26/06/2009

Soupçon de censure préfectorale autour de trois projets culturels

CULTURE - Trois structures reconnues (la Nième compagnie, Gertrude II et Awal Grand Lyon) viennent d’apprendre brutalement le non financement de certains de leurs projets par la préfecture du Rhône, sur le volet culturel de la politique de la ville. La Préfecture commencerait-elle à casser une dynamique d’action culturelle assez exceptionnelle dans le Rhône ? Les véritables motifs de ces refus, ainsi qu’une visite des renseignements généraux pour l’une des structures concernées, suscitent interrogations et malaise. Les trois projets travaillaient entre autres autour de la guerre d'Algérie, et des langues arabe et berbère...

En février 2009, la nième compagnie, équipe théâtrale en résidence à Vaulx-en-Velin depuis 2003, reçoit la visite d’une personne « des renseignements généraux » (1) qui s’enquiert de savoir si la compagnie travaille sur le thème de la Guerre d’Algérie. « J’avais rendu compte lors de réunions que le thème « Les Oubliés » que nous explorions dans le cadre d’ateliers avec la population vaudaise suscitait beaucoup de propos sur la guerre d’Algérie, et que toutes ces discussions, parfois très tendues, étaient très enrichissantes pour tous. Mais j’ai expliqué aux RG lors de leur venue que nous n’avions finalement pas retenu ce thème et qu’il n’apparaîtrait pas dans le spectacle » raconte Claire Truche, co-directrice de la compagnie. Choquée par cette visite et jugeant « très grave » qu’on lui pose une telle question, l’équipe artistique n’en avait pas parlé, pensant que l’affaire resterait sans suite. Mais deux mois plus tard, elle apprend que contrairement à un projet concomitant, « Médée », le 2e volet de son projet « Les Oubliés » ne bénéficiera pas du financement de la préfecture sur les crédits CUCS (Contrat Urbain de Cohésion Sociale) - enveloppe de 1 ,2 millions d’euros sur laquelle émarge une petite centaine de projets d’action culturelle dans le Rhône. Abasourdie, la nième compagnie écrit au Préfet du Rhône pour lui faire part de ses interrogations : « Faut-il entendre cette sanction financière comme une volonté de censure ? » demandent notamment Claire Truche et Jean-Philippe Salério dans un courrier adressé en copie aux théâtres de l’agglomération.

Dans le même temps, deux associations qui mènent de longue date des actions culturelles dans le cadre de la politique de la ville apprennent que certains de leurs projets n’ont pas été jugés « éligibles » cette année par la préfecture, et sont reçues par le préfet délégué pour l’égalité des chances, Francis Vuibert. « Les arguments évoqués étaient l’aspect communautariste de nos actions – ce qui est un soupçon insupportable, systématique et infondé -, la dimension culturelle et linguistique berbère, qui ne serait pas à propos dans la société française et le manque d’intérêt de certains sujets abordés, dont la guerre d’Algérie » raconte Lahcène Messahli, président d’Awal Grand Lyon, association culturelle franco-berbère née en 1991 et comptant 250 adhérents. « Ces arguments sont choquants, parfois blessants » estime-t-il.

Le projet de Gertrude II retoqué par la Préfecture est celui de balader dans divers territoires des « Gaada sous la tente », tentes sérigraphiées d’extraits de poésie d’amour en français, en arabe et en berbère et abritant des livres de poésie dans les trois langues. « Cette bibliothèque ambulante est un espace ouvert à tous, favorisant la mixité sociale et la mixité des origines, et permettant le partage du patrimoine poétique arabo-berbère, patrimoine somptueux de tous les français » plaide Guillemette Grobon, directrice artistique, pour qui « la paix identitaire passe par la connaissance, le partage et le porté haut des diversités culturelles des peuples qui composent la France ». Or, « Le Préfet nous a répondu que 98% de la population française n’avait aucun intérêt pour les langues berbères et arabes » poursuit-elle, interloquée. Dans un courrier adressé à la Secrétaire d’Etat chargé de la Politique de la ville, Fadela Amara, la directrice artistique s’inquiète que « M. Vuibert rompe, par sa décision à notre égard, avec la notion de promotion des diversités et s’éloigne ainsi radicalement de la construction d’une France réconciliée avec les Peuples et les Cultures qui la traversent ».

