Le Lyonnais Benjamin Biolay double primé aux Victoires
CHANSON - Benjamin Biolay est reparti samedi soir des Victoires de la musique avec deux trophées sous le bras. Meilleur album et meilleur interprète masculin, ce qui l'impressionnait un peu et le faisait se sentir pas très "légitime" un an après Alain Bashung. Né à Villefranche-sur-Saône, trombone au conservatoire lyonnais dans l'enfance, le chanteur est resté attaché à sa ville. Il suit l'OL, vient souvent, a soutenu le PS aux derniers scrutins avant de prendre un peu de distance. Samedi, Libération lui consacrait un joli portrait de dernière page...
«J’attendais en vain que le monde m’acclame, qu’il me déclare sa flamme.» Il nous reçoit en gros gilet de laine blanche sur tee-shirt vert. Clope sur clope, entrecoupées de plusieurs pétards. De profil, pour éviter notre regard. On avait pensé lui remettre sa photo quand Libé avait fait son portrait en 2003. On s’est déballonné. A l’époque, il venait de se marier avec Chiara Mastroianni, et incarnait une certaine idée du glamour. Là, il est méconnaissable. Il a pris vingt ans, et encore plus de kilos. Il y a du John Travolta époque Pulp Fiction. Tel un phantasme de star déchue. Jamais très loin du pathétique. Ça fait marrer un de ses vieux copains :«C’est étrange cette image, alors que c’est un garçon sensible comme un canard en cristal.» Lui, dit qu’il déteste sa gueule. Qu’il ne construit rien. Surtout pas un genre ou un style. Il ne comprend pas d’où lui vient sa réputation de prétentieux, vu qu’il n’est pas«content de ce qu’il fait». Il ne se voit pas tout en haut, mais à côté. En tout cas loin, de cette nouvelle chanson française (Bénabar and co) dont il a osé dire qu’il n’avait pas grand-chose à lui dire. Il confesse qu’il conserve dans une pochette toutes les coupures de presse où on a pu écrire des mots désagréables sur lui. Il a même enregistré un rap où il passe en revue toutes ses têtes de turc de la chanson française. Son producteur l’en a dissuadé. «C’était grotesque», rigole-t-il. Benjamin Biolay a la brutalité des timides, la rancune des ambitieux et la parano des fumeurs de shit. Il aimerait arrêter de dire des «conneries» sur ses confrères. On se demande si cette confession n’a pas été imposée par la maison de disque. Comme un faire-part de repenti. Un vieux copain qui a pris ses distances est formel :«C’est quelqu’un de gentil et généreux. Mais il dit un peu ce qu’il pense dans un milieu qui n’en a pas l’habitude. C’est tout.»
«Ce n’est pas ta faute ton héritage, et ce sera pire encore quand tu auras mon âge.» «Si mon père m’avait dit des choses aussi essentielles, cela m’aurait enlevé une épine du pied.» On ne pensait pas voir débouler la figure paternelle aussi vite. «Tourmenté», «introverti»et «fanatique de musique classique», le père, agent de maîtrise à la Mnef, avait l’habitude quand il rentrait tard le soir, de s’allonger sans rien dire sur le tapis du salon, un casque sur les oreilles pour écouter sa musique.«Il donnait l’impression de voyager très loin, mais je n’ai jamais su où.» A 15 ans, le jeune Benjamin, alors trombone au conservatoire de Lyon, claque la porte de la maison de Villefranche-sur-Saône et balance à ses parents : «Vous ne me reverrez plus jamais.» Il mettra dix ans avant de reprendre contact. «Pour mon père, je sais que je ne serai toujours qu’un dégénéré de la musique classique.» De cette rupture, il dit : «Mes fondations sont tellement chancelantes que je suis depuis resté un maître ès chaos.» Un ami relativise : «Comme beaucoup, il a vécu une crise d’adolescence violente. Mais lui, n’a pas su faire évoluer sa relation avec ses parents. C’est son côté immature.»
«Alprazolam 0,5 mg, 6 prises par jour maximum.» Dépressif chronique, Biolay gobe, depuis l’âge de 20 ans, de l’anxiolytique comme d’autres des Dragibus. Encore sidéré par l’effet miraculeux que ces gélules peuvent avoir sur lui. Son premier album a été biberonné au Lexomil :«J’étais sur un nuage.» Ses périodes de déprime ? «Elles viennent après une intense activité. D’un coup, je me retrouve face au vide, et je deviens un Big Lebowski, mais en moins drôle», dit-il en souriant. Il coupe tout et disparaît. «Il n’est plus là pour personne, sauf peut-être les femmes», confirme un ami. Hypocondriaque et surtout phobique. De l’avion bien sûr, mais aussi du train ou du bateau. Il a goûté à la psychothérapie : «De temps en temps.» Sans en devenir un prosélyte. Depuis la naissance de sa fille Ana (6 ans), il dit que sa peur panique de l’avion va mieux et a définitivement écarté l’idée de se foutre en l’air. «C’était une option, mais je n’ai plus le droit.» La vodka a longtemps été sa compagne joyeuse des nuits qui s’étirent trop longtemps. Souvent, un ticket pour des violentes descentes. Il dit aujourd’hui avoir pris ses distances avec l’herbe de bison.
