Les médias courent pour Michel Neyret
MAKING OF - Il y avait foule ce jeudi 1er décembre au Palais de justice de Saint-Etienne (Loire). Les médias télé, radio et écrits - dont Libération - s'y pressaient. La raison de cette affluence? L'interrogatoire, en tant que témoin, de Michel Neyret, ex-numéro deux de la police judiciaire lyonnaise, mis en examen et incarcéré depuis le 3 octobre à la prison de la Santé à Paris, notamment pour corruption.
Michel Neyret n'était pas le directeur d'enquête de cette affaire, il a juste participé à des filatures en tant que chef à l'époque de la Brigade de recherches et d'intervention (BRI) de Lyon. Devant la cour, il a été interrogé sur la façon dont l'enquête a été menée.
De cette affaire, d'ailleurs, tout le monde - y compris Libération - se fichait. A part, peut-être, les médias locaux.
Ce que chacun voulait, c'était voir l'ancien grand flic déchu en chair et en os.
La justice, elle-même, a tout fait pour entretenir le suspens. Dans un premier temps, Michel Neyret devait être interrogé par visioconférence depuis Paris.
Eric Dupond-Moretti et Thierry Herzog, les avocats du prévenu ont exigé, et obtenu de la cour, que l'ancien flic comparaisse en personne. Ignoraient-ils que cela allait provoquer une ruée journalistique? Il faudrait être naïf pour le croire.
Lorsque le président a ordonné « qu'on aille chercher Monsieur Michel Neyret », tous les regards se sont tournés vers la porte ouverte par le greffier.
L'ancien flic fait son apparition. Petit sourire aux lèvres, clin d'oeil à la salle. Pas menotté, vêtu d'un costume gris foncé, toujours les cheveux mi-longs et la barbe de trois jours, et une allure de play-boy malgré les kilos perdus.
Lorsque débute l'interrogatoire des avocats, Dupond-Moretti commence par un préambule. « On vous a évité l'humiliation d'un démenottage devant tout le monde », signale-t-il à l'ancien flic, précisant que « Rachid ou Mouloud », eux, y ont droit.
A la barre, Michel Neyret retrouve ses réflexes de flic. Et bataille avec Dupond-Moretti et Herzog qui cherchent à lui faire reconnaître des erreurs dans la façon dont la police a mené l'enquête.
Les avocats profitent de la présence des médias pour faire durer l'interrogatoire. Le président s'agace. L'avocat des parties civiles aussi. Comme les médias.
« Plus de questions ?», dit le Président. Michel Neyret sort de la salle comme il y est entré, avec un petit sourire et un clin d'oeil vers les bancs du public.
« Vous êtes venus pour le buzz! Dans une minute, il n'y aura plus un journaliste! » avait pronostiqué Dupond-Moretti.
De fait, lorsque le président a décrété une suspension d'audience, tous les journalistes - dont Libération - se sont précipités à l'extérieur de la salle pour écrire leurs papiers. Et la salle s'est vidée d'un coup.
Le procès du braquage se poursuit aujourd'hui.
Catherine Coroller




Très beau compte-rendu ! Merci.
Rédigé par : Pat | 02/12/2011 à 06:24
Catherine serait-elle devenue une neyréide énamourée ? ;-)
Rédigé par : lelibertaire | 02/12/2011 à 08:29
Pas menotté, ... Tout est dit.
Selon que vous serez puissants ou miserables ... Et le microcosme politico-mediatique a son chouchou...
Rédigé par : Cyrille | 02/12/2011 à 09:30
C est un manque de respect flagrant pour la personne jugee, jfe pense que vous lui 'devez' la couverture du proces desormais... question de decence...
Rédigé par : arsouille | 02/12/2011 à 13:28
Votre article exprime une forme de fatalité. Vous savez pertinemment que vous participez à un coup médiatique mais, comme si vous y étiez obligée, vous vous y rendez quand même. Mais cette fatalité est factice, elle sert uniquement à se donner bonne conscience. Il vous appartient de ne pas céder à ce genre d'invitation racoleuse.
Rédigé par : Manuel Gass | 02/12/2011 à 13:59
Les "grands Maîtres", spécialistes de l'acquittement, ne devaient faire qu'une bouchée des petits flics de province(dont un menotté), le Parquet requiert 15 ans : résultat 20 ans dont deux tiers de sûreté.
Cherchez l'erreur.
Rédigé par : trq | 05/12/2011 à 13:29