Il est vrai que ces trois refus, qui frappent trois équipes très bien implantées dans l’agglomération et qui ont toujours essayé de traiter avec intelligence et responsabilité la délicate question de la « cohésion sociale », ont de quoi surprendre, et susciter des interrogations. D’autant que le Rhône a une longue et singulière histoire dans le champ de l’action culturelle : il est un des rares territoires à avoir développé un aussi important volet culturel au sein de la Politique de la ville, notamment à la faveur de nombreuses équipes de danse urbaine qui ont œuvré pour l’intégration dans les quartiers dits sensibles de l’agglomération lyonnaise.

Le Préfet délégué pour l’égalité des chances, en poste depuis un an, a-t-il bien conscience d’hériter d’une si longue et riche histoire ? Toujours est-il qu’il avance des arguments essentiellement techniques. « L’instruction des dossiers se fait sur des fiches actions rédigées par les porteurs de projets. Dans les trois cas que vous rapportez, il apparaît que ces fiches étaient imprécises, pas claires, voire muettes sur les actions d’insertion qui ont vocation à être défendues pour être éligibles à ces crédits » explique-t-il. « Je ne porte aucun jugement sur ces actions culturelles et n’exerce aucune censure » précise le Préfet, qui dit ne pas avoir évoqué les questions du communautarisme ou de la guerre d’Algérie avec ses interlocuteurs. « Mon rôle est de m’assurer que les crédits que je distribue au nom du CUCS sont bien consacrés à la lutte pour l’intégration et contre les discriminations et les inégalités. Or dans ces trois cas, le lien n’était pas évident » poursuit-il.

Mais comment une équipe artistique peut-elle démontrer avec évidence que les actions culturelles qu’elle développe œuvrent pour l’intégration ? « Je crois n’avoir jamais employé le mot « intégration » dans les fiches-actions : je me méfie de ce mot, il est tellement chargé de connotations. Mais pour la partie « critères » je les ai rédigées de la même façon, alors pourquoi retenir un projet et pas l’autre ? » demande Claire Truche, désemparée.

De même, il est difficile de s’y retrouver quand l’Etat promeut l’intégration selon des axes contradictoires. D’un côté, le Préfet Vuibert assure que «  au moment où une des priorités affichées par l’Etat est l’intégration des personnes qui ont choisi de s’installer sur le territoire national en leur offrant l’apprentissage de la langue française, il me paraît déplacé de financer des projets qui ont pour but avoué la promotion de la langue arabe ou berbère ». De l’autre, et c’était l’un des axes forts de la présidence française de l’Union Européenne, l’Etat fait la promotion du plurilinguisme et l’Europe souligne la nécessité de financer le développement des langues vernaculaires pour apaiser les conflits identitaires. « Le Préfet applique les textes… mais il est vrai que, par ailleurs, le ministère de la Culture soutient les langues de France dans toute leur diversité » concède Alain Lombard, directeur régional des affaires culturelles de Rhône-Alpes.

Enfin, cette volonté de clarification du Préfet risque de se heurter à un domaine, celui de l’action culturelle, qui a été « flouté » à force d’être ballotté ces dernières années, au gré des mannes financières qui s’ouvraient ici ou là, entre ses deux pôles naturels : la création artistique et l’action socio-culturelle. Alors que beaucoup de compagnies ont été encouragées ces dernières années à émarger sur les fonds de la Politique de la ville, où les crédits étaient en augmentation, elles se retrouvent aujourd’hui renvoyées vers la DRAC, où les crédits d’action culturelle sont en berne (environ – 40% sur les trois derniers exercices budgétaires, hors enveloppes sanctuarisées). « Ces actions à dominante culturelle, voire exclusivement culturelle, que nous n’avons pas retenues ont vocation à se tourner vers la DRAC » estime en effet le Préfet Vuibert, qui a également orienté ces équipes retoquées vers des fonds européens ou vers l’appel à projet national « Dynamique espoir banlieue » (2 millions d’euros pour le volet culturel). Si cette clarification peut être, intellectuellement, une bonne chose (la culture financée par la Culture, c’est logique) elle conduit, techniquement et financièrement, à une impasse et l’Etat devient encore un peu plus schizophrénique…

