04/03/2010

Le jouissif « strip tease intégral de Ben » à Lyon

EXPO - La première grande rétrospective consacrée à Ben a démarré mercredi au Musée d’art contemporain de Lyon. Cinquante ans de création, un millier d’œuvres multi supports se déploient sur 3000 m2, pour composer une exposition stimulante et jouissive, qui fera date. Car « Le strip tease intégral de Ben » révèle un artiste impertinent, profond, précurseur, angoissé, poilant, sincère et attachant, qui tranche avec la seule image d’artiste commercial qu’ont laissé ces centaines de milliers d’agendas, trousses et autres tee-shirts marqués de sa célèbre écriture ronde...

Pour son « strip-tease intégral », Ben joue le jeu à fond. A 75 ans, le playboy niçois déballe tout. Cinquante ans de création, de provocation et de doute. Cinquante ans à « essayer de répondre à des questions » en affirmant, le plus souvent en blanc sur fond noir, tout et son contraire. A signer tout et n’importe quoi : du pipi, la maladie, le mystère ou la mort. A faire des faux (Klein ou Fontana) tout en traquant le vrai. A « montrer que n’importe quel geste quotidien peut être un accident artistique », comme : vomir, extraire une boulette de son nez (et l’envoyer en Italie pour être exposée), ou jeter Dieu à la mer (en fait un caisson marqué Dieu). A regarder son nombril et à s’intéresser aux cultures et langues minoritaires du monde entier. Cinquante ans à mêler l’humour au drame, l’égo au monde, le marketing à l’art et l’art à la vie. Ben l’égocentrique, l’exhibitionniste et l’érotomane – qui est aussi Ben le gentil et le généreux, mais quand même très obsédé sexuel – fait donc son strip tease « avant tout mental ». Il dit être être « un type qui cherche la vérité » pour résumer son œuvre, marquée par la sincérité et l’immédiateté. Une œuvre à la fois conceptuelle et populaire, philosophique et triviale.

Parce que « Ben est partout », ses œuvres se déploient aussi hors de l’exposition. Au restaurant du musée : « qui mange bien, chie bien ». Dans le couloir : « je pisse sur Matisse, je chie sur Giacometti, je fais kaka sur Tzara et Dada… ». Dans l’ascenseur : « il ne vous est pas interdit de tourner un film érotique dans cet ascenseur. Imaginez le scénario ».

Le premier étage du musée, confié au commissaire d’exposition John Hendricks, réunit les œuvres les plus anciennes de Ben, dans une perspective historique. Dès la fin des années 50, sa rencontre avec Yves Klein qui le pousse dans ses écritures, puis celle avec le groupe Fluxus, Ben est incroyablement prolixe et précurseur. « Ouais, mais à l’époque, je ne me prenais pas pour un précurseur ! » s’amuse Ben, visiblement peu à l’aise avec ce type de mises en boîtes muséales : « c’est comme si j’étais mort » dit-il. Alors il a, « laissé faire John, sinon, ça aurait été le foutoir ! ».

Heureusement pour les visiteurs, un joyeux foutoir envahit les deux autres étages du musée, le 3e, consacré aux œuvres les plus récentes, et le 2e, particulièrement réjouissant. Autour des 4 tonnes de son Bizart Baz'art – en dépôt depuis 2004 au MAC – se déploie toute une série d’installations thématiques débordant de pièces en tout genre, du flipper au vide-poche, des céramiques phalliques aux rangées de poupons en plastique. Parmi elles, la chambre du sex-maniac. C’est là, couché dans son plumard entouré de tableaux « fellation » ou « Passe-moi le beurre chérie» que Ben a accueilli la presse, la veille de l’ouverture au public de l’exposition. Il a fait son Ben. Refait l’histoire de l’art, redit les impasses de l’art contemporain : comment faire du nouveau quand tout a été fait ? « Il était une fois quelqu’un qui cherchait le nouveau et retrouva ses chaussures » raconte un de ses tableaux. A un moment, il s’est interrompu pour regarder tous ces micros et caméras qui pointaient sur lui et lancer : « Vous êtes tous manipulés par la communication ; nous le sommes tous…».

Pour son strip-tease intégral, Ben a joué le jeu à fond… Après les précédents succès des expositions consacrées à Andy Warhol et Keith Harring (respectivement 146 et 168 000 visiteurs), accompagnés d’une communication efficace, le MAC de Lyon s’attend à une nouvelle fréquentation record.

Anne-Caroline JAMBAUD

Ben, « strip tease intégral », jusqu’au 11 juillet 2010 au Musée d’art contemporain de Lyon. 81 quai Charles de Gaulle, Lyon 6e. 04 72 69 17 17. www.mac-lyon.com Du mercredi au vendredi de 12h à 19h. Samedi et dimanche de 10h à 19h.

