Vives tensions à l'Orchestre national de Lyon
Laurent Langlois, entouré du chef d'orchestre Jun Märkl (à gauche) et de l'adjoint à la Culture Georges Képénékian (à droite)
CULTURE - Cela fait des semaines que le ton monte, l'impatience. Jusqu'à installer une ambiance exécrable au sein de l'Orchestre national de Lyon (ONL). Le management du nouveau directeur général de l'Auditorium, Laurent Langlois, arrivé début mai, exaspère une partie des musiciens, ainsi que le directeur musical, Jun Märkl. Ce dernier voit le nouveau venu piétiner posément ses plates-bandes artistiques. L'exaspération devient telle que la tutelle, la ville de Lyon, après avoir tenté de laisser l'institution régler l'affaire toute seule, doit à présent jouer les pompiers. Le maire a reçu des courriers cet été. Et l'adjoint à la Culture, Georges Képénékian, a reçu fin août les parties de ce conflit de moins en moins larvé...
Certains directeurs d'institutions, pour s'imposer, jouent du temps, apprivoisent. Font connaissance avant d'agir. Comme s'il arrivait en mission dans une terre connue, Laurent Langlois n'a pas eu cette patience. D'emblée, l'ancien directeur de l'Opéra de Rouen s'est intéressé à la programmation musicale, qui relevait jusque-là du seul chef d'orchestre. Il ne prenait d'ailleurs personne en traitre : début avril, lors d'une conférence de presse d'auto-présentation précédant sa nomination, il annonçait son intention de «travailler la matière sonore» (lire). Prérogative habituelle du seul maestro. Paradoxalement, cette situation a permis à Jun Märkl de resserrer avec son orchestre des liens qui s'étaient distendus par un certain effacement.
Depuis, les tensions se multiplient. Au sujet des embauches, des licenciements, des tournées, des orchestres invités... Le nouveau directeur, expliquent certains musiciens, veut peser sur tout. Juste avant l'été, il aurait tapé du poing sur la table, leur expliquant qu'il était à présent le chef de l'institution, et qu'il disposait de prérogatives élargies par rapport à Anne Poursin, en place avant lui. Depuis, tout le monde cherche à vérifier si c'est vrai.
Il est temps que la tutelle intervienne, assure une médiation. En seulement cinq mois, par un management assez brutal, le nouveau directeur a beaucoup froissé. L'épisode le plus ahurissant fut un changement de plaquette : alors que le programme initial représentait sur sa jaquette Jun Märkl au pupitre, un nouveau a été imprimé. Avec à la place du maestro : Guignol. Personne n'a compris cette brutalité, qui renvoyait par ailleurs les Lyonnais aux clichés honnis de l'après-guerre, quand Lyon n'était que cette ville de Guignol et de bouchons. "L'année prochaine, ils mettront une andouillette à la place ?", grince un musicien.
Après des courriers envoyés à Gérard Collomb, la commission d'orchestre a rencontré Georges Képénékian, fin août. Les musiciens, explique l'adjoint, s'interrogeaient sur l'embauche de leur directeur, ce qui l'a visiblement excédé. En privé, certains au sein de l'orchestre expliquent que Laurent Langlois est arrivé par la "filière rouennaise". Il vient de Rouen, comme l'ancien responsable directeur général adjoint de la ville, qui s'occupait entre autres de la culture avant de devenir directeur du cabinet de Gérard Collomb au Grand Lyon. Son successeur à la mairie a oeuvré à l'Auditorium de Lyon, voilà longtemps. Depuis, il était parti travailler... à Rouen.
En rencontrant l'adjoint, la commission d'orchestre voulait vérifier si Laurent Langlois bénéficie effectivement de compétences élargies. Ce qui signifierait que la ville a trahi le contrat signé avec Jun Märkl. Ce dernier disposait en effet de "l’entière autorité artistique sur la programmation de l’orchestre" et du choix éventuel des chefs et solistes invités.