Pourtant, le DRAC de Rhône-Alpes tient à apaiser les choses et « les remettre en perspective » : « Ce n’est pas un arrêt brutal du volet culturel de la Politique de la ville, comme j’ai pu l’entendre ! Il s’agit de cas très limités : 3 sur une centaine, pour lesquels des solutions alternatives sont envisagées » explique Alain Lombard qui précise, pour ses budgets : « si les crédits d’action culturelle ont baissé, en revanche la politique classique de soutien à la création et à la diffusion n’est pas touchée. De même, d’autres secteurs, comme l’éducation artistique n’ont pas encore été touchés». Ce « encore » n’aura sans doute pas de quoi rassurer un secteur culturel déjà très inquiet des atermoiements ministériels, et désormais ébranlé par une volonté préfectorale de clarification pleine de contradictions et de zones d’ombres.

Anne-Caroline Jambaud

(1) Visite qui ne nous a pas été confirmée par les services de l’Etat. Nous avons gardé l’appellation « Renseignements généraux », même si depuis 2008, il s’agit de la DCRI, Direction centrale des renseignements intérieurs. La nième compagnie rapporte avoir reçu la visite d’une personne qui s’est annoncée lors de la prise de rendez-vous comme venant de la Préfecture, puis a précisé, une fois sur place, qu’elle était des Renseignements généraux. De leur côté, le Préfet du Rhône délégué pour l’égalité des chances comme le Directeur régional des affaires culturelles de Rhône-Alpes assurent « ne pas avoir d’informations à ce sujet ».

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Voici les sites qui parlent de Soupçon de censure préfectorale autour de trois projets culturels :

Commentaires

Pourquoi tout de suite parler de "censure" quand des financements publics s'arrêtent ? On peut le regretter, mais ils ne sont pas un dû. Surtout qu'en matière de thèmes sociaux et de "politique de la ville", il y a nombre de projets artistiques pas toujours créatifs qui en ont souvent profité...

l'Etat coupe la possibilité d'aider ce qui le dérange en matiére culturelle ou bien?

Je suis Français : je n'ai pas vocation à payer pour la promotion de la langue arabe en France qui n'est pas la langue du pays et que 99,99% des Français ne parlent pas ; le reste ne connais que le marocain, l'algérien, le tunisien, qui ne s'écrivent pas ; seul l'arabe classique est une langue écrite dans ces pays ; or, comme 99,99% des citoyens français, je n'ai ni la nationalité algérienne, tunisienne ou marocaine ; pour moi, comme 99,99% des citoyens français, ce sont des pays étrangers.

D'autre part, faire la promotion de langues étrangères concourt à la dislocation de la société et non à son unité.

Où est la "censure"?les subventions(payées par nos impôts)ne sont pas un dû,rien empêche ces gens de faire leurs activités bénévolement !

Le scandale, c'est plutôt d'avoir financer ce genre de projet les années précédentes !

Les impôts des français n'ont pas à financer des projets destinés à une minorité et faisant l'apologie d'un sectarisme ethnique. Imagine-t-on l'État subventionner un spectacle destiné aux nudistes, à la communauté islandaise de France ou aux témoins de Jéhovah ?

C'est trop facile de se cacher derrière le mot "berbère" pour dénoncer un supposé racisme. J'aimerais bien voir les mêmes qui s'outrent ici s'offusquer si une préfecture subventionnait un spectacle donné pour le 4 juillet à destination des américains de France.

Et puis, de façon générale, c'est quoi cette attitude qui consiste à systématiquement compter sur les subventions publiques pour monter un spectacle ? Si la communauté berbère veut voir ses propres spectacles, et bien... qu'elle les finance !!!

L'art a vocation à vivre de lui même quand même ! Seule l'Union Soviétique était allée aussi loin que la France dans la fonctionnarisation des artistes...

Peut-etre on exagere en parlant de censure si facilement, reste que la diffusion des diverses cultures du monde qu'elles soient minoritaires ou majoritaires doivent être toujours défendue. Et cela encore plus dans un pays comme la France qui depuis 2 siècles se bat pour defendre la tolérance, la fraternité et les libertés. C'est triste de voir à quel point certaines personnes peuvent comprendre notre histoire à des fins nationalistes. On a tout avantage à rester ouvert à l'étranger qu'il vienne d'Amérique, d'Afrique et d'ailleurs. Les échanges culturels ne sont pas à mettre en cause ni à remettre en question et encore moins en temps de crise économique qui se suffit à elle-même pour mettre nos démocraties en danger.

