15/12/2009

Débat en sourdine sur le stationnement à Lyon

STATIONNEMENT - Si le gros morceau du conseil municipal d’hier lundi était l’approbation du budget 2010 de la Ville de Lyon, un autre dossier a suscité de nombreuses interventions : la tarification du stationnement sur voirie. Pour décider de cette augmentation générale des tarifs, du nombre de places payantes (de 22 000 à 32 000), et des horaires d’application (désormais partout en continu de 9h à 19h), la mairie assure avoir adopté une méthode douce. « Il s’agit d’une évolution progressive très résolue, mais sans brutalité excessive (…) sans coercition majeure, avec au contraire une large concertation » insiste Jean-Louis Touraine, premier adjoint à la Tranquillité publique, à la sécurité et à l’optimisation des déplacements. Mais ces propos modérés contrastent avec la virulence du maire, qui a répondu vertement aux interventions des différents groupes politiques. Elles étaient pourtant dans l’ensemble très mesurées et peu offensives sur la seule mesure a priori incohérente de ce programme de limitation des déplacements automobiles : le maintien d’une deuxième vignette de stationnement résident pour les foyers disposant de deux voitures...

L’augmentation des tarifs de stationnement présentée en conseil municipal hier s’intègre dans la politique développée à Lyon depuis 2001, visant à diminuer la part de la voiture dans les déplacements des Lyonnais au profit des transports collectifs. En sept ans, le nombre d’entrées de véhicules à l’intérieur de Lyon a réduit de 21% : « une prouesse extraordinaire ! » se félicite Gérard Collomb. Pour continuer dans cette voie, Lyon se dotera, d’ici avril 2010, de 10.000 places supplémentaires de stationnement payant en continu, réparties dans l’ensemble des arrondissements, et renforcera l’Unité de contrôle du stationnement. « Le faible pourcentage de places payantes par rapport à d’autres grandes villes pénalisait les commerçants car les pendulaires mobilisaient les places » explique Jean-Louis Touraine. Ces squatteurs de places, qui viennent de l’extérieur et se garent en ville toute la journée, empêchent en effet une rotation des véhicules favorable aux commerçants et riverains. La concertation engagée de mai à juillet 2009 au niveau des mairies d’arrondissement et des conseils de quartier a fait remonter une demande d’augmentation de 17.000 places. « Cela nous a paru excessif » poursuit l’adjoint qui a tranché pour 10.000. Est-ce ce même souci de modération qui conduit la Ville à maintenir le bénéfice d’une 2e vignette résident par foyer ? « Nous la gardons pour ne pas brutaliser les ménages » justifie en effet Jean-Louis Touraine.

Pourtant, comme le souligne le groupe GAEC, cette décision peut être perçue comme « une forme de caution à la présence d’une deuxième voiture dans une famille » au moment où « la situation climatique actuelle et dans un futur proche appelle des mesures plus déterminées et plus claires en direction de la population ». Thérèse Rabatel est la seule à souligner clairement cette incohérence. Pour « Lyon Démocrate – MoDem », Fouziya Bouzerda se contente de « relever que la 2e vignette n’a pas été supprimée » et d’estimer que « pour dissuader le recours voire la détention d’un second véhicule au sein des foyers lyonnais, encore faut-il permettre à ces derniers de bénéficier de réelles solutions alternatives ». Pour le groupe Démocrates, Gilles Vesco évacue cette question de la 2e vignette en une phrase à peine audible. Le vice-président du Grand Lyon aux Nouvelles mobilités urbaines préfére se concentrer énergiquement sur le problème de l’Unité de contrôle de stationnement et « les mesures managériales » à mettre en place pour motiver ces agents chez lesquels le turn-over semble important et la déprime courante…

« Le problème de ces agents, c’est qu’ils ne sont jamais plus de 40% sur le terrain, d’où un déficit de contrôle, donc d’efficacité du système » avait souligné avant lui l’UMP Denis Broliquier. Mais l’élu d’opposition avait surtout axé son intervention sur les limites d’une délibération qui « porte sur la seule tarification » et fait l’impasse sur « une réflexion approfondie pour préserver les équilibres entre tous les acteurs urbains  (...) Vouloir chasser les voitures du centre-ville n’est pas une démarche écologique. C’est une posture démagogique ».

