Grève dans un collège de Vaulx privé de moyens
Le collège Barbusse est en zone "Ambition réussite" (auparavant en réseau d'éducation prioritaire). Il bénéficie de dotations spécifiques pour compenser les handicaps, maintenir certains élèves à flot, rattraper ceux qui se noient, et pousser tous les autres à nager plus loin qu'ils ne l'imaginaient. "Il y a dix ans, explique Denis Pourrat, professeur de français, nous avions 45% seulement de réussite au brevet. Des dispositifs ont été mis en place et aujourd'hui nous sommes à 80% de réussite." Des heures permettent par exemple en 6ème d'apprendre aux nouveaux élèves comment faire leurs leçons, préparer leur cartable. D'apparentes évidences qui n'en sont pas dans certaines familles, très éloignées du système scolaire. En 5e, d'autres heures aident les élèves dans leur travail personnel, ou permettent de proposer des expérimentations scientifiques par petits groupes. Une orientation scientifique développée dans toute la ville de Vaulx-en-Velin depuis une douzaine d'années. En 4e, où les décrochages sont fréquents, les élèves peuvent choisir la matière ou le thème sur lequel ils ont besoin d'un renfort durant quelques semaines. Selon les enseignants, tous ces dispositifs seraient aujourd'hui menacés par les restrictions horaires.
Au total, selon les grévistes, la dotation prévoit pour l'année prochaine une diminution d'une cinquantaine d'heures sur le volume global hebdomadaire attribué à Barbusse. "Le calme est revenu. A présent que nos élèves sont installés dans une dynamique de réussite, on nous supprime les moyens. Cela va à l'encontre de tous les discours tenus sur l'éducation en banlieue", poursuit Denis Pourrat. L'inspection académique refuse de confirmer le chiffre. Selon elle, rien n'est encore décidé, "il y aura des ajustements jusqu'en juin". Une première rencontre a eu lieu lundi 1er mars avec l'inspectrice d'académie, qui doit réaliser des économies et aurait promis, selon les professeurs, un effort supplémentaire en juin en fonction des besoins. "Ce n'est pas en juin que l'on prépare le projet pédagogique d'un établissement comme celui-là", réagit Denis Pourrat. Surtout, les enseignants savent qu'il sera un peu tard, en juin, pour obtenir les moyens nécessaires par le rapport de force.
L'inspectrice d'académie propose aussi de solliciter les fonds de la politique de la Ville pour continuer d'apporter au collège les moyens spécifiques dont il a besoin. « Ici, disent les enseignants dans un communiqué, nous n'avons pas vu passer le moindre centime des milliards annoncés par le très médiatique plan banlieue. »
Ils ont voté vendredi dernier une grève, effective depuis lundi matin. Puis hier matin, une nouvelle rencontre a eu lieu à l'inspection d'académie. Une délégation a obtenu dans un premier temps la visite d'inspecteurs nationaux, jeudi, afin d'auditer les besoins du collège, avant la décision. Mais la visite aurait ensuite été annulée dans la journée, ce qui a renforcé la colère des enseignants. Ils ont alors retenu leur principal dans son bureau trois quarts d'heure, jusqu'à obtenir une assemblée générale en présence de l'inspection académique et d'un représentant du rectorat. Ils y exposeront une nouvelle fois les dispositifs spécifiques mis en place avec les heures supplémentaires dont ils disposaient.
Ils s'inquiètent d'une éventuelle chute du calme et des résultats à Barbusse dans les prochaines années, s'ils ne parviennent pas à se faire entendre. "Mais après tout, concluent-ils, ironiques, pourquoi un collège de banlieue ne se contenterait pas d'un petit 50% de réussite au brevet des collèges ?"