L'État promeut les multiples langues... de France ! Pas l'arabe ni le berbère ! On peut ne pas être d'accord (je trouve qu'on devrait enseigner l'arabe bien plus qu'actuellement), mais il faut reconnaître qu'il n'y a là aucune contradiction.

Par ailleurs, on se demande bien qui sera capable de lire les poèmes exposés... Drôle de bricolage que ce projet - enseigner les langues est une très bonne chose, mais enfin, ça ne se fait pas n'importe comment, et ce n'est pas en exposant des écritures incompréhensibles qu'on apprend quelque chose sur l'Autre... Enfin bon, les services socioculturels concernés doivent savoir ce qu'ils font, mais... Il ne serait pas superflu d'expliquer à quoi ça sert au juste, et comment ça marche, et ce que ça a apporté, parce que là, ça n'est pas évident du tout.


Sinon, merci beaucoup de votre article qui met très bien en évidence le problème de l'action "socioculturelle", qui a subordonné pendant des années l'art à l'action sociale, et inversement, financé des projets "artistiques" au lieu de mener une action sociale ciblée et cohérente. Il faut espérer que ces deux catégories se séparent petit à petit dans les années à venir, que l'art ne soit plus forcé de parler encore et toujours des problèmes du monde, et qu'on ne se figure plus que des actions "décoratives" vont résoudre les problèmes sociaux.

Désolé de ne pas m'émouvoir qu'on leur sucre les fonds publics. Les actions politique de la Ville (ou Cucs) sont globalement illisibles. On n'a pas un seul moyen de faire de l'évaluation alors que chaque année on dépense des millions dans ce genre de zinzins qui sont là, pour le coup, complètement communautaristes.
Franchement, ça me désole que ces "gens de culture" soient sous perf publique pour monter des spectacles qui soit-disant contribuent à l'intégration.
Et pourquoi pas monter une pièce de Racine ?

Dès qu'on parle d'action culturelle subventionnée, tous les poujadistes et libéraux sortent les flingues en hurlant "mes impôts" comme "ma cassette, ma cassette" ! C'est bien connu, les artistes doivent vivre d'art et d'eau fraiche, et l'art doit être réduit à des produits marchands... Une vision de la culture réduit aux acheteurs (et à Bigard et Maichaël Jackson?)

Ne leur en déplaise, si des artistes engagés et courageux comme ceux de la Nième compagnie n'avaient pas mené des actions de ce type en banlieue, la situation y serait bien pire.. On en vient à souhaiter que ça flambe pou qu'ils s'en rendent compte!


Depuis Malraux, la France a considéré que la culture est un bien public. Et c'est tout à son honneur, n'en déplaise aux larbins du libéralisme qui veulent nous faire régresser.

ces supposes artistes ne sont pas des fonctionnaires, leurs themes n'interessent pas suffisamment, pourquoi parler de censure??? Que les ambassades arabes, a travers leurs Services Culturels, financent ces spectacles, elles en ont les moyens!

Comme le dit un autre lecteur, les subventions ne sont pas un dû. De plus, il est plutôt normal que l'État combatte le communautarisme de certaines communautés, n'en déplaise à certains, et s'il privilégie les subventions à la culture française, c'est encore mieux. Puisse-t-il revenir à la tradition assimilationniste de la République Française au lieu de, ce que l'on voit souvent, satisfaire les exigences des uns pour des raisons clientèlistes...

Le racisme des français toujours plus loin.
Décidément le pays de la colonisation, de la collaboration et de l'esclavagisme n'a pas finit de me surprendre.

Je parle des réactions, plutôt que de la décision préfectorale elle même. Ceci je suis d'accord, il faut que les différentes communauté ethnico-religieuse cesse de chialer et demandé de l'aide à un l'état.

Est-ce que les juifs allait demande aux Nazi des subventions pour s'échapper ? Non, et ces associations devraient faire la même chose, s'échapper dans un endroit où elle pourront apporter leur richesse sans être limitée par l'interdiction d'être financé de façon privée.