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Commentaires

ou le niveau zero de l'art : si ça c'est de l'art alors moi j'en fait tous les jours .......

typiquement bobo

Voulez vous une de mes crottes de nez ?
J'en ai deux ou trois en préparation, là…

50 ans de création !!!!??????????
Disont 5 jours de "création", soit, et surtout 50 ans de répétition et de commerce!!!!
M'enfin si çà se vend.... tant mieux pour lui...

Oui mais lui a eu l'idée de faire de l'art avec ses crottes de nez. C'est ce qui le distingue de n ous pauvres péquenauds qui ne voyons que la crotte de nez. Jaloux? faites donc pareil.

tant que cet art ne nous inspire que des debats sur l'intérêt des crottes de nez, je me permets de m'en désintéresser de bon coeur. ANB

Je suis un peu énervé que le Musée d'Art Contemporain de Lyon consacre le tiers (oui, le tiers !) de l'année 2010 à Ben : n'y aurait-il pas pléthore d'artistes contemporains à faire découvrir, plutôt que d'accorder 4 mois d'exposition à cet imposteur auto-affirmé, sur-médiatisé et déjà trop vu ?

Le Musée d'Art contemporain avait un agenda trop chargé. Aussi ils ont chargé Ben de trouver une solution. Voilà pourquoi Ben a dit qu'il était venu, qu'il avait vu et qu'il se les était battues ( c'est vrai qu'il est velu!)
Si avec 1300 agendas ils ne trouvent pas du temps libre!

Personnellement je n'étais pas du tout au départ un admirateur de BEN, de ce que j'en connaissais. J'ai été très surpris de la richesse de sa production quand on la voit rasssemblée. Je n'avais jamais vu d'expo de BEN auparavant, mais je trouve celle-ci à voir. Pour se faire une idée de l'intérêt de l'expo, on peut aller sur mon blog où j'ai mis pas mal de photos.
http://mes-dessins-perso.over-blog.fr/

OUi, le 3 mars 2010 à 20 heures, au 3ème étage du Musée d’Art Contemporain, Benjamin Vautier s’est déshabillé , et ….en petit slip noir, arborant son corps de 75 ans, avec les plis et les kilos en trop, il harangue la foule : « Qu’est-ce que le beau ? Quest-ce que le laid ?….Je suis beau, j’ai envie de me baiser…..Le sexe est plus important que l’art !… »

Auparavant il a posé un bouquet de fleurs sur le piano, puis l’a enlevé (interprétation de la pièce n° 2 de Georges Brecht). Il a déchiré très lentement deux partitions devant un micro. Il a hurlé. Il a froissé un journal devant le micro et l’a laissé se défroisser. Il a lancé des bonbons aux spectateurs pour qu’ils enlèvent le papier et soient sensibilisés aux sons ordinaires de la vie quotidienne. Il s’est renversé un seau d’eau sur la tête. Ben Vautier a ainsi interprété plusieurs petites pièces de concert de Fluxus à partir de variations proposées par lui même.

En référence à un concert du groupe Fluxus à Francfort en Allemagne, dans les années soixantes, il a frappé sur le piano, l’a peint en blanc et a planté des clous sur chaque touche. Il ne l’a pas brisé comme Georges Maciunas, John Cage et La Monte Young. A côté de moi, un jeune homme a dit : »Il est tcharbé, le mec ! » « Heureusement, lui ai-je répondu, sinon, qu’est-ce qu’on s’ennuierait ! »

Il est fort, Ben ! Il est courageux ! toujours créatif et provocateur !

Cette rétrospective qui dure jusqu’au 11 juillet est énorme ! 1500 pièces diverses exposées.

Je n’avais en tête que ses petites phrases manuscrites, poétiques, souvent politiques.Je les trouvais faciles et sans intérêt…J’ai découvert une création protéiforme, évolutive, cohérente, humoristique. Il est volontier scato (cf La Photo de mon cul. Dans son interview par G. Ducongé, Thierry Raspail, Directeur du MAC, dit : « Ben souhaite être léger, mais c’est un tragique . » Tout à fait d’accord ! C’est en celà qu’il est intéressant.son oeuvre est plaisante, drôle, comme ces peluches se tordant de rire. Mais elles pointent l’absurdité de l’existence.


Comment avez-vous trouvé la performance de Ben ? et l’expo ? Allez-y ! un grand moment de plaisir

"tout est art et l art n est rien"
" le seul fait de vivre nous rend artiste"

je pense que cette définition de l art nous dit tout ...
( et donc rien par la même occasion)

ben
nous retranscrit sa perseption de l art et les codes qu il lui accordent

( a consulter: Manzoni pour les néophytes)

ben est un aritste!

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