Olivier BERTRAND




elle est belle l'école selon sarko et je dirai bien fait pour les 53 % de français qui croyaient faire le bon choix
Rédigé par : david | 10/03/2010 à 09:29
Oui, enfin sans vouloir critiquer les collègues , dont je soutiens le travail, vu la baisse du niveau d'exigence le taux de réussite au brevet n'est plus vraiment un critère... pour rater le brevet aujourd'hui il faut le faire exprès (ou avoir besoin d'un parcours spécifique qui ne devrait pas se faire au collège).
Rédigé par : wackomarjo | 10/03/2010 à 09:29
Quelle misère. Quelle misère. Rien à dire. Juste à signifier mon soutien aux grévistes.
Pascal
Rédigé par : pascal | 10/03/2010 à 09:33
Si j'ai compris les profs ne sont pas contents de se faire sucrer leurs heures sup (les moyens)et décident pour le bien des élèves de sucrer à leur tour les heures normales,c'est cela ?
Rédigé par : alberich | 10/03/2010 à 09:36
C'est surprenant ce problème. D'après VAuquiez on a créés beaucoup de poste (CPE etc)depuis 3 ans dans l'Education Nationale...
Rédigé par : Marcvador | 10/03/2010 à 09:48
@ alberich.....
Ils devraient essayer le YOGA c'est ça ???
A raison d'une ou deux heures de méditation et de chi-kong tous les jours, sur qu'ils finiraient par obtenir ce qu'ils veulent....
Mais pourquoi n'y avait-on jamais pensé ??
Ah oui, c'est parceque les profs ne se soucient pas de leurs élèves, mais seulement de leurs vacances et de leurs avantages coorporatistes.....Bah oui, sinon ils feraient du YOGA.....Au lieu de faire grève...
Rédigé par : ODog | 10/03/2010 à 09:56
Rédigé par: alberich | 10/03/2010 à 09:36
Allons Alberich, ne faites pas l'innocent, vous n'avez compris que ce que vous vouliez comprendre et que vous pensez dur comme fer : les profs ne sont que des feignasses égocentriques. L'idée qu'ils puissent faire grève POUR leurs élèves n'existe pas dans votre univers mental d'individualiste.
Je vous plains.
Rédigé par : PMB | 10/03/2010 à 10:23
@ Alberich
C'est votre mauvaise foi ou vos oeillères qui vous poussent à ne pas lire l'article avant de le commenter.
Faute de pouvoir condamner le travail de ces profs, qui ont su redresser la barre de leur établissement (passer de 45% à 80% de réussite au brevet, c'est très loin d'être négligeable), vous tapez sur le fait qu'ils refusent de voir diminuer leur dotation horaire.
Au-delà de votre refus de reconnaître qu'un fonctionnaire ne soit pas qu'une grosse faignasse surpayée (ce qui remettrait en question votre rapport à la réalité), vous semblez incapable d'admettre que l'on puisse se mobiliser pour autre chose que des intérêts privés et égoïstes. Si ces profs se mettent en grève, ça n'est certainement pour préserver leur feuille de paie mais bien pour assurer l'avenir de l'établissement dans lequel ils travaillent.
Continuez à ne voir de la réalité que ce qui vous arrange, continuez à fonctionner avec vos petites conceptions mesquines et frustrées. Je souhaite simplement qu'un jour vous entraperceviez ce qu'est le travail d'un enseignant dans ce type d'établissement.
Rédigé par : Piedo | 10/03/2010 à 10:36
A Alberich
A Barbusse, on refuse les heures sup en bloc pour ne pas cautionner la baisse du nombre de postes ouverts aux concours.
Rédigé par : Barbusse | 10/03/2010 à 10:48
Pauvre Alberich... Enseignante en zone de prévention violence (lycée professionnel) nous voyons nos moyens diminuer d'année en année : 1 CPE, 2 surveillants, des profs non remplacés et surtout des budgets à la dérive. Oui je me soucie de mes élèves, oui je veux les défendre. On baisse le niveau d'exigeance, on balance les gamins dans le monde du travail avec un diplôme qui ne vaut plus rien. Et on devrait laisser faire? Ce sont des personnes comme vous malheureusement qui salissent l'image du prof. Au fait, visitez un lycée professionnel prochainement, attardez-vous dans les classes, vous comprendrez rapidement que le prof s'en fiche de ses heures sup, tout ce qu'il souhaite c'est permettre aux élèves de ne pas couler quand l'école ne sera plus derrière. Quoi que vous en pensiez, on fait notre métier consciencieusement sans baver sur les autres, faites de même, vous verrez, ça ne coûte rien...
