"Je veux tafer, j'ai besoin de tafer"
EMPLOI - Ce vendredi, les habitants de la Villeneuve, quartier déshérité de Grenoble, ont vu arriver un minibus jaune et des jeunes gens revêtus d'un K-Way de même couleur. Objectif : aider les habitants de cette cité à sortir de la spirale du chômage.
Le jeune homme travaille pour Nes&Cités, cabinet conseil qui met en relation le monde économique et des candidats à l'emploi issus de la diversité à travers l'opération Jobs&Cités.
En ce vendredi, les médiateurs de
Nes&Cités ont installé leur minibus sur la place du Marché,
en plein coeur de la Villeneuve, quartier déshérité
de Grenoble. Leur objectif : inciter les chômeurs,
nombreux ici comme dans tous les quartiers sensibles,
à aller à la rencontre des recruteurs au Forum pour l'emploi.
Jordan a quitté l'école en troisième. Depuis, il a travaillé dans une lingerie industrielle, dans le déménagement. Avec Mohammed, il passe toutes les offres en revue : paysagisme, hôtellerie. « Je suis polyvalent. Je veux tafer, j'ai besoin de tafer », affirme-t-il.
Autour de la camionnette, il n'y a pas foule. La faute à la police? Alors que les médiateurs de Nes&Cités venaient de s'installer sur la place, deux voitures de police ont fait irruption et se sont garées juste à côtés. Ramzi qui est chargé de prospecter les halls d'immeuble pour rameuter les jeunes et, accessoirement, assurer la sécurité de ses collègues, est furieux. Pour lui, la présence de la police va les dissuader de venir.
Les mères de famille sont les premières à se présenter. Katia, 29 ans, est en congé parental. Elle était agent de sécurité, voudrait devenir Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles). Pas besoin d'une rencontre avec des recruteurs, elle doit présenter un concours de la fonction publique.
La police est partie. Bilel, 24 ans, arrive sur son vélo. Il a quitté l'école en troisième, est marié et père d'un enfant. Il a travaillé 3 ans chez Ikéa, est titulaire d'un Bafa (brevet d'aptitude à la fonction d'animateur) et d'un diplôme d'éducateur sportif. Il a un contrat de 20 h à la MJC, et sa femme de 30h comme caissière. « On ne s'en sort pas ». Il voudrait travailler à plein temps mais ne trouve pas. Il est sûr que le fait d'habiter à la Villeneuve le pénalise. « On est discriminés madame », répète-t-il.
Katia en est également persuadée. Elle déménagera quand son fils entrera à l'école élémentaire.
Nazim, 34 ans, est réceptionniste avec un contrat à temps partiel dans un hôtel. « Ca ne suffit pas pour vivre. Je cherche un deuxième emploi », explique-t-il. Son CV est prêt mais il hésite à y faire figurer son adresse à la Villeneuve. « C'est très très pénalisant. Ca fait une grosse grosse différence ». Auparavant, il habitait à Meylan, banlieue plus tranquille de Grenoble. Y a conservé une adresse. « Je crois que je vais mettre l'utiliser», conclut-il.
Arrive Moussa, 30 ans. Lui aussi cherche un travail à plein temps. De nationalité mauritanienne, réfugié politique, il est en France depuis 7 ans. « Je travaille dans l'hôtellerie-restauration. Je fais la saison d'hiver en montagne, la saison d'été en Bretagne et en Normandie », raconte-t-il. Son dernier contrat s'est terminé fin septembre. Il voudrait trouver un emploi pérenne dans son secteur.
Parmi les jeunes qui viennent à la rencontre de Job&Cités, certains sont diplômés. Youssef, 23 ans, est en master 2 de génie civil. Il doit faire un stage de cinq mois à partir de février. « L'année dernière, j'ai envoyé des cinquantaines de CV, je n'ai même pas décroché un entretien, rien. J'ai trouvé un stage grâce à un parent.C'est pour ça que je préfère m'y prendre maintenant ».
Il a prévu de se rendre, mardi, au forum pour l'emploi.
La veille, les animateurs de Nes&Cités contacteront par texto ou SMS, les personnes rencontrées à la Villeneuve pour les remotiver. Ils auront également un stand sur le salon. Objectif : relire les CV et les lettre de motivations des candidats. Et leur donner confiance avant le moment de la rencontre, cruciale, avec les recruteurs.
