05/11/2009

L'OL arrache la qualification (1-1) contre Liverpool

FOOTBALL - Le seul nom de Lyon risque d'agacer un moment les joueurs de Liverpool. Les Reds viennent de jouer deux fois les Français en quinze jours. Et deux fois, ils ont encaissé un but dans les dernières secondes. La première fois pour perdre (1-2) à Liverpool. La seconde fois pour concéder un match nul qui envoie l'Olympique lyonnais en huitième de finale, et place le FC Liverpool en fort mauvaise posture. Très injuste au vu du match de mercredi...

Le match fut longtemps agaçant. Du fait des Lyonnais, pris entre le désir d'attaquer et celui de protéger le nul, ce qui les a conduits à se "liquéfier", dira Puel. Du fait des multiples approximations techniques dans les deux camps. Et du fait de l'imbécile qui tenait un mégaphone devant la tribune Nord, et hurlait si fort qu'on n'entendait que lui dans le stade. Quel contraste avec les choeurs spontanés d'Anfield !

Le match avait été précédé d'un joli moment, entre le sortir des vestiaires et le coup d'envoi. Quelque chose de furtif, mais réjouissant. Comme à chaque match, les joueurs étaient accompagnés d'un enfant, habillé en footballeur. D'ordinaire, les professionnels ne se soucient guère de ce jeune accompagnateur. Ils sont déjà dans leur match. On leur mettrait un ballon dans les mains, cela serait pareil. Mais il faisait un peu froid mercredi et le gamin qui se trouvait devant Lisandro Lopez devait frissonner. Alors le buteur argentin s'est penché vers lui, puis s'est mis à lui frotter les épaules et les bras, pour le réchauffer pendant les hymnes, en lui parlant souvent - on se demande en quelle langue.

Puis le match commence, mal pour les Lyonnais. Claude Puel a laissé Sydney Govou sur le banc, alignant en attaque Bastos à droite, Lisandro à gauche, autour de Gomis. La percussion et l'appétit de "Gove" manquent. L'entame est brouillonne, les Lyonnais ne se trouvent guère. Et le préposé au mégaphone tourne vite facho, imposant en hurlant à des supporters qui se trouvent dans sa tribune d'enlever leurs perruques aux couleurs de l'OL. "Hé, les gars, leur crie-t-il, on n'est pas à Geoffroy Guichard ici, on n'est pas des pédés." Ils ont embauché Loulou Nicollin pour chauffer la salle, les Bad Gones ?

Sur la pelouse, une nouvelle fois, Hugo Lloris maintient les siens à flots. Raymond Domenech, présent au stade de Gerland, doit se trouver conforté dans sa fragile décision. Lloris est un gardien aux réflexes étonnants.Et une pieuvre mercredi soir. A la 12e, il enlève du bout du pied une reprise presque à bout portant de Fernando Torres. Puis à la 17e, d'une claquette sous la barre, un tir de Kuyt. A la 28e, sur un coup franc joué vite, Voronine, lancé dans le dos de la défense, se présente seul face à lui. Le goal lyonnais semble d'abord hésiter, ne sort pas. Puis enlève une fois du pied un but qui semblait acquis. Sans lui, l'OL serait mené par trois buts à zéro, au bout d'une demi-heure.

Pendant ces trente minutes, les Lyonnais ne se sont procuré qu'une seule occasion, moins nette, avec un très beau centre de Cissokho, raté de peu par Gomis. Ils ont par ailleurs perdu Réveillère, touché à un mollet dès la 18e minute (Gassama l'a remplacé), puis vont perdre Pjanic, également touché au mollet, à la 40e. Aïe. Lorsque la mi-temps arrive, on se fait du mouron pour ces petits gones, en allant se désaltérer au bar, où les observateurs n'ont d'yeux que pour une belle gitane qui leur sert à boire.

Au retour, la vedette au mégaphone semble avoir baissé de volume. Chic. Mais ce n'est malheureusement que momentané. Souvent, on n'entend que lui dans le stade, et la tribune, derrière, semble répéter ses paroles en moutonnant. Les Lyonnais jouent bas, très bas. Les Anglais poussent, et Lloris sort un nouveau miracle, à la 68e. De la main gauche cette fois, il écarte un tir de près de Lucas. Le retourné anglais qui suit est détourné sur sa ligne par Cissokho. Il faut reconnaître que les Reds ne sont pas vernis.

Depuis le début du match, plusieurs choses ne tournent pas rond à Lyon. Le jeu n'est pas fluide. Ederson, qui a remplacé Pjanic, fait pourtant un meilleur match que lorsqu'il joue sur les côtés. Mais il semble que l'agacement monte dans cette équipe. Aux gestes de dépits, on jurerait que Jérémy Toulalan ne partira pas en vacances à Noël avec son entraîneur. Et que Lisandro en a ras la casquette de devoir jouer sur la gauche, alors qu'il est buteur. Un peu comme Benzema l'an passé, il semble doser ses efforts en attaque de ce côté là. Il faut qu'il se replace, ferme son couloir, s'en agace visiblement.

