Ezio Mauro (La Repubblica) : « On nous confisque l'agora »
FORUM - Fin du débat sur "presse et pouvoir, relations dangereuses". Trois questions à Ezio Mauro, sur la situation médiatique en Italie, et les attaques que subit son journal, La Repubblica, de la part de Silvio Berlusconi, le Premier Ministre italien. Celui-ci réclame des dommages et intérêts pour la publication des dix questions que le journal lui a posé, et auxquelles Berlusconi n'a jamais répondu. Situation tendue : La Repubblica demeure isolée du reste de la presse italienne...
Quelles réactions attendez-vous de la part du reste de la presse italienne par rapport à ce moment critique que vis la liberté de l'information en Italie?
Aujourd'hui, je ne m'attends à aucune réaction de la part de la presse italienne. Chaque journal fait ce qu'il veut, il a sa propre ligne éditoriale, ce qui permet de demeurer indépendant. Il a le droit de choisir entre l'information spectacle et l'information généraliste. Ceci est d'ailleurs la base du principe de la presse qui est dite « libre et indépendante ».
Mais n'avez-vous pas besoin de solidarité?
Non, je ne m'attends à aucune solidarité. Fondamentalement, je dors tranquille la nuit.
La situation médiatique en Italie est elle irréversible? Est-il nécessaire de réformer la profession?
Je pense que c'est encore possible de faire un bon journalisme en Italie. J'y crois encore car sinon j'aurais arrêté de le défendre jour par jour. Je ne me sens pas frustré de l'intrusion du pouvoir dans le métier car je me bats contre ça. Je suis satisfait, même si parfois je me demande si j'aurais pas pu faire mieux. Etant donné que le journaliste est un médiateur entre la politique et les citoyens, une information libre est toujours un perpétuel combat.
Ilaria Montagano et Laurie Bouclet (IEP)




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