Le caveau oublié des poilus musulmans de 14-18
IDENTITES - La sonnerie aux morts résonnait, particulièrement émouvante mercredi, dans ce petit cimetière de la Mulatière. Près des drapeaux tricolores se tenaient deux imams et le recteur de la mosquée de Lyon. Soutenu par la mairie, un hommage à des soldats musulmans longtemps oubliés, qu'un historien amateur a retrouvés. C'était l'été 2006. Frédéric Couffin travaillait alors sur les soldats français de 14-18. Le fossoyeur de la Mulatière, qui le voyait souvent rôder près du monument aux morts, lui a dit un jour : "Au fond du cimetière, il y a un caveau bizarre que personne ne connaît, ça devrait vous intéresser". L'histoire a commencé ainsi...
L'historien est allé au fond du cimetière et il y a découvert un curieux monument, d'inspiration orientale. Envahie d'herbes folles, la stèle portait une niche ogivale, sous un très marocain petit toit de tuiles vertes. Sur une plaque de marbre était écrit : "Aux morts musulmans pour la France - 1914-1918". Aucun nom, aucune date. L'historien a pensé à un mausolée, personne ne savait lui dire de quoi il s'agissait. Intrigué, il a commencé à fouiller les archives. Et découvert en quelques mois que 201 soldats étaient enterrés là. Oubliés. Frédéric Couffin a retrouvé une à une les identités, retracé le parcours de la plupart de ces hommes, avant d'écrire l'histoire très instructive du caveau de la Mulatière. Une histoire, glisse Kamel Kabtane, qui rappelle qu'une nation comme la France est composée de multiples identités.
Pendant la Grande guerre, cette boucherie, Lyon et sa banlieue, situés très en arrière du front, accueillaient plus de 70 unités hospitalières, pour une part improvisées, dans le lycée d'Oullins par exemple. De nombreux soldats gazés sont venus s'y faire soigner, et parmi eux des musulmans, troupes de l'Empire appelées à la rescousse pour remplacer les hommes tombés au front. D'autres, ouvriers, sont venus travailler dans les usines d'armement qui se trouvaient au Sud de Lyon, notamment dans le quartier de l'Artillerie de Saint-Fons, et certains y sont morts sous des bombardements.A partir de 1916, l'armée demande aux mairies du coin de bien vouloir réserver des carrés musulmans dans leurs cimetières, pour inhumer leurs soldats qui meurent dans les hôpitaux. La Mulatière en accueille 72 la première année et le gardien, fin septembre, demande une augmentation de salaire pour creuser les fosses des musulmans. La mairie refuse, et s'assure que ces hommes sont bien enterrés selon leur rite, allongés sur le flanc droit, la tête tournée vers la Mecque.
Dès l'été 1916, les tombes alors individuelles de ces soldats morts loin de chez eux sont fleuries par les habitants de la Mulatière comme celles des enfants du pays morts pour la France. Les écoliers et les anciens combattants de 1870 s'en chargent, effeuillant le 1er novembre des fleurs sur leurs stèles. Le 16 novembre 1918, cinq jours après l'armistice, l'armée demande un dernier carré pour 50 hommes. Au total, 202 auront été enterrés là en trois ans.
Pendant les premières années après guerre, les habitants continuent de soigner leurs morts musulmans. Ils ne sont bientôt plus que 201 car une famille tunisienne, recherchant son fils, l'a trouvé là, et a obtenu le rapatriement de ses restes. Le ministère des Pensions alloue 4 francs par tombe pour l'entretien, mais il n'accepte de prendre en charge les concessions perpétuelles que pour les soldats, et les ouvriers pris sous les bombardements de l'ennemi dans les usines de munitions. Ceux-là sont "morts pour la France". Ils sont 113. Pour les 88 autres, rien n'est prévu. Le maire décide alors de faire construire un caveau commun, avec un monument. Mais le ministère n'est pas chaud. Les carrés lui suffisent. Paul Nas prend alors contact avec le premier recteur de la Mosquée de Paris, également président de la Société des Habous des lieux saints de l'Islam, sorte de CFCM avant l'heure...