Déjà "censure", c'est de l'info, pas du tout connotée, mais "soupçon de censure", là, c'est vraiment du journalisme ! Libélyon m'avait habitué à un soupçon de précision et de qualité en plus...

Peut-etre on exagere en parlant de censure si facilement, reste que la diffusion des diverses cultures du monde qu'elles soient minoritaires ou majoritaires doivent être toujours défendue. Et cela encore plus dans un pays comme la France qui depuis 2 siècles se bat pour defendre la tolérance, la fraternité et les libertés. C'est triste de voir à quel point certaines personnes peuvent comprendre notre histoire à des fins nationalistes. On a tout avantage à rester ouvert à l'étranger qu'il vienne d'Amérique, d'Afrique et d'ailleurs. Les échanges culturels ne sont pas à mettre en cause ni à remettre en question et encore moins en temps de crise économique qui se suffit à elle-même pour mettre nos démocraties en danger.

Parmi les lecteurs de Libe, il y a tant de membres (ou de sympathisants) du FN ?
A lire ces commentaires, on peut le croire...

A Augure :

"Le racisme des français toujours plus loin.
Décidément le pays de la colonisation, de la collaboration et de l'esclavagisme n'a pas finit de me surprendre."

Qu'est-ce que cela signifie ? Pays de l'esclavagisme ? Il vous faut revoir l'histoire de tous les pays : tous les pays ont fait de l'esclavage, et la France l'a aboli dans les premiers en 1793 puis après Napoléon en 1848 (Le sultanat de Zanzibar lui en 1890) et ça continue dans plusieurs pays africains même si officiellent aboli !)

Pays de colonisation ? Oui, c'est vrai comment une bonne part de pays au cours de leur histoire (l'histoire ne commence pas avec la colonisation européenne !!!), quelque soit les origines ethniques et le continent !!!

Pays de la collaboration : En temps d'occupation, quelque soit le pays, y'a les résistants actifs ou passifs, les "je fais avec, comme je peux" et les collabos. La France n'a pas à rougir, elle a eu les trois comme les autres (exemples : pays d'Europe de l'Est (occupation communiste del'URSS) ou pays sud-américain (États fascistes alliés des USA).

Bonjour les commentaires ! Quelle(s) étroitesse(s) d'esprit !
Que les RG viennent s'enquérir du projet artistique est une aberration en soi....
L'argument de la non-représentativité du projet (" 98% de la population française n’avait aucun intérêt pour les langues berbères et arabes") est EDIFIANT !
Merci pour cet article révélateur de l'ère du temps (surtout les commentaires d'ailleurs).

Bonjour,

au contraire d'autres réactions je pense qu'il est judicieux pour un département ou un pays comme le Rhône ou la France de financer des projets culturels autours de langues dites étrangères. certes le français est notre langue (mais aussi des langues dites régionales) mais nous comptons beaucoup d'autres personnes vivants et travaillant ici qui directement ou indirectement (2nde génération) ont des liens culturels avec d'autres pays d'autres langues et cultures. la négation de cet état de fait que peut représenter la suppression de ces projets contient les germes de l'assimilation forcée, de la perte de repères pour les personnes concernées et au final un frein a leur insertion (qui présuppose l'évolution de la société d'accueil, après tout nous avons fait venir ici bcp de ces personnes) dans notre société.

A lire les commentaires des lecteurs ici, on croirait être tombé dans "Minute" ou "National hebdo". C'est très rassurant...

La question n'est pas de savoir dans quelle langue est le spectacle, mais de quel thème traite-t-il ; car d'après les "soupçons de censure" relevés dans l'article, c'est bien le thème de la guerre d'Algérie qui est visé. Ça rappelle les "aspects positifs de la colonisation" de la loi de 2003 ...

Prétendre que la poésie arabo-berbère est un patrimoine somptueux de tous les français..
Rien dans la littérature nord-africaine ne fait patie du patrimoine Français, ça se saurait. Et la plupart des arabo/berbères de France ne connaissent aucun livre de poèsie des pays dont ils sont originaires.
A croire que ces carnassiers spécialisés dans la chasse au subventions sont à court d'immagination faire main basse sur l'argent de l'état.