Catherine Coroller
« Chef de chantier? Il faut de l'expérience. Conducteur de travaux? Il faut le permis ». Jordan, 18 ans, en recherche d'emploi, et un médiateur du cabinet Nes&Cités, épluchent consciencieusement une liste des offres proposés par les entreprises qui seront présentes les 16, 17 et 18 octobre au Forum pour l'emploi de Grenoble (Isère). Nes&Cités proposent notamment des actions concrètes visant à mettre en relation le monde économique et des candidats à l'emploi issus de la diversité à travers l'opération Jobs&Cités. En ce vendredi, les médiateurs de Nes&Cités se sont installés sur la place du Marché, en plein coeur de la Villeneuve, quartier déshérité de Grenoble. Tous ont revêtus un voyant K-Way jaune pour être facilement identifiables. Leur objectif : inciter les chômeurs, nombreux ici comme dans tous les quartiers sensibles, à aller à la rencontre des patrons.
Jordan a quitté l'école en troisième. Depuis, il a travaillé dans une lingerie industrielle, dans le déménagement. Avec Mohammed, il passe toutes les offres en revue : paysagisme, hôtellerie. « Je suis polyvalent. Je veux tafer, j'ai besoin de tafer », affirme-t-il.
Autour de la camionnette, il n'y a pas foule. La faute à la police? Alors que les médiateurs de Job&Cités venaient de s'installer sur la place, deux voitures de police ont fait irruption et se sont garées juste à côtés. Ramzi qui est chargé de prospecter les halls d'immeuble pour rameuter les jeunes et, accessoirement, assurer la sécurité de ses collègues, est furieux. Pour lui, la présence de la police va les dissuader de venir.
Les mères de famille sont les premières à se présenter. Katia, 29 ans, est en congé parental. Elle était agent de sécurité, voudrait devenir Atsem (agent territorial spécialisé des écoles maternelles). Pas besoin d'une rencontre avec des recruteurs, elle doit présenter un concours de la fonction publique.
La police est partie. Bilel, 24 ans, arrive sur son vélo. Il a quitté l'école en troisième, est marié et père d'un enfant. Il a travaillé 3 ans chez Ikéa, est titulaire d'un Bafa (brevet d'aptitude à la fonction d'animateur) et d'un diplôme d'éducateur sportif. Il a un contrat de 20 h à la MJC, et sa femme de 30h comme caissière. « On ne s'en sort pas ». Il voudrait travailler à plein temps mais ne trouve pas. Il est sûr que le fait d'habiter à la Villeneuve le pénalise. « On est discriminés madame », répète-t-il. Katia en est sûr également. Elle déménagera quand son fils entrera à l'école élémentaire.
Nazim, 34 ans, est réceptionniste avec un contrat à temps partiel dans un hôtel. « Ca ne suffit pas pour vivre. Je cherche un deuxième emploi », explique-t-il. Son CV est prêt mais il hésite à y faire figurer son adresse à la Villeneuve. « C'est très très pénalisant. Ca fait une grosse grosse différence », affirme-t-il. Auparavant, il habitait à Meylan, banlieue plus tranquille de Grenoble. Y a conservé une adresse. « Je crois que je vais mettre Meylan », conclut-il.
Arrive Moussa, 30 ans. Lui aussi cherche un travail à plein temps. De nationalité mauritanienne, réfugié politique, il est en France depuis 7 ans. « Je travaille dans l'hôtellerie-restauration. Je fais la saison d'hiver en montagne, la saison d'été en Bretagne et en Normandie », raconte-t-il. Son dernier contrat s'est terminé fin septembre. Il voudrait trouver un emploi pérenne dans son secteur.
Parmi les jeunes qui viennent à la rencontre de Job&Cités, certains sont diplômés. Youssef, 23 ans, est en master 2 de génie civil. Il doit faire un stage de cinq mois à partir de février. « L'année dernière, j'ai envoyé des cinquantaines de CV, je n'ai même pas décroché un entretien, rien. J'ai trouvé un stage grâce à un parent.C'est pour ça que je préfère m'y prendre maintenant ».
Il a prévu de se rendre, mardi, au forum pour l'emploi. La veille, les animateurs de Job&Cités contacteront par texto ou SMS, les personnes rencontrées à la Villeneuve pour les remotiver. Ils auront également un stand sur le salon. Objectif : relire les CV et les lettre de motivations des candidats. Et leur donner confiance avant le moment de la rencontre, cruciale, avec les recruteurs.
Catherine Coroller




Bon courage...
Rédigé par : mt12 | 13/10/2012 à 11:40