur université en bradant des diplômes qui ne valent déjà pas grand chose sur le marché du travail?" : cette année vaudra ce qu'une formation intellectuelle vaut. Non pas un "prix", non pas un viatique d'entrée dans le monde merveilleux du travail, non : une formation intellectuelle, politique, académique, bref, la capacité à analyser le monde contemporain, et à s'y intéresser autrement qu'à travers les œillères des boutiquiers et des policiers de la pensée managériale. L'université n'a pas à être l'annexe de l'ANPE, elle a pour mission de former des citoyens capables de penser leur place dans la société contemporaine en analysant le passé, et en tenant compte des sociétés "autres" pour préserver la possibilité d'un avenir meilleur que ce que nos parents nous ont laissé : un monde en voie de destruction, égoïste, malsain, livré à la bêtise rampante des électro-encéphalogrammes plats des vendeurs de machines à laver du prêt à penser libéral. Concrètement, de plus, les cours hors les murs ont été réalisés pour ne pas pénaliser les étudiants : la formation se poursuit durant les grèves. Et pour la validation, l'intelligence critique de l'actuel mouvement de contestation saura bien trouver des moyens (il y en a de nombreux !) pour ne pénaliser que l'administration, et pas les étudiants.

- "tout le monde dit déjà que Lyon 2 est une fac de feignants" : quelle bêtise, quelle abjection ! "tout le monde dit que...". Non mais vous rendez vous compte du ridicule de vos phrases ? De la nullité de votre pensée ? Parler de fainéantise à propos d'une nuit entière passée à travailler de 18h30 à 8h du matin, sans discontinuer, et dans une ambiance festive en plus ? Que vous ne compreniez rien à ce que disent les universitaires et aux débats avec les étudiants, personne ne songerait à vous le reprocher : on a la formation et les intérêts qu'on peut, et nul n'est obligé de se passionner pour la linguistique conversationnelle ou l'histoire des idées au moyen âge. Mais à argumenter comme vous le faites, c'est à dire avec haine et bêtise à la place d'une recherche de compréhension, vous vous exposez nécessairement à la volée de bois vert de tous ceux qui, comme moi, n'acceptent plus de vivre dans une société du mépris et de la haine des intellectuels dont on sait bien, pour l'avoir étudiée en cours d'histoire, que ce type de "pensée" n'a jamais conduit à autre chose qu'à la barbarie.

Encore une fois : la Fac mène à tout à condition de ne pas en sortir.


Une fac de feignants... qui fait des nuits blanches.

Ces deux derniers commentaires frisent le 0 en matière de raisonnement intelligible et construit...

Rappelons que jerome manin, qui ne sait qu'énoncer platitudes sur platitudes, est le webmaster d'un site web de droite lyonnais (http://esprit-radical.net/ Le parti radical est un des guodillots de l'UMP) qui passe son temps à troller sur les forums de Lyon Capitale et de Libé Lyon, et qu'il signe des centaines de commentaires sur la quasi totalité des blogs politiques lyonnais : encore un qui n'a rien à faire de son temps et qui doit être payé à la ligne de troll par le service de com' de l'UMP Lyon. Y'a de ces fainéants à droite, dingue !


Je parlais des commentaires de messieurs Lolotte, Roum1 et jerome manin bien entendu... Que de haine...

"La fange anti-intellectualiste"!!!! quel mépris dans cette invocation. Grâce à vous, je vais commencer à m'y reconnaître!!! Mais vous ne répondez pas à la question : quelle valeur aura le diplôme que vous allez délivrer cette année? C'est toute la fac, et surtout Lyon2, que vous dévalorisez et bradez. Franchement, il y a de plus en plus d'étudiants à la fac, et ils se sentent déboussolés, livrés à l'abandon. Pourquoi les professeurs ne répondent-ils pas tout simplement à leur besoin de plus d'encadrement? Pourquoi ne peuvent-ils pas faire un peu plus d'heures de cours (donner un TD supplémentaire par exemple)? 192h de cours par an, c'est trop peu pour répondre à leur demande. Tout le monde est d'accord pour réduire le déficit public : on fait des économies dans tous les services publics, et ce serait quand même le comble que les enseignants-chercheurs ne puissent pas eux aussi faire un effort. Les enseignants-chercheurs se paient le luxe de ne plus travailler , mais ils touchent leur salaire plein et entier parce qu'ils ne se déclarent pas grévistes : c'est ça la cohérence intellectuelle? Pouvoir faire durer éternellement une grève en sachant qu'on n'en subira aucun inconvénient. Et mépriser totalement ce que la société, et vos étudiants, attendent de vous!!!

Bravo, tenez bon.

lolotte dit : "Tout le monde est d'accord pour réduire le déficit public" .
Si c'était vrai ça se saurait. Les banquiers et les constructeurs automobiles sont tous d'accord pour que leurs pertes soient prises en charge par la collectivité même si ça aggrave les déficits publiques, ce qui est le cas. Si les bénéficiaires du bouclier fiscal sont d'accord pour réduire les déficits publics ils n'ont qu'à déchirer le chèque qu'ils ont reçu.