Les conflits de compétences au sein d'institutions musicales sont plutôt classiques. En septembre 1999 par exemple, le chef d'orchestre Louis Langrée avait démissionné de la direction musicale de l'Opéra de Lyon, excédé de la "dilution des pouvoirs", et de voir son contrat régulièrement bafoué par le directeur. Cette fois cependant, la crise semble plus aigüe. "Les choses sont tendues, confirme l'adjoint à la Culture, mais cela résulte en grande partie d'une situation créée avant même l'arrivée du directeur. Jun Märkl a confirmé qu'il ne renouvellerait pas son contrat, qui s'achève en 2011, et l'orchestre a décidé qu'un seul chef au monde était capable de lui succéder. Laurent Langlois n'est pas entré dans ce système et il a engagé une autre réflexion : faut-il réellement un seul chef ? Une direction partagée ? Des chefs invités ? Le monde du symphonique change. Laurent Langlois a été embauché pour faire évoluer cet orchestre."
Il est vrai que Leonard Slatkin avait entretenu de bonnes relations avec l'orchestre comme chef invité, et avait été pressenti pour succéder à Jun Märkl. "Pour une fois, réagit un musicien, nous avions effectivement été consultés. N'est-ce pas la meilleure façon d'engager un travail ensemble, d'espérer donner ensemble de l'émotion aux gens ? C'était plus rassurant qu'une direction imposée par un directeur qui reconnaît lui-même qu'il n'est pas un artiste, et qui ne pense qu'à l'aspect communication."
Une direction musicale partagée pourrait-elle être bénéfique à la qualité de l'orchestre ? Ou n'a-t-elle pour premier objet que d'asseoir un peu plus l'autorité du directeur général au détriment de la direction musicale. C'est sans doute pourquoi la majorité des musiciens refuse l'hypothèse d'une direction musicale tripartite, qui semblait ces dernières semaines dans l'air, les faveurs de Laurent Langlois semblant se tourner entre autres vers un chef aussi controversé que Michel Tabachnik. Ils veulent un chef d'orchestre capable de redonner une exigence que beaucoup estiment en baisse depuis le départ d'Emmanuel Krivine, en 1999, et qui semble se reconstruire peu à peu. Krivine n'était pas toujours tendre avec son ensemble, mais il le tirait vers le haut. Son autorité réglait d'emblée le rapport de force avec le directeur général. "L'orchestre est en recherche d'un père", traduit Georges Képénékian. Qui ajoute que c'est "entendable", qu'il y a peut-être besoin "d'une forme de stabilité". Avant de conclure : "Nous allons dans cette direction". Faut-il comprendre vers un directeur musical à part entière ?
Olivier BERTRAND et Luc HERNANDEZ




Des nouvelles de l'Ecossaise....
"... il a tapé du point"... d'orgue, je suppute...
Note générale : "Les c..s, ça ose tout, c'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnaît"....
Avec les compliments de Micka FRENCH et d'Odile et Edoaurd BLED...
Rédigé par : Micka FRENCH | 14/10/2009 à 09:13
Eh bien, il semble qu'à Lyon, on aime les méthodes manageriales brutales. Dans l'autre "institution" de la Ville, l'Opéra National de Lyon, une pétition avait déjà, il y a 3 ans, été signée par plus de la moitié du personnel pointant du doigt les méthodes manageriales du nouveau directeur Serge Dorny, et ses excès dictatoriaux. Cette pétition fut adressée aux élus et jusqu'au Ministere. Que pensez vous qu'il arriva ? Strictement rien. 3 ans et demi plus tard, il est toujours en place, et les mêmes méthodes sont toujours d'actualité....
Alors je souhaite bon courage au personnel de l'ONL, parce que cela risque de durer encore un bout de temps si EUX ne tapent pas du poing sur la table.
Rédigé par : EricB | 14/10/2009 à 09:33
Je salue cependant le courage de Monsieur Langlois pour connaître de plus près cette institution. Le secteur culturel est en trop mauvais état pour que perdurent des situations privilégiées et démesurées au nom de "l'excellence" artistique. Espérons que cela s'accompagne d'une réflexion sur la politique culturelle du territoire.
Rédigé par : sainte barbe | 14/10/2009 à 09:44
L'union fait la force !
Tant pis pour eux ? Non, pour les passionnés qui viennent les voir.
http://allainjules.wordpress.com/
Rédigé par : AJ | 14/10/2009 à 09:56
Très bon papier qui pose clairement le problème des rôles. On attend désormais l'arbitrage de la ville pour savoir quelles responsabilités elle a confié et à qui. En aura-t-elle le courage ? A-t-elle seulement le souci de la musique autant que de la communication ? On commence a voir clairement les effets de la démission culturelle au profit de l'événementiel de Gérard Collomb.
