« J'ai fait une grande erreur. Je le reconnais. Et je demande pardon »
SOCIETE - Accusé d'avoir frappé le professeur d'éducation physique de sa fille, Lotfi Gouri a été condamné ce mardi à 3 ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Récit de l'audience.
La scène qui lui vaut de se retrouver devant la justice s'est déroulée le 9 octobre dans le gymnase du lycée de la Martinière Duchère, dans le 9ème arrondissement de Lyon. Alors que le cours a commencé, Myriam, 16 ans, la fille de Lotfi Gouri, continue à bavarder. Pour la rappeler à l'ordre, « monsieur Réocreux lui a donné un coup avec une pochette en plastique », résume la présidente. Accusant l'enseignant de l'avoir frappée, Myriam exige des excuses. Jean-Luc Réocreux refuse et l'envoie chez le conseiller principal d'éducation.
L'adolescente appelle alors sa mère qui appelle Lotfi Gouri. « Ma femme m'a dit : " ta fille a reçu un coup, et elle demande à ce qu'on aille la chercher "», relate ce dernier. Le père se rend au lycée. « Vous avez fait irruption dans le gymnase et vous avez traité Monsieur Réocreux de " sale croisé, enculé, fils de pute "», poursuit la présidente. « Les coups sont partis comme ça, ce n'était pas voulu, je me suis énervé. C'est quand j'ai vu ma fille qui pleurait que j'ai arrêté. C'est l'instinct », explique Lotfi Gouri.
Quand des élèves tentent de s'interposer, le prévenu s'en prend à elles. Dans son réquisitoire, l'avocate générale cite leurs témoignages : « Le père de Myriam (...) nous a traitées de merdes, de connes. Il nous a dit : " vous n'avez pas intérêt de parler, sinon je vous démonte "».
Une fois encore, l'homme fait amende honorable : « J'ai donné des coups, j'ai dit des mots qu'il fallait pas dire ».
« C'est le comportement d'un voyou, d'un délinquant qui rentre dans un lieu protégé, interdit à ce genre de violence », lui rétorque l'avocate générale dans son réquisitoire.
Bien qu'arrivé très jeune en France, Lotfi Gouri a conservé sa nationalité algérienne, ce qui lui a valu de faire trois ans de service militaire dans son pays d'origine, en pleine guerre civile. « Vous dites que vous avez vu des choses épouvantables », rappelle la présidente. Pour le psychiatre qui l'a examiné pendant sa détention préventive, Lotfi Gouri souffre d'une « névrose de guerre ».
De retour en France, le prévenu a accumulé les condamnations et les peines de prison pour vols, violences et outrages. Pour autant, « Lotfi Gouri a assumé les responsabilités éducatives qui sont les siennes », souligne son avocat. Ses enfants, dont Myriam, sont de très bons élèves.
Lotfi Gouri risquait jusqu'à 5 ans de prison pour « violences aggravées » et « menaces de mort ». Suivant les réquisitions de l'avocate générale, le tribunal l'a condamné à trois ans d'emprisonnement dont 18 mois fermes, deux ans de mise à l'épreuve, une obligation de soins et l'obligation d'indemniser sa victime.




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