11/03/2010

A Lyon, les salariés de TLM veulent racheter leur télé

MEDIAS - Alors qu’on annonce la vente imminente par le Groupe Progrès de sa participation majoritaire (60%) au sein de Télé Lyon Métropole, les salariés de la chaîne lyonnaise, entraînés par leur directeur général Jean-Pierre Vacher, ont décidé de reprendre leur destin en main. Mercredi, ils ont rendu public le projet de reprise présenté début février au groupe Progrès, détenu par le Crédit Mutuel. Leur ambition : conforter TLM comme un média généraliste de proximité, assurer son indépendance grâce à une pluralité d’investisseurs locaux, et trouver un équilibre économique d’ici trois ans...

En devenant propriétaire à 100% du groupe Progrès en septembre 2009, le Crédit Mutuel n’avait pas caché son embarras à récupérer dans le lot une télévision locale, TLM, qui affiche un déficit chronique depuis sa création en 1988 et annonce 1,6 M€ de pertes en 2008, sur un budget de 4,5 M€. Très vite, le groupe Progrès a donc annoncé son intention de vendre ses 60% de parts au sein de TLM pour un euro symbolique (1). Sonnés, les 32 salariés de TLM se sont d’abord sentis impuissants. Au gré des rumeurs et des annonces, ils se voyaient passer aux mains de Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais et propriétaire d’OL TV, ou d’un fonds d’investissement parisien, Bernard Krief Consulting. Deux perspectives peu amènes sur le plan éditorial comme sur le plan social, l’un et l’autre annonçant licenciements et économies d’échelle. Ils ont repris du poil de la bête grâce à leur directeur général, Jean-Pierre Vacher, qui a démarché les patrons lyonnais pour boucler une offre de rachat présentée au groupe Progrès début février.

« C’est un bon projet qui conforte TLM comme un média indépendant de proximité, capitalise sur ses acquis éditoriaux, mobilise l’ensemble de l’équipe et réunit des investisseurs qui font autorité sur la place lyonnaise » résume Jean-Pierre Vacher. Le principal fondement de son projet est l’indépendance, « garantie par un actionnariat pluriel et la diversification de nos sources de financement » assure-t-il. Une douzaine d’entrepreneurs lyonnais à la réputation solide font partie du tour de table, qui a réuni plus de 2 millions d’euros. Certains le sont à titre personnel comme Roland Tchénio (Toupargel), Jacques Gaillard (Sogreah), Christian Barqui (Barquinvest),. D’autres en tant que personne morale comme l’Institut Mérieux (Alain Mérieux), Evolem (Bruno Rousset) ou LVL Médical (Jean-Claude Lavorel). Secrétaire général de LVL Médical, Ludovic Bellein justifie l’investissement de son groupe par « la qualité du projet et de l’équipe qui le porte » mais aussi par « une valeur de pluralisme et d’indépendance ». Une vision inconciliable avec la démarche du patron de l’Olympique Lyonnais, auquel certains prêtent l’intention de transformer TLM en « machine de guerre » pour son projet de Grand stade. « Nous n’avons aucun problème avec l’OL, précise Jean-Pierre Vacher, mais Jean-Michel Aulas défend une logique de prise de contrôle majoritaire (2) qui ne correspond pas à notre projet d’actionnariat diversifié et qui prévoit la suppression de 10 à 15 postes. Je crois qu’il est dans l’intérêt des Lyonnais d’avoir une chaîne ni monocolore ni monocentrée, ouverte à l’ensemble des acteurs de cette ville ».

