08/02/2012

Sacré Polichinelle

Attachment
Théâtre de marionnettes - Dès 8 ans
Menteur, cynique, cruel, le personnage de Polichinelle a traversé les siècles sans s’assagir. Émilie Valantin et ses marionnettes impertinentes lui consacrent un spectacle grinçant comme il se doit, à travers trois farces d’autrefois particulièrement cocasses.
Dans La Farce des bossus de Tabarin (XVIIe siècle), un valet réussit à mettre à l’eau une fratrie de quatre bossus.
Dans Polichinelle roy des fées, adapté de Lesage et Fuzelier (XVIIIe siècle), Polichinelle, rescapé d’un naufrage, est choisi par la reine des fées pour monter sur le trône. Mais la coutume locale réserve un triste sort au nouveau souverain… À cette occasion, les comédiens accompagnés d’un claveciniste proposeront aux spectateurs un petit jeu musical.
Enfin, dans Polichinelle retiré du monde de Duranty (XIXe siècle), le héros roulera une nouvelle fois ses compagnons dans la farine en jouant les philosophes.
Manipulés en castelet par Jean Sclavis, Pierre Saphores et Émilie Valantin, ces personnages en costumes réjouiront petits et grands.
 
Blandine Dauvilaire
Polichinelle, la bosse du théâtre : Le 11/02 à 17h à l’amphi de l’opéra de Lyon, place de la Comédie, Lyon 1er. Réservations : 0826 305 325. www.opera-lyon.com Tarifs : de 5 à 16 €. Durée : 1h environ.
 
Photo © Cie Émilie Valantin - Polimoy

01/02/2012

Nino D’Introna nous emmène au Pays des aveugles

Nino D’Introna remonte sur scène
Théâtre - Dès 9 ans
Voir ou ne pas voir… telle est la question bouleversante que pose H. G. Wells dans Le Pays des aveugles. Arrivé par hasard dans un village coupé du monde, peuplé exclusivement de non-voyants, un étranger va tenter de prendre le pouvoir. Mais dans cette société où règnent d’autres valeurs, la vue importe peu. Il lui faudra choisir entre quitter ces habitants auxquels il s’est attaché ou accepter de devenir comme eux.
Seul en scène, Nino D’Introna reprend enfin cette pièce magnifique, primée en Italie à sa création. La version 2012, dont il signe aussi l’adaptation et la mise en scène, est une véritable performance qui convoque l’imaginaire des spectateurs. Sans artifices spectaculaires, accompagné des musiques du groupe Supershock, l’artiste évoque les différents personnages de cette fable sur la relativité du pouvoir.
 
Blandine Dauvilaire
Le Pays des aveugles : Du 3 au 7/02, au TNG, 23, rue de Bourgogne, Lyon 9e. Tél. 04 72 53 15 15. www.tng-lyon.fr Tarifs : 9 et 17 €. Tarif Trio : 13 € / personne, à partir de 3 personnes venant à la même représentation. Durée : 1h.
 
© Cyrille Sabatier

24/01/2012

Même pas peur

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© Elisabeth Carecchio
Théâtre d'ombres et marionnettes - Dès 6 ans
Au cœur de nos forêts intimes, là où se blottissent nos plus grandes peurs, se cachent des monstres, des sorcières, des histoires de loup et de grand-mère. Avec délicatesse, Alice Laloy débusque ces secrets - parfois de famille - qui pèsent lourd dans nos cœurs d’enfants et nous terrorisent longtemps. Construisant en direct des images poétiques faites d’ombres et de marionnettes, les cinq comédiens de la compagnie S’appelle Reviens s’aventurent avec justesse en terre sensible. Un spectacle sans narration, riche en émotions.
 
Blandine Dauvilaire
Y es-tu ? : Le 27/01 au théâtre de la Renaissance à Oullins. Tél. 04 72 39 74 91. Le 1er/02 au Centre Théo-Argence de Saint-Priest. Tél. 04 78 20 02 50. Tarifs : de 6,50 à 20 €. Durée : 45 mn.
 
 

18/01/2012

Une adaptation théâtrale très réussie du roman de Marie-Aude Murail Oh Boy !

Esprit de famille
Théâtre - Dès 9 ans
Il fallait un certain culot et beaucoup de talent pour oser porter sur scène l’excellent roman de Marie-Aude Murail Oh boy ! Dieu merci, Catherine Verlaguet qui signe l’adaptation et Olivier Letellier la mise en scène n’ont pas trahi l’auteur, encore moins le spectateur. Leur pièce a même reçu le Molière jeune public 2010.
À ceux qui n’ont pas encore croisé la route de la famille Morlevent, on ne saurait trop conseiller de tenter l’aventure sans tarder ni se laisser impressionner par l’histoire (bien plus drôle et tendre qu’il n’y paraît). Chez les Morlevent donc, les enfants font de leur mieux pour continuer d’avancer au milieu des tempêtes. Le père a disparu, la mère s’est suicidée, les trois derniers rejetons sont confiés au demi-frère aîné (sans emploi et homosexuel), qui va prendre son rôle d’autant plus au sérieux que son jeune frère (surdoué) est atteint de leucémie. Mais sous la plume de Marie-Aude Murail, les situations les plus dramatiques sont toujours désamorcées par un humour délicieux, et les personnages se révèlent terriblement attachants.
Seul en scène, Lionel Erdogan (qui joue en alternance avec Lionel Lingelser) campe un grand frère impeccable. Sensible et plein d’énergie, il fait exister les autres personnages par le biais d’objets, donne à la pièce son rythme soutenu et sa légèreté. Un grand moment de théâtre.
 
Blandine Dauvilaire
Oh boy ! : Les 18 et 19 janvier à l’opéra-théâtre de Saint-Étienne. Le 21 janvier au Polaris de Corbas. Le 4 février au théâtre de Villefranche. Tarifs de 10 à 17 €. Durée : 1h.

11/01/2012

Cette semaine, les marionnettes prennent le pouvoir au festival Têtes de bois.

Les marionnettes sortent de l'ombre
Festival de marionnettes - Dès 3 ans
Le loup qui pose sur l’affiche de l’édition 2012 des Têtes de bois semble complètement déboussolé. Le chaperon rouge n’y est pour rien. Face à une programmation éclectique, originale et pas uniquement réservée aux enfants, il ne sait quel spectacle choisir ! Même s’il a peur dans le noir, comment résister Attachmentà La Nuit (dès 3 ans), durant laquelle Sarah Durteste et Stéphane Lyonet, deux musiciens de formation classique, composent une nocturne subtile ; un spectacle d’ombres où les spectateurs sont placés au centre de cinq écrans, sur lesquels défilent toutes sortes de personnages sur des airs yiddishs, roumains ou portugais…
Avec Mon Pinocchio, Jean-Pierre Lescot, l’un des plus grands maîtres de la marionnette en France, revisite le mythe du pantin au nez-détecteur de mensonge, en mêlant habilement marionnettes, théâtre d’ombres et de papier (dès 6 ans).
Qui ne s’est jamais amusé avec ses mains à faire des ombres chinoises ? Valeria Guglietti magnifie cette pratique enfantine pour créer un petit joyau intitulé Main dans la main (dès 4 ans).
Pipioli, souriceau à l’âme aventurière, est le héros d’un album à succès de Corentin, L’Afrique de Zygomar (dès 4 ans). L’adaptation fidèle du voyage du petit rongeur va ravir les plus jeunes.
Avec Premiers pas sur la dune (dès 3 ans), le Tof Théâtre convie un chou, un canard en caoutchouc, des nuages… et au milieu un petit personnage, dans des cadres à géométrie variable pour composer des tableaux surréalistes animés.
Coup de cœur de Véronique Desroches, la directrice de la programmation du festival : Le Chant des poulies (dès 6 ans). L’ingéniosité des bâtisseurs de cathédrales et la verve des bateleurs du Moyen Âge au service d’une facétieuse et passionnante leçon d’histoire, ou comment un petit prieuré devint l’une des plus vastes et prestigieuses abbayes de la chrétienté, pour finir en un champ de ruines : Cluny. L’édifice se construit sous les yeux du public au fil du récit conté avec malice.
Pour Les Deux Rois (dès 3 ans), le traditionnel castelet (théâtre de marionnettes) est rotatif. Ses quatre faces offrent quatre décors impressionnants et animés par tout un ensemble de machineries. Nathalie Roque manipule à elle seule les vingt personnages de l’intrigue, tout en assurant dialogues, bruitages et musique, pour conter les exploits d’un petit roi qui va devenir grand.
La Danoise Lone Nedergaardn conjugue habilement arts plastiques, danse, chant et marionnettes pour un spectacle singulier et insulaire baptisé Obo (dès 4 ans).
Après ou avant le spectacle, un détour par la ville-lumière en ombres chinoises s’impose, une exposition imaginée par la compagnie Sous le ciel.
 
Vincent Jadot
 
Têtes de bois : Espace Tonkin, 7 avenue Salvador Allende à Villeurbanne. Jusqu’au 10 février. Tarif unique : 5,50 €. Infos et réservations : 04 78 93 11 38 ou www.netleoville.org
 

Photo : La nuit © D.R.

04/01/2012

A l'affiche, Barbe-Bleu et la 6e édition du festival de théâtre Ré-génération

Cure de jouvence

Festival de théâtre - Dès 3 ans
Pour bien commencer l’année, rien de tel qu’une petite cure de Ré-génération, le festival de théâtre qui chatouille l’imagination. Issues de la région Rhône-Alpes, de l’Italie, de l’Allemagne, de l’Espagne et du Des-cendres-6Québec, les douze compagnies à l’affiche de cette 6e édition donnent un bel aperçu de la création d’aujourd’hui. Nos coups de cœur :
Dès 3 ans : Mille morceaux de moi de Laurance Henry est une parenthèse poétique qui parle aux tout-petits de la construction de soi, pas à pas.
Dès 4 ans : avec humour, Carlo Bondi et son théâtre d’objets nous invitent à découvrir le monde grâce au Grand voyage de l’homme petit.
Dès 5 ans : Le Chaperon rouge qui a bien grandi confie ses souvenirs à un journaliste de télévision… Librement inspiré du célèbre conte, ce Cappuccetto rosso et le loup solitaire n’a pas fini de vous étonner.
Dès 6 ans : avec une pointe de nostalgie, la compagnie La Baldufa ravive les souvenirs de deux clowns vieillissants, dans un Cirque déjà vu émouvant.
Dès 7 ans : les comédiens de la compagnie Rodisio sont de retour avec La Fête, qui prendra le pistolet ?, spectacle fort et un brin politique sur les relations entre un roi qui ordonne et son peuple qui exécute.
Dès 8 ans : Aurélien Villard confie à quatorze comédiens le soin de faire revivre Des cendres sous les toiles. Vingt ans après l’incendie qui a coûté la vie à toute sa troupe, Monsieur Loyal organise son dernier grand spectacle…
De son côté, le Theater Mummpitz projette une petite fille d’aujourd’hui dans la peau de Jeanne d’Arc à travers Les Aventures grandioses de la vaillante Johanna Epédebois.
Dès 12 ans : en avant-première du spectacle Monstres qu’elle créera l’an prochain, Corinne Méric nous présente Nelly, adolescente retranchée dans sa chambre en attente du résultat de son test de grossesse et dont l’imagination s’emballe.
Dès 14 ans : un baiser échangé entre deux lycéens déclenche l’émotion des témoins de la scène. Avec S’embrasent, Luc Tartar raconte l’embrasement des cœurs et des corps la toute première fois.
Pour tous : dans le hall du théâtre, la compagnie Laitrum installe de petits castelets derrière lesquels les spectateurs se transforment en manipulateurs d’objets.
 
Blandine Dauvilaire
Festival Ré-génération : Du 5 au 14/01 au théâtre Nouvelle Génération, Lyon 9e. Programme complet et réservation : www.tng-lyon.fr ou 04 72 53 15 15. Pass Ré-génération de 8 à 14 €, donnant accès à un spectacle au choix du festival, chaque spectacle supplémentaire coûtant 3 €.
 
Photo : Des cendres sous les toiles © D.R.
Bien trop curieuse
Opéra - Dès 8 ans
Barbe-Bleue est décidément à la mode cette saison. Après la version très libre de Jean-Michel Rabeux, le conte est cette fois revisité par Christian Eymery pour devenir un opéra. Posant leurs voix sur la musique pleine de fraîcheur d’Isabelle Aboulker, les jeunes chanteurs de la maîtrise de l’opéra de Lyon nous font vibrer d’émotion. Tout droit sortis d’un livre pop-up géant, les héros de cette histoire cruelle nous entraînent au seuil du petit cabinet interdit. Sous la direction de Karine Locatelli, l’œuvre mise en scène par Jean-Romain Vesperini gagne en modernité. Et si la fin est bien plus sombre que celle écrite par Charles Perrault, c’est pour mieux nous tenir en haleine et nous faire frissonner. Une réussite.
 
Blandine Dauvilaire
 
Douce et Barbe-Bleue : Du 10 au 14/01 au théâtre de la Croix-Rousse, place Joannès-Ambre, Lyon 4e. Tél. 04 72 07 49 49. www.croix-rousse.com De 10 à 20 €. Durée : 1h.
 
 
 

14/12/2011

Un festival d'expos pour les vacances

Etienne-Martin_Le-Manteau
Étienne-Martin, Le Manteau ou Demeure V, 1962 © Collection Centre Pompidou, Dist RMN Droits réservés
Sculpteur d’émotions
Dès 6 ans
Quelle chance de pouvoir découvrir en famille l’immense talent d’Étienne-Martin (1913-1995) à travers une exposition aussi accessible que celle que lui consacre le musée des Beaux-Arts. Dès l’entrée, la diversité des œuvres, leur dimension spectaculaire et l’extrême inventivité de leur auteur cueillent le visiteur. En restituant l’ambiance de son atelier, le parcours offre une liberté totale au regard et la certitude que chez cet artiste, toute matière peut devenir sculpture. Aucune essence de bois ne résiste à sa poésie lorsqu’il décide d’y trouver un visage ou deux corps enlacés. Abstrait ? Figuratif ? Qu’importe ! L’émotion est affaire d’imagination et en la matière, Étienne-Martin a conservé toute sa vie son âme d’enfant. Qu’il réalise un Dragon gigantesque en tilleul ou une femme rebaptisée La Sauterelle en plâtre, il y glisse une pointe d’humour. Saluons la muséographie qui présente ces pièces avec modestie pour respecter leur vérité. L’étage offre un espace de rêve aux enfants qui croiseront une dizaine d’œuvres colorées, assemblées, suspendues, ludiques, tel le Lapin-fusil ou le Petit homme de la lune. L’artiste nourrit aussi son travail de matériaux de récupération, qu’il transfigure en les assemblant. Entre épouvantail et totem, son Idole des ramoneurs est un joli clin d’œil. Particulièrement impressionnante, la célèbre sculpture Le Manteau pèse 80 kg.
Sous l’apparente simplicité des formes se cachent de nombreux symboles chers à l’artiste, qui renvoient à sa propre vie. Les couleurs de L’Escalier, par exemple, rappellent la maison de son enfance. La rétrospective s’achève par des œuvres gracieuses qui entremêlent l’humain, l’animal et le végétal. Les courbes se font plus douces. Le bois choisi est plus tendre. La vie a porté ses fruits.
 
Blandine Dauvilaire
 
L’Atelier d’Étienne-Martin : Jusqu’au 23 janvier au musée des Beaux-Arts, 16, rue É.-Herriot, Lyon 1er. Tél. 04 72 10 17 40. www.mba-lyon.fr Ouvert tous les jours sauf mardi et jours fériés, de 10h à 18h, vendredi de 10h30 à 18h. Gratuit - 26 ans, 6 et 9 € / adulte.
. Un livret jeu gratuit est proposé aux 7-13 ans pour les guider de manière ludique dans leur visite.
En parallèle, le musée présente le travail d’artistes défendus par le galeriste Marcel Michaud.
  
