Le premier hopital psychiatrique carcéral ouvre ce matin à Lyon
L'Uhsa est construite au fond du parc de l'hôpital lyonnais. Un bâtiment en béton brut, relevé de motifs d'un métal dans lequel se reflète le parc hospitalier. De l'extérieur, des murs de six mètres, des barbelés : cela ressemble furieusement à une prison, gardée par 46 surveillants de l'administration pénitentiaire. Mais à l'intérieur, passée une grille et une "zone neutre", cela devient un territoire hospitalier, où le soin doit primer. Les portes s'ouvrent cependant à distance, commandées par les gardiens, qui peuvent intervenir à la demande des médecins, mais aussi décider de fouilles dans les cellules, rebaptisées chambres. Les patients seront là en tant que malades, mais ils continuent d'effectuer leur peine pendant leur séjour.
Des médecins s'inquiètent de la proximité entre pénitentiaire et sanitaire, du risque de confusion que cela comporte pour des malades, qui pourraient faire l'amalgame, ou s'engouffrer dans la brèche qu'offrent ces métiers aux statuts et objectifs différents. Le décret et la circulaire nécessaires à l'ouverture ont d'ailleurs fait l'objet de nombreuses tractations entre les cabinets des différents ministères concernés. Ces discussions ont entraîné le report de l'ouverture, prévue au départ il y a deux mois.
Des médecins et soignants craignent un retour des "gardiens de fous", se demande s'il s'agit d'une prison-hôpital ou d'un hôpital-prison. Ils relèvent que les Uhsa arrivent après des fermetures massives de lits en psychiatrie depuis trente ans. Moins soignés, de nombreux malades se retrouveraient en prison, qui n'a pas les moyens (ni l'objectif) de les soigner. On en retrouverait certains demain dans des Uhsa qui constituent du coup, ironie de l'histoire, un progrès humaniste par rapport à l'existant.
Mais des psychiatres se demandent quelle qualité de soin sera possible dans cet univers pénitentiaire. Quelle relations de confiance pourra se nouer. Pierre Lamothe, médecin chef qui dirigera le pôle "Santé mentale des détenus et psychiatrie légale", dont fait partie l'Uhsa, répond que l'hôpital sera "une bouffée d'oxygène" pour les détenus. "C'est plutôt pour les soignants, ajoute-t-il, que la réalité sera contraignante".
Le préavis de grève déposé par les organisations syndicales vise pour sa part un problème de prime (l'équipe soignante touchera une prime de 117 euros bruts au lieu des 234 promis à l'embauche), ainsi que d'organisation du travail - notamment la prise en compte du temps d'accès au plateau de soin dans le temps de travail.
Les détenus seront envoyés à l'Uhsa sur prescription du médecin de la prison dans laquelle ils séjournent, avec l'accord du chef de service de l'Unité Simone Veil. Ils pourront être internés d'office (dans ce cas le préfet signe un arrêté) ou être volontaire, ce qui constitue une nouveauté. Jusqu'à présent, on pouvait hospitaliser d'office un détenu malade, notamment lorsque l'on considère qu'il est dangereux, lorsqu'on ne parvenait plus à le contenir. Pour le reste, on soignait la souffrance psychique avec les moyens du bord, les soins ambulatoires ou (à la demande du directeur de la prison) au Service médico-psychiatrique régional, sorte d'hôpital de jour à l'intérieur de la prison. Il n'y avait pas d'hospitalisation possible dans un service extérieur, comme pour la médecine somatique, pour les détenus qui voulaient se faire soigner.
L'Uhsa soit être inaugurée vendredi, par Michèle Alliot-Marie et Roselyne Bachelot, en présence de Simone Veil, qui a donc donné son nom à l'unité. Un nouveau préavis de grève a été déposé pour ce jour-là par la CGT, à destination cette fois de l'ensemble du Vinatier.
Libération doit consacrer un long sujet, vendredi, à l'ouverture de ce premier hôpital carcéral.
Olivier BERTRAND




ça commence mal ,deja des gréves ,il faut surement ouvrir un centre de soins pour le personnel victime du syndicalisme
Rédigé par : lyonnaisedessots | 18/05/2010 à 08:53
la révolution française avait éloigné le fou du criminel, la révolution néo libérale l'en rapproche étrangement ,un nouveau chapitre s'ouvre et Michel Foucault s'en retourne dans sa tombe...
Rédigé par : vimont | 18/05/2010 à 09:03
Tout d'abord le commentaire de lyonnaisedessots est vraiment pitoyable mais sans doute que son pseudo lui correspond un sot de lyonnais on comprend mieux !!!!
Moi je reste perplexe, soit les gens sont considéré comme présentant un trouble psychiatrique ou non.
Soit ce sont des malades, soit ce sont des prisonniers.
A savoir que dans les prisons Française notamment se trouve un bon nombres de personnes dont la place est plutôt dans le domaine du soins.
Enfin qu'elle soins et par qui ?????
Car en prison il y à des gardiens et un service médical.