Rédigé par : Rémi | 14/10/2009 à 11:08
et pendant ce temps la on bosse comme des cons... j'avais lu une interview du nouveau directeur, un sommet de narcissime et de prétention.
Rédigé par : Dude | 14/10/2009 à 12:00
Je me permets de réagir à l'article en tant que rouennais qui a vu partir avec tristesse Laurent Langlois il y a quelques années de l'opéra de Rouen. Avec du recul, je dirais qu'il avait la fibre artisitique plus développée que la fibre de la gestion rigoureuse d'un budget. Il osait une programmation parfois dérangeante pour certains abonnés. Toutefois, il a fait revrire l'opéra de Rouen. Il a reconstruit un orchestre en partant de presque zéro. Il a fait venir un jeune chef, toujours en place. Ensemble, ils ont fait du beau travail. Alors peut-être que Laurent Langlois ne fait pas l'unanimité au sein de l'opéra de Lyon. Selon mon humble avis, c'est un homme qui ose, qui aime un peu bousculer les certitudes et ça, je pense que c'es tune grande qualité. Il faut lui laisser du temps.
Rédigé par : Tamerlan | 14/10/2009 à 12:00
pour le Monsieur de ROuen, Laurent Langlois est directeur de l'ORCHESTRE NATIONAL DE LYON, et non de l'OPERA DE LYON.
Rédigé par : Isa | 14/10/2009 à 17:57
1- Comment peut on imaginer qu'un directeur d'institution culturel n'ai pas son mot à dire sur la direction artistique de sa propre maison?
2 - Darmet n'est pas un artiste. Cela ne l'empêche pas de faire des choix artistiques avec le succès que l'on connait.
3-Avant de crier haro sur le baudet, il serait juste de considérer le travail passé de Langlois en normandie: des programmes musicaux originaux, des salles pleines et des formations musicales prestigieuses et de grandes qualités.
Rédigé par : Touffreville la corbeline | 14/10/2009 à 18:19
Assisté à de nombreux concerts dirigés par Michel Tabachnik. Pur bonheur à chaque fois, dans tous les répertoires... En quoi ce musicien de talent est-il donc controversé ? Il n'a pas été condamné, mais relaxé, dans l'affaire de l'Ordre du Temple Solaire, et il me semble que le ministère public n'avait pas requis de peine contre lui. Pour moi, il s'agit d'un homme de qualité.
Rédigé par : Fifi de Paris | 14/10/2009 à 18:20
D'accord avec la remarque très pertinente de Rémi "On commence a voir clairement les effets de la démission culturelle au profit de l'événementiel de Gérard Collomb." Pareil avec le Leone Eastwood tour même si on peut aimer les artistes.Pour revenir à l'Auditorium, je regrette le précédent chef d'orchestre plus aventureux : on avait droit à des pièces de Charles Ives à l'apéritif !
Le nouveau programme est très conformiste.
Peut-être que Langlois va faire changer les choses dans cette ville endormie qu'est Lyon.
Rédigé par : Sail On Sailor | 14/10/2009 à 22:37
e suis de nouveau tenté de prendre la plume (sic) pour dire ce que je pense de ça, et ce sera long, que ceux qui me liront me pardonnent.
Pour commencer, n'oublions pas les propres paroles de Laurent Langlois lors de sa présentation à la presse « Il y a longtemps que j’ai épuisé mes connaissances musicales. »
Je crois que là, tout était dit! Les décisions musicales doivent être prises par un musicien, en l'occurrence le directeur musical. Que dirait monsieur Kepenekian si un bureaucrate arrivait tout nouvellement nommé à l'hôpital où il travaille, et lui dictait comment diriger, médicalement parlant, son service? Il n'en croirait pas ses oreilles bien sûr. Et bien, c'est exactement ce qui arrive à l'ONL actuellement.
Il est important de corriger une chose totalement fausse qui serait arrivé aux oreilles de Monsieur Kepenekian, à savoir que la majorité des musiciens refuse l'hypothèse d'une direction musicale tripartite, c'est un mensonge. Les musiciens de l'ONL ne refusent absolument pas une direction musicale avec trois chefs, un principal et deux associés, ils savent bien que des exemples convaincants existent par le monde. Mais ils estiment que c'est au prochain chef principal de nommer les deux autre chefs qui s'associeront à son travail, cela pour des raisons évidentes de cohérence artistique, en effet lui seul sait ce qu'il sait bien faire et ce qu'il fait moins bien, et le choix des deux autres chefs dépend de cela. Monsieur Langlois, n'ayant jamais de sa vie su lire une partition d'orchestre (chacun son métier n'est-ce pas?), n'a pas la moindre idée de ce qu'est le travail d'un chef, l'idée même de parler de Michel Tabachnik est réellement humiliante pour les musiciens de l'ONL. Quand donc comprendra-t-on que cet orchestre mérite les meilleurs? Michel Tabachnik a toujours été un looser, qui n'a fait parler de lui que sur des coups fumants et douteux.