Un architecte de la région lyonnaise imagine le monument, amendé par l'un des trois architectes de la Mosquée de Paris, construite en grande partie avec des fonds français pour remercier les musulmans de leur dévouement dans la guerre. La Mosquée de Paris fait parvenir les tuiles vertes, 120 vernissées et 80 non vernissées. Et le caveau est terminé en décembre 1936. Les hommes sont alors exhumés. Le maire aurait voulu réunir tous ces musulmans morts, directement ou non, des violences de cette guerre. Mais le ministère ne plie pas : seuls ceux qui sont officiellement morts pour la France peuvent reposer là. La municipalité installe les autres à côté, dans une fosse commune.
Le caveau est inauguré le 9 mai 1937, en présence du recteur de la grande Mosquée de Paris. Le Progrès du lendemain rend compte du discours prononcé par le maire. Il y explique son attachement à ces hommes. Avant guerre, il a beaucoup voyagé chez eux. Puis du côté de Verdun, il a partagé leurs tranchées, leurs souffrances. Les a vus découvrir le froid. Maire depuis 1912, Paul Nas veut s'attacher à entretenir ce tombeau. Il le fera jusqu'à sa démission, malade, en 1939. La boucherie suivante commence. Paul Nas meurt peu après.
Au sortir de la seconde guerre mondiale, tout le monde oubliera le tombeau. Seules les herbes folles viendront encore le visiter. Jusqu'à ce que le fossoyeur glisse à Frédéric Couffin, à l'été 2006...
Olivier Bertrand




Bonjour Olivier Bertrand...mais qui est donc ce maire de la mulatière ? Son nom mérite d'être mentionné. A vous lire, je suis toujours étonné de voir l'étroitesse d'esprit de la classe politique qui n'a toujours pas changé en près de 100 ans.
Rédigé par : bernard | 11/11/2009 à 21:36
et dire que certains veulent nous faire bassiner aujourd'hui avec un débat sur l'identité nationale. Ce sujet me vise personnellement! Nos parents, grands et arrières grands parents ont toujours été du bon côté, celui qui ouvre la voie de la liberté.
Je suis certain que ceux qui aujourd'hui crient à l'identité auraient certainement dans des moments durs comme 14-18 ou 39-45 choisi le bord ennemi (en tous cas s'adressent à ce type de public)
Rédigé par : are | 11/11/2009 à 21:47
@ Bernard : je crains en lisant votre commentaire d'avoir été imprécis. Après la Grande guerre, le maire, Paul Nas, a joué un rôle essentiel dans l'hommage rendu avec ce caveau aux soldats musulmans. Et le maire actuel a, selon ce que j'en sais, soutenu les recherches de l'historien Frédéric Couffin. Bonne soirée. Olivier.
Rédigé par : LibéLyon | 11/11/2009 à 21:52
merci pour cet article très documenté qui permet,hélas, de mesurer l'ampleur du retard historique de la France par rapport à certaines zones de son histoire.Que ces hommes
puissent entrer dans le choeur et le coeur de notre pays.Ils y ont leur place. Au moment où certains parlent d'identité nationale, l'hommage à ces hommes musulmans doit éclairer un des trois piliers de notre identité républicaine; la fraternité sans quoi la liberté et l'égalité ne sont rien. merci.
Rédigé par : republic-un | 11/11/2009 à 22:01
c'est assez poignant cette histoire qui rappelle que de tous les côtés du monde des gens sont venus laisser leur vie sur le sol français au nom d'une soit-disant humanité. A comparer avec les cimetières "impeccables" des soldats ou supplétifs morts pour l'empire briannique lors de la première guerre, je connais ainsi un cimetière chinois à Noyelles dans la Somme où reposent les travailleurs chinois de l'armée britannique 14-18; Ce cimetière est entretenu au quotidien alors que dire des carrés musulmans de l'armée française ou des monuments aux morts des villes et des villages français aux noms fleurant bon le terroir : sans doute qu'à écrire les noms "étrangers" sont trop difficiles et que l'oubli esgt plus facile.