Hé bien, elle est pas jolie la France-Qui-Commente... Belle brochette de racistes...

@l'Etat coupe la possibilité d'aider ce qui le dérange en matiére culturelle ou bien?

Rédigé par: romain blachier | 26/06/2009 at 09:52

je dirais plutôt OUI

la politique c'est tout l'art d'être humain

Couac ?!!

"RG lors de leur venue que nous n’avions finalement pas retenu ce thème"

Le retour de Boomerang...
Il est rassurant de constater que la majorité des français et des lecteurs de Libé ne sont pas forcément d'accord avec la ligne directrice de Libé et la pensée unique ambiante. Notamment en terme de politique culturelle à destination d'associations qui ne représentent qu'une partie infinitésimale de la population à travers des projets culturels à vocation communautaire.
Ca me rassure.

stupéfiant

"Censure" est peut-être un bien grand mot, il n'empêche que l'arrêt brutal de subventions suite à une visite de quelqu'un se présentant comme étant des RG et posant des questions sur la guerre d'Algérie est choquant et inquiétant.

Pourquoi subventionner l'art ? Parce que sinon, on n'aurait que de la daube entrecoupée de pubs. Pourquoi ne pas monter Racine ? Mais des tas de compagnies théâtrales montent Racine et... franchement, je suis française, je ne comprends aucune langue arabe ni berbère, mais ce type de spectacle ou d'exposition, s'il avait lieu dans ma région, m'intéresserait bien plus que Racine. Parce que Racine (au passage financé par le roi, ne l'oublions pas), j'en ai bouffé et re-bouffé à l'école, et que je trouve passionnant de découvrir des cultures du monde entier. Et particulièrement de mieux connaître et comprendre les cultures "issues de l'immigration", ces cultures que nos aïeux ont allègrement pillé pendant la colonisation (oui, j'ai des noms, dans ma propre famille, je n'insulte personne d'autre que moi-même), bouleversant la vie du Maghreb et de la France de telle sorte qu'au moment des guerres pour l'indépendance, des liens d'amour et de haine s'étaient noués, et des liens économiques qui ont trouvé leur suite dans l'émigration...

La guerre d'Algérie, moi, elle m'intéresse. Je n'étais pas née quand elle a commencé, j'étais toute petite quand elle s'est "finie", mais je crois que nous en vivons tous, encore, les conséquences, ou plus exactement, que nous vivons tous les conséquences de la colonisation. Ceci est un état de fait, pas un jugement. On ne refera pas l'Histoire, mais on peut la lire pour retenir ses leçons, éviter de recommencer les mêmes erreurs, cesser de se cracher la haine et apprendre à se connaître.

Et apprendre à se connaître, ça marche dans les deux sens. L'intégration des immigrés, ça n'est pas les couler de force dans un moule franco-français (moule dans lequel la majorité des Français ne se reconnaitraient pas, tant les moules et les petites cases sont mal faits). L'intégration, c'est connaître l'autre, et se faire connaître à lui. Et la culture est l'un des meilleurs moyens pour cela.

un petit post-scriptum sur les impôts : personne ne sera jamais d'accord à 100% avec l'utilisation des impôts. Ceux qui n'ont pas d'enfants ne voient pas l'utilité de financer des écoles, ceux qui n'ont pas de parents âgés ne voient pas l'utilité de financer des maisons de retraite, les gens en bonne santé ne voient pas l'intérêt des hôpitaux, et ceux qui ne s'intéressent pas à tel pan de la culture n'en voient pas l'intérêt.

c'est ecrit avec une mauvaise foi evidente.

"De l’autre, et c’était l’un des axes forts de la présidence française de l’Union Européenne, l’Etat fait la promotion du plurilinguisme et l’Europe souligne la nécessité de financer le développement des langues vernaculaires pour apaiser les conflits identitaires."

il est evident qu'il s'agt des langues europeennes, face au probleme pose par la tentation d'une langue unique au niveau europeen.

" « Le Préfet applique les textes… mais il est vrai que, par ailleurs, le ministère de la Culture soutient les langues de France dans toute leur diversité » concède Alain Lombard, directeur régional des affaires culturelles de Rhône-Alpes."