Autre chose, les musiciens de l'ONL n'ont jamais prétendu qu'il n'y a qu'un seul chef au monde qui serait capable de succéder à Jun Markl, jamais de la vie. La vérité est que le fait que ce chef, Leonard Slatkin (sans "E" à la fin svp)s'intéresse réellement à notre orchestre national est un événement inespéré, et que cela représente une réelle plus value pour lui (l'ONL). Il est extrèmement difficile actuellement de trouver une grande pointure pour occuper la direction artistique d'un orchestre de classe internationale, il faut s'y prenre au moins quatre ans à l'avance, il ne reste que 20 mois de contrat à Jun Markl, et l'on voudrait se permettre de faire la fine bouche au sujet de Slatkin! ce serait bouffon! réellement...mais tellement Lyonnais hélas...
Si la mairie venait à bouder cette proposition, cela la ridiculiserait grandement dans le monde de la musique classique. Et qu'on ne vienne pas nous dire que ce serait une question d'argent, car l'argent est là mais très mal employé, et s'échape par les fenêtre dans cette batisse qu'est l'auditorium. On ne cesse de chercher à culpabiliser les musiciens en leur disant qu'ils coutent très cher, mais qui sait à l'extérieur (et aussi à la mairie) qu'il y a par exemple trois régisseurs dans cette orchestre alors que les plus grands orchestres n'en ont que deux? Que huit personnes travaillent au service de la comptabilité? Et que sept personnes travaillent pour la communication? Les musiciens ont parfois l'impression d'être la dernière roue du char et que l'exigence artistique qu'ils manifestent en souhaitant avoir à leur tête une personnalité digne de leur talent et des ambitions de notre Maire de faire de lYON une grande métropole artistique n'est que le cadet des soucis des bureaucrates qui prennent de plus en plus de place à l'Auditorium. La musique ne seraient elle là que pour justifier les salaires des administratifs?
Pour terminer je dirai que non, Monsieur l'adjoint à la culture, l'ONL n'est pas à la recherche d'un père, mais seulement d'un chef d'envergure international capable de le hisser au sommet. Et n'oublions pas que c'est la seule façon de justifier le budget pharaonique qu'il représente.
Rédigé par : Nicolas | 15/10/2009 à 00:23
les "bureaucrates" sont aussi des gens qui bossent durs et qui, ont parfois, une vision de l' action culturelle qui passe les portes de l'ONL car ils se préoccupent en premier lieu du public. Il est temps que l'ONL ne pèse plus a lui seul sur les finances de la Ville au détriment du déploiement d'autres formes artistiques qui représentent aussi je le rappelle de l'emploi sur le territoire. S'il s'agit bien "d'excellence artistique", alors nul doute que l'ONL peut trouver d'autres fonds pour équilibrer ce budget " pharaonique", d'autre partenaires que la Ville. Il s'agit bien là du travail des "bureaucrates" ( qui s'y emploient je pensent d'ailleurs). Un conseil, l'arrogance si caractéristique de votre institution ne vous aidera pas à trouver le soutien des lyonnais.
Rédigé par : sainte barbe | 15/10/2009 à 09:01
Monsieur Langlois a tout résumé lors de la présentation de la saison lorsqu'il a fait ce raccourci : "la musique classique, c'est d'abord l'interprétation des classiques du répertoire".
Un sommet de mignardise stupide, classiciste.
Rédigé par : Solfège | 15/10/2009 à 11:01
Qui est donc Nicolas, s'il vous plait, pour dénombrer le personnel des bureaux, et quel est donc son métier pour qu'il se sente l'autorité de juger de la nécessité de réduire une équipe administrative. La liste de ces commentaires ressemble plus à un débat ouvert qu'à des commentaires sur un article dont on s'écloigne de plus en plus. Alors Libélyon, vous nous l'organisez en vrai, ce débat ? Et invitez donc les lyonnais, qui ont tant à dire sur leurs insitutions !