Rédigé par : gerlandplage | 11/11/2009 à 22:18
Bonsoir,
Votre article est révélateur du peu de cas historiques dont les historiens ( ou livres d'histoire) traitent sur les troupes - hors métropole - dans toutes les guerres de la France - Nous avons dans ma région... l'exemple fort honorable, des Cadets de Saumur. Les cadets et les cadres de l'école !!! tous volontaires, étaient avec le 13° régiment de tirailleurs algériens... dont les tombes sont bien oubliées dans le cimetière à coté du clocher de st Eusèbe à Gennes rive sud de la Loire. Mais si nous parlons toujours de la défense héroïque des "CADETS " on notifie, seulement, la présence des tirailleurs,
dont on doit se souvenir du mode de " recrutement "
pour info... Les Allemands sont quand même passé et... cimetière il y a
Rédigé par : angevain | 11/11/2009 à 22:21
Gennes
Le cimetière des Cadets de Saumur à Saint-Eusèbe (photo : Dominique Cotinat)Située à 40 mètres au-dessus de la Loire, l'ancienne église Saint-Eusèbe domine la région de Saumur. A la base de son clocher reposent 17 Cadets du Cadre noir de Saumur.
Les élèves de la célèbre école de cavalerie moururent entre le 17 et le 20 juin 1940, en défendant héroïquement le pont situé en contrebas face aux avant-garde allemandes.
Pendant ce temps, Philippe Pétain et le maréchal Weygand négociaient un armistice.
La preuve...
Rédigé par : angevain | 11/11/2009 à 22:27
Quand on pense à Sarkozy qui lance des anathèmes, depuis des années, à l'encontre des musulmans, pourquoi ne viendrait-il pas se recueillir sur cette tombe ? Voilà qui serait digne. Ces hommes représentent une partie de notre "identité nationale" qu'aucun homme honnête ne peut renier.
Rédigé par : Rossinante | 11/11/2009 à 22:43
Bonsoir et bonjour,
Oui l'auteur de l'article et en particulier Mr. Frédéric COUFFIN est un homme digne de ce nom mais moi en tant qu'un Musulman, ayant servi dans l'Armée Française durant 28 ans avec dignité serait heureux de connaître le Nom et Prenom de Mr. le Maire de cette époque au moins peut être pas le remercier par un courrier mais avoir son nom en tête dans mes prières car ce brave homme mérite notre reconnaissance même en n'étant pas un Magrebin mais musulman sur.
Vraiment désolant quand on parle de la liberté et donnons des léçons à la planète et à côté nous oublions ses Coloniaux et musulmans par dessus le marché qui ont donné leur vies pour que nous puissions jouir tranquillement et profiter au maximum de cette mane qu'est le mot "LIBERTE. Effectivement tous ses braves illettrés morts pour la France qui n'ont même pas Droit à une certaine decence de la part de la NATION.
Désolant et triste date le 11 Novembre pas de "VICTOIRE" sur l'Allemagne mais la "JOURNEE des LAISSER POUR COMPTE ET LES OUBLIES".
Rédigé par : jaffar-bandjee | 11/11/2009 à 23:15
Après cette lecture, je suis fière de faire partie d'un pays dans lequel des hommes et des femmes ont eu un comportement fraternel plein de reconnaissance pour ceux qui venus d'ailleurs, ont défendus une cause qu'ils avaient fait leur.
La France, n'est pas uniquement celle des tribuns cherchant à séparer le bon grain de l'ivraie . . . C'est aussi, celle de ces villageois qui fleurissent des tombes, de ceux qui enterrent en respectant un culte qui est différent, d'un maire qui contacte les autorités musulmanes pour éviter l'oubli. Chapeau !
Merci de relater ces histoires qui me permettent, de retrouver ma France et de continuer à aimer un pays où des hommes ont illustré par leurs actes, sa principale valeur : la fraternité. Tous frères de la République, parce qu'en dépit des différences (cultes, langue, cuisine, couleur de peau), en cas de coup dur, tous font front ensemble, en un seul peuple.
J'aimerai attirer l'attention des tribuns, que les soldats des régiments coloniaux, étaient des autochtones, ne parlaient pas français, cuisinaient avec des épices pas trop courantes, ne pouvaient réciter le noms des membres du gouvernement et auraient donc tous échoués au test de citoyenneté, préalable à la naturalisation !
Dans des temps obscurs pour les tribuns, donner son sang, accompagner son fils au bateau en partance pour se battre, était suffisant.
Rédigé par : Emma | 11/11/2009 à 23:43
Merci pour avoir sorti de l'ombre et de la honte cette histoire...
La France est un pays de paradoxes, on y trouve le pire et le meilleur.
Dans le cas présent, c'est toute l'ingratitude d'un peuple qui a su venir les chercher chez eux pour nous défendre et mourir chez nous et qui s'est empressé d'oublier.
Décidément, la France paye mal ses dettes.....