En soulignant que la concertation avait insisté sur le maintien de la 2e vignette résident « ce qui hérisse le poil à quelques élus de (la) majorité », Denis Broliquier a offert à Pierre Hémon, président du groupe des Verts, l’occasion d’une étonnante diversion. En plein sommet de Copenhague sur le climat, et à quelques mois des élections régionales, l’élu Vert n’a pas profité de cette tribune pour se démarquer de sa majorité en affirmant clairement les convictions écologiques de son groupe. En effet, il n’a même pas lu l’intervention a minima initialement prévue (« nous regrettons la suppression de la 2e carte résident » qui « permettrait une réduction de l’empreinte de la voiture sur la ville »). Il a préféré lancer à Denis Broliquier « ce qui nous hérisse, c’est votre propension à favoriser la voiture »…

Le débat municipal est-il à ce point verrouillé que les convictions les plus élémentaires de certains élus ne s’expriment plus ? La réponse est peut-être dans l’attitude du maire de Lyon qui a clos le débat par quelques phrases ironiques et par une violente diatribe contre le gouvernement qui s’obstine à prévoir « de nouvelles pénétrantes au cœur de l’agglomération ». « Il est anormal que l’axe nord-sud au sortir de Fourvière soit une voie nationale voire internationale. Et j’en suis à ma 5e visite chez Bussereau (secrétaire d’Etat aux transports, ndlr) ! Je vais demander aux riverains de bloquer le tunnel de Fourvière pendant des départs en vacances s’il n’y a que ça pour faire bouger les choses ! » menaçait Gérard Collomb avant de lancer : « depuis Attila, on n’a pas fait pire »

Anne-Caroline JAMBAUD

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Voici les sites qui parlent de Débat en sourdine sur le stationnement à Lyon :

Commentaires

Réduire la place des voitures, d'accord. Mais plutôt que de dire : on ne veut plus de voitures, prenez les transports en communs et faite du vélo, il faudrait peut être commencer par une politique cohérente sur les transports.
Lyon manque cruellement de pistes cyclables, celles qui existent sont soit moyenageuses, soit très récentes mais très mal faite (boulevard des Etats Unis par exemples) et servent plus souvent de stationnement en double file pour l'automobiliste qui va acheter son pain et ses cigarettes.

Concernant les transports en commun, les tarifs sont impressionnants pour la qualité du réseau. 1,60 euros le ticket unité ! L'abonnement sans réduction est à près de 50 euros... ça n'incite pas vraiment à le choisir.
D'autant que si lyon intra-muros est correctement desservi, c'est beaucoup plus difficile pour toute la banlieue. un exemple : il faut 20 minutes en voiture pour aller de Saint Genis Laval (Sud-Est) à Bron (Est). En transports en commun, il faut entre 1h et 1h30...

Une nette baisse des coûts et une augmentation du service (plus de bus, des voies réservées pour éviter les bouchons...) inciteraient peut être les lyonnais à laisser leur voiture chez eux.

Réduire la place des voitures, d'accord, mais en échange il faut faire de la place aux vélos et transports en commun!

Circuler librement est un droit / choisir son véhicule en est un autre / cette politique de chasse à l'automobile est démagogique et insupportable / c'est le principal échec du mandat de Collomb.

Que le ticket à l'unité soit aussi cher à Lyon qu'à Paris (1,60€) est une abbération, quand on voit la qualité du réseau lyonnais, en particulier des trams dont la vitesse d'exploitation, la fréquence et la capacité (T2 !!!) laissent franchement à désirer.
Avant de dépenser des millions en parkings souterrains, investir dans les TC me semblerait une bonne idée.

Aux dernières nouvelles, la voiture représente 50% des modes de déplacement sur Lyon.

Or, elle occupe 80% de l'espace public.

Espace qui appartient à tous : des personnes qui peuvent choisir de se déplacer à pied, à vélo, en bus-métro-tram, en voiture.

Il faudrait donc, afin d'équilibrer les choses, diminuer son emprise de 30% sur cet espace dont le partage semble douloureux pour les automobilistes.

Vous trouverez sur le site d'Audaces Lyon http://audaces.fr/ notre position sur l'extension du stationnement payant avec par exemple en proposition qu'il soit possible de déduire le prix du stationnement résidentiel de celui de l’abonnement TCL afin de ne pas défavoriser les classes populaires.