Rédigé par : Nicole | 15/10/2009 à 16:07
Fifi de Paris est bien gentil de conseiller Michel Tabachnik aux musiciens de l’ONL, une question cependant, pourquoi ne se le prennent ils pas les Parisiens? Et pourquoi vouloir le refiler à la province? Justement parce que ce serait un choix très provincial qui garantirait un écart de qualité entre la province et la capitale. Non, sans blague soyons sérieux, si ce chef avait une stature internationale, on le verrait au programme des meilleures formations actuelles, et si ce qui n'est plus le cas depuis des années, ce n'est certainement pas le fait du hasard. Pour Tamerlan, il ne faudrait pas oublier que Laurent Langlois a été "prié" par la mairie de Rouen de quitter son poste, et que pour cela il a bénéficié de confortables indemnités de départ. Pour Touffreville la Corbeline, tout à fait d’accord, Guy Darmet qui est, j'en conviens un grand connaisseur dans le domaine de la danse, n'est pas danseur lui-même mais directeur d'une salle et d'un festival consacré à cet art, mais cependant il n’est pas directeur d'une compagnie de ballet que je sache, et c’est très différent. Si L. Langlois se contentait de gérer administrativement la maison ONL (et il y a de quoi s’occuper j’imagine) et de décider de la programmation artistique de la saison d'invités de l'auditorium, il en irait tout autrement que ce qui se passe actuellement. Pour Sainte Barbe, lorsque cet orchestre était dirigé par E. Krivine, le meilleur directeur artistique qu'il ai eu, le nombre d'abonnés a atteint un maximum de 11000, chiffre qui avait de quoi faire pâlir d'envie bien d'autres orchestres par le monde, ce qui prouve bien qu'il n'y a aucune arrogance de l'ONL a revendiquer le droit a retrouver le lustre de cette époque par le biais d’un directeur musical de qualité. D’autre part trouver des fonds privés pour financer l’orchestre n’est hélas pas dans la culture Française, et les musiciens n’y sont pour rien. De plus ce n’est pas leur travail. Ils ne demandent qu’à avoir les moyens d’exercer leur art du mieux qu’ils le peuvent, « eux aussi » pour le public.
Rédigé par : Nicolas | 15/10/2009 à 17:16
Plusieurs choses me semblent claires: pour qu'un orchestre progresse et regagne les sommets, il faut un grand chef motivé, qui bénéficie du soutien de ses musiciens, et auquel on laisse le temps et les moyens d'agir.
Une absence directeur musical, ça mène le plus souvent à la catastrophe, sauf à avoir un niveau déjà exceptionnel comme le Philharmonique de Vienne...
Un directeur musical en conflit avec ses musiciens, ça n'apporte rien de bon non plus - les orchestres français ont la réputation d'être frondeurs, quand le chef ne leur convient pas.
Vu de loin, c'est quand même fou: Lyon a la chance qu'un chef reconnu s'intéresse à son sort, avec une venue qui semble souhaitée par tous les musiciens et zéro année de transition. Que la direction veuille aller ailleurs, et pire encore provoquer des conflits ouverts, paraît franchement incroyable.
Certes, on peut se demander si Slatkin aura beaucoup de disponibilités, vu qu'il a également le Detroit Symphony sous la main... cela dit, ce genre de situation devient de plus en plus fréquent chez les grands chefs.
Après, on peut toujours avoir de la chance, et tomber sur un jeune chef talentueux (qui aura aussi l'avantage d'être à plein temps), façon Sokhiev à Toulouse... mais c'est tout sauf gagné.
Alors, bon courage.
Rédigé par : GG | 15/10/2009 à 22:14
bonjour,
ce débat est fort intéressant et très sain : pour avoir vécu cette situation à l'opéra de Lyon, les lyonnais devraient savoir que ça ne fait pas de bien à leurs institutions culturelles d'oublier leur vocation première :
Un opéra, c'est un orchestre et un choeur permanents qui invitent les solistes et l'équipe de mise en scène les plus appropriés aux oeuvres programmées. Si le chef est lui aussi un invité lié à une production, l'orchestre devient un exécutant, au même titre que l'équipe administrative ou technique, tous unis bravement dans la réalisation d'un projet qui dure un mois, puis vient la production suivante...