Baptisé « TLM 2015 », le projet porté par l’équipe s’appuie sur l’expérience de la chaîne qui réalise une cinquantaine d’émissions chaque mois et est présente sur la TNT, les bouquets ADSL et Internet. Il prévoit que TLM s’affirme comme une « chaîne d’infos locales en continu », généraliste, citoyenne, mais aussi comme un « émetteur d’infos » présent sur les réseaux sociaux, internet, les téléphones mobiles. « Ça va nous obliger à repenser notre métier et renouveler notre façon de faire de la télé » se réjouit le rédacteur en chef Régis Guillet. « TLM 2015 » promet d’atteindre l’équilibre économique en trois ans, en réalisant 900 000€ d’économies sur deux exercices (notamment sur la masse salariale avec 5 à 7 départs et la réduction des frais de diffusion), et en accroissant les recettes de 700 000€ en trois ans (par la sollicitation accrue des collectivités locales ou le développement de produits annexes). « En devenant maîtres de notre avenir, ce sera un nouveau départ, une véritable recréation » promet Jean-Pierre Vacher. Mais pour l’heure, le Crédit Mutuel, via le groupe Progrès, est maître du jeu. Si l’offre proposée par l’équipe de TLM et une pluralité d’investisseurs locaux présente un intérêt éditorial et social indéniable, elle peut être balayée par des enjeux de pouvoir, de partenariats importants entre l'OL et le Progrès, ou encore des surenchères financières.

Anne-Caroline JAMBAUD

(1) Le capital de TLM est détenu à 60% par le Groupe Progrès, 20% par le Crédit agricole Centre-est, 10% par la Caisse d’épargne Rhône-Alpes et 10% par GL Events. Seuls Le Groupe Progrès et la Caisse d’épargne Rhône-Alpes ont fait connaître leur volonté de vendre leurs parts.

(2) Un actionnaire unique, c'est la voie qu'a choisie Lyon TV, dont le rachat par le Goupe Fiducial, déjà propriétaire du magazine Lyon Capitale, a été officialisé lundi 8 mars.

 

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Voici les sites qui parlent de A Lyon, les salariés de TLM veulent racheter leur télé :

Commentaires

TLM c'est une fausse promesse depuis plus de 20 ans.
Je ne dis pas qu'elle doive basculer dans le giron de l'OL ou d'un fonds de pension sans scrupules.
La France n'est pas faite pour avoir des télés locales. On n'aura jamais un médium télévisuel local de la veine de ceux qui existent en Amérique du Nord (Canada, USA, Mexique). Les revenus publicitaires sont dérisoires, les grilles de programme répétitives et surtout TLM cherche à faire de la télé comme les grands quitte à tomber dans les travers (une fois encore sans les moyens) des grandes chaînes nationales.
Depuis que j'ai abandonné le hertzien, c'est une démarche personnelle qui doit m'amener à regarder TLM alors qu'auparavant, faute d'autres chaînes bah TLM était sur le chemin de la télécommande. Plus maintenant.

Halte au sketch !

Jean-Pierre Vacher démontre depuis des années qu'il n'est pas capable de dynamiser cette chaîne sur le plan de la programmation et qu'il en fait un gouffre financier. je crois que pour lui, l'heure est passée.
Bien évidemment Aulas peut agacer mais il faut reconnaitre la grande qualité des programmes d'OL TV et on peut légitiment penser qu'avec les très bons professionnels qui composent l'équipe de cette châine, la mue de TLM en vraie chaîne attractive soit possible.
D'ailleurs, la liberté éditoriale d'OL TV semble grande puisque récemment, un excellent journaliste de Libé, pas franchement convaincu par le projet de grand stade, en était l'invité !
Il faut ensuite être sérieux, Aulas n'a pas besoin de TLM pour faire la promotion de son projet de stade, le pouvoir et la diversité de ses différents appuis doivent être suffisants.
Enfin, si je suis réservé sur les investissements des collectivités locales au sujet du stade, je suis totalement hostile à leur intervention dans TLM, que ce soit de façon directe ou indirecte via des budgets pub en hausse.

L'impartialité de TLM depuis sa création et son appui à des forces politiques en Rhône-Alpes en déclin n'autorise pas l'équipe actuelle à continuer!

Tant mieux si TLM ne tombe pas dans l’escarcelle de l’OL. Mais la prétendue indépendance de la chaîne me fait bien rire.

S’il y a des problèmes dans les entreprises des patrons lyonnais actionnaires, ce ne sera certainement pas les journalistes de TLM qui iront mettre le nez dedans. Ne soyons pas naifs.