«Il n’y a plus de gauche, que des moribonds.» Un temps militant du PS, version Jospin, il se désespère de cette nouvelle génération d’hommes politiques. Aucun ne trouve grâce à ses yeux. Il reste fidèle aux héritiers de la mitterrandie. Aux François Hollande, ou autre Claude Bartolone. Il scrute le marigot avec attention. Il a bien écrit une chanson sur Sarkozy, mais l’a laissée au placard. «Il y avait trop d’affect, pas assez de recul…» Un copain : «Il a l’intelligence de ces énarques qui absorbent tout ce qu’ils lisent. C’est une vraie encyclopédie.» Un peu excessif. Mais, en matière de foot ou de basket, l’homme est incollable. Son grand plaisir dans la vie, «c’est de regarder Lyon-Marseille devant OL TV, et de recommencer dans la foulée mais sur OM TV.»«Peut-être que je finirai agent de joueur», dit-il en se marrant.
«Je n’ai pas de cœur, je n’ai que ma queue.» Homme à filles, Biolay traîne une réputation de cœur d’artichaut alcoolisé qui «tombe amoureux un peu trop vite», selon un copain. Ses ruptures successives ont laissé des traces dans le landerneau et la presse people. Et fini de dessiner sa silhouette de Bel Ami, volage et peu scrupuleux. En 2003, il déclarait à Libé : «Je pourrais dire "je suis un salaud" et puis les ragots s’arrêteraient. Mais je ne le dirai pas.»
Six ans plus tard, marche arrière toute. «C’est bien gentil de brandir des circonstances atténuantes, mais je sais que j’ai pu me comporter comme un salaud.» Dans un magazine féminin, il a résumé ainsi sa vie sentimentale : «J’ai consommé de la fille qui a consommé du chanteur, on est quitte.» Sans pour autant avoir fait de croix sur un idéal amoureux qui pourrait apporter un peu de bonheur, il dit laisser ce terrain vague ouvert aux quatre vents.
Grégoire BISEAU




phantasme s'écrit avec un F
Rédigé par : Bob | 07/03/2010 à 10:08
@ Bob : le phantasme (du latin phantasma après tout) se distingue du fantasme en ceci que le premier est inconscient, le second conscient. Ainsi, on pourrait par exemple imaginer fantasmer consciemment sur Olivia Ruiz, alors qu'en réalité on phantasme sur Benjamin Biolay (heu, là vaut mieux rester conscient, non ?) Bonne journée. Ol.B.
Rédigé par : Olivier | 07/03/2010 à 10:25
par ici la bonne soupe
Rédigé par : lool | 07/03/2010 à 12:23
Phantasme ou fantasme les deux peuvent-être employés avec une différence qui n'est connue que par l'auteur en train de l'écrire.
Rédigé par : Lecoindre | 07/03/2010 à 13:58
J'ai du mal à suivre l'engouement pour ce chanteur... pour le trouver "bon" il faudrait d'abord que je puisse l'entendre tant sa voix est "faible", il devrait faire un duo avec la chanteuse aphone, Carla Bruni.
Rédigé par : Lecoindre | 07/03/2010 à 14:02
En fait, les deux graphies de "phantasme" existent, sans distinction de sens. Ici, le mot semble employé dans son sens premier, qui est en grec "apparition, fantôme, image d'un objet". Rien à voir avec le moindre délire libidinal. Donc tant qu'à faire, autant lui laisser son orthographe originelle.
Rédigé par : Odile Bled | 07/03/2010 à 16:51
Ah bon, il a pris ses distances avec le PS ? En voilà une bonne nouvelle pour les quelques socialisses qui restent encore dans ce parti... Si seulement le Gégé Merdelion et autres professionnels du showbiz pouvaient en faire autant...
Rédigé par : Gnafron | 07/03/2010 à 16:56
un portrait hyper complaisant et surtout inutile; un taillage de short en règle, puisqu'au final se dessine le profil d'un mec qui n'a rien à dire, à part dégoiser sur ses conquêtes et ses déprimes; en plus je déteste ce style bien propre à "Libé" qui consiste à faire une synthèse peu louangeuse à propos d'un artiste plus ou moins reconnu mais pour lequel la rédaction de Libé tient à nous faire comprendre qu'on la "leur fait pas". Et cette manie de ré-écrire les propos des soi disant amis: si j'étais biolay je reverrais mes critères au sujet de l'amitié, mais perso je m'en fous, je n'aime pas ce qu'il chante, ni comme il chante. Et cet article me le fait détester un poil davantage, tant c'est de la fausse brosse à reluire censée dépoussiérer une image molle d'un garçon sans aspérités ni passion. Et si chanter ne demande pas un minimum de passion, alors autant qu'il regarde l'OL à la télé en sirotant ses cocktails Lexomyl-Vodka, le nez dans ses pantoufles, entre deux jeux avec sa fille et la bibise à son épouse. Voilà un enterrement première classe, avec en prime 2 autres couronnes mortuaires: des Victoires de la Musique pour un troubadour sans âme.
Rédigé par : lucas | 07/03/2010 à 22:36
Les Victoires de la Daube....
Rédigé par : Joséphine | 08/03/2010 à 01:29
Un album de Jimi vient de sortir !
Rédigé par : Ace of Spades | 08/03/2010 à 08:36
Le talent serait une rumeur ?
Rédigé par : zérozaza | 19/04/2010 à 11:31
C'est incroyable à quel point la vanite humaine et la jalousie maladive aveugle nos chers compatriotes . Un Français talentueux c'est sûrement suspect. Oui Biolay a du talent et il est français alors bravo.Et qu'est ce que ça peut foutre si il est socialo,drogué,gros,beau,seul,homme à femme,arrogant,cheveux gras,branché dandy,footeux .
Le génie et le travail c'est ce qui ressort avec la timidite et la sensibilité et donc la maladresse des Êtres qui doivent réussir SEUL sans l'aide d'une communauté ou d'un parrain dans ce milieu.
Rédigé par : CJ | 21/11/2010 à 14:49