Fin de conflit amer chez Siemens à Saint-Chamond
Photo : Sébastien Erome
SOCIAL - La vallée du Gier va perdre une entreprise de plus, 300 emplois de plus. Après un long conflit et la séquestration, la semaine dernière, de deux dirigeants (lire), les représentants du personnels et le président de Siemens VAI ont finalement signé un accord. Les salariés ont obtenu que le nombre de postes maintenus dans la Loire (et regroupés à Montbrison) soit porté de 365 à 380 (au lieu de 604 aujourd'hui). Les indemnités extra légales pour ceux qui s'en vont varieront en outre de 25.000 à 45.000 euros selon l'âge et l'ancienneté. Le mouvement laisse localement beaucoup d'amertume. L'entreprise de Saint-Chamond avait été créée à la fin du 19e siècle. Sur le forum des salariés engagés dans le mouvement, quelqu'un a écrit hier ceci : "Je me suis battu parce que j'étais en colère de voir mon entreprise,
dernière de sa catégorie en France, être pillée, détruite, condamnée.
Je me suis battu parce que le plan industriel ne lui laisse aucune
chance et parce que c'est grave. Pourtant, depuis le départ
forcé de prestataires de qualité je n'ai plus le goût et je souhaite
laisser la place à un autre. Cela date d'avant le plan. Finalement, je
ne me suis pas battu pour moi mais pour l'industrie de mon pays. Mon
combat n'a pas été moins fort que si cela avait été pour moi."
Ol.B.




Les salariés de Siemens ont intercepté un document censé rester confidentiel émanant du cabinet BPI en charge de conseiller la direction pour mener à bien le plan social dans la procédure des licenciements de l’usine de St Chamond.
Voilà ce qu’il révèle sur la stratégie à adopter :
"Il faut créer une négociation parallèle, dans les couloirs et sans enregistrements ... Communiquer les indemnités permettra de tuer les mauvaises critiques et d’éviter d’avoir des politiques martelant le thème des pauvres employés qui ne toucheront pas assez d’argent...Nous rappelons au secrétaire du CEE les yeux dans les yeux que notre objectif est de clore la procédure ou de passer au plan B extrême. Il n’y a pas d’autre alternative."
Puis vient cet argument au cas où les discussions seraient dans l’impasse :
"Nous n’irons pas plus loin meme si le sang inonde la Vallée de Gier."
Rédigé par : jejk | 01/04/2010 à 14:59