Audaces (groupe politique candidat aux municipales de 2008)

Diminuer la part de la voiture dans les déplacements des Lyonnais au profit des transports collectifs, est une bonne idée à condition que les tcl soient :
1/ moins chers (ticket et abonnement),
2/ efficaces = moins de retards et de grèves,
3/ mieux organisés, c'est pas le cas; exemple seul le 28 va au site des 3 hôpitaux (neuro/cardio/femmes & enfants).

Pourquoi le maire est il si nerveux envers :
1/ son opposition : n'accepte t'il pas la démocratie ?
2/ le gouvernement de N.Sarkozy ? alors qu'il n'est pas opposé à devenir ministre dans quelque mois ?

L'attitde de G.Collomb démontre qu'il n'aime pas qu'on lui résiste et qu'on critique ses idées.

Tout le monde est d'accord pour réduire la part de la voiture mais monsieur le maire de Lyon, il ne faut pas couper le sommet de l'arbre et vouloir imposer à ces concitoyens d'attendre plusieurs minutes une correspondance et encore une autre pour certain quand il suffit de faire les prolongement de métro pour irriger l'agglo comme par exemple sur la Confluence où vous vous êtes complétement loupé en ne prolongeant le métro sur la pointe et même sur Debourg avec la ligne B pour plus de cohérence.

Les mauvaises corespondances sur la Part Dieu de chaque côté de la gare.

A cause de mauvaises décisions, la part de diminution concernant la voiture sur le grand Lyon n'est pas pour demain.

"Je vais demander aux riverains de bloquer le tunnel de Fourvière pendant des départs en vacances s’il n’y a que ça pour faire bouger les choses ! » menaçait Gérard Collomb"
Je trouve cette phrase vraiment très amusante, Gérard Collomb compte-t-il demander à Jacky Darne d'envoyer un courrier aux militants socialistes pour se mettre hors la loi? Va-t-il demander à ses larbins de cabinets d'en faire autant? Rappelons qu'il n'est pas possible de bloquer ce type d'axes routiers (cela nous vient de l'Europe).

Bizarre que Mr le maire de lyon s'inquiète de la circulation sous le tunnel de Fourvière et n'ait aucune considération pour les pollutions chimiques et sonores que subissent les riverains de la rocade est. Il parait même qu'il veut construire un stade privé payé pour partie par les contribuables.
Mr le maire devrait s'interroger et faire avancer le dossier contournement ouest mais peut être cela dérange ces riches amis résidants dans le secteur.

Une deuxième vignette de stationnement, c'est bien mais ce n'est pas assez. J'habite dans le 1er et je possède quatre voitures. Une pour moi, une pour ma femme et une pour chacun de nos (grands) enfants. Résultat, nous ne savons jamais où les garer !

En votant Collomb, je savais que j'avais affaire à un maire soucieux du bien être automobile. Il m'a fait un peu peur en prenant un adjoint écolo dans le 1er, mais j'ai vite compris qu'il était inoffensif. Seul problème aujourd'hui, on pinaille pour la 2eme vignette alors qu'il nous en faudrait une 3e ou mieux une 4e. Encore un effort Gérard !

tout ça c est bien ...moi je bosse en centre ville, je suis obligé de prendre ma voiture, donc je paye , je paye , 10 euros par jour.. 50 euros semaine 200euros.. par mois pour moi.. allez la verité !!!combien rapporte le stationnement? Je suis pas le seul !!! et jaime les arbres!!!!!!!!!!

Hémon a réagi aux propos de Broliquier parce que c'était un fatras d'idées reçues datées du siècle dernier. Son sang n'a fait qu'un tour.

Broliquier a ainsi affirmé que le centre-ville de Strasbourg s'était effondré depuis qu'il est piéton. Broliquier affirme ainsi que les côtes mobilières s'effondrent à Strasbourg. Une ignorance totale du dynamisme du centre ville piéton strasbourgeois.

Le manque d'ambition de la mairie centrale s'exprime hélas une fois de plus...