Photo : Étienne-Martin, Le Manteau ou Demeure V, 1962 © Collection Centre Pompidou, Dist RMN Droits réservés
 
À table !
Dès 3 ans
Appétissante, prônant de belles valeurs humaines et richement illustrée, l’exposition Gourmandises ! Histoire de la gastronomie à Lyon, mitonnée par les musées Gadagne, tient ses promesses. En quatre salles et plus de 400 documents, elle retrace cet art de vivre unique qui, de la cuisine populaire aux grands chefs, a donné ses lettres de noblesse à la ville. Mais plus qu’une histoire d’art, c’est une histoire d’hommes et de femmes qui est racontée à travers de chaleureux hommages. Les célèbres Mères lyonnaises (Fillioux, Brazier…) qui ont tant compté, les pères d’une nouvelle cuisine qui s’est allégée (Bocuse, Chapel…), les histoires de familles hautes en saveurs (Point, Blanc…), la bistronomie, les grands noms d’aujourd’hui et nos savoir-faire ancestraux (chocolat, bière…).
Pour aiguiser l’appétit des jeunes visiteurs, le musée a conçu un parcours ludique où il est vivement conseillé d’ouvrir les tiroirs pour trouver les bons produits ; passer sous la table pour coller son oreille aux boîtes de conserve ; composer le menu commandé par ses parents en piochant parmi des aliments réalisés en crochet par Marie Lerch  ; plonger son nez dans les bocaux pour deviner les parfums qui s’en dégagent… Des mises en bouche réjouissantes qui attirent aussi les adultes.
La reconstitution d’un bouchon lyonnais par le miniaturiste Dan Ohlman à l’échelle 1/10e (avec du vrai Beaujolais dans les bouteilles !) suscite l’émerveillement des enfants. Tout comme les sculptures en sucre qui ne sont pas de la tarte à réaliser, sans oublier le lexique guignolesque qui permettra de renouveler le vocabulaire familial : “Arrête de pitrogner tes nouilles, Georges, ou tu seras privé de bugnes !
 
Blandine Dauvilaire
 
Gourmandises ! Histoire de la gastronomie à Lyon : Jusqu’au 29 avril 2012 aux musées Gadagne, 1, place du Petit-Collège, Lyon 5e. Tél 04 78 42 03 61.
www.gadagne.musees.lyon.fr Du mercredi au dimanche, de 11h à 18h30. Tarifs : gratuit - 26 ans, 7 € / adulte.
En complément de l’exposition, le musée propose une avalanche d’animations (ateliers sur le thème des épices, de l’art postal gourmand ou du conte à goûter ; spectacle musical ; ciné goûters).
. Le 30/12 à 15h : projection de Charlie et la chocolaterie de Tim Burton, accompagnée d’une distribution de papillotes “magiques”. Huit d’entre elles abritant un ticket gagnant pour un atelier “choco party” chez Bernachon. Sur réservation : 04 37 23 60 45.
 
 
Quoi de neuf docteur ?
Dès 8 ans
Le Musée gallo-romain de Fourvière consacre une exposition passionnante à La médecine à l’époque romaine. Formidablement documentée, avec près de 400 objets, elle met en évidence plus d’une similitude avec nos pratiques modernes (l’usage des plantes rappelant par exemple l’homéopathie d’aujourd’hui). Dès l’entrée, le buste d’Hippocrate animé judicieusement nous plonge dans l’ambiance. Pour évoquer les gestes qui soignent, des instruments antiques sont rapprochés de trousses de médecins du XIXe siècle… on y retrouve presque les mêmes ventouses, pinces et scalpels servant aux saignées. Encore plus étonnant, la trousse d’un ophtalmologiste du IIIe siècle après J.-C. révèle que l’opération de la cataracte existait déjà ! Si la médecine militaire était très développée, les femmes pratiquaient aussi la médecine et pas seulement lors des accouchements. Parmi les merveilles exposées, une boîte à médicaments en ivoire sculpté, datant de 400 après J.-C., témoigne du raffinement des soins apportés aux malades importants. Par ailleurs, de nombreux ossements mettent en évidence les pathologies et les traitements (de choc) proposés, alors que nos précieuses anesthésies n’existaient pas encore. Et quand la science s’avouait impuissante ? Le patient invoquait les dieux ou se tournait vers la magie… ce qui n’a pas beaucoup changé depuis.
 
Blandine Dauvilaire
 
La médecine à l’époque romaine : Jusqu’au 22 avril 2012 au Musée gallo-romain de Fourvière : 17, rue Cléberg, Lyon 5e. Tél. 04 72 38 49 30. www.musees-gallo-romains.com
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Tarifs : gratuit - 18 ans, 4,50 et 7 €. Gratuit pour tous le jeudi. Livret jeu disponible gratuitement à l’accueil pour les enfants dès 8 ans.
. Parcours ludique pour les 8-12 ans les 4/01 et 18/01 à 14h30.
. Ateliers Vénus beauté pour découvrir les remèdes et cosmétiques utilisés par les Romaines : le 11/01 pour les 4-6 ans ; le 25/01 pour les 6-8 ans ; le 14/12 pour les 8-12 ans. À 14h30. Tarif : 3 €.
. En famille : reconstitution historique par l’association Pax Augusta de la médecine civile des romains. Le 29/01 de 14h à 17h45.
 
 
Trio d’enfer
Dès 6/7 ans
À l’occasion de ses dix ans, le musée Paul-Dini consacre une magnifique exposition à Valadon, Utrillo, Utter, la “trinité maudite”. À travers 150 toiles réalisées entre 1909 et 1939, plus de nombreux documents inédits, se dessine l’histoire de cette famille d’artistes hors du commun. Ayant quitté Montmartre pour une villégiature au château de Saint-Bernard (Ain), Maurice Utrillo, à qui les médecins ont recommandé l’art comme thérapie, sa mère Suzanne Valadon, encouragée à dessiner par Degas, et son beau-père André Utter, proche des cubistes, s’adonnent en toute liberté à la peinture. Au gré du parcours, les visiteurs découvrent la force de leurs traits respectifs, leur maîtrise de la couleur qui palpite sur la toile. Valadon donne à ses nus des accents dignes de Cézanne, Utter offre des silhouettes plus découpées, tandis qu’Utrillo se consacre exclusivement aux paysages. Les enfants s’amuseront à deviner l’auteur de chaque tableau en comparant les styles.
Le trio noue aussi de belles amitiés artistiques dans la région (Adrien Bas, Émile Didier…) dont témoigne l’exposition.
Voisinant avec pertinence et une certaine émotion, toutes les œuvres réunies pour l’occasion confortent la place unique qu’occupe aujourd’hui le musée de Villefranche.
 
Blandine Dauvilaire
 
Valadon, Utrillo, Utter, la “trinité maudite” : Jusqu’au 12 février au musée Paul-Dini de Villefranche-sur-Saône, 2, place Faubert à Villefranche. Tél. 04 74 68 33 70.
. Pour guider les enfants (dès 7 ans) dans leur visite, un jeu parcours gratuit est disponible à l’accueil.
Ouvert mercredi de 13h30 à 18h, jeudi et vendredi de 10h à 12h30 et 13h30 à 18h. Samedi et dimanche de 14h30 à 18h. Sauf jours fériés. Tarifs : gratuit -18 ans, 3 et 5 € / adulte. Gratuit pour tous le premier dimanche du mois.
 
 
Garde-robe céleste
Dès 6 ans
Il n’y a pas que Victoria Beckham qui soigne son look. La Vierge Marie dispose elle aussi d’un vestiaire stylé. Courez donc admirer l’exposition Icône de mode que le musée des Tissus consacre à la plus divine des égéries. Pendant six cent cinquante ans, souverains et fidèles ont offert de majestueux costumes pour habiller les statues de la Vierge. L’exemple le plus probant est le culte voué à Notre-Dame la Daurade de Toulouse, vierge noire monumentale réputée miraculeuse, dont le dressing laisse rêveur. Vingt-trois de ses robes, accompagnées de leurs voiles, sont mises en scène à la manière d’un défilé céleste sur tapis rouge. Brillant de mille feux sous les lumières tamisées, ces parures aux soieries richement brodées ont été réalisées depuis le XIXe siècle. Certains créateurs ont récemment enrichi la garde-robe, comme Jean-Charles de Castelbajac et sa robe Battle Dress au motif camouflage, ou la Robe de mai de Jean-Michel Broc et son envolée de nœuds évoquant des papillons. En moyenne, chacune représente 300 heures de travail, mobilise cinq personnes et ne pèse au final que 3 à 5 kg, ces vêtements n’habillant que le devant de la statue ! En complément, le musée dévoile d’autres merveilles de sa collection consacrées à des statues de Vierge. De quoi rêver d’un miracle en ouvrant nos armoires.
 
Blandine Dauvilaire
 
Icône de mode : Jusqu’au 25 mars 2012 au musée des Tissus, 34, rue de la Charité, Lyon 2e. Tél. 04 78 38 42 00. www.museedestissus.com
Du mardi au dimanche, de 10h à 17h30. Gratuit - 12 ans, de 5,50 à 8 €. Visites en famille et ateliers sur réservation.
 
 
Roi des caractères
Dès 10 ans
Sans le savoir, nous connaissons tous l’homme de caractère(s) Roger Excoffon. Impossible d’arpenter les rues sans avoir l’œil accroché par son empreinte typographique sur les enseignes commerciales. Inventeur des caractères Mistral, Banco, Choc ou Calypso, Roger Excoffon est celui qui libéra la typo de son carcan académique au profit d’un style vif et expressif. Touche-à-tout, il est aussi celui qui créa des affiches de légende pour les plus grandes entreprises françaises (Air France, la SNCF, Dior…). Pour découvrir ce graphiste majeur du XXe siècle, le musée de l’Imprimerie propose une exposition pleine de surprises et de documents inédits. Les jeunes visiteurs sont invités à “s’offrir un bain de typos populaires et mieux comprendre comment fonctionne la lettre, du dessin à l’imprimeur, du plomb à la devanture”, souligne Tony Simões Relvas, commissaire de l’exposition. Ils pourront aussi voir les différentes étapes de la création d’un logo ou d’une affiche à travers l’univers artistique d’un grand monsieur de la communication graphique.
 
Aude Spilmont
 
Tout le monde connaît Roger Excoffon : Au musée de l’Imprimerie. Jusqu’au 19 février. 13, rue de la Poulaillerie, Lyon 2e. - 26 ans : gratuit, adulte : 3 ou 5 €. Tél. 04 78 37 65 98. www.imprimerie.lyon.fr
 
 
La photographie en famille
Dès 8 ans
Dans la famille Sudre, je voudrais le père, Jean-Pierre, photographe de natures mortes et de paysages troublants, cofondateur des Rencontres d’Arles. Dans la famille Sudre figure également la mère, Claudine. Virtuose du tirage, elle est la tireuse attitrée des plus grands photographes, dont Jean-Loup Sieff. Chez les Sudre, les enfants ont aussi la passion de la pellicule et des chambres noires. Dominique, le fils, excelle dans l’image poétique. Son épouse Laurence est une grande portraitiste. Ses modèles se nomment Dennis Hopper, Juliette Binoche, Tony Curtis… Fanny, la fille, et son mari Jean-Bernard (photographe, auteur et galeriste) vouent de même leur existence à cet art de l’image reproduite sur papier sensible. À eux seuls, sur plusieurs générations, les Sudre illustrent magnifiquement tout un pan de l’histoire de la photographie au XXe siècle. Dans une exposition exceptionnelle, la galerie de la bibliothèque de la Part-Dieu propose de naviguer dans cette mémoire familiale en lien étroit avec l’évolution des procédés photographiques. Conçu en cinq espaces distincts, le parcours offre le regard lumineux de chacun des artistes. Tous inlassables défenseurs d’une photographie créative.
 
Aude Spilmont
 
Les Sudre, une famille de photographes : Jusqu’au 21 janvier. Galerie de la bibliothèque municipale de la Part-Dieu. Entrée Libre. 30, boulevard Vivier-Merle, Lyon 3e. Tél. 04 78 62 18 00. www.bm-lyon.fr
 
 
Pépites à portée d’enfants
Dès 8 ans
Installée au cœur de l’IUFM, lieu de la transmission par excellence, la galerie IUFM Confluence(s) présente une superbe exposition pour les petits comme les plus grands. En hommage à son fondateur Christian Calligarot, elle réunit les œuvres d’une quarantaine d’artistes qui ont fait l’histoire de cette galerie depuis plus de 15 ans. Parmi eux figurent les plus grands artistes du mouvement de la figuration narrative : Henri Cueco, Eduardo Arroyo, Gérard Fromanger, Bernard Rancillac… D’autres grands noms de l’art contemporain sont aussi représentés, à l’instar d’Hervé Di Rosa, génial militant de l’art pour tous, ou Claude Viallat, dont l’univers graphique crée l’étonnement en combinant différentes matières. Cette exposition, qui propose une diversité de techniques employées (huile sur toile, fusain, sculpture, aquarelle…), est une belle invitation à éveiller la curiosité et à faire découvrir les multiples facettes de l’art contemporain. La galerie IUFM Confluence(s), qui revendique une mission pédagogique, a aussi le souci de placer beaucoup d’œuvres à hauteur d’enfants afin de favoriser un contact plus direct.
 
Aude Spilmont
 
Donnez-moi un musée, je le remplirai (P. Picasso) : Jusqu’au 13 janvier à la galerie IUFM Confluence(s), 5, rue Anselme, Lyon 4e. Tél. 04 72 07 30 74. http://iufm.univ-lyon1.fr/confluences Entrée libre.
 
Bas les masques
Dès 6/7 ans
Par amitié pour Christian Schiaretti (directeur du TNP de Villeurbanne), le sculpteur de masques Erhard Stiefel a accepté de dévoiler sa collection personnelle de masques de théâtre. Plongée dans une pénombre dorée, la salle Jean-Vilar du TNP devient l’écrin des quatre-vingts pièces rares glanées au fil de ses voyages. Le parcours débute par des masques de carnaval, puis ceux de la Commedia dell’arte représentée par Pantalone, Arlequin ou le Capitan. À leurs côtés, les visiteurs admireront les créations originales d’Erhard Stiefel réalisées pour le spectacle L’Âge d’or du Théâtre du Soleil. Un peu plus loin, les masques particulièrement expressifs des danseurs balinais symbolisent la lutte entre le bien et le mal. Ces visages grimaçants déclenchent immanquablement le rire des enfants. Au Bengale occidental, c’est par le Chhau (théâtre dansé) que les hommes entraient en contact avec les dieux. Leurs masques dotés d’expressions effrayantes comportaient même des cheveux et des moustaches ! En comparaison, les masques de Nuoxi en Chine, destinés à chasser les démons de la maison, semblent presque bienveillants. Beaucoup plus subtiles, les masques de ciselés au Japon expriment l’état d’âme et physique du personnage représenté.
En complément, les masques de Kyogen apportent leur respiration joyeuse en mettant en scène des figures comiques caricaturales.
Accompagnée de musiques traditionnelles, cette superbe exposition rappelle combien l’art du masque est présent dans la plupart des civilisations.
 