Comme il a été expliqué dans le commentaire auquel vous répondez sans l'avoir lu (preuve qu'en effet vous faites partie de cette "fange anti-intellectualiste" qui nous promet un avenir bien barbare d'obscurantisme), une grande partie des cours ont été assurés hors murs. Je répète "les cours sont donnés hors murs". Je re-répète pour les mal comprenant de la barbarie anti-intellectualiste mal voyants : "LES COURS ONT ETE DONNES HORS MURS".

Ca rentre ou il vous faut un cornet auditif ?

Au sens commun qui s'exprime ici sous la forme d'insultes adressées aux universitaires (supposés "fainéants"), j'ai envie de répondre ceci : vous qui pratiquez ce type d'insulte, qui êtes vous pour donner des leçons à qui que ce soit ? Que valez vous ? A qui ou à quoi, dans votre métier, servez vous ? Car avant de traiter de fainéants des gens qui se sont mobilisés une journée et une nuit durant pour offrir gratuitement leurs compétences au lieu de rester bien tranquillement chez eux, encore faudrait-il être capable de prouver ce que vous, vous valez, et ce que vous, vous faites pour les jeunes. Or, ça, personne ne le sait. Ensuite, à tous ceux qui prétendent que l'université mettrait en péril les diplômes, la réponse est simple : c'est faux. Car c'est simplement l'actuel gouvernement qui met en péril les diplômes (leur valeur, leur contenu) avec une réfome contre laquelle la quasi totalité du monde des bac + 12 de ce pays (chercheurs, universitaires) est radicalement contre, car elle est simplement : nulle. Presque toutes les composantes de l'université et de la recherche se sont exprimées, depuis 2 mois, contre cette réforme : sociétés savantes, gros laboratoires, chercheurs, universités, présidents d'universités, etc.

Bref, il ne reste plus qu'une poignée de fanatiques jusqu'au boutistes, des radicaux de la droite dure, qui prétendent que cette réforme serait un plus pour l'université.

Ces radicaux, véritables terroristes qui prennent en otage les usagers de l'université et de la recherche sont bien connus : ils se nomment N. Sarkozy, V. Pécresse et X. Darcos. Mais que fait la police ? Quels sont leurs arguments face à l'expression de centaines de milliers de refus énoncés non par des crypto-gauchistes manipulés par le complot communiste international, mais qui sont tous bardés de diplômes supérieurs à ceux des actuels ministres ? Aucun, si ce n'est de dire "les universitaires sont des fainéants". C'est un peu court. Mais ça leur suffit pour mentir sur les données chiffrées, insulter les gens compétents qui s'expriment, et envoyer la police au lieu d'établir un espace de dialogue et de reconnaître leurs erreurs. Face à ce fanatisme de la droite dure qui régente notre pays, que faire ? Il me semble que cette Nuit Blanche a été la réponse de l'intelligence et de la générosité à la bêtise autocratique et à l'inculture. Merci, donc, mille fois merci, à ses organisateurs.

Et si dans les semaines qui viennent les luttes se radicalisent, on saura où se trouvent les coupables : ce seront les fanatiques du gouvernement, véritables autistes prétendant avoir raison seuls contre tous. Or, en science, personne n'a jamais raison seul contre tous.

Comment pouvez-vous dire que les cours se poursuivent à Lyon 2? Mensonge et manipulation. Tous les étudiants de Lyon 2 que je connais n'ont plus cours depuis plus de deux mois. Et ce n'est pas parce qu'un prof va faire une causerie dans la rue devant 15 étudiants que les cours se poursuivent quand même!!!! C'est effarant de penser et prétendre cela!!!! C'est comme ça qu'on dispense une formation intellectuelle????

Bravo. Continuez le combat, vous serez soutenus.
Nous avons passé une nuit à rester éveillés, alertes mais la qualité des conférences était telle que la fatigue n'a presque pas montré le bout de son nez.

Les universitaires continuent-ils a se comporter comme de mauvais commerciaux qui vendent de la pacotille pour s'assurer un salaire grassouillet?

Ou alors ils informent leur clientèle étudiante de la médiocrité des produits (le "savoir") qu'ils écoulent sans service après vente ?

Autrement dit, préviennent-ils leurs étudiants qu'après un cursus universitaire le choix est RMI, ré-orientation pour les plus fortunés, ou suicide?

Monsieur de l'obscurantiste, votre message est vraiment la goutte d'eau dans cette liste d'effarants commentaires. Quand comprendrez-vous qu'il ne s'agit pas là d'une logique commerciale ? Que le savoir n'est pas une marchandise ? Que la civilisation (mais ce mot doit vous être étranger - ci-vi-li-sa-tion, vous savez ce qu'on oppose à la barbarie) n'est pas qu'une affaire de gros sous ? Que la dignité de l'homme n'est pas dans l'épaisseur de son compte en banque ? Votre """pensée""" n'est même pas caricaturale tant elle est grotesque : le RMI ? le suicide ? Avez-vous au moins déjà mis les pieds à l'Université ? J'imagine que non : souiller vos petits petons avides et creux dans le temple du savoir, de - malheur ! - l'esprit critique et - ô rage ô désespoir - d'une logique non pécuniaire. Lieu infâme ! Vous n'étiez pas là, cette nuit-là, vous ne pourriez pas parler de médiocrité... A moins que vous ne lisiez le monde au miroir de vous-même.