- Incitation à garder 2 voitures par foyer lyonnais
- Conservation des trois voies voiture sur Garibaldi à l'issue du projet de requalification
- Absence totale, et en partie illégale à partir de juillet 2010, d'engagement sur la systématisation du double sens cyclable en zone 30 (c'est à dire quasi toute la presqu-île!)
- Absence quasi totale de volonté sur le stationnement vélo (2000 arceaux proposés en 5 ans quand Copenhague est capable d'en installer plusieurs dizaines de milliers en un an suite à un manque identifié, une centaine de places seulement dans la gare Jean Macé alors que la gare de Bâle en compte 2900... et la Part Dieu 49 (!))
- Maintien du stationnement des deux côtés rue Garibaldi, rue Mouton Duvernet, et la liste est longue...
- Tout ceci alors que l'automobile représente 47% des déplacements sur l'AGGLO (et non la ville dans laquelle c'est nettement inférieur étant donné les courtes distances et l'offre pléthorique de transports, contrairement à la banlieue) et occupe 80% de la voirie... on rééquilibre quand?

L'équipe Collomb a été élue en grande partie sur ses promesses liées aux transports.
A Bordeaux, un certain Alain Juppé a pris le taureau par les cornes.
A Paris, le rythme des aménagements cyclables était plus élevé sous Tiberi que sous Delanoe.
Ceci donne des idées à beaucoup de gens!
Si le PS attend que les Verts fassent plus que lui aux municipales, patience, il risque de ne pas être déçu d'ici quelques mandatures!

Ceci dit: il faut reconnaître une certaine volonté sur le fond mais qui s'exprime très maladroitement et surtout n'explique pas aux accros à la voiture que leur approche est dépassée et que les solutions alternatives existent.

Quant à ceux qui habitent dans le 1er arrondissement avec 4 voitures ou qui veulent aller bosser au centre-ville en voiture, pas de panique: il n'est pas trop tard pour franchir le cap du 21ème siècle et lever les yeux du volant... la voiture est un outil totalement inadapté à 80% des trajets en ville, sauf peut être entre 22h et 6h et encore... mais tout le monde a certainement toutes les bonnes raisons de la Terre de la garder, l'utiliser pour aller chercher le pain à 200 mètres ou les gamins à 600 mètres, ne pas utiliser les parcs relais gratuits qui vous amènent de Gerland à Part Dieu en 10 minutes ou de Meyzieu à Bellecour en 20, etc.

Le jour où les automobilistes réaliseront que les bouchons sont dus à un entassement de personnes ayant la même obstination qu'eux à utiliser 10 m2 et 1 tonne pour déplacer leurs 70 kg sur quelques kilomètres, et non aux rares couloirs de bus et pistes cyclables, on aura franchi un pas, les bouchons diminueront et les quelques rares trajets à vraiment réaliser en voiture seront bien plus efficaces.

Quand je vois que j'ai des amis de 30 ans tout juste qui font Grange Blanche - Bellecour en voiture, c'est pas gagné!

"la voiture est un outil totalement inadapté à 80% des trajets en ville".
Elle reste donc fort utile voire indispensable dans 20% des trajets, et au vu du prix qu'elle coûte, autant l'utiliser pour la rentabiliser.
En outre, j'ai des amis de 70-80 ans qui habitent en banlieue mais ont encore envie d'une vie sociale bien remplie, ce qui les amène à souvent sortir sur Lyon... Etrangement, ils ne circulent qu'en voiture, à fortiori dès qu'il fait nuit ou lorsqu'il fait froid, pleut ou neige. Honteux, non?

Absolument d'accord kwak (vos amis sont ceux qui ont besoin de leur voiture, et il n'est pas normal qu'ils soient bloqués par des gens de 30 ans qui font 3 kilomètres).

Sur la "rentabilisation", le futur étant à l'autopartage et la location pour les citadins (à Paris, 50% des foyers ne possèdent pas de voiture!), cette approche, selon moi erronée (une voiture non utilisée au quotidien dure bien plus longtemps, puisque en général on parle de durée de vie en kilomètres plus qu'en années), disparaîtra progressivement.
On y arrive, très lentement certes, et si les offres de transport public sont une des clés, le comportement humain est le facteur principal.

Dommage que dans ce débat on n'oublie totalement l'autopartage alors que la cible à privilégier est justement la suppression de la 2ème voiture qui ne sert pas souvent.
En mutualisant on évite les difficultés de stationnement et on récupère de l'espace sur la voirie pour les autres modes (bus, vélo, marche). 1 voiture en autopartage = 7 voitures de moins dans la ville.
A Lyon ça s'appele Autolib (www.autolib.fr)

Association La Voiture Autrement (www.lavoitureautrement@blogspot.com)

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