Lyon fait un joli clin d'œil à William Klein
CULTURE - Pour ses trente ans, la Galerie lyonnaise Le Réverbère présente une exposition originale des œuvres de William Klein, artiste qu’elle représente depuis vingt ans. Dix collectionneurs ont imaginé leur « collection idéale » en six photos du grand photographe américain. L’hommage à cet artiste multiforme, également peintre et cinéaste, se prolonge à l’Institut Lumière qui projette une dizaine de ses films.
Aussi, quand les galeristes imaginent fêter les trente ans du Réverbère en rendant hommage à William Klein qu’ils accompagnent depuis deux décennies, ils ont l’idée de solliciter les collectionneurs.
Ils proposent à dix d’entre eux de construire ensemble cette exposition, chacun imaginant « sa » collection idéale en six photos. « Certains montrent celle qu’ils ont constituée, d’autres partent de celle-ci pour la compléter, l’enrichir, d’autres encore en créent une nouvelle pour l’occasion » raconte Catherine Dérioz.
Au final, l’exposition présentera presque toutes les facettes de l’importante œuvre photographique de William Klein : des photos en noir et blanc et en couleurs et des contacts peints, des photos de mode et des photos de villes (issues des célèbres séries New-York, Rome, Paris ou Tokyo), des paysages – peu – et des gens – plein - saisis sur le vif. Et « avec punch » ajoute Catherine Dérioz, fascinée par le côté « boxeur » de ce photographe engagé qui « entre en force dans son sujet ». Des années 50 à aujourd’hui, des combats de Mohamed Ali aux grandes manifestations parisiennes de 1995, William Klein s’est attaché à « documenter le réel » en imposant un style qui a influencé deux générations de photographes. C’est ce que s’efforcera de montrer le Réverbère en présentant une belle diversité d’œuvres.
Si William Klein a apprécié cette idée de solliciter les collectionneurs c’est parce qu’« Il a compris que ça disait aussi qui on est, notre histoire : on s’est construits grâce à la confiance des artistes, du public et des collectionneurs » estime Catherine Dérioz.
En vingt ans, William Klein est toujours resté relativement fidèle au Réverbère. « Il a souvent été étonné qu’on vende des photos moins prisées. Il disait à son galeriste américain : « et bien eux, ils ne me vendent pas que la voilette ! » » explique la galeriste lyonnaise. « Nos collectionneurs ne sont pas des acheteurs d’icônes, ils n’achètent pas pour dire « on a un Klein ». Ils cherchent la compréhension de son œuvre dans la profondeur. » justifie-t-elle.
William Klein, aujourd’hui âgé de 83 ans, sera présent au vernissage de l’exposition du Réverbère, samedi après-midi. Lundi, il animera une master class ouverte au public à l’ENS Lettres (Ecole normale supérieure) et le soir, il assistera à la projection de son film Qui êtes-vous Polly Maggoo à l’Institut Lumière qui présente une rétrospective de ses films. Il recevra à cette occasion la médaille de la Ville de Lyon, ville qui a accueilli la première grande exposition autour de son œuvre. C’était en 1979, à la Fondation nationale de la photographie alors installée à l’Institut Lumière.
Anne-Caroline Jambaud
Klein + Dix collectionneurs : J. Caton, G. Duquesne, S. & J.-P. Duvernois, N. Fournier, D. & B. Lemaistre, P. Leynaud, D. & C. Maillard, A.-C. et H. Parado, F. Philippon, M. Roussille. Du 10 septembre au 31 décembre à la Galerie Réverbère, rue Burdeau, Lyon 1er.
Master-Class avec William Klein (ouverte à tous), le 12 septembre de 14h30 à 16h30 à l’ENS, Amphithéâtre Descartes, 15 parvis R. Descartes, Lyon 7e.
Projection de Qui êtes vous Polly Maggoo ? (1966) à l’Institut Lumière (Lyon 8e) le 12 septembre à 20h30. Suivi d'une rétrospective de films de W. Klein. www.institut-lumiere.org/




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