Mais Claude Puel fait un dernier changement, enlève Gomis pour faire entrer Govou sur le côté. Lisandro retrouve l'axe, et comme par miracle, s'offre sa première grosse occasion. Une spéciale Lisandro : un ballon chipé à l'adversaire à l'occasion d'une passe en retrait (74e), mais il bute ensuite sur le gardien. Les Lyonnais ne semblent pas au bout de leurs peines. Govou joue très bas, pour aider Gassama à contenir Babel, entré à la place de Torres, et qui amène beaucoup de puissance au jeu anglais.

A la 80e, Claude Puel, surexcité devant son banc de touche au lieu d'apaiser ses joueurs, intime à ses troupes de se replier plus vite, après un coup-franc mal tiré. L'autre, devant la tribune nord, hurle à présent si fort qu'il va finir par en perdre la voix. Rechic ! Pour l'instant, il demande aux spectateurs d'encourager Cissokho même s'il vient de rater un contrôle car dimanche dernier, il a fait un doigt d'honneur aux Magics fans de Saint-Etienne. Si ce n'est pas de la misère...

Et puis vient la 83e. Babel, intenable, récupère le ballon, passe en revue la moitié de la défense lyonnaise, et arme une frappe sèche du droit de vingt mètres, qui file dans la lucarne. Impeccable. Le ballon n'a même pas tourné. Une grande équipe ne meurt jamais, peuvent alors se dire les supporters des Reds. Mais à la 90e minute, alors que les Lyonnais, Cris en tête, se sont rués à l'attaque à présent qu'ils sont menés, Bastos dévie un ballon de la tête vers Lisandro, qui s'entraîne le ballon, puis le pique dans les filets. 

C'est fait, les Lyonnais sont en huitième de finale, pour la septième année d'affilée. Avec un nul à Florence dans quinze jours, ils garderaient un point d'avance sur la Fiorentina, qui a gagné (5-2) mercredi contre les Hongrois de Debrecen. L'OL aurait alors les meilleures chances de terminer en tête. Mais avec ce qu'ils viennent de faire subir à Liverpool, la moindre des choses serait de gagner en Toscane, pour maintenir les Reds en course.

Olivier Bertrand

 

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Voici les sites qui parlent de L'OL arrache la qualification (1-1) contre Liverpool :

Commentaires

DDls

Bonjour,

Je suis assez scandalisé par la désinformation générale à laquelle on a droit avec les 'qualifications' de Bordeaux et de Lyon pour les 8ème de finale de la Ligue des champions ... dans TOUS les médias !!! En effet, ces deux clubs, si ils sont quasi-qualifiés pour les 8ème de finale de la Ligue des champions, ne le sont pas encore à 100% ... Et pas un seul bémol dans les médias !!! En effet, imaginons le scénario suivant pour les prochains matchs :

25/11/2009 : bordeaux 0 - Juventus 1
Bayern Munich 2 - Maccabi Haïfa 0
08/12/2009 : Maccabi Haïfa 1 - Bordeaux 0
Bayern Munich 1 - Juventus 0

... Bref rien d'extraordinaire, Je vous laisse faire le calcul, mais Bordeaux ne va pas en huitième de finale de la Ligue des champions !!!

De même,

24/11/2009 : Fiorentina 2 - Lyon 0
Debrecen 0 - Liverpool 3
09/12/2009 : Lyon 0 - Debrecen 1
Liverpool 3 - Fiorentina 0

.... Là encore ça reste tout à fait possible, Je vous laisse faire le calcul une nouvelle fois, et hop, point de Lyon en huitième de finale de la Ligue des champions !!!

Que pense les médias de leurs fausses affirmations ?

LibéLyon

@ DDls : Ce qu'en pensent "les médias", je ne sais pas. Ce qu'en pense LibéLyon : il vous manque une information. Que nous vous livrons derechef. En suivant les scenarii que vous décrivez, Lyon serait à égalité avec Liverpool, et Bordeaux avec Munich. or dans ce cas, les clubs sont départagés en fonction de leur confrontations directes. Bordeaux a tout gagné face aux Allemands, et Lyon a gagné en Angleterre puis fait nul en France. Conclusions : ces deux clubs français sont effectivement qualifiés. Mathématiquement.
Service.
Ol.B.

Boiral

Olivier Bertrand ne devait pas être présent sur la pelouse de Gerland pour insister à ce point sur l'homme au porte-voix. Ou alors juste devant le virage nord. Si on n'entendait effectivement que lui à la télé, c'est simplement à cause du placement des micros. L'impression à l'intérieur du stade n'avait aucun rapport, je peux vous le garantir.

jf

non, Lyon et Bordeaux sont bien qualifiés car dans vos simulations, ils sont certes rejoints par Liverpool ou Munich, mais restent devant au goal average particulier sur les 2 matches

petit comique

Or donc,

merci pour le compte-rendu, vivant, comme d'habitude.