Depuis quand l'arabe ou le berbere seraient des langues francaises ?
Si ce qui n'est, par definition, pas francais est francais, alors autant abandonner le concept dans son ensemble, cela evitera de dire des betises...

Les premiers commentaires sont assez désolants. Dans quel type de pays les policiers des Renseignements intérieurs rendent-ils visite aux compagnies théâtrales pour s'enquérir de leur travail ? Et, oui, un pourcentage non négligeable de citoyens français ont pour langue maternelle, exclusivement ou pas, l'arabe ou le berbère (sitution qui n'est pas comparable à celle des "Américains de France"), et seuls des esprits qui regardent les lorgnettes par les petits bouts peuvent croire qu'en valorisant ce patrimoine on ne favorise pas l'intégration.
Ceci dit, l'article aurait pu éviter de brandir le chiffon rouge de "la censure" dont l'agitation ne clarifie pas le débat. La nouvelle définition par les services de l'Etat des actions d'intégration de la politique de la ville, orientées depuis deux ans vers l'insertion économique au sens étroit ou l'apprentissage du français et d'où sont maintenant exclues toutes dimensions culturelles ou sociales au sens large est en soi un phénomène assez préoccupant, et c'est bien de cela qu'il s'agit, d'une redéfinition du "social", pas de censure.

vraimnt dommage en 2009 il existe encore des français qui versent dans l'idifference totale ,certains disent pas dutout interessé par la cultutre berbère ,certains disent c'et nos impots que de betises humaines .
mon grand père ""kabyle" etait en allemagne l'ors de la guerre mondiale pou aider la france ""mot pour cette france"" mon père aconstruit des batimens ,des ponts ,depuis plus de 50 ans ,et leurs enfants ont meme gagné la coupe du monde en 1998 pour cette france ,ce meme zizou aide les enfants de toutes nationalités ,ces berbères que vos soldats ont choisis les années 1900 pour venir occuper des poses pénibles.
j'espère que mes enfants netomberont pas sur cet aticles sinon is vont me dire pleines de chose ,car à chaque élections ils votent comme vous tous ,ils paient leurs impots comme vous
dommage pour vous les petits gens

Je suis encore plus choqué par les commentaires de cet article que par les faits eux-mêmes toujours sujets à caution. De quoi s'agit il dans ces projets refusés :
- Promouvoir une culture minoritaire, la culture berbère.
Ce qu'il faut comprendre c'est que promouvoir une culture minoritaire, ce n'est pas forcément faire du communautarisme. c'est accepter de donner une place à des gens qui vivent bel et bien ici et qui sont porteurs de richesses culturelles qui peuvent être un apport pour tous ceux qui le veulent bien...
Ecouter l'autre, s'en approcher, tenter de le comprendre, c'est pour celui qui fait la démarche, une occasion de grandir. Oui, grandir... Je fais partie de ceux qui pensent que l'être humain évolue toute sa vie au fil de ses expériences, de ses rencontres et apprentissages et que la culture est un des meilleurs outils de ce murissement. Notamment, aller vers les "minorités" est très enrichissant, croyez-moi !... car ce sont justement ceux que l'on écoute pas, que l'on entend pas qui peuvent nous apprendre des choses inattendues sur nous même.
Je travaille personnellement dans le domaine du handicap et de la culture. Les personnes handicapées peuvent apporter énormément à leur entourage parce qu'elles obligent à faire les choses autrement, à voir autrement, à prendre son temps, à se recentrer sur l'humain. Je précise que je ne dis pas ça par du coté du valide mais du handicapé et que je sais quelles choses "nous" avons à apporter aux valides/biens portants.

- Parler de la guerre d'Algérie. Là, il s'agit simplement de notre histoire et je pense qu'il est plus que temps d'aborder de front cette période comme par exemple les américains le font avec les périodes difficiles de leur histoire.

Les subventions culturelles servent à générer de tels projets. Que l'on ne les apprécie pas tous, c'est normal... on n'aime pas tout. Mais franchement, imaginez-vous un monde sans culture ? sans artistes ?

Effectivement, certains artistes sont coupés de la vie sociale, des réalités, des besoins des gens et ceci crée le genre de réactions épidermiques que l'on voit dans ces commentaires. Mais beaucoup d'autre artistes sont proches de tout cela, proches de la vie de tous les jours et soucieux de délivrer un message porteur d'espoir.

