L'amiante immobilise décors et costumes des théâtres lyonnais
AMIANTE - Une partie des théâtres et l'Opéra de Lyon se retrouvent salement embarrassés. Leurs décors et costumes stockés dans un entrepôt municipal de Vénissieux se voient provisoirement bloqués, et pour certains perdus. Une entreprise chargé de changer des portes coupe-feu a scié l'une d'entre elles, répandant de la poussière d'amiante dans les locaux, qu'il a fallu condamner. Le Point du jour, théâtre de Michel Raskine, se retrouve particulièrement touché. Toutes les représentations de "Max Gericke" ont dû être annulées en décembre, et les suivantes sont compromises. L'Opéra de Lyon est également concerné, tout comme le théâtre des Célestins, celui de la Croix Rousse, et la Maison de la Danse...
L'incident, révélé mardi par le site des Potins d'Angèle, serait survenu le 2 décembre. Le sous-traitant d'une entreprise en marché avec la ville devait changer toutes les portes coupe-feu de l'entrepôt où décors et costumes des établissements culturels municipaux sont stockés. On les savait fourrées à l'amiante. Or, au lieu de se contenter de les dégonder, les ouvriers ont entrepris d'en scier une. Les micro-particules se sont alors répandues dans l'air, se posant sur certains décors et costumes. "Les quantités sont infimes, précise Georges Képénékian, adjoint lyonnais à la Culture. Mais les seuils, qui sont fixés très bas par principe de précaution, sont dépassés. Les entrepôts ont donc été fermés." Et ils risquent de le rester un moment. Un expert doit en effet passer pour préciser les dégâts, puis il faudra désamianter ce qui peut l'être. Certains costumes, sur lesquels ont pu se poser des micro-fibres, sont probablement perdus : il n'est pas possible de les désamianter. Même chose pour des décors en bois peint, la peinture, poreuse, absorbant les micro-particules.
L'Opéra ne sait pas encore ce qui va se passer pour les représentations programmées en 2010. "On ne refait pas des costumes et des décors en trois jours", relève une porte-parole. Il est possible qu'une reconstruction totale se révèle plus rapide et moins coûteuse qu'un désamiantage. "Nous avons eu de la chance dans ce malheur, tempère l'adjoint à la Culture. Les décors de La Vie parisienne étaient partis le matin même". Les pupitres en bois de Lulu, création de l'Opéra de Lyon, se trouvent pour leur part à l'abri à Amsterdam.
Les ateliers de fabrication de décors de l'Opéra, mitoyens des entrepôts, n'ont pas été touchés, mais ils ont été fermés par mesure de sécurité. Au total, entre ces ateliers et les locaux de stockage, 45 salariés se retrouvent privés de locaux. "Nous avons pensé en priorité à eux, poursuit Georges Képénékian. La médecine du travail a été saisie et un comité d'hygiène réuni", Un expert indépendant a également été nommé pour rencontrer les salariés et "faire tomber les angoisses".
Olivier BERTRAND




La formation et l'encadrement du personnel coûte cher ... mais à force d'économiser cela revient plus cher de ne pas en avoir.
C'est comme la santé au travail : à force de tirer sur la corde, les coûts sociaux augmentent.
Rédigé par : bernard | 16/12/2009 à 09:49
Et encore un contrat passé par l'équipe municipale qui ne tient pas la route !
Les contrats litigieux (SACVL, Dalkia...entre autres) n'ont encore pas servis de leçons...
G.Collomb devrait mieux soit gérer ses équipes soit s'entourer de vrais gestionnaires.
Rédigé par : marie | 16/12/2009 à 19:53
Un ouvrier attaque à la meule une porte séparative anti-incendie et disperse en quelques secondes une grande quantité de fibres contenues dans cette porte sous une forme très pulvérulente. Or :
- il est menacé, en raison de ce mode d'exposition, de contracter un mésothéliome de la plèvre et sera placé pendant 50 ans sous surveillance médicale renforcée par la médecine du travail (aux frais de la communauté, pas de la poche du responsable sécurité de la ville !).
- il ne sait pas qu'il a de l'amiante partout et surtout dans les équipements anti-incendie.
- que l'amiante nous a déjà couté l'équivalent d'un 21 septembre (procureur Montgolfier sur France inter).
- qu'il a 8000 morts par an en France et que nous aurons dépassé les 100 000 morts bientot,
- il peut donc remercier la ville de Lyon de n'avoir pas respecté ses obligations de prévention, pourtant clairement signifiées dans la réglementation .
c'est inacceptable et révoltant.
Rédigé par : raoul tartaix | 18/12/2009 à 09:05
Lorsqu'il s'agit d'amiante, ce ne sont pas des microparticules, ce sont des fibres que l'on mesure en microns. Donc, un ouvrier à qui personne n'avait dit qu'il y avait de l'amiante d'une nature particulièrement pulvérulente, donc dangereuse, dans cette porte séparative, a mis un coup de meuleuse pour la démonter. Or:
- Tout le monde ne sait pas qu'il y a de l'amiante partout et particulièrement dans les équipements incendie,
- Peu de gens savent que ces fibres provoquent la mort d'environ 8000 morts par an et ce jusqu'en 2025,
- Que pour l'instant l'amiante nous a couté l'équivalent d'un 21 septembre (+20% de pathologies amiante là-bas, souvenez vous du nuage de poussières...),
- Cet ouvrier exposé fortement une fois est susceptible de développer un mésothéliome de la plèvre il sera donc placé en surveillance médicale renforcée par la médecine du travail.
- Cet accident aura un coût pour la communauté (c'est à dire , nous)
- il peut remercier la Ville de LYon qui n'a pas honoré ses obligations de repérage et d'information, et là il s'agit d'une négligence criminelle.
aux suivants ?
Rédigé par : Raoul | 18/12/2009 à 09:54