Blandine Dauvilaire
 

Masqué : Jusqu’au 23 décembre, entrée libre tous les samedis de 14h à 19h et sur rendez-vous, au TNP, 8, place Lazare-Goujon à Villeurbanne. Tél. 04 78 03 30 00. www.tnp-villeurbanne.com

06/12/2011

Nature sauvage

Ciné-concert - Dès 6 ans
Tourné en pleine jungle thaïlandaise par Meriam C. Cooper et Ernest B. Schoedsack (les réalisateurs de King Kong), le film muet Chang (1927) est un petit bijou à mi-chemin entre le documentaire et le long métrage d’aventure. Pour donner encore plus de saveur au destin de ce bébé éléphant capturé par des paysans, et faire le lien avec le public d’aujourd’hui, les musiciens du groupe Baron Samedi / Collectif Arfi se lanceront dans un accompagnement musical improvisé. Percussions, voix et bruitages exécutés à vue restitueront l’ambiance d’un monde désormais disparu, où l’homme et l’animal, fut-il sauvage, partageaient le même milieu naturel.
 
Blandine Dauvilaire
 
Chang : Le 11/12 à 14h et 17h, le 13/12 à 19h à l’auditorium, 149, rue Garibaldi, Lyon 3e. Tél. 04 78 95 95 95. www.auditorium-lyon.com Tarifs : de 8 à 16 €. Durée : 1h20. Film en N&B.
 
Mouvements universels
CieWantedPosse_Konnexion_∏Yvan-Courvidat
Photo : Compagnie Wanted Posse, Konexion, © Yvan Courvidat
Festival hip-hop - Dès 6 ans
En cinq ans, le festival Karavel s’est imposé comme le rendez-vous incontournable de la danse hip-hop, présentant ce mouvement dans sa diversité, depuis l’énergie brute des pionniers jusqu’aux esthétiques les plus contemporaines. Cette année, l’événement accueillera entre autres les Black Blanc Beur, formidables défricheurs qui présenteront en première mondiale Chroniques du périmètre. Le même soir, le public pourra (re)voir le Ballet contemporain d’Alger dirigé par Abou Lagraa dans Nya. À sa création, lors de la dernière Biennale de la danse, cette pièce était encore fragile et le niveau de ses interprètes hétérogène, mais elle avait l’immense mérite de tisser un pont culturel franco-algérien en faveur de l’art chorégraphique.
Avec Murmures, la compagnie Malka de Bouba Landrille Tchouda s’interrogera sur ce que la danse peut apporter aux personnes privées de liberté (dès 13 ans). Dans un style plus explosif conjuguant krump, break, danse africaine etc., les membres du RAF Crew ont imaginé RAF City’z, spectacle proche de la bande dessinée manga.
Autres temps forts, Céline Lefèvre et sa compagnie C’Mouvoir livreront Des branchés, mélange vitaminé de hip-hop burlesque, cinéma muet et art du clown. Puis les Wanted Posse inviteront les danseurs sud-africains d’Indigeneus Dance Academy à confronter, dans Konexion, hip-hop, kwaito, breakdance et gunboots.
 
Blandine Dauvilaire
 
Karavel : Du 10 au 17 décembre au Centre chorégraphique de Bron Pôle Pik, à l’espace Albert-Camus (Bron) et à la Maison de la danse de Lyon. Programme complet (atelier slam ou cirque, repas avec les artistes, extraits de créations en cours, bal…) : www.polepik.fr ou 04 72 14 63 40. Tarifs : de 9 à 44 €.
  
Un temps fou
Théâtre - Dès 14 ans
À ceux qui se sont déjà demandé : “qu’est-ce que le temps ?”, comme à ceux qui n’y ont jamais songé, Denis Guénoun propose de se nourrir de la pensée de Saint Augustin. À partir du livre XI des Confessions de cet évêque né en Algérie au IIIsiècle, le metteur en scène construit une pièce à la fois simple et ambitieuse, qui repose entièrement sur le jeu de Stanislas Roquette. Seul en scène, cet extraordinaire comédien livre la quintessence philosophique du penseur, ainsi que la drôlerie de son texte sur le rapport au temps. Que savons-nous du temps qui passe ? Comment faire pour le mesurer ? Que sont le passé et le futur ? La mise en scène dépouillée permet au corps du jeune acteur d’habiter tout l’espace, happant le public au passage. Un spectacle habile, qui porte à réfléchir de manière réjouissante.
 
Blandine Dauvilaire
 
Qu’est-ce que le temps ? : Du 1er au 23/12 au petit théâtre du TNP, 8, place Lazare-Goujon à Villeurbanne. Tél. 04 78 03 30 00. www.tnp-villeurbanne.com Tarifs : de 11 à 23 €. Durée : 1h.

 

30/11/2011

Son âme au diable

Musique classique - Dès 7 ans
Qu’on se le dise une bonne fois pour toutes : on peut aimer le rap, le RnB, le slam, la pop, le rock ET la musique classique, sans passer pour un extraterrestre. Mais pour avoir une idée sur la question, encore faut-il avoir l’occasion de goûter un vrai concert dans de bonnes conditions. Grâce aux Mercredis jeune public gratuits, mis en place par le Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon, les enfants, leurs parents et grands-parents peuvent affûter leurs oreilles et leurs yeux en dégustant des œuvres très accessibles. Ces spectacles sont d’autant plus passionnants qu’ils présentent le travail des étudiants et de leurs enseignants.
Le premier rendez-vous de la saison est consacré à L’Histoire du soldat d’Igor Stravinsky, ou comment un soldat sans le sou vend son âme (représentée par un violon) au diable, contre un livre permettant de prédire l’avenir. Ce concert réunissant huit musiciens sera dirigé par Fabrice Pierre et mis en scène par Clara Fustier.
Trois autres dates sont d’ores et déjà à cocher dans votre agenda : un concert autour de la voix préparé par Nicole Corti avec la participation de la maîtrise de l’opéra (14 décembre) ; une magnifique traversée musicale en viole de gambe, du baroque au contemporain, avec Juliette Guignard (4 janvier) ; et la possibilité d’assister à une répétition publique de danse (8 février).
 
Blandine Dauvilaire
 
L’Histoire du soldat : Le 30 novembre, à 15h, ouvert à tous, entrée libre. Durée 45 mn.
Salle Varèse du CNSMD, 3, quai Chauveau, Lyon 9e. Tél. 04 72 19 26 61.
 

22/11/2011

Le TNP cultive l'esprit de famille

Garderie-atelier – De 6 à 10 ans
 
Avec la création de Théâtromôme, garderie-atelier qui accueille les enfants de 6 à 10 ans, le Théâtre National Populaire de Villeurbanne permet aux parents d'assister aux spectacles dans des conditions idéales. Rencontre avec Adeline Cuny (directrice des relations avec le public) et Audrey Laforce (comédienne qui anime les ateliers).

En quoi consiste Théâtromôme ?
L’idée de cette garderie-atelier est de simplifier le mode de garde des parents pour leur permettre de venir au théâtre et pouvoir ensuite partager en famille ce qu’ils ont vécu, puisque les activités proposées aux enfants sont en lien avec le thème du spectacle.
Nous nous adressons particulièrement à la tranche des 30-45 ans, actifs et curieux, qui hésitent à sortir le week-end car ils ne voient déjà pas beaucoup leurs enfants, et que les frais de garde sont élevés. Théâtromôme coûte 8 euros par enfant et par spectacle, quelle que soit sa durée, nous accueillons les enfants pendant la représentation, ainsi que 30 minutes avant et après le spectacle, pour que les parents puissent prendre leur temps.
 
Comment vont se dérouler les cinq ateliers prévus cette année ?
Pour Ruy Blas, les enfants vont découvrir l’œuvre graphique de Victor Hugo et composer un petit poème aléatoire à partir de morceaux du texte de la pièce. Pour Les Précieuses ridicules, ils vont réaliser une maquette de costume avec des chutes d’étoffes données par notre costumier. Pour Roméo et Juliette, ce sera autour des décors, quant à Merlin l’enchanteur… nous avons beaucoup d’idées.
 
Propos recueillis par Blandine Dauvilaire.
 
Théâtromôme les 27 novembre, 4 et 18 décembre, 8 janvier et 3 juin.
Ruy Blas (dès 16 ans) : du 12 novembre au 11 décembre, mis en scène par Christian Schiaretti, durée 2h45. TNP, 8, place Lazare-Goujon à Villeurbanne.
Tél. 04 78 03 30 30. www.tnp-villeurbanne.com
Enseignante et comédienne, Audrey Laforce anime un atelier d’initiation au théâtre pour les 12-15 ans où il reste encore quelques places. “En m’appuyant sur la programmation et les œuvres constitutives du TNP, je vais mener un atelier de pratique théâtrale où les jeunes, par le jeu et en se frottant aux œuvres, pourront se bâtir une certaine culture, comprendre les mécanismes du théâtre et voir des spectacles du répertoire. 
Atelier d’initiation au théâtre
Jusqu’au 19 juin, au TNP de Villeurbanne, chaque mardi de 18h à 20h. Tarif : 200 €.
Inscription : 04 78 03 30 30 ou a.laforce@tnp-villeurbanne.com
 
 
Lola, Léon et les autres
Contes (3)
©DR
Ciné-conte musical - Dès 6 ans
Avec un plaisir non dissimulé, le compositeur Jérôme Margotton et le réalisateur-dessinateur Aurélien Maury passent à la moulinette les contes pour enfants, afin de fabriquer des spectacles associant la narration, la musique et le cinéma d’animation. Entamée il y a deux ans, leur trilogie consacrée à l’histoire de Lola, fillette intrépide qui affronte de redoutables ennemis, dévoile enfin son deuxième volet. Dans cet épisode palpitant, l’enfant découvre la maison d’une sorcière aux terribles pouvoirs…
L’originalité de ce ciné-conte musical réside dans la richesse du texte récité en direct par un acteur ; dans la musique et les interventions ludiques d’un piano-caméra digne de Jules Verne ; et dans les images animées, posées par petites touches, qui achèvent de nous projeter dans un monde fantastique. Ceux qui n’ont pas vu le premier épisode n’auront aucun mal à suivre, un petit résumé sera proposé en préambule.
 
Blandine Dauvilaire
 
Cirko, les contes du piano-caméra (2e épisode) : Le 26 novembre à 15h30 à l’Épicerie moderne, place René-Lescot à Feyzin. www.epiceriemoderne.com Tarifs : de 5 à 8 €. Durée 50 mn.
Oïgo-Bongo (1er épisode) : le 9/12 à 19h au Karavan de Chassieu. www.karavan-theatre.fr
 
Photo DR
 
Immersions artistiques
Festival - Dès 3 ans

Dans un registre intimiste, le festival Micro Mondes, dédié aux arts immersifs, invite les spectateurs à vivre des aventures sensorielles inédites en découvrant de très près l'univers des artistes. Rencontre avec Céline Le Roux, directrice de ce nouvel événement. 

Quelle est la particularité du festival Micro Mondes ?
C’est un festival qui propose au public d’entrer dans de petits mondes imaginés par les artistes, pour y vivre une expérience intime et sensorielle. Les dispositifs sont enveloppants, avec des petites jauges (50 spectateurs maximum), ce qui permet une qualité de relation au spectateur en lui proposant de mettre tous ses sens en éveil. Cette volonté est le fruit d’une réflexion menée avec Joris Mathieu, qui est artiste associé du festival.
 
À qui s’adresse Micro Mondes ?
Ce festival s’adresse à tous, aux enfants comme aux adultes, à ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de voir un spectacle dans leur vie, aux gourmands, aux curieux, aux personnes qui sont en situation de handicap… L’approche sensorielle permet de toucher un public très large.
 
Cette première édition sera composée de quatre spectacles…
Nous accueillons deux compagnies qui proposent une immersion scénographique avec des décors assez forts, dans lesquels les spectateurs sont amenés à rentrer. C’est le cas deBaba de Delphine Bailleul et sa compagnie Mirelaridaine, qui s’adresse aux enfants dès 3 ans et aux parents. Ce micromonde est en fait la petite cuisine d’Alice, où les enfants sont les marmitons et vont réaliser sa recette du baba au chocolat. Des ballotins suspendus au-dessus du chaudron vont libérer une pluie de farine et de pépites de chocolat…
Quant à Buchettino, c’est une petite merveille de la Socìetas Raffaello Sanzio. Dans une boîte géante équipée de 50 petits lits, les spectateurs sont invités à se glisser sous les draps pour écouter l’histoire du Petit Poucet narrée par une conteuse, avec, tout autour de cette boîte, un environnement sonore qui permet d’entendre tous les sons du conte. C’est à la fois merveilleux et ça fait aussi un peu peur, on se retrouve dans le noir, on entend l’ogre arriver… à réserver aux enfants dès 9/10 ans.
 
Les deux autres spectacles s’adressent aux plus grands…
Oui, à partir de 15 ans, car nous sommes plutôt dans une approche technologique de l’immersion. La création de Joris Mathieu, La Sphère d’or, inspirée d’Erle Cox et de Barjavel, invite les spectateurs à entrer dans une sphère par cordée de dix personnes. Ces explorateurs vont découvrir deux corps prisonniers de la glace, puis assister à la transformation de cette glace par un système d’illusion d’optique qui est au cœur du travail de la compagnie Haut et Court.
Enfin, la compagnie Projet in situ propose une Création pour smartphone, sous la forme d’une déambulation sensorielle dans le quartier de la Part-Dieu. Chaque spectateur sera équipé d’un smartphone et se servira de ses fonctionnalités pour suivre le scénario de la balade, qui empruntera des chemins insolites, l’idée étant d’ouvrir des fenêtres de poésie à partir de ces nouvelles technologies.
 
En parallèle des spectacles, vous organisez aussi des rencontres avec les artistes…
Et des ateliers de pratique artistique. La compagnie Mirelaridaine propose des ateliers de cuisine pour réaliser des objets en sucre et des gourmandises que l’on retrouvera dans le spectacle Baba.
 
Propos recueillis par Blandine Dauvilaire.
 
Festival Micro Mondes : Du 23 au 27 novembre au théâtre des Célestins, au Toboggan de Décines et au théâtre de Vénissieux. www.micromondes.fr

15/11/2011

La nuit porte conseil

Théâtre - Dès 3 ans

Bien au chaud dans leur chambre, deux enfants profitent de cette nuit sans parents pour transformer l’espace en terrain de jeu. Si la petite Crocus savoure le silence, son grand frère Fracas enchaîne les cabrioles pour tromper la peur et l’ennui. L’attente, ponctuée d’éclats de rire, s’achèvera par une belle surprise.
En privilégiant le mouvement des corps et les jeux d’ombres, Catherine Anne propose une nouvelle mise en scène de sa pièce à succès. Agiles, gracieux, les comédiens servent ce texte savoureux avec une belle énergie.
 
Blandine Dauvilaire
 
Crocus et Fracas : Les 19 et 20 novembre au TNG, 23, rue de Bourgogne, Lyon 9e. Tél. 04 72 53 15 15. www.tng-lyon.fr Tarifs : 9 et 17 €. Tarif Trio 13 € / personne, à partir de 3 personnes venant à la même représentation. Durée 45 mn.
 