Bon match de la défense, mais la tactique de Puel laisse songeur...
Clairement, Lisandro est meilleur avant-centre qu'ailier gauche.
Pour moi l'équipe a manqué de liant, elle peinait à se projeter vers l'avant. Chapeau à Gomis qui a eu du mérite, isolé comme il était.
En ce qui concerne les joueurs, j'ai trouvé Källström un ton en dessous du reste. Gassama a fait un super match vu son expérience, Sissokho a été impressionnant et Makoun a été grand défensivement.
Maintenant, il faudrait voir à changer de système pour avoir une vraie équipe et pas deux moitiés.
Pas trop compris les choix tactiques de Puel sur ce coup-là, mais Govou à droite, Bastos à gauche, Lisandro en pointe, Eder en soutien, cela s'est révélé plus productif en 20 minutes que Gomis en pointe, Lisandro à gauche, Bastos à droite et Eder en soutien...

@DDls: Jeu, set et match Ol. B. Retournez en prison sans passer par la case départ, ne touchez pas 20 000 Euros! ;-)

LibéLyon

Ben non, Olivier Bertrand était à Gerland (excusez-le, des fois le jeudi matin, il parle à la troisième personne). Au niveau de la ligne médiane, dans les tribunes de presse, bien au milieu du stade, donc. Et je vous promets que c'était étonnant, très inhabituel, et outre les propos très lourds, cela fabriquait une ambiance très factice.

petit comique

Ah et pour être correct envers tout le monde...

Babel est entré en jeu à la place de Voronin.
Ngog a remplacé Torres après le 1-0, à la 87ème.

Mais bon, dans le feu de l'action et vu la qualité générale, et votre statut de porte bonheur de l'OL... on vous pardonne. :-)

LibéLyon

@ Petit comique : Merci. Pour vous retourner le compliment, complètement d'accord avec votre analyse détaillée, comme souvent. J'ajouterais que Cris était un bon ton au-dessus de ce qu'il montre ces derniers temps. Un vrai patron. Olivier.

petit comique

Oui, Cris a été énorme face à Torres, on a retrouvé le policier hier soir !

Antoine

tomesp

Moi ce qui m'a le plus marqué c'est "l'experience" de la défense de Liverpool avec pas mal de fautes d'antijeu pour se sortir de situations assez dangeureuses. D'ailleurs l'arbitre a été un peu laxiste. Un ou deux cartons auraient évité que le jeu de Lyon soit aussi haché par ses fautes.

Berthold

Merci à Olivier Bertrand pour ces commentaires sur les imprécations du "capo" des Bad Gones (ou d'un autre groupe d'ultras, peu importe).
Pour avoir suivi quelques matchs à Gerland, c'est effectivement très lourd. Exemple : lors d'un Lyon-Rennes ou un Lyon-Sochaux qui précéde le derby de 15 jours on peut entendre : "Les verts, les verts, on t'encule" (vous noterez au passage la subtilité du slogan).
Franchement, en tant que spectateur occasionnel, je me passe tout à fait de ce genre d'"animation".

papayo

Nous confirmons, Priscillia et moi, qu'Olivier n'était pas (non plus) chez lui devant la télé pour regarder le match retour des gones en Angleterre. Il est juste rentré un peu plus tôt cette fois-ci, le score s'en est ressenti.

joni

Pour avoir été dans le stade également (Jean Jaurès latéral bas), je n'ai pas entendu spécialement l'homme au mégaphone. D'où j'étais pas de quoi en faire un fromage.
De même je n'ai pas vu de gestes d'énervement de Toulalan. Et j'ai trouvé lisandro très généreux dans son replacement. Je ne comprends vraiment pas cette volonté de porter à polémique certains choix de Puel...

LibéLyon

@ joni : Sors de ce corps, Jean-Michel Aulas...

joni

La réplique est bonne ^^.
Mais je persiste et signe.
Au passage à Anfield, à part le "U never walk alone" d'avant match, ça ne chantait pas plus qu'à Gerland.

Marc

Olivier bertrand ou le crétin supersonique ?

Après tout peu importe tant l'un semble synonyme de l'autre ...

Etant donner que se sentiment ne l'importune pas pour affubler ceux qui l'exaspère de ce qualificatif, je ne vois pas pourquoi je prendrais de gants pour en faire de meme ...
Alors, il ne s'agit pas de critiquer car après tout il a tout de meme l'éclair d'intelligence de ne pas s'abriter derrière un anonymat malséant.

Mais au dela de cela il s'agit tout bonnement de comprendre pourquoi la perception du journalisme pour le commun des mortels relève plus de la pornographie, qu'un sentiment réel d'information ...

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