Des permanences discrètes en mairies contre les violences conjugales
SOCIÉTÉ - Elles entrent par la porte principale de la mairie d'arrondissement. On pourrait penser qu'elle vont faire renouveler des papiers. Ou régler n'importe quel autre banal problème administratif. C'est le but. Ne pas les stigmatiser. Les rassurer. Les protéger. L'association FIL (Femmes Informations Liaisons) et la Ville de Lyon, viennent d'ouvrir une nouvelle permanence pour accueillir les femmes victimes de violences conjugales ou familiales. Trois autres lieux comme celui-ci existaient déjà dans les mairies des 5è, 8è et 9è arrondissements de Lyon. Ils ne suffisaient souvent pas à répondre à la demande. L'accueil y est gratuit et anonyme. L'an dernier, 561 femmes ont été reçues dans ces permanences hebdomadaires. Pour beaucoup d'entre elles, c'était la première fois qu'elles osaient mettre des mots sur leurs souffrances…
Ici, on ne parle pas de "femmes battues", mais de "femmes victimes de violences". Ce n'est pas une coquetterie politiquement correcte. Juste une volonté de coller au mieux à la complexité des problèmes posés. Ces femmes sont victimes de violences physiques, mais aussi psychologiques, sexuelles, de pressions morales, financières… Elles arrivent ici orientés par le 3919 (numéro d'appel national pour les femmes victimes de violence). Ou, plus souvent, parce qu'elles ont entendu parler de l'association par le bouche à oreille. "La première difficulté pour ces femmes, c'est de s'autoriser à parler. Alors, notre premier geste, c'est de les écouter. De leur dire qu'elles ne sont pas responsables de cette violence qui n'est pas tolérable", explique Véronique Laboureau, directrice de l'association FIL. Ensuite, seulement, la personne, en fonction de ce qu'elle souhaite, pourra être orientée ou accompagnée vers des services compétents, pouvant répondre à des problèmes spécifiques.
"J'ai honte, mais je l'aime". "Toutes ne sont pas prêtes à agir immédiatement. Ce sont des situations complexes, qui se sont développées sur des années et que l'on ne résout pas comme ça", ajoute Marie-Pierre Noret, l'une des éducatrices en charge de l'accueil dans ces permanences en mairie. Elle explique, par exemple, que la séparation avec le conjoint violent ne va pas de soi. "Souvent, elles nous disent : j'ai honte, mais je l'aime". Le dépôt de plainte non plus ne va pas de soi. Certaines ne veulent pas. D'autres ont tenté et échoué, se retrouvant face à des policiers transformant la plainte en simple "main courante", voyant les plaintes classées ou arrivant en maison de Justice avec un mari qui se contentera de jurer qu'il ne recommencera plus. "On sent une grande peur chez ces femmes. Elles savent que la décision qu'elles prendront pourra aussi générer une situation de violence et, souvent de grande précarité pour elles", explique Véronique Laboureau.Trouver un logement, assumer seule l'éducation des enfants, gérer la rupture du couple, la peur des représailles…
"Il faut que l'on fasse en sorte qu'elles n'aient plus l'impression de devoir mener un parcours du combattant parce qu'elles décident de ne plus subir ces violences", résume Thérèse Rabatel, adjointe à l'égalité hommes-femmes à la Ville de Lyon. C'est pourquoi les permanences d'accueil sont totalement anonymes et fonctionnent sans rendez-vous. L'adjointe rappelle qu'en France, la "violence conjugale" n'existe pas comme violence spécifique dans la loi française, contrairement à des pays comme l'Espagne. Et qu'elle est pour cela, selon elle, plus difficile à faire reconnaître. En France, on estime qu'une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint.
Alice Géraud




il n'y a pas que des femmes victimes de violences , de nombreux hommes le sont aussi ; les violences psychologiques sont nombreuses et il ne faut pas être sectaire sur ce plan là : il n'y a pas l'homme violent et la femme battue , c'est bien plus complexe que cela .