Si le chef est titulaire, alors il devient la signature de la maison, et l'orchestre et le choeur ses fleurons. Le projet est à long terme : celui de l'orchestre tout entier. Voyez l'époque Nagano, la production discographique d'alors et la renommée de l'opéra de Lyon sous sa baguette. Curieusement, c'est aussi l'époque de Krivine à la tête de l'ONL, avec une renommée toute similaire. Qui aurait contesté, à l'époque, la légitimité de deux orchestres à Lyon ?
Aujourd'hui, l'opéra sort d'une longue période sans chef titulaire, où l'orchestre a perdu de sa personnalité et de sa vigueur, et se retrouve sous la baguette de Kazuchi Ono. L'ampleur de la tâche est grande pour lui, afin de redonner une identité forte à cet orchestre et lui rendre sa place sur les ondes radios ou dans les bacs des disquaires, notamment.
Alors, laisser maintenant l'ONL traverser le même désert, c'est à peu près le meilleur moyen de favoriser la réunification des deux orchestres, régulièrement réclamée par les économes de la ville !
Rédigé par : halstroc | 15/10/2009 à 22:54
Houuuuu... Je suis le mystérieux Nicolas si méchant qui dit tant de mal des employés de bureau de l'ONL. Non, trêve de plaisanteries, je blague, il s'agit simplement de remettre les pendules à l'heure. Si de nombreux postes ont été créés dans l'administration depuis le départ de Krivine et Armengau, (7 au total si mes renseignements sont bons, alors que les musiciens eux ont perdu un poste durant ce temps), et bien tant mieux pour ceux qui ont gagné ainsi un emploi, et je suis sincère, simplement il est assez injuste de présenter à la vindicte populaire les musiciens professionnels qui sont, on le sait bien, "d'horribles fonctionnaires sans vergogne qui ne font que râler". Rassurez-vous, il n'est pas question de demander la réduction des postes dans les bureaux, maintenant qu'ils sont là, il est normal qu'ils y restent, simplement, les responsables qui ont demandé la création de ces postes sont seuls responsables de cette situation bien sûr. Il n'est pas question non plus de créer la zizanie entre les musiciens et le personnel des bureaux, les musiciens n'en ont d'ailleurs pas l'intention car ils savent bien qu’ils n’ont rien à y gagner. Les « bureaucrates » dont il est question sont les différents directeurs existants dans cette maison, excepté le chef actuel qui risque d'être, peut-être, le dindon de la farce.
Encore un message pour Touffreville la corbeline, l’Auditorium n’a pas eu besoin d’attendre l’arrivé de L. Langlois pour afficher des programmes musicaux originaux, des salles pleines et des formations musicales prestigieuses et de grandes qualités. S’il était comme moi un fidèle de longue date de cette maison, il saurait que de nombreux orchestres de premier rang sont passés à Lyon, même s’il est vrai que c’était moins fréquent ces dernières années, quand aux programmes originaux, celui qui a mis le premier un coup de pied dans la fourmilière était le chef d’orchestre David Robertson, pas toujours compris non pas unique ment de ces sales musiciens mais aussi du public, au début tout du moins, mais de nombreuses idées venant de lui ont perduré et remporte un brillant succès aujourd’hui encore. L. Langlois remue beaucoup d’air mais n’a rien d’une tornade blanche, on le verra bien.
Rédigé par : Nicolas | 16/10/2009 à 01:48
Ouf, enfin un commentateur qui rend à César (David Robertson) ce qui lui appartient. Quoique l'on puisse penser de ses programmations,(on aimait pas forcément tout) on était sans aucun doute dans l'excellence artistique !
Rédigé par : nono | 16/10/2009 à 18:49
l'excellence grâce à un Conseiller artistique de haut niveau devenu depuis directeur général de l'Orchestre de Bamberg
Rédigé par : ROmy | 16/10/2009 à 20:25
Abonné à l'ONL, je le vois évoluer chaque année. Je profite de cette tribune pour dire moi aussi mon avis :
Non M Langlois, "ça ne commence pas". Chaque année l'Orchestre fait de nouvelles propositions et il ne vous a pas attendu pour cela ; vous arrivez à la tête d'une machine en mouvement et qui marche.