 
La science en images et en débats
Sciences et cinéma - Dès 8 ans
Questionner la science à partir du cinéma, c’est depuis 25 ans le pari d’À nous de voir. Ce festival de cinéma scientifique prête une réelle attention aux qualités artistiques et à la rigueur scientifique des œuvres projetées. Ici, pas de films de propagande financés par des firmes pétrolières ou des groupes pharmaceutiques. Tous sont indépendants, singuliers, et ouvrent un espace de dialogue public sur le monde d’aujourd’hui. Une cinquantaine de rencontres et de débats sont proposés autour de 80 films et 70 invités. La science est abordée dans sa diversité : la santé (avec des films sur le diabète ou la santé mentale), l’histoire (1968, le féminisme), l’économie (la course aux brevets) ou encore la politique et la société (les révolutions arabes). Mercredi 23 novembre après-midi, la programmation est dédiée au jeune public. Les 8-12 ans pourront découvrir des “phénomènes étranges et des mondes extraordinaires”, comme des champignons qui moisissent tout sur leur passage, ou un “monstre géant suceur de cerveaux de l’espace”. Un programme de courts métrages permettra aux enfants dès 10 ans de découvrir les métiers de l’archéologie, comme celui du tracéologue qui analyse les traces d’usure sur les outils, de philosopher sur des sujets rigolos (Les escargots font-ils des maths ?) ou de suivre le périple des tomates, des Aztèques à notre assiette. Que des histoires !, programme présenté le samedi 26, permettra d’aborder de petites histoires entre amis sur le quotidien, le travail, les humeurs ou l’entraide. Les plus grands pourront se lancer dans une nuit de la science-fiction le 26, ou jouer sur les mots des chercheurs lors d’une slam session le 18, à l’ouverture du festival.
 
Anne-Caroline Jambaud
 
Festival À nous de voir : Du 17 au 27 novembre au théâtre de la Renaissance à Oullins.
 
Beau… mais pas trop

Roi-des-bons©DR
Le Roi des bons © DR
Danse - De 5 à 10 ans
Obsédé par son désir d’être le plus beau, le roi Léon fait éliminer tous ses concurrents. Ses sujets s’enlaidissent, plus personne n’ose se marier ou avoir d’enfants, jusqu’au jour où… Créé en 1989 par le chorégraphe Bernard Glandier pour huit danseurs de la compagnie Dominique Bagouet, ce spectacle est recréé cette année par Sylvie Giron pour les danseurs de la compagnie Balades. Inspiré du roman éponyme d’Henriette Bichonnier, cet hommage est aussi une invitation pour les enfants à prendre part à l’histoire en venant grimés le jour de la représentation “pour ne pas offusquer sa Majesté !” Des ateliers de maquillages “Roi, moche et méchant” seront proposés juste avant le spectacle.
 
Blandine Dauvilaire
 
Le Roi des bons
Séances Complices* le 16 novembre à 15h, le 19 novembre à 15h et 19h30, à la Maison de la danse de Lyon, 8, avenue Jean-Mermoz, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00.www.maisondeladanse.com
*Formule Complices, durée 1h, réservée aux enfants de 5 à 13 ans accompagnés d’un adulte, placement libre. Tarifs : de 7 à 15 €.
Ateliers de maquillage de 13h30 à 14h30.

 

08/11/2011

Jour de fête

LesSisyphe-2-EricGarault
Les Sisyphe – Julie Nioche / A.I.M.E. - © E.Garaut

Danse-performance-vidéo - Dès 6 ans
Sous l’impulsion de son nouveau directeur, le chorégraphe Yuval Pick, le Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape s’ouvre plus largement au grand public.
Dédié à la danse et à la création, ce très beau bâtiment de bois vibrera de toutes ses fibres le 12 novembre, avec une série d’événements gratuits sous le signe du partage et de la découverte artistique. Cette journée spéciale sera l’occasion de participer en famille à la performance Les Sisyphe de Julie Nioche, avec les danseurs hip-hop de la MJC et ceux du CNSMD de Lyon. Durant vingt minutes, petits et grands déclineront une série de sauts sur le morceau The end du groupe The Doors, manière ludique d’apprendre à résister dans tous les sens du terme. Le groupe Entorse présentera un solo de Samuel Lefeuvre sur une musique créée en direct par une DJ (dès 10 ans) ; l’imprévisible Foofwa d’Imobilité entraînera le public dans une improvisation à la hauteur de son imagination ; Laurent Pernot dévoilera sa vidéo sur le thème de la gravité (dès 8 ans), et d’autres surprises sont en prévision.
 
Blandine Dauvilaire
 
Bonjour ! : Le 12 novembre : Open day, gratuit, réservation obligatoire : 04 72 01 12 30.
. Les 8, 9 et 10 novembre, Yuval Pick présente sa pièce Score (dès 12 ans), qui restitue l’ambiance sonore, la tension et l’émotion de son pays : Israël. Réservation : 04 37 85 01 50. Tarifs : 12 et 15 €. Durée : 1h.
. Les 15, 16 et 17 novembre, de 19h à 20h30, ateliers de pratique amateur dès 13/14 ans, animés par Yuval Pick et le musicien Matthieu Clara. Gratuit, réservation obligatoire : 04 72 01 12 30.
CCN de Rillieux : 30 ter, avenue Général-Leclerc à Rillieux-la-Pape. www.ccnr.fr
Accès direct en bus C5, 20 mn depuis Bellecour.
 
Rien à jeter 
Danse - Dès 7 ans
Princes du détournement, dotés d’un humour mordant, les danseurs de la compagnie Chicos Mambo se lancent dans une nouvelle aventure : transformer Cendrillon en un ballet recyclable. À partir de matériaux de récupération (papiers, bouteilles en plastique, chiffons etc.), les artistes vont donner au conte de Perrault un joli coup de frais. Décors et costumes issus de ces métamorphoses accompagneront les transformations de l’héroïne, sur la partition (non recyclée) de Prokofiev. De quoi inscrire ce ballet dans un développement artistique durable.
 
Blandine Dauvilaire
 
Cendrillon : ballet recyclable
Du 3 au 12 novembre à la Maison de la danse de Lyon, 8, avenue Jean-Mermoz, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00.www.maisondeladanse.com Tarifs : de 10 à 30 €. Durée 1h20.
Séances Complices, les 9 et 12 novembre à 15h, réservées aux enfants de 5 à 13 ans accompagnés d’un adulte, placement libre. Tarifs : de 7 à 15 €. Durée 1h.
En complément du spectacle : la Maison de la danse propose toute une série d’animations dans le cadre du projet Maison nomade (les artistes entraînent le public dans des voyages artistiques pour croiser les regards et les pratiques).
Le 10 novembre, à l’issue du spectacle, le public est invité à participer au grand bal Cendrillon dans l’espace de réception transformé pour l’occasion. Entrée libre.
La Maison nomade emmène aussi les enfants au musée des Tissus :
Le 9 novembre, de 10h30 à 12h, atelier Dessine-moi ta Cendrillon (¾ d’heure d’atelier et ¾ d’heure de danse) pour les 7-12 ans avec le chorégraphe. Tarif : 8 €.
Et de 16h à 17h, L’heure du conte, pour faire découvrir aux 2-5 ans l’histoire de la robe de bal de Cendrillon. Tarif : 8 €.
Ateliers Maison nomade : du 3 au 12 novembre. Programme complet et réservation : 04 72 78 18 00.www.maisondeladanse.com
 
 
King Kong rose et Schtroumpf tatoué
Exposition - Dès 14 ans
L’art a toujours eu ses “enfants terribles”. Artistes en marge ou underground, ils défient les codes et les normes de la culture institutionnelle. C’est sous ce titre, “Les enfants terribles” - en résonance avec celui de la Biennale d’art contemporain de Lyon - que se déploie l’exposition organisée par les Spacejunk Art Centers au nouveau siège de la Région Rhône-Alpes. Comme le montre l’affiche de l’exposition, un King Kong déguisé en lapin rose créé par Todd Schorr, ces “enfants terribles” n’hésitent pas à utiliser des couleurs criardes, des personnages de Walt Disney ou des Freaks, et à composer un univers totalement fantasmagorique. Ils sont américains, français, australiens ou japonais, pour certains très jeunes, et se réclament de deux mouvements nés dans les années 70 : le Lowbrow et le pop surréalisme.
Par opposition à l’attitude hautaine des tenants d’un art contemporain élitiste, le mouvement Lowbrow (“front bas”) se réapproprie tous les codes de la culture populaire : BD, pub, dessins animés, graffitis, etc. Baignant dans la société de consommation, les artistes prennent pour supports des pochettes de disque (de Guns’N Roses pour Robert William, de Mickaël Jackson pour Mark Ryden) des toys ou des planches de skate. Pionnier de ce mouvement, Robert Crumb s’est inspiré des comics pour commencer à crayonner sur le coin de la nappe, dans une veine érotique et sarcastique. Les plus jeunes puisent dans l’univers des tatouages, du skate ou du snowboard. Les artistes du pop surréalisme ont des aspirations plus classiques, et maîtrisent parfaitement les techniques de la peinture classique à l’huile, qu’ils adaptent, au besoin, à la peinture digitale. Pour composer d’étranges visions éclatantes de couleurs, mêlant rêves délirants et réalités tragi-comiques.
 
Anne-Caroline Jambaud
 
Les enfants terribles : Par Spacejunk Art Centers, jusqu’au 31 décembre au Plateau, Région Rhône-Alpes, Lyon 2e.

25/10/2011

Prête-moi ta plume…

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L'atelier du peintre, cirque Plume 2010 © Pascal François

ENTRETIEN - Auteur, metteur en scène et directeur artistique du Cirque Plume, Bernard Kudlak signe un nouveau spectacle haut en couleur : L'Atelier du peintre. Avec virtuosité, les 14 artistes sur scène prouvent une nouvelle fois que dans leur monde tout est possible… ou presque. Rencontre avec un poète inspiré.
Quelles sont les particularités du Cirque Plume ?
Le Cirque Plume va bientôt avoir 30 ans, il fait partie des compagnies qui ont un peu changé le langage du cirque en prenant d’autres chemins. C’est un cirque sans animaux, dont les spectacles cherchent une complicité poétique avec le public. Dans le monde du spectacle, le cirque est un endroit particulier. C’est pour moi la nostalgie du paradis, de ce temps où tout était possible. Le cirque, c’est le désir et la joie infinis de dépasser sa condition humaine.
Ce nouveau spectacle, le neuvième, nous invite dans L’Atelier du peintre…
C’est une balade dans la peinture, monde qui de prime abord n’a rien à faire sur une scène. L’acte de peindre est un acte jubilatoire, la peinture nous apprend à voir le monde. Dans ce spectacle on la fait, on la regarde, on rentre dans les toiles, il y a des personnages qui en sortent, on joue toujours avec cette idée de la nostalgie du paradis. Les musiciens et les artistes de cirque se mélangent, chacun amène son univers et sa joie.
 
Chez Plume, les spectacles commencent sérieusement et dégénèrent rapidement…
C’est fondamental pour moi. On regarde le monde tel qu’il est, puis on voit des portes partout, alors on les ouvre et derrière il y a des choses, puis encore d’autres portes que l’on ouvre aussi… En fait, on cherche tout simplement à être ensemble, à partager certaines joies et l’envie de la beauté du monde.
Peu de gens savent que vous êtes aussi sculpteur…
C’est vrai, et il m’est arrivé quelque chose de particulier en préparant L’Atelier du peintre. Il y a très longtemps, j’ai hésité entre faire du spectacle et devenir peintre. Ayant choisi l’un, je m’étais interdit de faire l’autre, de peur qu’en mélangeant les deux je ne fasse ni l’un ni l’autre. En montant ce spectacle, j’ai créé un atelier de peintre chez moi pour me plonger dans l’ambiance. J’ai commencé à peindre et depuis je ne peux plus m’arrêter.
Ce spectacle est-il une invitation à peindre ou à aller vers une pratique artistique ?
Probablement. L’art sert souvent d’identifiant social, mais le spectacle de cirque l’est moins que l’opéra par exemple, il réunit possiblement tout le monde. C’est un lieu un peu neutre parce qu’il est un peu marginal. Tous nos spectacles, et particulièrement L’Atelier du peintre, sont une autorisation de faire, de regarder, d’être.
Au Cirque Plume, tout est donc possible ?
Quand je rencontre des enfants dans des classes, je leur dis : “C’est possible !” Cette idée est merveilleuse parce qu’elle se met en résistance à : “Ça va pas être possible…” La question suivante est : “À quelle condition c’est possible ?” et ça, ça fait avancer, que ce soit dans un spectacle ou dans la vie. Par exemple, je peux faire un spectacle de marionnettes sur la lune. C’est possible, à condition de convaincre le président des États-Unis d’Amérique de faire un programme de spectacles de marionnettes sur la lune. C’est difficile, mais pas impossible. Et le cirque dans son essence… c’est possible ! Ça peut paraître ringard et ridicule, mais dans le fond, nous sommes sensibles à ça.
Une des belles valeurs du cirque est de regarder un monde et de le rendre possible. Alors bien sûr, un monde poétique c’est le monde d’un imaginaire, un monde de partage, de musique, de lumière, de beauté, de risque aussi car la mort est toujours présente, mais c’est le vrai monde où chacun a sa place.
 
Propos recueillis par Blandine Dauvilaire.
 
L’Atelier du peintre : Dès 6 ans. Du 26 octobre au 20 novembre sous chapiteau au parc de Miribel-Jonage. Réservation : 04 72 93 30 14. www.letoboggan.com Tarifs : de 18 à 29 €. Durée 1h40.

18/10/2011

Les bulles pirates de Chanéac

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Maison de Jean-Louis Chanéac à Aix-les-Bains (1976) © Coll. privée Chanéac / Photo : Pascal Chanéac
 
Architecture - Dès 8 ans
Sa maison, à Aix-les-Bains, ressemble à une gousse de haricot dans laquelle le coin repas, la cuisine ou la salle de bains épousent la forme du petit pois. “Je voulais ainsi que mes enfants vivent concrètement d’autres espaces” expliquait l’architecte Jean-Louis Chanéac (1931-1993). Et comme cette maison ressemblait à un drôle d’animal, il avait décidé d’équiper les ouvertures-yeux de “paupières” latérales. On le voit : Chanéac est un “architecte libre”, titre de l’exposition que lui consacre le CAUE du Rhône. Du coup, la scénographie de l’exposition prend des libertés. 
Présentant des maquettes, des dessins, des tableaux originaux et de nombreux documents, cette expo est construite autour de ballons suspendus. Des ballons qui rappellent les “bulles pirates” imaginées par Chanéac. Ces “cellules parasites ventouses” peuvent se fixer sur les façades pour ajouter à un logement chambre d’ami ou chambre d’enfant, au gré des évolutions de la cellule familiale. Il dépose en 1960 le brevet de ces cellules polyvalentes en plastique, qui peuvent être réalisées par l’industrie, transportées par la route et montées en deux heures. Et ce n’est pas qu’une douce utopie : Chanéac a accroché une de ces bulles pirates sur un immeuble HLM à Genève. En réponse au concours pour la réalisation du centre Pompidou à Paris, il a également imaginé un arc jaillissant, aussi haut que Notre-Dame, combiné à un arc enveloppant. Cet architecte autodidacte, qui fut d’abord peintre, inventa également les concepts de “ville cratère” et de “ville alligator”. Il traduisit son concept d’“archorégion” par de nombreuses réalisations en Savoie, dont le centre de Val-d’Isère et le lycée du Granier à la Ravoire. Un architecte qui conçoit des bulles pirates ou des villes alligators est forcément un homme libre et passionnant…
 
Anne-Caroline Jambaud
 
Chanéac, itinéraire d’un architecte libre : Jusqu’au 10 novembre au CAUE du Rhône, 6 bis, quai Saint-Vincent, Lyon 1er. 04 72 07 44 55. www.caue69.fr
 
Photo : Maison de Jean-Louis Chanéac à Aix-les-Bains (1976) © Coll. privée Chanéac / Photo : Pascal Chanéac
 
 
5 bonnes raisons de se rendre au festival Les Toiles des gones
Cinéma – Dès 2 ans
 
Un festival pour tous : ce festival, qui couvre la quasi-totalité des salles de cinéma indépendantes de l’agglomération lyonnaise, a aussi le mérite de proposer des films pour toutes les tranches d’âges, y compris les tout-petits dès 2 ans, pour lesquels les grosses productions sont rarement adaptées.
Le meilleur du moment et d'avant : cette année, Les Toiles des gones présentent 18 films, dont de nombreuses nouveautés et avant-premières qui montrent tant ce que le 7eart fait de mieux aujourd’hui pour le jeune public, que la diversité des cinémas du monde. De grands classiques sont aussi à l’honneur.
Des découvertes merveilleuses : parmi les films très attendus figure le dernier long-métrage d’animation du réalisateur Jean-François Laguionie (maintes fois primé). Son filmLe Tableau, où des personnages quittent la toile d’un peintre pour prendre vie dans le monde réel, sera présenté en avant-première. À découvrir aussi, le dernier Michel Ocelot :Les Contes de la nuit. Et pour les tout-petits, Le Rêve de Galiléo, un programme de courts-métrages sur le thème du ciel et des étoiles.
Des vilains héros, des histoires palpitantes : une thématique est cette année consacrée aux vilains héros. Avec un film émouvant à voir absolument : Le Vilain Petit Canard, une adaptation du classique de la littérature réalisée par le grand maître de l’animation Garri Bardine, sur une musique de Tchaïkovski. Au programme également : Le Gruffalo, 4courts-métrages pour jouer à se faire peur avec des monstres pas beaux, et l’incontournable grand classique E.T. de Steven Spielberg.
Des animations à foison : pour attiser le goût du cinéma des jeunes spectateurs, le festival propose de nombreuses animations (visite d’une salle de projection, atelier maquillage effets spéciaux, atelier astronomie, ciné-contes…). Un concours de dessin est aussi organisé, avec pour le grand gagnant une publication de son vilain héros dansGrains de Sel.
 