Rédigé par : Gerard | 12/11/2009 à 03:21
Les musulmans à la mulatière, le tata Sénégalais à Chasselay, c'est cela aussi l'identité nationale!
Rédigé par : FEFI | 12/11/2009 à 04:40
a voir
Rédigé par : fouadchaker@intnet.dj | 12/11/2009 à 06:19
que la république n'oublie plus ses morts qui ont versé leur sang pour elle, mais surtout, qu'elle ne cède pas un poil de derrière aux imams la mise en avant et l'honneur pour la france !
ne surtout pas laisser l'islam, se substituer aux devoirs de commémoration de la république !
car cela serait encore vecteur au final de discrédit de la laïcité républicaine, laïcité au final, vu très souvent comme raciste de nos jours, la laïcité aujourd'hui est perçue différement que ses debuts et son état officiel d'il y a 1 siècle ...
autant la laïcité était il y a 100 ans, un moyen d'enfin faire reculer les curés des affaires de notre pays, autant aujourd'hui la laïcité est un vecteur qui se heurte a la montée de l'islam en france !
ce n'est pas a l'islam de récupérer les morts maghrebins français vers elle pour en faire de potentiels martyr !
l'enjeu est plus grand qu'il n'y parait
Rédigé par : alpacks | 12/11/2009 à 06:51
on parle de bombardements .Avec quoi ? Des avions ,de l,artillerie ?En 1914 et à plusieurs centaines de kilometres du front .Les moyens techniques de l'epoque le permettaient-ils ?
Rédigé par : lefevre | 12/11/2009 à 07:32
@ Alpacks : C'est vraiment obsessionnel. Dès que le mot imam est écrit quelque part, on se sent agressé. Un imam où un curé dans un cimetière sont plutôt à leur place, foutez un peu la paix aux gens. Vous êtes angoissant avec votre parano et si vous n'êtes pas raciste, vous le nourrissez au moins en donnant l'impression aux musulmans qu'ils sont sans cesse visés.
Rédigé par : Olivier | 12/11/2009 à 08:11
bonjour,
Ou pourrais je me procurer les noms de ces soldats;
J'ai 2 arrieres grands péres(algeriens) morts "A l'ennemi"
merci pour votre aide
Rédigé par : baalache | 12/11/2009 à 08:36
@lefèvre
La guerre de 14 a connu un développement sans précédent de l'armement, donc oui il y avait des avions (pas si loin du front si vous placez une base dans le sud de l'Alsace), des zeppelins.
Quant à l'artillerie révisez vos cours sur la guerre de 1870, ce n'est pas ça qui manquait à l'époque :) les canons Krupp? Aucun souvenir?
Rédigé par : thomas | 12/11/2009 à 09:05
Merci pour ce superbe article.
Continuez !
Rédigé par : TRQ | 12/11/2009 à 09:43
Bel article sur un sujet émouvant pertinent et attachant
De pensées spéciales pour ces peuples d'identités diverses et riches et cette fraternité de guerre....
Rédigé par : Citoyenneté et fraternité | 12/11/2009 à 09:47
Pour Balaache
"La liste des morts algériens a été transmise au consulat. L'an prochain, pour les 90 ans de l'Armistice, le ministère des Anciens combattants devrait rendre hommage à ces soldats en inscrivant leurs noms sur une plaque"
J'ai lu ça sur un article de 2007, donc je suppose que les noms sont maintenant gravés sur les plaques... Si ça peut vous aider un peu.
Rédigé par : Lucy17 | 12/11/2009 à 10:41
Toujours pour Balaache,
La plus simple est sans doute de s'adresser à la mairie de Lyon.
Rédigé par : Lucy17 | 12/11/2009 à 10:46
@ Balaache : il y a effectivement trois plaques à côté du monument, avec tous les noms. Si vous habitez loin, contactez le consulat, ou laissez les noms de vos grands-père en commentaire, je les ferai suivre à l'historien qui a retrouvé ces identités. Bonne journée. Olivier Bertrand.
Rédigé par : LibéLyon | 12/11/2009 à 11:01
J'habite La Mulatière.
Merci pour cet article.