Galuchat est un étudiant encore à la fac... il ne sait pas ce qu'il y a après la fac... Il croit aussi que le "savoir" n'est pas une marchandise et que les enseignants ne travaillent pas gratuitement et n'échangent pas leur "savoir" sur le marché du travail contre un salaire (quand ils daignent faire leur travail et ne font pas grève tout en touchant leur salaire...)
Courage Galuchat, et rassurez vous, la marmotte elle plie le chocolat dans du papier d'halu!

CQFD : la Fac mène à tout à condition de ne pas en sortir.

"Quand on connaît précisément les statistiques du vote Sarkozy lors des présidentielles (un vote composé principalement de vieux retraités, sans diplômes et adeptes de la peine de mort, nous apprennent les statistiques issues des sondages après vote)"...

Et ces vieux cons analphabètes représenteraient plus de la moitié des votants ? Il faut croire que la participation a été bien faible chez les jeunes humanistes qui sont la fleur de notre nation...
Bref cela suffit à décrédibiliser le discours d'AK47. Quand on sait qui a conçu cette arme d'ailleurs, on ne s'étonne pas d'un tel pseudo. Revenons-en à la dure réalité: le président et la majorité parlementaire actuels ont le droit de vouloir faire des réformes dans la mesure où ils ont été élus démocratiquement, ça fait mal aux seins, certes, mais c'est la vérité... On peut s'y opposer avec de vrais arguments, ça oui, mais vouloir démontrer à toute force qu'ils mènent une guerre systématique contre l'intelligence et les "temples du savoir" (non mais quelle suffisance chez certains tout de même !) n'est pas en soi très malin, et mobiliser Blaise Pascal pour cette cause non plus !

Je me demande.

Est-il encore possible, aujourd'hui, d'etre à la fois hostile à une grande partie de ces réformes et révulsé par les propos de Sarkozy, d'une part, et d'autre part hostile aux blocages à répétition des universités de Lettres, Langues et Sciences Humaines ?

A-t-on le droit de penser (si si) et de dire qu'il y avait, qu'il y a bien d'autres possibilités, pour s'opposer à une mauvaise réforme, que cette politique du pire ? Elle vide les Facs - sauf pour une nuit festive oubliée dans deux jours ! -, elle détruit leur image aux yeux des étudiants et des familles, elle empeche le développement des projets d'avenir, qui sont nombreux et souvent bien pensés, mais chaque fois gachés.

Gachés. C'est le mot juste : un gachis (oui,je sais il faut un circonflexe sur le a, deux fois, mais la machine se flanque en grève parfois, elle aussi). Allez zou, une majuscule pour rire et ne pas pleurer : UN GACHIS. J'en veux autant, et je ne suis pas le seul, aux apprentis sorciers du gouvernement qu'aux inlassables fredonneurs de la mélopée anti-libérale.

@Haltla : Alors, que proposez-vous comme mode d'action pour éviter les blocages et faire aboutir les revendications ? Je vous le donne en mille : rien.
Vingt euros que vous êtes l'un de ces universitaires qui ont quitté le mouvement de contestation lorsqu'il s'est enfin ouvert aux mots d'ordres des étudiants. Vous êtes typiquement le genre de personne qui justifie aux yeux du public les arguments des UMPistes. Le genre de type que je préfère ne pas avoir avec nous, quoi. Parce que ce qui m'importe, c'est la qualité de l'enseignement, son accès ouvert à tous, son financement par la communauté pour la communauté, la démocratisation de son fonctionnement. Parce que je m'en fiche complètement de savoir si votre salaire va augmenter ou diminuer avec la réforme, si vous allez pouvoir continuer ou pas de publier les recherches de vos doctorants sous votre nom, si vous allez pouvoir obtenir une guinche chez le doyen ou le président d'université pour avoir plus de pouvoirs dans l'Administration ...

"Autrement dit, préviennent-ils leurs étudiants qu'après un cursus universitaire le choix est RMI, ré-orientation pour les plus fortunés, ou suicide?"

Contrairement à un préjugé fort répandu, les étudiants diplômés de l'université trouvent du travail sans trop de difficulté, Y COMPRIS DANS DES FILIERES A PRIORI PEU VALORISÉES. Pour vous en convaincre, allez lire cette enquête :
http://www.univ-angers.fr/images/documents/SUIO/resume_Lettres.pdf

Une enquête portée sur 38% des étudiants des filières peu valorisantes...

Une enquête payée par l'université, sur l'université... Si ça ce trouve, les opérateurs téléphonique ont raison dans leurs études qui garantissent que les antennes relais ne sont pas dangereuses pour la santé..

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