Aude Spilmont
 
Festival Les Toiles des gones, 6e édition : Du 22 octobre au 2 novembre dans 22 salles du Grand Lyon. Toutes les séances et les bandes-annonces sur :www.lestoilesdesgones.fr
 
 
On passe à table 
Jourdy
FESTIVAL DU MUSÉE DES CONFLUENCES - ÉDITION 2011, CAMILLE JOURDY © Camille Jourdy
Festival scientifique - Dès 4 ans
En avant-goût de son ouverture en février 2014, le musée des Confluences organise la 1re édition d’un festival qui souhaite porter un regard décalé sur un grand sujet de société. Cette année, sous l’intitulé Mise en bouche, ce sont nos pratiques alimentaires qui sont au cœur de l’événement. Réparties entre deux lieux, le musée des Moulages et la péniche La Plateforme, les animations plutôt foisonnantes permettront à chacun de picorer des connaissances selon son appétit scientifique.
Les plus jeunes apprécieront les interviews sans détours d’experts qui “nous ouvrent leur frigo !” et répondent à des questions du type : peut-on manger du chien ? Les poissons panés ont-ils une âme ?
Chacun pourra admirer de près des mâchoires d’omnivore, carnivore et herbivore issues des collections.
La bande dessinée occupera une place privilégiée avec, entre autres, la création de 10 planches de BD inédites croquées par de jeunes illustrateurs régionaux.
Les petits gourmands seront invités à passer Sous la table pour visionner trois films d’animation sur les fruits, puis à assister au spectacle de théâtre musical Toc-Toque de la Compagnie du petit monde, autour des objets de cuisine.
L’atelier On ne joue pas à table incitera les participants à détourner les bonnes manières pour utiliser d’improbables couverts.
Le musée a aussi confié le soin à neuf photographes d’immortaliser l’art de manger ensemble, qu’il s’agisse d’un dîner de pompiers ou d’un déjeuner de moines… l’exposition en surprendra plus d’un.
Enfin, en qualité de grand témoin de ce festival, le lyonnais Grégory Cuilleron (gagnant d’Un dîner presque parfait) interviendra pour partager son expérience de cuisinier et animera avec humour plusieurs rendez-vous culinaires. Alléchant.
 
Blandine Dauvilaire
 
 
Festival du musée des Confluences - Mise en bouche : Du 19 au 23 octobre sur la péniche La Plateforme et au musée des Moulages de l’université Lumière-Lyon II, Lyon 7e. Accès libre et gratuit pour tous. Programme complet : www.museedesconfluences.fr/festival ou 04 72 69 05 00.

 

10/10/2011

Corps sans décor

Decoufle2©-Xavier-Lebours

Danse - Dès 13 ans

Moins ludique, beaucoup plus sensuelle, la dernière création de Philippe Decouflé laisse entrevoir ses inquiétudes face au monde et à sa violence. Jouant avec les images vidéoqu’il démultiplie savamment, le chorégraphe jongle avec les angles de vue, la nudité des corps et leurs différences, pour composer les huit tableaux d’Octopus. S’il est question de beauté, de laideur, d’histoires d’amour qui finissent mal, ce ballet est aussi un concentré de ses obsessions visuelles. Les silhouettes morcelées sont recomposées. Les corps ligotés en suspension s’aventurent à la lisière du cirque. Même le temps qui s’écoule hésite entre s’étirer ou accélérer. 
Ces rêveries en mouvement, accompagnées par les musiciens Labyala Nosfell et Pierre Le Bourgeois, sont aussi traversées par le comédien Christophe Salengro. Les fans de Lady Gaga apprécieront tout particulièrement les costumes en poils réalisés par son “coiffuriste” (sic) préféré, Charlie Le Mindu. Ébouriffant.
 
Blandine Dauvilaire
 
Octopus : Du 12 au 23 octobre à la Maison de la danse de Lyon, 8, avenue Jean-Mermoz, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00. www.maisondeladanse.com Tarifs : de 26 à 35 €. Durée : 1h30.
 
 
Musique baroque… à la bonne franquette
Fête musicale - En famille
Un festival dédié à la musique baroque peut de prime abord effrayer les béotiens. Pourtant, même si la programmation est relevée, la volonté des organisateurs est d’ouvrir le genre au plus grand nombre. La preuve, avec cette journée au parc aux airs de kermesse, où on transgresse les règles de bienséance du mélomane intransigeant. Lully se chante accompagné à l’orgue de barbarie. Un duo de chanteuses, adeptes de Bach, revisite AC/DC ou ABBA avec des envolées aussi baroques que loufoques, sur des accords deukulélé.
Pas de fête au village sans attractions foraines ! Le manège-théâtre à propulsion parentale conjugue raffinement, dérision et écologie : les animaux que chevauchent les enfants sont de petits chefs-d’œuvre. Le carrousel est mû par l’action des parents sur un “tape-cul” adjacent. Et pour clore la journée en beauté, place aux flonflons d’un bal… Renaissance !
 
Vincent Jadot
 
Les Musiques de Beauregard : Saint-Genis-Laval. Dimanche 16 octobre de 10h à 19h. Gratuit. www.lesmusiquesdebeauregard.fr
 
 
Quand la ville se rêve 
Atelier paysage urbain - En famille
Comment réconcilier les fureteurs et les promeneurs avec une zone où transitent hydrocarbures et autres produits de synthèse malodorants et polluants… le temps d’une journée ou plus si affinités ? Voilà un objectif digne de la quête du Graal ou, mieux, de la pierre philosophale. À travers leur projet, baptisé avec malice L’Alchimie de la vallée, les Robins des villes relèvent le défi. Très pacifiquement, ces militants urbanistes, architectes, sociologues, étudiants… se sont donné pour mission de reprendre la cité aux industriels et aux promoteurs pour la rendre aux habitants et écouter leurs rêves de ville.
Que tous ceux qui souhaitent se rallier à leur cause enfourchent leur bicyclette et rejoignent, à Saint-Fons, le parc des Clochettes (ça sonne comme un conte de fées !) le 15 octobre. Ils pourront en famille, dans la cabane à souhaits, écrire leurs rêves de ville et de rive, à la manière d’un cadavre exquis, ou lancer des idées en l’air sur des ballons prêts à s’envoler. Les plus jeunes, en attendant d’obtenir le diplôme d’architecte, d’ici une ou deux décennies, bâtiront leur ville idéale, dans l’atelier de maquette utopique. Une expophoto à ciel ouvert, si les cieux sont cléments, proposera un autre regard sur les lieux. Une visite guidée à vélo est prévue entre Pierre-Bénite et Saint-Fons, mais elle est réservée aux très jeunes copilotes, arrimés sur le porte-bagages des parents, ou aux plus grands, déjà aguerris à la conduite en ville.
En fin d’après-midi, les comédiens de la troupe Et Compagnie improviseront, en guise de bouquet final, une composition riche en couleurs des paroles échangées, des rêves formulés par tous les participants, au fil de la journée.
 
Vincent Jadot
 
L’Alchimie de la vallée : Rendez-vous au parc des Clochettes à Saint-Fons. Le 15 octobre de 10h à 17h. Accès gratuit. Infos : www.desrivesetdesreves.org
 
 
Tablette magique 
Numérique - Pour les 2 à 4 ans
C’est une grande première. En exclusivité, le Rize propose à son tout jeune public un temps de lectures et de jeux avec la tablette numérique iPad. Une jolie occasion de découvrir le potentiel ludique et interactif de cet outil, à travers une sélection d’applications minutieusement choisies. Aujourd’hui, des créateurs qui valent le détour se lancent à l’assaut de cette nouvelle technologie. C’est le cas notamment de l’auteur jeunesse Hervé Tullet, qui a conçu pour l’iPad une mise en scène ludique et artistique à faire virevolter sous les doigts des enfants. Son application, Le jeu, sera proposée aux enfants. Mais bien d’autres aussi, à l’instar de La coccinelle et les trois petits cochons, éditée par GallimardJeunesse, dans la lignée de sa collection Premières découvertes. Et si cette nouvelle animation a du succès, ce rendez-vous iPad câlins pourrait devenir régulier, dès 2012.
 
Aude Spilmont
 
iPad câlins : Samedi 12 octobre de 10h à 11h sur inscription. 04 37 57 17 17.

 

05/10/2011

Voyage de l'imagination

Huisman-23

Photo : Michel HUISMAN, No.84 (Le Poisson) © Blaise Adilon / Usine T.A.S.E.
Art contemporain – Dès 6 ans
En dépit de son titre énigmatique tiré d'un poème de Yeats, Une terrible beauté est née, la 11e Biennale de Lyon, qui réunit près de quatre-vingts artistes, est un bon cru. Sa commissaire argentine Victoria Noorthoorn a conçu un parcours où le dessin et la peinture ont leur place, aux côtés d'œuvres visuellement fortes. Ce voyage sensoriel se déploie dans quatre lieux, où la notion de beauté et celle de terrible, intimement liées, disent l'art et le monde d'aujourd'hui. Florilège à découvrir en famille.
Par Blandine Dauvilaire.
À la Sucrière
Les visiteurs entrent en scène en traversant l’installation théâtrale d’Ulla von Brandenburg, composée de lourds rideaux drapés et de cordages. Dès la sortie, nous vous conseillons de contourner par la droite le gigantesque cylindre de métal (qui révèle ses secrets vu du 1er étage), ce qui évitera aux enfants de tomber abruptement sur la performance Puxador de Laura Lima, où un artiste nu lutte de toutes ses forces pour faire tomber les piliers du bâtiment. Un peu plus loin, Le Silence des sirènes, d’EduardoBasualdo, nous place face à un paysage lunaire envahi à intervalles réguliers par un flot coloré. Aussi apaisant qu’intrigant.
Au 1er étage, les plus jeunes découvriront (enfin !) que l’intérieur du cylindre de Robert Kusmirowski abrite les vestiges d’une bibliothèque propice à se raconter bien des histoires. Tout autour, les sculptures en plâtre et tricot de Marina de Caro évoquent des hommes-graines pleins de promesses. Habillant le mur du fond, les dessins de RobbieCornelissen, réalisés à la mine de plomb, nous aspirent dans un labyrinthe urbain spectaculaire.
Au 2d étage, Michel Huisman dévoile un Secret garden poétique à chaque visiteur qui ose glisser sa tête quelques instants sous le drap. Tandis que Stano Filko envahit l’espace avec ses objets gonflables, Ernesto Ballesteros sculpte et fait voler de petits planeurs en balsa et papier japonais conçus spécialement pour l’occasion. Accueilli en résidence à la Biennale, ce passionné de modélisme encadrera des ateliers de fabrication durant trois mois, qui s’achèveront en décembre par un championnat de vol.
Bon à savoir : la Sucrière, qui vient d’être rénovée, dispose désormais d’un bar sur son toit pour faire une pause et grignoter.
 
À l'usine T.A.S.E.
Au milieu des engins de chantier, cette ancienne usine textile accueille la Biennale pour la première fois. C’est là que les œuvres les plus monumentales, les plus utopiques aussi, ont été installées. Il y règne une ambiance particulière, qui plaît d’autant plus aux enfants qu’ils peuvent gambader à l’extérieur autour des œuvres. Sous le kiosque métallique dressé à l’entrée du site par trois étudiants de l’école d’architecture de Lyon, pendent des balançoires. Mais c’est incontestablement l’œuvre de Jorge Macchi, Marienbad, qui crée la surprise. Cette reconstitution du jardin à la française filmé par Alain Resnais dans L’Année dernière à Marienbad, fait figure de mirage dans cet environnement. Tiré au cordeau au milieu des gravats, le paysage vu du premier étage de l’usine reproduit le cadrage exact du film.
Jouant avec l’illusion du réel, Lucia Koch a disposé au fond de la cour une boîte géante dont il est fortement conseillé de s’approcher pour en vérifier les contours.
Dans l’usine elle-même, Jarbas Lopes a disposé des sculptures en argile et de vastes éventails animés par les courants d’air, autour du poulailler de Laura Lima. Dans ce Galachicken and gala coop, des poules affublées de plumes aux couleurs vives voient leur comportement modifié par ces extensions (c’est du moins ce qu’affirme l’artiste). La salle suivante est entièrement consacrée au Poisson de Michel Huisman, immense sculpture dans laquelle peut pénétrer un visiteur allongé sur un lit - actionné par un autre visiteur - pour vivre une expérience “secrète”. L’expérience en question ne mérite pas de faire la queue pendant des heures, s’il y a trop de monde, contentez-vous de jeter un œil dans la bouche de l’animal.
Au musée d'art contemporain
La plupart des œuvres présentées au M.A.C. intéresseront surtout les adultes. L’espace a été volontairement coupé en deux sur les trois niveaux pour mettre en dialogue le travail des artistes. Néanmoins, si vous y passez en famille, privilégiez l’installation de Michel Huisman (il est partout cette année), qui aligne 75 oiseaux empaillés à sa façon dans des boîtes en carton. Au 3e niveau, La Sorcière de Cildo Meireles a pris possession du sol en le recouvrant de 2 400 kilomètres de fil noir ! Les petits malins finiront par débusquer son balai magique. Le travail d’origami déplié de Pierre Bismuth fera aussi gamberger les curieux qui tenteront d’imaginer la sculpture initiale.
À la Fondation Bullukian
Deux dômes géodésiques construits avec des branches ou des planches, d’après les travaux du célèbre architecte-designer Richard Buckminster Fuller, ont pris place dans le jardin. Ces cabanes aux allures d’igloos évidés sont particulièrement belles le soir lorsqu’elles sont illuminées.
À l’intérieur, Yona Friedman a conçu une sculpture de carton illustrant sa conception de “l’architecture mobile”.
En regard, le jeune artiste colombien Nicolas Paris expose son propre univers teinté d’utopie.
 