Rédigé par : E.Hamon | 12/11/2009 à 11:38
Merci beaucoup pour ces infos
le 1er grand pere : Baalache lakhal
le 2eme grand pere ; ouddane
j'avais retouvé leur acte de déces sur le site des anciens combattants et je tente de retrouver les copies
Merci encore
Baalache toufik
Rédigé par : baalache | 12/11/2009 à 11:47
Tres bel article, mais je souhaite préciser que l'enterrement des musulmans se fait la tete tournée vers la Mecque et non les pieds, pour corriger ue erreur qui ne retire rien à l'interet du tout
merci
Rédigé par : philipe | 12/11/2009 à 11:50
Au moins ceux la se sont battu pour la democratie et non pas pour le theocratie.
Rédigé par : Rick | 12/11/2009 à 11:50
Tout ça c'est bien beau mais pourquoi dites-vous qu'ils ont été "oubliés" ? Ils ont été enterrés selon leur rite, un monument funéraire leur a été bâti. Aujourd'hui ils font l'objet de cérémonies commémoratives spécifiques, à tendance communautariste puisque apparemment les cérémonies républicaines ordinaires du 11 novembre ne suffisent pas.
Ils n'ont pas été oubliés du tout, en tout cas ni plus ni moins que n'importe lequel des 1,5 millions de poilus morts pour la France, dont les tombes vieilles de bientôt 100 ans sont loin d'être parfaitement entretenues, fleuries ou visitées.
Pourquoi cette manie de rechercher de la discrimination là où il n'y en a pas ? Pourquoi cette hystérie misérabiliste, dès qu'il s'agit de minorités ?
Rédigé par : Gaétan Brunoy | 12/11/2009 à 12:48
mon cher mr thomas .Il n'y avait dans mon intervention aucun souci de polemique.Ayant beaucoup etudie la guerre de 14-18 j'ignorais que la region lyonnaise avait ete bombarde .On parle bien de la guerre de 14-18 et non de la guerre de 1870 Je cherchais tout simplement à ameliorer mes connaissances .Desole d'avoir provoque votre ire
Rédigé par : lefevre | 12/11/2009 à 13:00
poilus de 14 18
Rédigé par : ple | 12/11/2009 à 13:03
l'école de ma fille a demandé l'autorisation de pouvoir participer aux cérémonies du 11 novembre en chantant la marseillaise. J'explique à ma fille pourquoi chanter la marseillaise alors que l'état ne reconnait meme pas les indigènes morts pour la france (je précise que j'ai mon arriére grand pére ainsi que 6 de ses frères sont morts aux front à la 1ère guerre et que 12 membres de ma famille sont morts à la 2ème guerre) je lui dit qu'aujourd'hui on nous parle d'identité nationale et de tests de citoyenneté pour etre français et eux ne sont ils pas morts pour la france!quel paradoxe messieurs les politiciens de tout bord de droite comme de gauches.
je suis pret en discuter avec qui vous voulez!
Rédigé par : tchaklala | 12/11/2009 à 14:19
@ Gaëtan Brunoy : L'article raconte seulement l'histoire d'un monument dont tout le monde ignorait l'histoire, et même qu'il renfermait un caveau avec plus de 200 morts, ce qui n'est pas si fréquent. Nul misérabilisme ici. Mais dans votre imaginaire, peut-être...
Olivier Bertrand.
Rédigé par : LibéLyon | 12/11/2009 à 15:44
Bonjour,
Des usines au sud de Lyon ont été bombardées en 14-18, vraiment ?
La ligne de front n'était pas trop éloignée ?
Rédigé par : Daniel BOUDAILLE | 12/11/2009 à 16:29
@ Olivier Bertrand
Allez-vous nous raconter la redécouverte de toutes les fosses communes et de tous les carrés militaires de la guerre de 14-18, ou bien avez-vous choisi celui-ci pour une raison précise ?
Quant au misérabilisme, je ne le vois pas dans votre article, mais dans certains commentaires, oui.
Rédigé par : Curieux | 12/11/2009 à 18:49
Je suis prêt à envoyer par e mail le fichier de l'étude détaillée et/ou synthétique de cette histoire qui a conduit depuis 2007, chaque 11 novembre, à des cérémonies mémorielles communes aux 117 MPFL mulatins et 202 africains dont les noms ne sont plus anonymes. Sa lecture répondra,j'espère,aux divers commentaires.
