Les faux-monnayeurs s'attaquent désormais aux monnaies africaines
Selon la PJ, les faux-monnayeurs avaient déjà réussi à écouler au moins 200.000 faux billets de 1.000 dinars. L'essentiel du réseau a donc été "neutralisé" avant qu'une "production de masse" n'ait pu se mettre en place, précise le directeur-adjoint de la PJ, Michel Neyret, ajoutant que les billets, d'une valeur de 10 euros, étaient revendus 3 à 4 euros chacun.
Les douze délinquants constituant le réseau lyonnais, interpellés mercredi à Paris, Marseille, Montélimar (Drôme) et Saint-Genis-Laval (Rhône) après quelques mois d'investigations, ont été mis en examen et écroués dimanche pour association de malfaiteurs et contrefaçon. Les hommes, âgés de 30 à 60 ans et dont certains étaient connus pour des faits de grand banditisme, encourent trente ans de réclusion criminelle. Deux frères, imprimeurs dans le centre de Lyon, constituaient "le maillon essentiel du réseau": des milliers de billets ont été saisis dans leur entreprise.Pour M. Neyret, "si les malfaiteurs avaient décidé de fabriquer des billets de 1.000 dinars, le plus répandu en Algérie, c'est parce qu'ils avaient le papier à disposition: si ça avait été du papier destiné à la banque centrale turque, ils auraient fabriqué de l'argent turc". Le papier fiduciaire volé comportait déjà les trois signes de sécurité (bande holographique, filigrane et fil) nécessaires à la fabrication des dinars algériens (alors que l'euro en compte soixante), ce qui a facilité la tâche des faussaires. "Il leur restait à ajouter le visage et le montant, ainsi que les numéros du billet", a souligné M. Ligout. L'enquête a révélé que l'étape de la "numérotation" était réalisée à Saint-Etienne par un informaticien qui avait mis au point un logiciel spécifique. "Les billets étaient quasiment parfaits", conclut M. Ligout.
Ol.B.



Commentaires