11e Biennale de Lyon :  Jusqu’au 31/12/2011 à la Sucrière, la Fondation Bullukian, le musée d’Art contemporain de Lyon et l’usine T.A.S.E. de Vaulx-en-Velin.
www.labiennaledelyon.com Du mardi au vendredi de 11h à 18h, le week-end de 11h à 19h. Tarifs : gratuit - 15 ans et étudiants de la région, 6 € - 26 ans, 12 € / adulte. Visite Complice et atelier en famille. Visite des sucripants pour les 3-5 ans ; atelier Bac à sucre pour les 6-10 ans ; visite anniversaire. Sur réservation au 04 27 46 65 66.
 
Mouvements symphoniques
Concert en famille - Dès 6 ans
Pour ce premier concert en famille de la saison, l’Auditorium a demandé à Dominique Hervieu, nouvelle directrice de la Maison de la danse et chorégraphe, de mettre en scène et en mouvements les musiciens de l’orchestre national de Lyon et les chanteuses du chœur Émelthée. Quatre danseurs interviendront ponctuellement durant le programme symphonique dirigé par Philippe Forget, qui fera découvrir aux plus jeunes la Messe à trois voix de Caplet, trois Scènes villageoises de Béla Bartók, les Danses de Galánta deKodály et le Récit d’Escaich. En final sera interprété le Sanctus de la Missa Brevis pour orgue de Kodály, un grand moment en perspective puisque le mur s’ouvrira en direct pour dévoiler l’impressionnant instrument à tuyaux, dont jouera Mathias Lecomte.
 
Blandine Dauvilaire
 
Concert en famille : La Danse. Le 8 octobre à 15h et 18h à l’Auditorium, 149, rue Garibaldi, Lyon 3e. Tél. 04 78 95 95 95. www.auditorium-lyon.com Tarifs : 3 € / - 12 ans, 15 €.
Dès 12 ans. Durée : 1h.

 

 

27/09/2011

Grandes émotions

Jewel-Thief-ed-Saga-Boolywood

Photo : Jewel Thief ed Saga Boolywood © DR
Festival de cinéma - Dès 6 ans
Pour sa troisième édition, le festival Lumière, qui célèbre l’histoire du cinéma, offrira cette année aux plus jeunes de véritables trésors du patrimoine. Ils découvriront en copies restaurées les aventures d’Ali Baba et les quarante voleurs* de Jacques Becker (1954), interprété par l’irrésistible Fernandel ; encourageront petit Gibus dans sa truculente Guerre des boutons* réalisée par Yves Robert (voir critique ci-dessous) ; seront émus par Les Enfants du paradis**, merveille de Marcel Carné dont scénario et dialogues sont signés Jacques Prévert (1945). Les mélomanes apprécieront la version ciné-concert des Quatre cavaliers de l’Apocalypse** de Rex Ingram (1921), accompagnée par les musiciens de l’Orchestre national de Lyon sous la direction d’Ernst van Tiel. Après quelques frissons lors de la Nuit de la science-fiction***, les plus grands s’étourdiront de couleurs et de musiques avec l’hommage à Bollywood***. Un festival d’émotions.
 
Blandine Dauvilaire
 
Festival Lumière : Du 3 au 9 octobre à Lyon. Programme complet : www.festival-lumiere.org ou 04 78 76 77 78. Inauguration du village en famille le 27/09 après-midi avec des projections surprises (dès 7 ans).
* dès 6-7 ans / ** dès 12 ans / *** dès 10 ans
 
 
1962 - La version originale
GUERRE-DES-BOUTONS-(1961)-10
Cinéma - Dès 6 ans
Bien plus qu’un roman, La Guerre des boutons, écrit par Louis Pergaut en 1914, était un bréviaire que le petit Yves Robert et ses copains se refilaient sous le manteau. Son attachement et sa connaissance du livre l’ont naturellement poussé, une fois devenu cinéaste, à en donner sa propre version. Comme il l’a un jour déclaré, “J’ai rêvé éveillé La Guerre des boutons”. Si son film traverse les décennies sans prendre une ride, s’il a totalement éclipsé une première adaptation réalisée en 1936, c’est parce qu’il dépeint avec un réalisme rarement égalé le monde de l’enfance rurale. Pas une enfance proprette ou modèle, non, mais celle des genoux écorchés, du nez qui coule, celle du déshonneur et de l’engueulade.
Tendresse et cruauté se mélangent dans cette chronique, où deux bandes de gamins de villages voisins s’affrontent le soir après l’école. D’un côté, les Longeverne, dont le chef, cette tête de mule de Lebrac, montre toujours courage et dignité. De l’autre, les Velrans, dont le chef, l’Aztec, aime traiter les Longeverne de peigne-culs. La lutte est sans merci, impitoyable. Les turbulents petits diables se battent dans la forêt, armés d’épées en bois. Ils kidnappent leurs ennemis, leur arrachent leurs boutons. Mais ils savent aussi faire la trêve quand l’heure est grave, comme pour soigner un lapin blessé à la patte. C’est ainsi toute l’absurdité de la violence que dénonce alors Yves Robert au travers de cette terribleguéguerre : “Les bandes, les bagarres, j’ai bien connu. La lutte des classes, la lutte pour la différence, la lutte pour une vieille et sombre histoire du passé, cela a toujours existé. De village à village, ou de trottoir à trottoir... J’ai bien peur qu’aujourd’hui, dans certaines banlieues, la guerre des boutons soit beaucoup plus violente”.
La réussite du film émane aussi de sa distribution. Malgré la présence savoureuse de Michel Galabru, Jean Richard ou Jacques Dufilho, les adultes ne sont que de lointaines silhouettes. Yves Robert a donné la part belle aux enfants. Il en a photographié près d’un millier, notamment dans des centres aérés, pour trouver les jeunes comédiens. Parmi eux, Martin Lartigue, dans le rôle du craquant Petit Gibus, dont la réplique “Si j’aurais su, j’aurais pas venu” reste gravée dans toutes les mémoires. Dialogué avec drôlerie et truculence, le film amuse autant qu’il demeure un précieux document sur une France aujourd’hui disparue. À ce sujet, le cinéaste (décédé en 2002) citait une anecdote éloquente. Dans les années 90, à l’issue d’une projection, un gamin lui demande : “Comment se fait-il que les élèves ne rentrent pas chez eux après l’école ? Qu’ils aillent courir et se bagarrer dans la forêt ?” À ses côtés, un tout-petit lui répond : “Mais t’es con ou quoi, ils n’ont pas la télé”. Allez hop, on éteint cette satanée télé et on emmène ses enfants au cinéma découvrir ce bouleversant chef-d’œuvre qu’est La Guerre des boutons.
 
Laurent Djian
 
La Guerre des boutons
D’Yves Robert (France, 1962). Durée : 1h30.         
Mercredi 5 octobre à 14h30 à la Halle Tony Garnier, 20 place Docteurs Mérieux, Lyon 7e. Dans le cadre de LUMIÈRE 2011 / Grand Lyon Film Festival. Tarifs : 6 € adultes et 4 € enfants. Goûter offert. Achat des places à l’avance : 04 78 76 77 78 ou www.festival-lumiere.org
 

 

21/09/2011

La nuit des chercheurs

2010nuit-84

© DR

Rencontre - Dès 6 ans
Comment se forme un embouteillage sur la route ? Doit-on craindre de grandes sécheresses dans les années à venir ? Comment apprendre les maths par le jeu ? Nombreuses sont les questions que nous nous posons. Lors de cette rencontre culturelle et ludique, des chercheurs passionnés apporteront leurs réponses aux curieux de tous âges.
Vendredi 23 septembre, de 17h à 23h. Gratuit. Au CCO de Villeurbanne. Renseignement : 04 37 37 26 86.
  
 
Sur la route des enfants du vent
Livres / Musiques - Dès 3 ans
Avec pour ingrédients des airs mélancoliques ou enjoués, une soif de liberté et une invitation à la rencontre de l'autre, voici une sélection de beaux albums et CD à la découverte de la culture des gens du voyage.
 
Constellation musicale
Dès 3 ans
Dans la belle collection À la découverte des musiques du monde, ce livre CD nous plonge dans la culture des gens du voyage. Le récit tendre et métaphorique met en scène le petit Angelo. Dans le ciel nocturne, il découvre, auprès de son grand-père, la constellation du petit cheval d’étoiles qui écrit le mot liberté. L’histoire est magnifiquement mise en musique par le grand guitariste Titi Robin. Une partie documentaire ludique et pédagogique dévoile les différents instruments et chants au pays des manouches et des gitans.
La musique des gitans, de Béatrice Fontanel, Charlotte Gastaut et Titi Robin. Éditions Gallimard jeunesse. 13,50 €.
 
Onirisme et humanisme
Dès 6 ans
Voyager avec les yeux et avec le cœur, c’est l’expérience que nous fait vivre ce splendide album. Ce conte nous entraîne dans l’univers de la famille Topino, dont les roulottes et le chapiteau de cirque sont guidés vers des jours plus heureux par la chèvre bleue Bisha. Empreint d’humanisme et de poésie, le récit est une invitation à la rencontre des Roms et à la tolérance. Il est finement servi par les illustrations oniriques et denses de Delphine Jacquot. Les personnages aux regards vifs et francs affichent une belle dignité.
Bisha, la chèvre bleue qui parlait rom, d’Alain Serres et Delphine Jacquot. Éditions Rue du Monde. 16 €.
 
Romance et guitare manouche
Dès 6 ans
Mariette voit un jour débarquer, non loin de son immeuble, des tsiganes qui installent leurs roulottes sur un terrain vague. Elle va se prendre d’affection amoureuse pour Babik, qui joue de la guitare comme un dieu. Mais leurs parents respectifs ne voient pas d’un bon œil cette romance. Coédité par la Cité de la musique, ce livre CD est accompagné de la musique, aussi joyeuse que mélancolique, de Django Reinhardt (jouée notamment par son petit-fils, David Reinhardt). Les illustrations d’Élise Mansot donnent une tonalité poétique à l’album.
Babik, l’enfant du voyage, raconté par Anne Montage. Éditions Actes Sud Junior. 15 €.
 
Vagabondage ludique
Dès 7 ans
Dans la très originale collection Les ciseaux migrateurs, cet album, mi-documentaire mi-cahier d’activités, invite les enfants à un vagabondage autour de la culture tsigane. Munis de crayons, de ciseaux et d’un peu d’imagination, ils sont conviés à monter dans la caravane, revêtir un costume de cirque ou partir aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Cet ouvrage très malin fait la place à de beaux dessins à l’esprit BD réaliste. Il est accompagné d’autocollants et d’un jeu de l’oie. Très réussi.
Comme un tsigane, par les Tigres gauchers et Damien Laverdunt. Éditions JBZ&Cie. 13,50 €.
 
La gadgie et le gitan
Dès 9 ans
Camille est plutôt méfiante lorsque arrive dans sa classe de CM2 un jeune gitan, prénommé Angel. Comble de malchance, la maîtresse le place à côté d’elle. Mais progressivement, Camille voit voler en éclats tous ses préjugés sur la communauté des gens du voyage. Une complicité se noue entre la gadgie et le gitan. Écrit dans un style alerte et vivant, ce roman véhicule une bien belle idée : comment l’amitié peut s’enrichir de nos différences. Le ton, non moraliste, est habilement teinté d’humour.
Dans les yeux d’Angel, de Cécile Roumiguière. Éditions Castor Poche. 6 €.
 
La force de l'éphémère
Dès 10 ans
Romane est une petite sédentaire qui adore regarder l’unique train qui passe chaque jour dans son village. Un jour, elle rencontre Roman, un jeune nomade roumain venu s’installer temporairement avec ses parents dans la gare abandonnée. Ce récit à l’écriture fluide et sensible évoque avec beaucoup de justesse l’amitié amoureuse des adolescents et leur soif de liberté… On y croise un personnage très touchant - un vieux monsieur qui espère depuis 60 ans le retour de sa dulcinée par le train de 18 h 56. Ce roman sans fard est un appel à vivre pleinement le temps présent - à croire, comme les nomades, à la force de l’éphémère.
Rom, Roman, Romane, d’Hélène Montardre. Éditions Rageot. 5,90 €.
 
Aude Spilmont.

 

 

14/09/2011

L'art en beauté

Lima-02
Biennale d'art contemporain - Dès 5 ans
Tirant son titre d’un poème de Yeats, Une terrible beauté est née, la 11e Biennale d’art contemporain de Lyon expose les œuvres de près de quatre-vingts artistes. Conçu par la commissaire argentine Victoria Noorthoorn, le parcours ponctué d’œuvres visuellement fortes devrait susciter la curiosité des enfants comme celle de leurs parents. On retiendra tout particulièrement l’installation théâtrale d’Ulla von Brandenburg, qui transforme le spectateur en acteur ; l’impressionnant jardin à la française reconstitué par Jorge Macchi à proximité de l’usine T.A.S.E. (nouveau lieu associé à la Biennale) ; le poulailler de Laura Lima, dans lequel une cinquantaine de poules au plumage étoffé de plumes de couleur voient leur comportement modifié par ces ajouts ; l’énorme poisson construit par Michel Huisman, et beaucoup d’autres surprises. Dans le cadre du projet Veduta, ne manquez surtout pas la performance d’Ernesto Ballesteros, qui créera et fera voler pendant toute la durée de la Biennale de petits avions en balsa*.
 
Blandine Dauvilaire
 
11e Biennale de Lyon : Du 15/09 au 31/12/2011 à la Sucrière, la fondation Bullukian, le musée d’Art contemporain de Lyon et l’usine T.A.S.E. www.labiennaledelyon.com
Du mardi au vendredi de 11h à 18h, le week-end de 11h à 19h. Tarifs : gratuit - 15 ans et étudiants de la région, 6 € - 26 ans, 12 € adulte.
Visite Complice et atelier en famille. Visite des sucripants pour les 3 - 5 ans ; atelier Bac à sucre pour les 6 - 10 ans ; visite anniversaire. Sur réservation au 04 27 46 65 66.
* En partenariat avec Grains de Sel.
  
La Guerre des boutons
Cinéma - Dès 6 ans
La fameuse réplique “Si j’aurais su, j’aurais pas venu”, ne figure pas dans cette nouvelle version de La Guerre des boutons. Yann Samuell s’est en effet davantage inspiré du roman que de l’adaptation d’Yves Robert. Du long métrage, toutefois, le cinéaste a voulu garder la manière de filmer les enfants, comme captés sur le vif. Il en découle un aspect quasi documentaire qui apporte une authenticité indéniable au film, tant sur le monde de l’enfance que sur la France rurale de 1960 qu’il dépeint. Le combat entre les petitsLongeverne et leurs voisins ennemis, après l’école, leurs guets-apens, leurs batailles à l’épée de bois, n’en ont que plus de saveur. Les répliques truculentes fusent, et le castingadultes (Éric Elmosnino, Alain Chabat…) renforce la dimension burlesque. Le cinéaste peine toutefois à donner de l’émotion. Même lorsque qu’il intègre la guerre d’Algérie, qui fait rage en toile de fond, ou lorsqu’il s’intéresse aux malheurs de Lebrac (le chef des Longeverne), contraint d’aider sa mère à la ferme. C’est la limite de ce divertissement à l’ancienne.
Sortie le 14 septembre. De Yann Samuell. Durée 1h35.
 
Interview de Yann Samuell :
Pourquoi avez-vous de nouveau adapté au cinéma, cinquante ans après Yves Robert, le roman La Guerre des boutons ? 
L’idée m’a été soumise par mon producteur, Marc du Pontavice. Quand j’en ai parlé à mes cinq enfants, ils ont tous sauté au plafond. Leur enthousiasme m’a indéniablement motivé. Comme moi, ils adorent la version d’Yves Robert. Mais ils n’en comprennent pas tous les dialogues à cause de la langue d’autrefois et surtout de la mauvaise qualité sonore.
 