Depuis son arrivée M Märkl a lui aussi "mis sa patte" en créant des nouveaux cycles (concerts familles par ex) et en établissant entre l'orchestre et nous, le public des liens plus étroits, (par ex répétitions de l'Hymne à la Joie, les rencontres du vendredi,etc ...). Il y a des concerts pour tous, les petits,les grands, les puristes, les amateurs de musique. les novices...
L'orchestre tient une place importante dans le "coeur" de nombreux habitants. Il fait peu de sensationnel mais régulièrement de très beaux concerts qui nous enchantent.
Concernant les nouvelles propositions de concerts de l'Orchestre, faites depuis l'arrivée de M Langlois, je ne vois pas de contenu artistique mais un enrobage marketing .
Je n'ai pas aimé le choix de Guignol que je trouve ringarg, réducteur et insultant pour tous les Lyonnais pour qui Lyon est bien autre chose que Guignol !
Une dernière chose, après le document d'abonnements, nous avons reçu Guignol en 4 pages puis avons eu à disposition Guignol en 80 pages et maintenant tout dernièrement sorti le nouveau magazine (ouf sans Guignol). Ce sont bien nos impots qui paient tout cela ?
Rédigé par : danido | 18/10/2009 à 22:11
l'ONL fait des choses trés bien: les musiciens sont trés pros, il y a une vraie recherche de diversification du public au travers d'actions variées, les actions pédagogiques sont géniales, en venant à l'auditorium on sent qu'il y a une équipe au travail, le chef est plutôt bien et puis... tout se gâte je lis dans la presse l'interview ( délire narcissique et mégalomaniaque) d'un individu nommé directeur général. Je suis triste pour l'orchestre et ceux qui travaillent à son développement car une personne qui fait de telles déclarations ne peut pas faire progresser l'institution . Et puis en septembre j'apprends par la presse que cet individu, rédempteur de l'opéra de Rouen, n'est pas musicien. Là je suis effaré : comment a-t-on pu nommer un tel illusioniste? La défense de la musique classique passe avant tout par la défense de la qualité des spectacles produits. Comment un non musicien peut-il juger si les spectacles sont bons. En plus ce non musicien se permet de toiser de haut le chef actuel qui est de rang international.Là j'hallucine! La musique classique en Rhône Alpes n'avait pas besoin de ça
Rédigé par : violonistamateur | 22/10/2009 à 16:38
Excusez-moi si je prends le train en marche dans cette polémique d’ordre plus sociétal que musical (je suis tombé par hasard sur les différents échanges de point de vue). Voilà ce que m’inspire les propos des uns et des autres : un « directeur général » doit avoir des idées et doit avoir les moyens (financiers mais aussi logistiques, stratégiques, psychologiques, anthropologiques…) de les mettre en œuvre. En ce sens, régissant à la fois la carrière du (ou des) chef(s) d’orchestre, toujours à l’écoute des avantages des musiciens, il doit assurer et assumer la responsabilité d’un cahier des charges à l’exigence professionnelle, à l’échelle micro-évènementielle comme au plan macro-structurel. Chef d’équipe incontesté, un directeur général reste le gardien philosophe de l’intérêt général et collectif.
Comme ses fonctions l’indiquent, un directeur général doit pouvoir donner un cap général vis-à-vis de la politique musicale et artistique de l’orchestre. Comme un capitaine de vaisseau au long cours, il doit avoir la possibilité d ‘anticiper le mouvement général des flux plus ou moins houleux pour assurer une croisière toujours plus sereine et confortable aux musiciens comme aux spectateurs. Grâce à ses connaissances générales (dues notamment aux réseaux professionnels qu’il a fréquentés et grâce à sa longue expérience précieuse qu’il a mis en place ici ou à l’étranger), le travail en amont sur l’artistique des saisons à venir lui est donc nécessaire et primordial.
Par exemple, s’il veut rayonner, se distinguer en fêtant les 180 ans de Brahms, il doit savoir réserver telle symphonie ou tel concerto pour 2013… ou s’il envisage de confectionner un fil rouge consacré au thème de la mythologie en musique, il mettra au programme « La jeunesse d’Hercule » de Saint-Saëns ou « Orphée » de Gluck mais il demandera également à Mr XYZ (croisé lors d’une rencontre internationale) de composer un « Ulysse » ou une « Eurydice »… Dans le même esprit, le directeur général interviendra peut-être pour avoir tel soliste plutôt qu’un autre s’il juge que le fait d’engager un tel peut être salutaire et représentatif des intentions de l’orchestre pour la tournée de 2012 en Russie (que sais-je ?)… Pour tous ces cas de figure qui sont le lot quotidien des affaires générales du directeur général, ce ne sont ni les secrétaires ni les hôtesses d’accueil, ni les musiciens ni le directeur musical qui décident de la marche à suivre finale de l’entreprise (même si, toute cette communauté sensible – y compris le public – peut à un moment ou un autre être à l’évidence consultée). Arbitrant objectivement les différents internes, tempérant les esprits extravagués et prenant in fine les décisions nécessaires au bon fonctionnement interne / externe, un directeur général doit – par définition - tout superviser.