Elodie
Rédigé par : Elodie | 10/03/2010 à 10:50
aller a l'elysee pour demander a le jumeler avec polytechnique..?
Rédigé par : coule d ebielle | 10/03/2010 à 11:23
"Ouvrir une école, fermer une prison..." Victor Hugo en concentré.
Les prisons sont aussi dans les têtes de nos dirigeants libéraux (faux amis) et de leurs lieutenants, mercenaires et divers soutiens aveuglés par des idéologies faussement évoluées ou modernistes.
Ces prisons, ils cherchent à nous y enfermer avec nos générations montantes, afin de bien nous transformer en piétaille soumise,servile, asservie, marchandise à vendre au plus bas prix, réserve prête à consommer des aliments tout juste "propre" à permettre le remplacement de la masse, la reproduction des esclaves et réserve de main d'oeuvre ou de soldatesque bonnes à tuer ou à se faire tuer dans de nouvelles guerres.
Résister à cet Ordre nouveau est une absolue nécessité.
Les enseignants qui luttent pour de meilleurs moyens en faveur de leur mission républicaine sont dans le droit strict et leur action est parfaitement légitime.
Liberté, Egalité, Fraternité!!!
Vive la République sociale, laïque, une et indivisible!!!
Rédigé par : InstruireEduquerLibérer | 10/03/2010 à 11:34
TOut mon soutien! enseignante nous avons aussi ces probls de DHG insuffisante: -100hres l'an prochain!!! nous avons engagé un bras de fer avec le rectorat, nous ne faisons pas cours mais nous sommes présents dans l'établissement et nous refusons de mettre les notes sur les bulletins. Il faut tenir notre cause est juste.
Rédigé par : Prof en colère | 10/03/2010 à 11:35
Alberich: vous n'avez rien compris! vos propos sont lamentables. On refuse les heures sups pour sauver des postes, on demande juste le minimum légal prévu par les textes.
Rédigé par : Prof en colère | 10/03/2010 à 11:37
L'aide individualisée, sous toutes ses formes, a montré depuis longtemps son inefficacité. Parce qu'elle consiste à ajouter des couches supplémentaires à un enseignement inchangé. Or ce sont précisément le contenu, les formes et les exercices en usage dans cet enseignement qui sont en grande partie responsables de l'échec des élèves issus de milieux populaires. Tant que le conservatisme pédagogique prévaudra il n'y a aucun espoir de changer cet état de fait et, par cosnéquent, les difficultés de toutes sortes vont empirer. La seule revendication de "toujours plus de moyens" est une absurdité qui coûte cher et ne rapporte rien. Il faut réformer l'école en soutenant financièrement les projets novateurs et leurs initiateurs, en généralisant les expériences nombreuses qui montrent la voie à suivre et en supprimant la carotte de l'agrégation qui n'est qu'un leurre et un obstacle au changement par le conformimse rémunérateur qu'elle induit.
Rédigé par : STEFFEN Louis | 10/03/2010 à 11:41
A tous ceux qui n'arrêtent pas de dire que l'éducation nationale nous coûte de plus en plus cher, un extrait d'un article paru dans "Alternatives économiques".
"Les problèmes d'insécurité dans les établissements scolaires ont fait la une des médias le mois dernier. Ces difficultés ne sont pas vraiment surprenantes: en 2004, 50 000 personnes étaient chargées d'encadrer lycéens et collégiens sous différents statuts. En 2008, ils n'étaient plus que 28 000, quasiment moitié moins.