En quoi cette histoire, que vous avez située à la fin des années 50, a-t-elle gardé sa modernité ? 
Soyons honnêtes : le monde de l’enfance a énormément évolué. On a, un temps, songé à transposer le récit de nos jours, en l’occurrence dans les banlieues. Mais cela revenait à le dénaturer, à lui enlever son essence bucolique. Si le roman traverse toutefois les générations, c’est parce qu’il parle de l’enfance avec réalisme, sans bêtement l’idéaliser. Il montre son âpreté, sa dureté, tout en restant léger. Je voulais préserver cette authenticité, privilégier le naturalisme et l’intimisme au spectaculaire hollywoodien.
 
Avez-vous apporté des modifications ? 
J’aime quand les filles tiennent la dragée haute aux garçons. Je me suis alors permis d’étoffer le personnage féminin, Lanterne. Dans le livre, à part nettoyer la cabane et recoudre les boutons, elle n’existe pas. C’est une vision un peu désuète, non ?
 
Que souhaitez-vous que l’on retienne du film ? 
Lors d’une scène, les gamins dessinent une grande fresque à la craie que la pluie vient aussitôt effacer. L’enfance, c’est ça, un instant magique, coloré, mais qui disparaît vite. Il faut donc la vivre pleinement.
 
Propos recueillis par Laurent Djian.
 
Vachement bien !

Journées du patrimoine - En famille
Bienvenue aux Journées du patrimoine : ne manquez pas les superbes prim’holstein ! Non, il ne s’agit pas de peinture flamande, mais d’une race de vaches laitières, pensionnaires de la ferme du Polisan. À l’occasion de cet événement culturel annuel, les propriétaires vous convient à une balade en compagnie d’un paysagiste, à la découverte de la campagne environnante et des hôtes de ces lieux. À la ferme de la Jamayère, bâtisse du 17e siècle, les “joyaux” (ruminants) de la visite sont des limousines. Au cœur de cette exposition vivante et très nature, on découvre le métier d’éleveur, les plus jeunes réalisent des animaux en pâte à modeler, et tous dégustent des produits issus de l’élevage.

Vincent Jadot
 
Dimanche 18 septembre : 11h, 15h, 16h15 et 17h30.
À la ferme de La Jamayère, à Brignais (69) et à la ferme du Polisan, à Saint-Héand (42). Gratuit. www.elevages-et-paysages.com
 
Journées du patrimoine : les bons plans en famille
 
Balades en canoë, vélo ou calèche au Grand Parc Miribel Jonage
En canoë : découverte du canal de Miribel, dès 10 ans, de 9h à 12h ou de 13h30 à 16h30.
À vélo : découverte des itinéraires modes doux ViaRhôna et Anneau Bleu, dès 10 ans, de 9h30 à 12h ou de 14h à 16h30.
En calèche : découverte de l’allée des Mûriers, en famille, de 10h à 12h ou de 13h30 à 15h30.
Le 17 septembre, sur réservation : 04 78 80 56 20.

Visite du chantier du tunnel de la Croix-Rousse
Découverte des engins de forage, visite du tube en creusement, découverte des techniques de soutènement et de creusement… tel est le programme de cette visite du chantier de rénovation du tunnel de la Croix-Rousse qui aboutira à la création d’une galerie de modes doux.
Prévoir une tenue adaptée (chaussures de sport), accès impossible aux poussettes.
Le 17 septembre, en famille dès 7 ans. Durée 20mn. De 9h à 17h. Entrée du chantier côté Rhône, place Chazette.

Débaroulons du Gros Caillou aux Terreaux
Balade sur les pentes de la Croix-Rousse destinée aux enfants (à partir de 8 ans) et à leur famille sur le thème : « Les voies de communication terrestre ».
Au programme : analyse de l’évolution des pentes au fil des siècles à partir de plans de différentes époques, découverte des moyens de contrôle des voies de circulation (remparts, entrées, péages), histoire de la Grand’Côte, l’ouverture des rues et l’urbanisation, rencontres. Document sous forme de jeu de piste remis aux enfants.
Les 17 et 18 septembre, à 10h30 et 15h. En famille dès 8 ans. Durée 2h.

Site de maintenance SNCF
Des trains du quotidien au n°47 aux défis de la grande vitesse au n°80, passez de l’autre côté du miroir pour vivre une expérience unique au coeur des TER et des TGV.

Montée en cabine de conduite, explications autour de maquettes, découverte d’un bâtiment industriel écologiquement responsable. Atelier dessin pour les enfants. Projection de films.
Les 17 et 18 septembre, de 13h à 18h. Dernière entrée à 17h le 17, à 16h le 18. En famille dès 7 ans. Au Technicentre de Lyon, 47, rue de la Croix-Barret, Lyon 7e.

Du couvent à l'école des Beaux arts
Des nonnes, des militaires, des artistes, les Subsistances, c'est toute une histoire.
Les 17 et 18 septembre de 10h à 20h, visite libre autoguidée.
Les 17 et 18 septembre à 16h30, visite guidée en famille.
Les 17 et 18 septembre à 10h, 11h30, 14h30, 16h, 17h30 et 19h, visite guidée théâtralisée « la (Re)visite des Subs » par la compagnie Il sera une fois : visite guidée par soeurs Marguerite et Angélina qui par leur regard éclairé et halluciné, vous livreront les secrets de l'histoire. Rendez-vous à l’accueil billetterie. Dès 8 ans. Durée : 45 min.
Les Subsistances, 8 Bis, quai Saint Vincent, Lyon 1er.

Station d'épuration
Visites guidée : parcours pédagogique (en extérieur), projection d'un film, présentation du fonctionnement de la station.
Le 17 septembre de 14h à 18h (dernier départ à 16h30) et le 18 septembre de 10h à 12h (dernier départ à 11h) et de 14h à 18h (dernier départ à 16h30) : Visites guidée, parcours pédagogique (en extérieur), projection d'un film, présentation du fonctionnement de la station et de son rôle (notamment comme outils d'éco citoyenneté et de développement durable).
Démonstrations de véhicules de curage, atelier vannes et métrologie. Echange avec des professionnels de la direction de l'eau du Grand Lyon. Animation pour les enfants autour de l'eau.
En famille, dès 6 ans. Station d'épuration, Chemin du Barrage à Pierre-Bénite. 04 78 95 89 08.
 
Anne Bens

13/09/2011

Sur le ring

BOXEBOXEcMichelCavalca
Photo © Michel Cavalca

Danse hip-hop - Dès 10 ans
Enveloppés par les accords du Quatuor Debussy qui joue en direct, les danseurs de la compagnie Käfig revisitent les souvenirs de boxeur amateur du chorégraphe Mourad Merzouki. Les lumières et la musique de toute beauté, l’humour clin d’œil à Chaplin et l’esthétique à la Tim Burton, confèrent au spectacle Boxe boxe un charme fou.
 
Blandine Dauvilaire
 
Boxe boxe : Du 9 au 18/09 à la Maison de la danse, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00. Tarifs : de 18 € à 27 €. Durée : 1h10.

12/07/2011

Fondant délirant

Festival Les Fondus du macadam - En famille

Un petit air de vacances au bord du lac Léman. Thonon-les-Bains transformée en ville-théâtre. Du 9 au 13 août prochains, le festival Les Fondus du macadam investira les places, cours intérieures et scènes dans un tourbillon de propositions artistiques. Quarante-cinq compagnies de théâtre, danse, cirque, groupes de musique seront de la partie. Résolument familial, ce festival bien rodé, qui en est déjà à sa 16e édition, réussit joliment le pari d’être populaire tout en affichant une exigence artistique. Il nous réserve cette année bien des surprises, dont l’excellent Île O, un spectacle de cirque aquatique de la compagnie Barolosolo. À découvrir également, du théâtre culinaire ou le concert des Charentaises de luxe, groupe de quatre musiciens gominés, en pantoufles bien sûr.

Aude Spilmont

Les Fondus du macadam, à Thonon-les-Bains : Du 9 au 13 août. Tél. 04 50 71 55 55. Spectacles gratuits et payants. www.lesfondusdumacadam.com

 

Prendre fête et cause

Photo-m

Photo Le Filment - Fil'Amor(t) @ Manon Valentin

Soirée engagée - Dès 12 ans

Ce sont des familles comme les autres, mais, un jour, leur vie a basculé. Confrontées à l’insécurité politique, les persécutions ou les violences, elles ont dû fuir leur pays pour chercher la sécurité ailleurs. On les appelle des réfugiées. Elles relèvent de notre protection, comme le veut la convention de Genève, ratifiée par 147 pays à travers le monde. À l’occasion du 60e anniversaire de ce traité fondamental, l’association Forum réfugiés organise le 31 juillet prochain, au théâtre romain de Fourvière, une soirée de fête et d’alerte en faveur des réfugiés dans le monde. Une cause à laquelle sont sensibles de nombreux adolescents, capables de se mobiliser pour un camarade de collège ou de lycée débouté du droit d’asile. Résolument militante, cette nuit d’alerte à Fourvière nous invite à défendre la nécessaire protection des réfugiés, régulièrement mise à mal par les replis identitaires et les égoïsmes nationaux. La soirée sera émaillée de prises de parole de témoins, et de nombreux artistes ont décidé de s’associer à l’événement. Parmi ceux présents figurent de belles têtes d’affiche, dont les Têtes Raides, jamais avares d’engagements. Mais aussi le radieux Sanseverino, l’homme à mille cordes à son arc, pas seulement virtuose de jazz manouche mais aussi rockeur à ses heures, et ciseleur de textes décalés. Il faudra également compter sur le chanteur kabyle Idir et la lumineuse Rokia Traore, qui se produit dans les plus grandes salles européennes, preuve de l’universalité de sa musique. On voyagera du côté des sonorités brésiliennes avec Philippe Baden Powell (digne fils de) et Marcio Faraco. Quelques Lyonnais seront de la partie, dont la pétillante Karimouche. On nous promet même une apparition magique, en apesanteur, avec un funambule de la compagnie Davasi, perché à six mètres de haut et accompagné d’un violoncelle. Autant d’arguments pour prendre fête et cause pour ce bel événement.

Aude Spilmont

La Nuit d’après : Le 31 juillet de 19h à minuit au théâtre romain de Fourvière. 25 €, 20 € pour les moins de 26 ans. Location : Fnac, Carrefour, Géant, Magasins U, Intermarché. Rens. www.forumrefugies.org

 

Chalon : actualité et arts de la rue

Festival Chalon dans la rue - En famille

Pour ses 25 ans, le festival Chalon dans la rue a choisi de marquer le coup en offrant un concert pyrotechnique des Commandos Percus et déambulations festives en plein centre-ville. Plus spectaculaire, l’édition 2011 reste néanmoins fidèle à la ligne du festival, qui est de montrer l’incroyable diversité des démarches artistiques qui se déploient dans l’espace public. La notion de “genre” ou de discipline a totalement éclaté, puisque Chalon dans la rue accueille non plus seulement du théâtre de rue, mais un entremêlement de tous les arts. Au programme de Chalon 2011 : une déambulation robotisée (The Wolves par les Espagnols de Deabru Beltzak), une féerie visuelle et musicale (L’Effet sphère par la compagnie Les Quidams), un opéra de rue enchanté (Le Bonheur est dans le chant, par les Grooms), ou encore une symphonie virtuelle (La Grande Pictophonie 3D par Puce Muse). 

Les spectacles de l’édition 2011 sont également beaucoup en résonnance avec l’actualité et l’avenir de la planète. Les artistes se tiennent au plus près des préoccupations sociales et politiques : les flux migratoires, notamment africains, avec l’installation plastique monumentale d’Art point M Soyez les bienvenus. Le glissement des activités industrielles vers l’Est avec le spectacle de “poésie industrielle” de Metalovoice. Ou encore le témoignage d’un photographe de guerre, en écho à un groupe de danseurs, sur les “(des) astres du monde”, des conflits majeurs de la seconde moitié du XXe siècle au printemps du monde arabe.

Anne-Caroline Jambaud

Chalon dans la rue : Du 20 au 24 juillet à Chalon-sur-Saône. www.chalondanslarue.com

 

 Cirque romain et contemporain

Le Nouveau Festival d'Alba-la-Romaine - En famille

Le maître de cérémonie est Alain Reynaud, fabuleux clown de la compagnie des Nouveaux Nez, et directeur artistique de La Cascade, Maison des arts du clown et du cirque. Pour la troisième année consécutive, il a concocté le programme du Nouveau Festival d’Alba-la-Romaine. Cinquante artistes circassiens seront présents, investissant le théâtre antique, un chapiteau ou le village médiéval d’Alba, dans une profusion de pitreries et d’impromptus poétiques. Parmi eux figureront les dix-huit acrobates de la compagnie XY, ainsi que les élèves de la dernière promotion du Centre national des arts du cirque. Les mots seront mis à l’honneur avec Voyage sur place, spectacle des Nouveaux Nez. Pour célébrer cette rencontre improbable entre le cirque contemporain et le patrimoine, les enfants et les parents pourront s’initier pêle-mêle à l’archéologie, au trapèze volant ou à la cuisine romaine. Détonnant.

Aude Spilmont

Le Nouveau Festival d’Alba-la-Romaine, en Ardèche : Du 13 au 17 juillet. Tél. 04 75 54 46 33. www.lenouveaufestivaldalba.fr

 

05/07/2011

Arrêt sur images

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Photo © Dulce Pinzon

Festival Les Rencontres d’Arles - Dès 8/10 ans

Chaque été, Les Rencontres d'Arles transforment la ville en une gigantesque galerie d'art dédiée à la photographie. Parmi les 60 événements proposés cette année - dont un vaste programme mexicain - voici cinq expositions qui nourriront le regard des enfants. Par Blandine Dauvilaire.

La Véritable histoire des super-héros

Dulce Pinzon s’intéresse aux héros méconnus qui œuvrent chaque jour dans l’ombre, plus particulièrement les travailleurs immigrés mexicains à New York. Consacrant une partie de leurs maigres salaires à leurs familles restées au Mexique, ils sont le trait d’union économique entre ces deux pays. En les habillant de costumes de super-héros, la photographe pose un regard décalé sur ces hommes et ces femmes dépourvus du moindre super-pouvoir, hormis leur courage.

 À l’Atelier des forges.

Graciela Iturbide

Le festival rend hommage à cette inlassable baroudeuse mexicaine née en 1942, qui photographie le monde pour mieux le comprendre. Ses paysages chargés de symboles, comme ses célèbres portraits d’Indiens de la région de Sonora, témoignent de l’équilibre fragile entre l’homme et la nature. La rétrospective d’Arles s’annonce comme l’une des plus complètes de sa carrière.

À l’espace Van Gogh.

Wang Qingsong

Peintre devenu photographe pour mieux dénoncer les transformations radicales qui touchent sa Chine natale, Wang Qingsong présente une œuvre spectaculaire baptiséeL’Histoire des monuments (2009). Pour réaliser cette fresque de 42 mètres de long, 200 figurants aux corps enduits de boue ont pris place pendant quinze jours dans les formes préalablement creusées du décor, où ils ont été photographiés. Jouant avec les codes de l’Antiquité, l’artiste interroge l’héritage culturel de son pays.

À l’église des Trinitaires.

La Valise mexicaine

Perdue en 1939, retrouvée à Mexico en 2007, la fameuse valise mexicaine de Robert Capa, contenant 4 500 négatifs de la guerre d’Espagne, est exposée pour la première fois en Europe. Présentées sous la forme de planches contact agrandies, ces photos, également signées de Chim (David Seymour) et Gerda Taro, témoignent du travail des photographes de guerre.