Rédigé par : manon | 22/09/2009 à 12:44
"Trouver un logement, assumer seule l'éducation des enfants, gérer la rupture du couple, la peur des représailles…" dit l'article.
Il serait peut-être bon que le législateur songe à maintenir la victime dans les lieux et à en expulser le violent indésirable. Ce serait déjà une difficulté de moins pour ces mères de familles victimes de violences.
Rédigé par : Euqsabal | 22/09/2009 à 12:49
Souvent un amour idéalisé qui ne correspond guère à la réalité... des pardons sincères qui seront effacés les premiers coups venus. Les victimes de violences ne sont certes pas coupables. Elles doivent savoir que ce qui peut arriver après une séparation ne peut être pire que ce qu'elles vivent dans un couple mal assorti.On vit mieux seule même si parfois on imagine que ça aurait pu "fonctionner". Il est difficile de se rendre à l'évidence quand on est imprégnée de cette violence physique, qui fait mal, et psychologique, qui tétanise. La gentillesse, le grand besoin d'amour sont souvent exploités par des conjoints qui trouvent là une faille et s'abaissent eux-mêmes à des comportements qui les dépassent souvent. Evidemment, je souhaite à ces femmes, souvent mère de famille, qui s'accrochent justement pour maintenir cette famille, de résister et de se prendre en charge elles-mêmes. Elles peuvent trouver du soutien dans les associations mais doivent aussi en parler, à leur famille, aux amis, à un psy, pour rompre leur isolement et retrouver la force qu'elles perdent à des combats perdus d'avance si "l'autre" ne la respecte plus...
Rédigé par : mina | 22/09/2009 à 14:09
encore une initiative sexiste anti-homme :à quand des permanences en mairie pour que les hommes puissent parler des violences psychologiques ou même physique qu'ils reçoivent de leurs conjointes ? pourquoi ne pas avoir appelé cela CIL (Conjoint Information Liaison).Et en cas de divorce:veto de Madame pour la garde alternée, accusations mensongères de violence , de maltraitance et d'attouchements sexuels , Syndrome d'aliènation parentale...
Rédigé par : père bafoué | 22/09/2009 à 14:12
moi , mon conjoint , divorcé , était frappé par sa femme et à aucun moment , il n'a pu se faire entendre , que ce soit par les services sociaux ou bien au commissariat. il serait bien que ces structures soient aussi ouvertes aux hommes et que l'on arrête de focaliser uniquement sur la violence faite aux femmes .
Rédigé par : eve ludi | 22/09/2009 à 14:44
Vous parlez à juste titre de violences lorsque les personnes "sont victimes de violences physiques, mais aussi psychologiques, sexuelles, de pressions morales, financières… "
Je pense qe vous avez raison que la plus grande par des violences exercées dans notre société le sont à l'intérieur des familles, mais les violences familiales ne sont seulement conjugales :
- il y les violences dont sont victimes des enfants de la part de leur parent ou grand parents. Là les femmes peuvent être aussi terribles que les hommes (les enfanticides sont plus souvent commis par elles)
- il y a les violences entre frères et soeurs (et aussi à l'école)
- il y a les violences aux ainés (comprenant le défaut de soi et de dignité)
- il y a les violences aux parents (le plus souvent les pères) à la fois morales et financières à l'issue d'une séparation qui ne laisse au malheureux que les charges financières et morales de la parenté, mais qui les éloigne de leur responsabilité parentale morale et éducative.
- et il y a effectivement les violences conjugales dont sont victimes des femmes et des hommes, mais ces derniers ont encore plus de difficulté à faire reconnaître ce qui leur arrive. Pourtant si l'on comprend les violences psychologiques morales et financières, la menace réelle de la violence envers parent les rend particulièrement fragiles.
Réduire le problème des violences familiales aux femmes victimes de leur conjoint c'est au mieux cacher la forêt derrière l'arbre, au pire une instrumentalisation qui permet de ne pas prendre en considération les autres formes de violences.
