07/02/2010

« La Voie aux chapitres », dernière née des librairies indépendantes

CULTURE - C’est la dernière née des librairies indépendantes à Lyon. Ouverte depuis le 2 septembre dernier, La Voie aux chapitres a trouvé aujourd’hui son rythme de croisière au cœur du 7e arrondissement. Après Le Bal des Ardents (lire), Coquillettes (lire) ou Ouvrir l’œil (lire), Libé Lyon continue son grand tour des petites librairies indépendantes… à forte personnalité…

La voie de la librairie, Sylvain Fourel l’a trouvée il y a déjà plusieurs années au campus de Bron. Il s’ennuyait dans ses études, un mal pour un bien, et c’est Geneviève Berthezène, libraire du campus qui aura marqué toute une génération de librairies et d’étudiants, qui va lui révéler son futur métier en le prenant à mi-temps. Il y restera trois ans, avant que la librairie ne ferme. Il rejoint ensuite la librairie du Tramway, puis la librairie star de Lyon, Passage(s). « Ce n’était pas toujours facile d’un point de vue relationnel, remarque-t-il aujourd’hui, mais c’était extrêmement formateur. » Il y observe scrupuleusement tous les aspects professionnels d’une librairie qui fonctionne, très organisée commercialement. Puis, ayant pris de l’assurance, commence déjà à rêver d’un lieu à lui.

C’est son ancien quartier du 7e arrondissement qui va lui en fournir l’opportunité : un local se libère sans reprise à payer. « Une chance énorme ». Bien entouré, il confie la décoration de ces modestes 90 m2 au peintre lyonnais Pierre David (www.pierredavid.net), notamment artisan régulier des spectacles de Gilles Pastor. En quelques bonnes idées et avec beaucoup de savoir-faire, il transforme un local informe en un lieu accueillant, lumineux, l’air de rien assez spacieux avec une déco discrètement seventies. Pour quelques milliers d’euros, la librairie peut voir le jour après un été de travaux. Trois amis lecteurs lui servent de baromètre pluriel pour la rentrée littéraire. La grande difficulté sera de trouver l’équilibre d’une librairie généraliste, où se côtoient généreusement les romans, les sciences humaines, la SF, le jeune public ou les beaux-livres, sans qu’un rayon n’existe au détriment d’un autre. C’est la leçon qu’il avait retenue de Geneviève Berthezène : comment composer un fonds de qualité avec des ouvrages pointus, tout en ménageant des zones d’ouverture avec tous les types de lecteurs. Avec la proximité des facs et un quartier du septième arrondissement à la population hétéroclite, Sylvain Fourel était bien conscient qu’il n’avait « le droit d’oublier personne ».

De tout mais pas n’importe quoi

À l’arrivée, c’est un petit rêve de librairie de quartier où l’on trouve de tout sans trouver n’importe quoi, où l’on peut aussi bien flâner tranquillement, que trouver un conseil avisé pour approfondir un auteur. « Je voulais un lieu où l’on se sente accueilli mais où les gens sont tranquilles, qu’ils aient une paix royale. Mais qu’en même temps, s’ils le souhaitent, on puisse les aider à aller plus loin dans le domaine qui les intéresse. » Après un peu plus de trois mois d’exercice, Sylvain Fourel constate qu’il ne s’est pas beaucoup trompé sur la constitution du fonds, correspondant assez bien aux attentes des différents publics. Son expérience lui a été profitable. Il entretient aussi avec d’autres librairies indépendantes de l’arrondissement comme Terre des livres un respect mutuel pour développer une offre concertée et complémentaire. Il a peu retenu d’ouvrages de la Méditerranée par exemple pour ne pas empiéter sur le territoire de prédilection de l’autre librairie du quartier. En revanche, il affiche favorablement la poésie contemporaine ou les disques Frémeaux et Harmonia Mundi de chanson française contemporaine, un genre qu’il affectionne particulièrement et souvent sous-représenté chez les disquaires.

Reste un deuxième local qui jouxte celui de la librairie et qui devrait être l’occasion d’un agrandissement éventuel dans les mois à venir, maintenant que la librairie a constitué son stock. C’est dans cette deuxième salle que Sylvain Fourel reçoit les écrivains qu’il affectionne. Après Antoine Choplin en octobre dernier, c’est au tour de Lucien Suel le 10 février prochain, l’auteur de « La Patience de Mauricette » à la Table Ronde, un livre sur la folie et la vieillesse, passé à peu près inaperçu sous le flot de la rentrée littéraire en septembre dernier. C’est l’occasion de se rattraper. Il est né en même temps que la librairie. Ce sera déjà comme un anniversaire.

Luc Hernandez

Rencontre avec Lucien Suel à la librairie La Voie aux Chapitres, 4 rue Saint-Jérôme, Lyon 7e, le 10 février 2010. Tél : 04 37 70 61 42.

Photo : Pierre David.

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Voici les sites qui parlent de « La Voie aux chapitres », dernière née des librairies indépendantes :

Commentaires

Librairie où l'on croise des lecteurs des deux sexes et de tous les âges. C'est suffisamment rare pour le noter !

Je suis venue, j'ai vu, j'ai lu !

Une librairie qui est à la Guill' ce que la cerise est au gâteau

N'oublions pas "La librairie des Ogres", grande rue de Vaise dans le 9è... Merci à Jérôme et Mathieu...

ah purée ca fait trois plombes que je dois faire un billet sur cette super librairie à deux pas de chez moi et à force de reporter, Olivier et Alice me grillent! En tout cas le lieu est éminemment recommandable.

trés bonne intiative

J'étais loin de Lyon depuis près d'un an et de voir s'ouvrir ces librairies me réjouit. Ne pas oublier d'y acheter des bouquins... délaisser un peu le clic internet si facile mais si peu économiquement solidaire.

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