Par ailleurs, je peux fournir aussi le fichier détaillé de l'identité de ces africains de 8 natonalités(age,lieu de naissance,lieu du décès dans une douzaine de formations hospitalières régionales,...)
tel 04 78 51 80 84 F.COUFFIN
Rédigé par : FC | 12/11/2009 à 21:55
Très bel article, émouvant. Vous avez trouvé les mots justes. Un ton dénué de contrition et sans misérabilisme.
On prend du plaisir à relire ces pans entiers de notre histoire oubliée.
Bravo également à cet historien pour ce travail de mémoire.
Rédigé par : ali kismoune | 13/11/2009 à 01:05
Merci pour cet article. Frédéric Couffin a-t-il écrit un livre sur le sujet ? Quelles références si c'est le cas ? Je serais intéressé.
A l'heure où l'on exploite sans vergogne nos identités (qui n'appartiennent surtout pas à l'Etat), je suis très impressionné (bien que partiellement) de cette solidarité entre l'ancien maire, ancien poilu et ses combattants morts pour un patrie qui n'était pas la leur (au mieux, il n'en était que 'sujets' et non pas citoyens). La fraternité du combat sans doute, celle du sang versé, qui ne fait aucune distinction entre l'origine, la couleur de peau ou la croyance.
Des hommes comme Paul Nas sont véritablement l'honneur de la France. Tout comme ces hommes, venus de loin, défendre un coin de terre étrangère qui n'était même pas la leur, de force.
Le fait est que l'Etat français n'a pas su ou pas voulu enterrer ces hommes autrement que dans un caveau musulman (et encore, pour ceux qui étaient considérés comme 'morts pour la France') et non pas comme des soldats morts pour la France, avec tous leurs frères d'armes. Il est significatif que pour que ces morts ne soient pas oubliés définitivement, d'autres hommes aient dû les enterrer selon leur rite, pour les 'sauver' de la fosse commune.
Et après, on vient plus de 90 ans considérer d'un air navré les progrès du 'communautarisme' ... d'une République française qui a toujours refusé la citoyenneté à ses 'sujets' (cf. code de l'indigénat), même à ceux qui étaient morts pour la défendre.
In fine, la France et la République sont bien construites par des maires de petits villages qui se battent pour des principes comme honneur, fidélité, fraternité. Bien plus que l'Etat et le 'Ministère des pensions' ...
A méditer, en ces temps troublés "d'identité nationale".
Rédigé par : zébu | 14/11/2009 à 23:59
j'aurais bien aimé avoirle fichier mais je ne sais comment joindre M. Couffin j'aimerais vérifier s'il ya des gens du village de mes parents, des gens de ma famille.
Merci pour ce travail qui rend fait progresser l'histoire
Rédigé par : Malika | 17/11/2009 à 20:03
Article tout à fait passionnant : pour qu'une mémoire collective se construise, nous avons besoin de lieux de mémoire communs. Or une des difficultés liées aux monuments aux morts de 14-18 est l'extrême "localisation" des morts inscrits sur les monuments en question (on inscrit ceux du village). Ce choix était très précieux au siècle dernier lorsque beaucoup de français habitaient le village de leurs ancêtres. Aujourd'hui c'est très différent. J'habite un village où aucun nom ne parle de ma famille. Mais savoir qu'un monument (et peut-être d'autres à redécouvrir) commémore des combattants venus de bien loin me réconforte.
Je ne comprends pas les réactions de ceux qui voient du misérabilisme ou je ne sais quoi... Vous ne pouvez pas associer dans votre coeur des morts musulmans avec vos propres aieux ? Eux se sont bien associés dans les tranchées !
Rédigé par : vissac | 22/11/2009 à 13:58
je suis une algerienne et je dois savoir tous les renseignements conçernant mon oncle qui etait engage dans l'armee française et qui est mort pour la france en allemagne dans la 2ème guerre mondiale entre 39_45 mon oncle s'appelle ghalmi mahmoud qui residait a l'epoque a bordj emir khaled w de ain defla
Rédigé par : rahli nihel | 19/03/2010 à 15:54
aujourd'hui 10 novembre 2010, riverain du cimetiere de la mulatiere , j'ai constaté qu'a ce jour le carré musulman est encore depourvu du drapeau Français
depuis la publication de l'article et après le réhabilitation du caveau et la visite du secrétaire d'État aux anciens combattants l'année passée , j'ai le sentiment qu'il est retombé dans l'oubli.
Rédigé par : castel jp | 10/11/2010 à 18:11