Rédigé par : martin laigle | 22/09/2009 à 15:30
Les femmes au lieu de choisir leur partenaires sur des critères purement physiques : genre badboy, bogosse, feraient mieux de s'intéresser au caractère. Il suffit d'aller sur n'importe site de rencontre pour voir ce qu'elles cherchent : physique de rugbymen, profession de cadre sup. Combien de types sympas se prennent des râteaux, essuient des moqueries, sont ignorés.
Rédigé par : JOJO | 22/09/2009 à 16:30
@ JOJO (qui est sans sans doute un type très sympa) : les petites annonces ne sont-elles pas un prisme assez curieux pour juger de ce qu'attendent "les femmes" ? Et en quoi apprécier rugbymen et cadres supérieurs justifie-t-il de recevoir en retour des bourre-pif ?
Rédigé par : Olivier | 22/09/2009 à 17:01
Marrant, certaines réactions... On parle d'un problème qui touche à peu près 10% des femmes, qui provoque de nombreuses morts chaque année, et certains y voient du "sexisme anti-hommes" (la perle du jour, je crois), ou pensent que c'est le moment de parler des violences subies par les hommes, qui touchent un pourcentage beaucoup plus faible.
Que la justice commence par régler les cas les plus fréquents pose visiblement des problèmes à certaines. Appelez ça du sexisme si vous voulez, mais très peu de femmes règlent leurs comptes avec leurs poings ou des insultes.
Jojo, vous m'avez l'air plein de rancoeur et de frustration, en quoi la disgrâce physique serait une garantie de non-violence ? Et des tas de femmes peu avenantes se plaignent également de ne pas trouver chaussure à leur pied, en plus.
Rédigé par : bg | 23/09/2009 à 08:54
Sauf erreur de ma part vous ne précisez pas où a lieu cette nouvelle permanence
Rédigé par : rosie | 23/09/2009 à 13:00
je suis cadre, bac + 5, et j'ai mis un an pour me faire violence et faire mettre mon compagnon violent dehors. Oui, ce que l'on vit dans ces cas-là, c'est une violence, une peur et une détresse morale affreuses, surtout quand il s'agit du père de son enfant. Ce qui m'a soutenu ? D'abord, que le bail de l'appartement soit à mon nom. Ensuite, une amie qui avait connu la même situation, une écoutante au bout du fil, et mon avocate, car j'ai eu les moyens, pour les droits de garde de l'enfant, de me payer une excellente avocate. Pour le reste : la police = zéro pointé. Les amis du couple = zéro pointé. J'ai fini par comprendre pourquoi : si les paroles ou gestes violents existent, c'est parce que, quelque part, on les a mérités. Voilà la vérité. J'ai lu en commentaire qu'une fois la séparation faite, ce que l'on vit, même dans la difficulté, est moins difficile. C'EST VRAI, même avec les menaces de représailles, les insultes au téléphone, la mise sous surveillance (tout cela je l'ai vécu). Car on est enfin soi-même, et pas constamment ramenée par les gestes et paroles de l'autre à l'image d'une pute ou d'une moins que rien. Bon courage à toutes et tous qui vivent ou vivront ce que j'ai vécu.
Rédigé par : iea | 25/11/2009 à 15:19
Bonsoir
Les femmes (et quelques hommes) victimes de violences conjugales sont des victimes. Et il n'y a rien à redire à cet état de victime.
Par contre, l'auteur d'un livre, que j'ai lu il y a quelques mois, évoque une part de responsabilité des victimes dans la façon de vivre ces violences, de se confronter à ces évènements. Part qu'il faut regarder afin que les victimes puissent réellement s'en sortir suite à ces épreuves réelles.
J'ai eu malheureusement l'occasion d'avoir à réfléchir à cette part de responsabilité (suite à un autre type de violence dans un couple) et ceci m'a été clairement bénéfice (puisque la violence était faite et irrémédiable).
Bon courage.
Rédigé par : Didier | 25/11/2009 à 18:14