Sans vouloir faire de prosélytisme outrancier, on voit bien que tous ces exemples doivent dépendre des forts desiderata artistiques et politiques (au sens de la politique culturelle) d’un directeur général. Lui seul a une vision à long terme de la programmation et de la dynamique à insuffler à l’ensemble des acteurs de l’entreprise culturelle. Lui seul est le garant de l’intérêt commun que lui ont demandé les diverses collectivités, sollicité en premier lieu - je suppose - par monsieur le maire de Lyon (un autre directeur général élu par la population). De même, cette marque de confiance concrétisée par un engagement sans faille mis au service du bien être artistique et musical a été accordée à M. Langlois au nom de tous pour manager une réelle entreprise humaine. En plus des clauses strictement professionnelles, ce trait philanthropique du contrat n’est ni à gommer ni à dénigrer, par conséquent, il ne peut être ni dénoncé ni rompu.
Enfin, l’argumentaire qui cerne le fait d’être musicien ou pas pour une telle fonction ne tient absolument pas. Un directeur de grands restaurants, même s’il n’est pas première toque d’or de l’ordre des cuisiniers, peut sans conteste donner une identité singulière et cohérente à une chaîne gastronomique. De même – toute proportion gardée - un président de la république, même s’il n’est pas médecin, a le devoir de mener une politique de santé la plus harmonieuse et la plus utile qui soit.
Certes me direz-vous, chacun son métier. Car à l’inverse, le directeur général d’un orchestre n’interviendra ni pour demander au timbalier des baguettes à bouts de cuir pour telle symphonie de Beethoven ni sur le fait d’ajouter un ralenti non noté dans telle partition de Berlioz. Cela tient bien entendu de la haute responsabilité et parfois du génie du chef d’orchestre (et surtout du directeur musical) ainsi que de ses subordonnés. Alors - un peu de bon sens ne nuit pas - : chacun à sa place et les concerts de l’ONL seront bien menés… Nul besoin à mon sens d’embrasement spectaculaire par la voie médiatique : tel le Phénix, cette polémique doit mourir à petits feux… pour mieux renaître de ses cendres.
Comme dit le dicton : l’union fait la force. L’intérêt strictement personnel des uns et des autres est donc à proscrire, seule la Musique doit y gagner...
Rédigé par : J. le Saxo | 28/10/2009 à 20:45
Laurent Langlois est un ami de Mr FABIUS, à Rouen il disposait d'un salaire exorbitant d'une voiture avec chauffeur ETC...Il a été viré en 2002 par la nouvelle municipalité de droite à l'époque.
Rédigé par : Rouennais | 29/10/2009 à 09:09
Monsieur Nicolas,
1- J'ai dit que Langlois avait fait du bon boulot à Rouen. Je n'ai pas dit que l'audito avait du mauvais boulot.
2- On peut être un bon programmateur sans savoir peindre, chanter ou souffler dans le biniou. C'est d'ailleurs le cas de la plupart des programmateurs / directeurs d'entreprises culturelles. Je conviens qu'on peut se demander pourquoi il n'y a pas plus d'artistes à la tête de ces maisons, mais c'est là un autre débat car cela n'empêche les "non-artistes" de faire parfois très bien leur boulot.
Vous connaissez beaucoup de producteurs de ciné, de théâtre, de cuisine, de voitures qui sont eux mêmes réalisateurs, metteurs en scène, cuisiners ou designers? Il faut bien constater qu'il y en a peu. Et pourtant ces memes patrons ont choisis leurs créatifs. Et cela peut marcher.
Je me répète donc:
Considérez le travail qu'a fait Langlois en Haute Normandie pendant 20 ans et laissez lui une chance.
Au plaisir!
Rédigé par : Toufreville la corbeline | 07/11/2009 à 19:58