Un nouveau métier vois donc le jour gardinfirmier.
Nous soignants devons crier haut et fort que ce n'est pas du soins , que la ministre de la santé aille bosser à l'usine pour rembourser l'argent qu'elle a donnée aux laboratoires (H1N1).
Car voilà encore une mesure qui n'est pas du tout pertinente, que le gouvernement respecte ses engagements, car pour l'instant la réalité c'est fermeture de lit d'hospitalisation, c'est moins de personnelle dans les services, c'est démantèlement des services de soins extérieur CMP..........faute de personnelle. Mais qu'attendre d'une bande de menteur.
Je suis donc surpris, et attristé que madame Vieil donne sont nom à un camp.
Rédigé par : nathan57 | 18/05/2010 à 10:19
Constatons que la Psychiatrie a largement anticipé les fermetures de lits de ces dernières années pour cause économique mais l'a largement de plusieurs années précédées en surfant sur la vague de l'antipsychiatrie qui a entrainé le démantèlement des structures asilaires.
De nos jours, pour nombre de patients chroniques, l'offre sociale à l'extérieur est très limite et l'accès au soin pas très aisé : dans plusieurs des affaires retentissantes de ces derniers temps, le "fou" avait ressenti l'émergence de qq chose de dangereux et avait essayé d'accéder à son psy mais sans avoir le temps avant son passage à l'acte...
Quand le ou les parents survivants n'en peuvent plus d'être menacés par les troubles de caractères de leur proche/patient et que cela glisse vers une nomadisation/SdF faute de place en HP, il ne faut pas s'étonner d'aboutir à des comportements hors la loi chez ces patients qui ne brilleront pas par la qualité de leur suivi thérapeutique dans la rue...
Ensuite même dans une structure asilaire, personne ne se précipite pour gérer de gaité de coeur les patients les plus dangereux : on peut remarquer que même à Cadilhac, structure pour psychotique dangereux, il y a de temps en temps des aggressions de soignants...
Rédigé par : BPCs | 18/05/2010 à 11:57
On recherche des sponsors. En échange d'une modeste obole, les bienfaiteurs pourront baptiser les cellules. Je propose Pasqua, Balladur, Sarkozy pour les plus luxueuses.
Rédigé par : ET | 18/05/2010 à 12:34
Nous voilà revenus au 19ème siècle : on enferme de nouveau les fous ! Triste époque...
Rédigé par : mt10 | 18/05/2010 à 13:12
Pourquoi "Simone Veil" ? En mémoire des camps nazis où elle fût internée ?
Si j'en juge par les quelques premières informations circulant avant sa diffusion ce soir, il semble que le magazine "les infiltrés" de France 2 traitera de la psychiatrie et des maltraitances au sein de ces établissements... S'agissant d'un établissement pour détenu, je m'interroge dès lors sur les méthodes qui pourraient être mise en oeuvre au quotidien au sein de cette UHSA, qui a plus la gueule d'une prison que d'un lieu de soin...
Rédigé par : Lemf | 18/05/2010 à 14:39
Le nom de l'unité est particulièrement bien choisi (et sans rires)
Rédigé par : Michel | 18/05/2010 à 16:40
Y me fait souvenance que Victor Hugo affirmait : "Chaque fois que l'on ouvre une école, on ferme une prison..."
Au jour d'aujourd'hui, y me semble qu'on a surtout le souci d'ouvrir des prisons. Des prisons pour les enfants, des prisons pour les adultes, des prisons pour les malades... Des prisons qui sont remplies, et même plus, dès le jour de leur mise en service.
M'est avis qu'on peut y voir (comme le vieil Hugo) une conséquence de la façon dont la République actuelle traite son Ecole.
Rédigé par : Gnafron | 19/05/2010 à 16:01
Il existe un site web sur l'hospitalisation sans consentement
www.hospitalisationsansconsentement.org
Rédigé par : Thierry | 29/05/2010 à 12:15
Nous trouvons cela une bonne chose car nous avons un de nos membres de notre famille jeune atteint de schizophrénie aïgu. Nous pensons que les gens malades atteints de maladie pourrront être mieux être suivi médicalement et pénitentiairement. Nous attendons avec hâte l'Ouverture d'un prochain USHA por la région du Grand Ouest afin de dégorgé un peu les CHRS qui sont + que complets. Etants des retaités paramédicaux ils faudra malgré tout resté vigilants à ce type d'hospitalisation et à ce jour il faudra que la justice se mettre à table pour collaborer à la médecine Psy car sinon cela sera vouer à l'échec pour le Jeune qui sera muté dans ses établisments là. Ils n'est pas souhaitables que ceux-i deviennnent à + ou - long terme de notre décadence de Justice et de Soins afin que nos chers membres du Gvt puissent se rendre une huitaine de jours dans ses nouvelles structures et d'y séjourner afin d'y prendre le POU ... ! Pour juger il faut savoir passer de l'autre barrière pou bien comprendre le PEUPLE
Rédigé par : CORMIER-ABLINE | 26/10/2010 à 17:48