Cette baisse traduit un problème plus large. Depuis une quinzaine d'années, la part du produit intérieur brut (PIB) consacrée aux dépenses d'éducation ne cesse de diminuer: 6,6% en 2008, contre 7,6% en 1996. Il manque environ 20 milliards d'euros pour que l'effort de la nation soit équivalent à ce qu'il était il y a quinze ans, soit 15% du budget actuel!
Pourtant, l'Education nationale est encore le secteur le plus touché cette année avec 16 000 postes supprimés sur les 30 000 annoncés dans la fonction publique. C'est bien la peine de lancer des grandes campagnes de publicité sur les "investissements d'avenir"...
Rédigé par : demo | 10/03/2010 à 11:44
Pour avoir discuté de la situation avec le principal de ce collège (et non le proviseur, madame la journaliste), j'apprécie que les enseignants se battent pour conserver leurs moyens. Ce collège, situé en zone difficile, a réussi non seulement à obtenir un taux de réussite remarquable au brevet, mais aussi à avoir un fonctionnement "apaisé" qui lui permet d'assurer sa fonction éducative normalement. Réduire les moyens le condamne à retomber dans la difficulté, voire la violence quotidienne.
Je ne sais pas où nous mène la politique de Chatel et son président, mais je crains un retour de la violence dans de nombreux collèges que ne résoudront pas les caméras de vidéo-surveillance, les portiques d'entrée... Il faut plus d'adultes dans ces établissements, il n'y a pas d'autre alternative...
Rédigé par : AMR | 10/03/2010 à 12:18
Et si les enseignants faisaient les heures supprimées bénévolement... c'est toujours mieux que de laisser le collège couler. Bon il faut une dose d'abnégation certes mais si on croit à sa mission on ne chipote pas pour 2 ou 3 heures, non?
Rédigé par : Unlillois | 10/03/2010 à 12:19
mais comment de tels problèmes sont ils possibles dans ce collège qui accueille la crème de la crème de la société française, des jeunes gens turbulents certes, mais dont les différences sont tellement enrichissantes pour le reste de la société.
et cette volonté de réussir, cette application au travail, ce respect des autres érigé en dogme... que c'est beau, j'en ai la larme à l'oeil...
Rédigé par : casimir | 10/03/2010 à 12:29
@ Casimir : vous ne savez pas lire, ou, plus simplement, vous refusez de lire les articles que vous commentez ?
Pourtant, si vous aviez fait l'effort d'écarter un poil vos oeillères, vous auriez lu que les profs ont réussi à faire en sorte que cet établissement fonctionne de manière apaisée et normale.
Votre commentaire est donc aussi débile qu'en dehors du sujet.
@ Lillois : parce que vous, vous faites des heures supplémentaires bénévolement, pour les beaux yeux de votre patron ?
Mon dieu, qu'est-ce qu'il ne faut pas lire...
Rédigé par : Piedo | 10/03/2010 à 14:05
il faut que les enseignants bloquent tous les établissements pendant une durée illimitée, avec séquestration des principaux, comme dans les usines ! sans les profs le pays est bloqué car qui pour garder les mioches ?
Rédigé par : Phil | 10/03/2010 à 14:57
ben... on l'entend plus, ce pauvre Alberich?
M'enfin... il avait prévenu : " si j'ai compris..."
Désolé mais non, tu vois, tu n'as rien compris. La prochaine fois, assure toi de comprendre avant de lâcher un petit post assassin, démago et à la limite du poujadisme.
Rédigé par : lolal | 10/03/2010 à 14:57
@Piedo
Mon patron a en effet de beaux yeux c'est Marianne, Je crois que si l'on veut convaincre les Alberich qui représentent 50+1% des électeurs il va falloir plus que des grèves et du mépris, par exemple proposer du soutien bénévole aux élèves puisque le gouvernement veut faire crever l'E.N. c'est à nous de nous battre, avec notre seule arme, transmettre le savoir.
Rédigé par : unlillois | 10/03/2010 à 19:42