Deux précisions à l’attention de nicola :

- Le 26 septembre 2008, la présidence française de l’Union européenne a organisé « les Etats généraux du multilinguisme ». Il ne s’agissait pas uniquement de défendre la diversité les langues européennes contre le rouleau compresseur anglo-saxon, mais bien de promouvoir la diversité des langues parlées (dont celles issues des immigrations) sur le sol européen. Pour info, les Actes des Etats généraux du multilinguisme (dont un volet s'intitule "multilinguisme, compétitivité économique et cohésion sociale") sont téléchargeables sur le site de la DGLFLF, Délégation à la Langue Française et aux Langues de France : http://www.dglflf.culture.gouv.fr/

- La langue berbère fait partie des langues de France et cela n’a rien d’une « bêtise » ! Comme le précise la DGLFLF, « on entend par langues de France les langues régionales ou minoritaires parlées traditionnellement par des citoyens français sur le territoire de la République, et qui ne sont langue officielle d’aucun État ». 75 langues relèvent des langues de France. En plus des langues régionales (dont l’alsacien, le breton ou quelques 28 langues canaques…) ou de la langue des signes, les langues « non territoriales » reconnues comme langues de France sont les suivantes : arabe dialectal, arménien occidental, berbère, judéo-espagnol, romani, yiddish.

- Enfin, dernière précision : il n’y a pas de distinction officiellement établie entre les deux termes de « multilinguisme » et « plurilinguisme » mais on utilise généralement le mot « multilinguisme » pour évoquer la pluralité des langues utilisées sur une aire géographique et « plurilinguisme » pour évoquer la capacité d’un locuteur à utiliser plusieurs langues.
Anne-Caroline Jambaud

Ce que plusieurs commentaires, dont le ton et le contenu lepéno-sarkozystes sont manifestes, ignorent, c'est que les trois équipes artistiques concernées mènent ces actions depuis de nombreuses années, à la satisfaction des responsables locaux et des personnes concernées. Il s'agit donc d'une rupture idéologique de la part de l'Etat et de son représentant, fidèle exécutant d'une politique décidée en haut lieu. Par ailleurs il est confondant de voir resurgir en des termes aussi simplistes le débat sur l'intégration et la diversité: on se croirait au XIXe siècle! N'en déplaise à certains, la France est aujourd'hui un pays pluriel et une bonne harmonie suppose la prise en compte de la diversité culturelle, comme le recommande l'Unesco, dans sa déclaration à ce sujet, ratifiée par la France, qui en a même été un des principaux soutiens. Monsieur le préfet, retournez compléter votre formation à l'ENA!

Merci de bien vouloir censurer la moitié des articles postés qui témoignent de postures racistes et étriquées. Merci aussi pour cet article clair et informé

Je constate que les "démocrates" aiment bien la censure eux aussi quand le sens des commentaires ne va pas dans le leur.

Je suis outré par la tournure que prennent certains commentaires. Premièrement les personnes FRANCAISES OU NON issues du Maghreb représentent plus de 0,01% de la population! Il est, de plus, imaginable que des critères esthétiques intéressent le "reste" de la société française. Dois-je être japonais pour apprécier les estampes d'Hokkusaï? Qu'on le veuille ou pas, notre communauté nationale se compose aussi de minorités culturelles: Basques, Bretons,... Algériens de France et Français d'Algérie...!
En tant qu'individu sans communauté politique, ethnique, ou autre appartenance revendiquée, J'AIME LA POESIE BERBERE! J'ai la chance d'en avoir entendu, et il est du rôle de la politique socio-culturelle d'accorder cette chance à tous, par le biais d'ateliers et de représentations, n'en déplaise aux velléités et considérations esthético-crypto-politiques de monsieur le préfet.
Quant aux défenseurs de l'assimilation, il me semble qu'il y a beaucoup de choses qu'ils n'ont pas assimilé.


Et si le vrai scandale n'était pas des faux Rg, un article passe partout de Libé ou des commentaires crétins... Mais quelques bobos qui vivent grassement et avec prétention de l'argent publique qu'ils soutiraient au nom de la langue Berbère ? Se proclamer culturels les excuse de la piètre qualité de leurs chers entretien.

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