De même, comment TLM pourrait devenir maître de son avenir grâce au soutien des collectivités locales ? Non, il faudrait plutôt dire : les collectivités locales s'apprêtent à devenir les maîtres de TLM. Déjà que la chaine n'est pas réputée pour son sens critique…

Quant à l’équilibre financier, il est annoncé chaque année depuis 20 ans à l’échéance de 3 ans !

TLM est une parodie de télévision.
Deux points d’infos par jour, et ensuite repris toutes les heures, comme un journal en directe, cela par certain côté fait désordre.
Des émissions mille fois rediffusées, je pense au festival de Lyon de cinéma qui était déjà terminé et une émission rediffusée vantait les mérites du futur festival…
Sois il n’y a pas de directeur des programme, soit…

Quand un artiste passe par Lyon, il n’y aucune question de fond, ne serait-ce que sur le spectacle qui vient défendre, en revanche s’il aime Lyon, la gastronomie, etc.

Le journal que je ne regarde plus, aucun intervenant ne va aux bouts de ses propos, il est coupé avant, cela fait vraiment amateur.
La personne qui veut reprendre TLM est là depuis quand même pas mal de temps ?
Pourquoi il n’a pas amélioré la grille avant.
Pourquoi il laisse poser dix questions à un invité par une personne qui dix minutes avant l’interview ne connaissait même pas la personne qu’il a en face de lui…

TLM est sur une base actuellement de chute libre, même des personnes âgées de mon entourage qui ne parlait que par les infos de Lyon, ne regarde plus.
Seul intérêt est l’émission sur les découverte de Lyon par un guide (lui professionnel) et les métiers anciens, autrement c’est morte plaine.
Comme le souligne justement R2D2, plus haut, avec des partenaires entrepreneurs lors d’un conflit, qui parlera de ces manifestations, avec interviews des ouvriers à l’appui… ?

Une chaîne telle que TLM, n’est pas fichu d’avoir une émission culturelle, tel que le cinéma, la littérature, etc. C’est un désert total.
Le sommet c’est l’émission de cuisine où les protagoniste payent entre 15 et 20€ pour ne rien faire, manger leurs ‘productions’ cela fait chère le plat et surtout ne sert à rien au téléspectateur, car l’émission est complètement extrapolée.

TLM a vécu.
Sans vouloir tirer sur l’ambulance, ils l’ont pris avec la main, car en vingt ans ils ne se sont jamais améliorés, les décors oui, les animateurs non.

Bonne journée à tous.

Je n'ai jamais vraiment regardé TLM, même du temps où j'étais sur un système hertzien. Aujourd'hui, c'est pire, je suis infoutu de dire ce qui s'y passe. Je sais en revanche que je serai mieux informé par les radios ou par la presse, que par les quelques journaux sans ambition que propose la chaine.

Je sais bien que tout ça coûte cher, que l'éternel compromis entre investissement et qualité éditoriale est un casse-tête sans fin.

Mais quand même ... Lorsque Vacher vient nous parler d'indépendance ... Ces fameux "investisseurs qui font autorité sur la place lyonnaise" vont-ils laisser passer toutes les infos ? Si BioMérieux licenciait, comment serait traitée l'info ? Et je ne parle pas des collusions entre industriels et politiques, qui, à Lyon comme ailleurs, fleurissent ça ou là ! Au passage, qui accueille les industriels dans l'émission "économique" de TLM ? Vacher himself.

Alors vous me direz qu'un fond de pension ou un magnat de foot, c'est peut-être pire. Certes. D'où l'intérêt de reconstruire une vraie grille de programmes, avant même de penser au porte-monnaie.

Avoir un tel outil de travail entre les mains et en avoir fait cette soupe insipide que l'on nous diffuse à longueur de journée, un vrai gâchis !
Avec les moyens qu'a TLM, il était tout à fait possible d'en faire une vraie chaîne de proximité pour et avec les citoyens plutôt que de vouloir se la jouer mauvaise réplique de TF1 ... mais visiblement la créativité et la prise de risque ne sont pas les qualités premières de ses dirigeants.

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