Au musée de l’Arles antique (profitez-en pour découvrir le buste de Jules César trouvé au fond du Rhône en 2007).

Des Clics et des classes

Destinée à sensibiliser les jeunes à la photographie, cette opération nationale permet depuis huit ans aux élèves (du primaire au lycée), encadrés par des artistes, de réinventer la traditionnelle photo de classe. Les 28 clichés exposés étonneront petits et grands par leur originalité. 

Au palais de Luppé. 

42es Rencontres d’Arles : Jusqu’au 18 septembre dans toute la ville.

Dès 8/10 ans. Certaines expositions sont réservées aux ados ou aux adultes.

Gratuit pour les -18 ans. Tél. 04 90 96 76 06. www.rencontres-arles.com 

. Stage Déclic photographique pour les 12-16 ans, du 17 au 20 août (380 €).

. À voir également : exposition  des affiches dessinées par Michel Bouvet pour les Rencontres d’Arles depuis 2002. À l’Atelier de maintenance.

Adresses utiles :

. Où grignoter ? Les gourmands ne jurent que par les glaces artisanales de Soleileïs, 9, rue Fanton. Pour une vraie pause goûter près des arènes, gagnez le jardin ombragé de l’hôtel Calendal, 5, rue Porte-de-Laure.

. Où prendre l’air ? Au jardin d’été près du théâtre antique, seul jardin public de la ville.

. Où se baigner ? À 40 km d’Arles, la plage de Piémanson (non équipée) est le rendez-vous des habitués. Ambiance cool et accès facile.

. Durant tout l’été, la ville d’Arles organise des animations médiévales le lundi et sur le thème des jeux olympiques à l’époque romaine les mardis et jeudis. Tarif : 3 € de 5 à 18 ans. www.arlestourisme.com O.T. d’Arles : 04 90 18 41 20.

 

L'irrésistible escale musicale

Festival Fêtes escales - En famille

Une bonne dose de musique, un esprit de partage et un cadre champêtre, tels sont les ingrédients des Fêtes escales de Vénissieux. Pour la 13e édition de ce festival entièrement gratuit et agréablement installé dans le parc Dupic, les enfants sont à la fête, avec une journée qui leur est dédiée le mercredi 13 juillet. Le matin, les petits citoyens sont invités à débattre sur la biodiversité. L’après-midi, les quatre musiciens-acteurs-chanteurs du groupe Tom Nardone et les sales gosses donneront un spectacle bio vitaminé avec des chansons rigolotes ou décoiffantes, dont leur titre Faut recycler (dès 5 ans). La journée du 14 juillet sera aussi résolument familiale et conviviale. Avant le traditionnel pique-nique républicain du festival, le chœur d’enfants de la maîtrise de l’Opéra national de Lyon et les musiciens de la fanfare Balamaksäk (musique des Balkans) seront sur la grande scène pour un concert exceptionnel. Les Fêtes escales de Vénissieux, c’est aussi quatre soirées concerts aux couleurs musicales différentes (dès 12 ans) : du rock’n folk avec notamment Zen Zila, une soirée culture urbaine avec Karimouche et Djazia Satour, de la chanson française (Les Hurlements d’Léo, Madjo) ainsi que l’Orchestre national de Barbès, dans une soirée consacrée aux musiques du monde.

Aude Spilmont

Fêtes escales : Du 11 au 14 juillet dans le parc Dupic de Vénissieux. Gratuit. www.ville-venissieux.fr

 

Rythmes du bout du monde

Festival Les Jeudis des musiques du monde - En famille

C’est l’un des rendez-vous les plus réjouissants des festivités estivales lyonnaises. Depuis quatorze ans, Les Jeudis des musiques du monde nous offrent un voyage sonore autour des cultures du monde entier. Au total, sept concerts gratuits sont programmés tous les jeudis de l’été au jardin des Chartreux, perché en haut des pentes de la Croix-Rousse. On y vient souvent en famille, parfois avec son pique-nique, et les enfants investissent rapidement le devant de la scène en dansant. Cette année encore, le Centre des musiques traditionnelles Rhône-Alpes a concocté une subtile et réjouissante programmation aux accents de découvertes et de fêtes. En ouverture des Jeudis des musiques du monde, des femmes kabyles viendront nous faire vibrer au son de polyphonies berbères. La semaine suivante, la soirée du 14 juillet, placée sous le signe des Antilles, nous promet des rythmes explosifs et enjoués. Plus tard dans l’été, on se laissera ensorceler au son des voix des Alpes et des Pyrénées, on partira aussi en balade autour de la mémoire migrante de l’agglomération lyonnaise lors d’une soirée anniversaire de la 15e édition de ce festival pas pareil… Le tout se terminera le 25 août par une soirée rumba congolaise, qui devrait débrider les plus récalcitrants au déhanchement.

Aude Spilmont

Les Jeudis des musiques du monde : Du 7 juillet au 25 août. Au jardin des Chartreux, 36, cours du Général-Giraud, Lyon 1er. Apéritif sonore à 19h, concert à 20h30. Gratuit. www.cmtra.org

 

28/06/2011

La magie du cinéma

Visuel Stuart-Little-© DR
Photo : Stuart Little © D.R.

Exposition - Dès 6 ans

Bonne nouvelle pour tous les amateurs d’effets spéciaux : le musée Miniature et Cinéma vient d’étoffer sa collection dédiée au 7e art. Depuis 2005, Dan Ohlmann, son directeur (également connu pour ses talents de miniaturiste), traque sans relâche les objets mythiques utilisés par les studios de cinéma, pour leur donner une seconde vie. À travers 200 pièces uniques, il dévoile les secrets de fabrication d’une centaine de films passés ou non à la postérité. Ainsi, les story-boards de Troie et Spider-man voisinent-ils avec les animatroniques (automates radiotélécommandés) de Gremlins 2Men in black II et même quelques poulets d’OSS 117. Les enfants retrouveront avec joie Stuart LittleI Robot, la tête d’un minotaure du Monde de Narnia, etc. Représentant des centaines d’heures d’un labeur minutieux pour quelques secondes seulement à l’écran, les maquettes de décors suscitent l’admiration. C’est le cas des ruines de Raisons d’État, du poste de commande de Space cake ou de l’impressionnant vaisseau de Event horizon (1,3 tonne pour 4 mètres de long !). Sans oublier les décors du film Le Parfum, ni les masques et prothèses un peu gores qui plairont aux ados. 

Avant de quitter l’édifice Renaissance, plongez dans les collections consacrées aux miniatures. De vrais magiciens ont reconstitué avec une fidélité exemplaire 120 scènes et plus de mille objets… Une prouesse.

Blandine Dauvilaire

Musée Miniature et Cinéma : 60, rue Saint-Jean, Lyon 5e. Tél. 04 72 98 09 23.

www.mimlyon.com Ouvert tous les jours de 10h à 18h30 la semaine, jusqu’à 19h le week-end, pendant les vacances et les jours fériés. Tarifs : de 3,50 à 7 €.

 

Place aux mômes

Festival de la Croix-Rousse - Dès 3 ans

Après une première édition fort sympathique l’an dernier, Festi’mômes, festival entièrement dédié aux 3 à 10 ans, reprend ses aises sur l’esplanade du Gros-Caillou à la Croix-Rousse. Au sommaire de ce bol d’air vitaminé : voiture à pédales, sérigraphie, jeux de plateau et jeux de rôle, tournoi de foot, lecture à partager… Ils pourront aussi découvrir le spectacle clownesque de Zéa et Cie et des déambulations surprises. L’après-midi se conclura par un bal pour les enfants et pour orchestrer le tout, il faudra compter sur la présence des Papas Rigolos, un groupe de trois chanteurs musiciens jouant de la guitare basse et drôle de batterie de cuisine. Organisée par les mairies des 1er et 4e arrondissements, cette fête a aussi le mérite de réunir de nombreux acteurs qui font vivre le quartier (associations, bibliothécaires, restaurateur…) pour le plaisir de se retrouver.

Aude Spilmont

Festi’mômes : Le 2 juillet de 16h à 20h. Esplanade du Gros Caillou (Lyon 4e). Gratuit.


Ça groove !

Jazz à Vienne - En famille

La jazzosphère internationale se donne rendez-vous chaque année à Vienne en juillet. Le casting de l’édition 2011 est une fois de plus prestigieux avec Sonny Rollins, Georges Benson, Herbie Hancock, Gilberto Gil, Raphael Saadiq, Al Jarreau… Et pour faire résonner aux oreilles des bambins les sonorités jazz, latines et funk, le festival a aussi prévu des balades acoustiques dans les rues de Vienne. À ne pas manquer le 2 juillet, la parade de Kaktus groove band avec ses sept musiciens. Cette “machine” à groover révolutionne le genre des fanfares… Les petites jambes sautillantes devraient suivre avec autant d’élan la parade du 13 juillet qui réunira les Haricots noirs, l’atelier Batucada et l’école de danse de Saudade do Brasil. La Jazz Académie a aussi pensé au jeune public en ouvrant à tous les âges son atelier À la découverte du jazz. Les petits musiciens avertis et leurs parents sont ainsi invités à faire leurs premiers pas dans le monde de l’improvisation et du swing.

Aude Spilmont

Jazz à Vienne : Du 29 juin au 13 juillet. www.jazzavienne.com

Stage À la découverte du jazz du 4 au 7 juillet et du 8 au 11 juillet. Participation de 20 €. Rens. 04 74 78 87 87.

 

Se remettre au vert

Festival de la Duchère - En famille

D’Art et d’air est le nom d’un nouveau festival qui se déploie sur la 3e colline de Lyon : la Duchère. À terme - quand la mutation du quartier sera achevée - il aura vocation à retrouver le parc du Vallon, “poumon vert de l’est lyonnais”, mais en attendant, il investit le délaissé chantier de l’ancienne barre des 220 transformé en prairie, et le parking du centre commercial. L’événement, qui souhaite allier fête, nature et urbanité, a choisi pour thème “la nature dans la ville durable” et proposera des ateliers de sensibilisation au développement durable, jeux en plein air, débats citoyens, et une programmation artistique éclectique qui mêle le plasticien Emmanuel Flipo à la compagnie de hip-hop So United Crew, un concert déambulatoire de Fanfaraï à des spectacles jeunes publics, des clowns recycleurs à des groupes amateurs de la Duchère.

Anne-Caroline Jambaud

D’Art et d’air : Du 30 juin au 2 juillet à la Duchère, Lyon 9ewww.mjcduchere.org

 

21/06/2011

La culture prend l'air

Festival Tout l'Monde Dehors - En famille

Chaque été, la Ville de Lyon met Tout le monde dehors, en proposant des animations artistiques tous les jours et dans tous ses quartiers. Au pied des immeubles ou dans les arbres, sur les places publiques ou dans les jardins, squares ou clos boulistes, plus de 80 associations et équipes artistiques présentent 240 événements gratuits. Ce festival de proximité, fourmillant de propositions (ré)créatives, permet de goûter en famille à des concerts, des voyages culinaires, des contes de tous pays, des solos burlesques, des courts métrages d’animation, des parcours à énigmes, des charrettes à histoires, des bals, pique-niques et autres jeux géants.
Trois temps forts rythment cette saison estivale. Pour la Fête de la musique, le 21 juin, plus de 80 scènes sont déployées dans toute la ville, avec des couleurs musicales par quartier (le boulevard électro récidive à Gerland). Lieu fraîchement aménagé, le parc des Berges (7e) accueille le grand concert de la Fête de la musique, tandis que pour les 30 ans de la manifestation se formera la plus grande batucada de France, la Batucada des mille. Pour le 14 Juillet, trois scènes de bal investissent les quais de Saône, en marge desquelles des associations proposent des cours de danse folk, berbère ou afro-punk. Le traditionnel feu d’artifice est tiré à 22 h 30. Enfin, l’été se termine le 4 septembre avec des jeux de toutes sortes : jeux de rôle, de plateau, d’adresse, de cartes, mais aussi jeux surdimensionnés sur les berges du Rhône, du pont Wilson au pont de la Guillotière. Le jeu sera aussi présent tout l’été, avec les pique-niques de Cargoludo, les terrasses de jeu d’Interlud’ ou encore les aires de lecture et de jeux en famille de Coup de pouce relais.
Dans la floraison de spectacles, plusieurs petites formes sont spécifiquement dédiées à un jeune public (parfois dès 6 mois !), comme la pièce Télé pirates, montée par la compagnie et son personnel de bord, histoire d’un super-pirate qui débarque dans le salon et démontre que la vie de super-héros n’est pas de tout repos. Autres événements pour les plus jeunes : la fête des enfants, l’après-midi du 2 juillet, avec jeux et bals sur l’esplanade du Gros-Caillou (Lyon 4e). Le 5e arrondissement se concentre sur les arts du cirque avec des spectacles et des ateliers d’initiation au cirque (les 25/06, 30/07 et 03/09).
Enfin, plusieurs propositions artistiques prennent de la hauteur et grimpent sous les frondaisons. Du O des branches propose ainsi quatre jours de spectacles perchés dans les arbres, des installations sonores et des ateliers d’initiation à la gri  mpe d’arbre (du 29/08 au 01/09 aux parcs de la Cerisaie et Chazières, Lyon 4e). Au parc de Gerland, un conteur musicien niché dans un arbre s’inspire de Pierre et le loup pour faire découvrir les instruments de musique à vent (le 17/08) tandis que Le Monde des cimes apprend aux plus jeunes à grimper aux arbres et à partir à la découverte du monde végétal.
 
Anne-Caroline Jambaud
 
Tout le monde dehors : Du 21 juin au 4 septembre à Lyon. www.tlmd.lyon.fr
 
 
Nuits agitées à Fourvière

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Cirque tzigane / Nouveau cirque / Battle breakdance - En famille

Cette année, le festival des Nuits de Fourvière a réservé une jolie surprise aux familles en invitant le cirque Romanès. Pendant plus d’un mois, cette troupe d’artistes au grand cœur présentera sous chapiteau son dernier spectacle : Les Tziganes tombent du ciel. Loin du cirque traditionnel, Alexandre Romanès a imaginé des numéros intimistes à l’esthétique gitane, interprétés en partie par ses enfants sur des musiques tziganes jouées en direct. Un moment poétique.
Dans un tout autre genre, la compagnie canadienne Les 7 doigts de la main nous présente son Psy. Avec une énergie folle, les onze acrobates se lancent dans la psychanalyse en utilisant le langage du cirque. Du trapéziste qui entend des voix au jongleur amnésique, ces virtuoses totalement déjantés vont vous mettre la tête à l’envers.
En écho à ces deux spectacles, le festival proposera aux enfants et aux adolescents trois ateliers d’initiation aux arts du cirque, encadrés par l’école de cirque de Lyon.
Enfin, pour la première fois, le théâtre antique servira d’écrin à une battle breakdance d’anthologie. Encouragées par un public chauffé à blanc, les huit équipes internationales, composées de cinq danseurs chacune, s’affronteront devant un jury de professionnels. La nuit s’annonce très chaude.
 
Blandine Dauvilaire
 
Nuits de Fourvière : Du 7 juin au 30 juillet. www.nuitsdefourviere.com Tél. 04 72 32 00 00.
Les Tziganes tombent du ciel : du 25 juin au 30 juillet. À voir en famille. Durée : 1h30.
Psy : les 28, 29 et 30 juin à 22h. Dès 8 ans. Durée : 2h05 avec entracte.
Ateliers d’initiation aux arts du cirque :
- En piste (7 à 16 ans), le 3 juillet de 10h à 13h et de 14h à 17h.
- Circo’mômes (3 à 8 ans avec un parent), le 10 juillet de 15h à 16h30, le 16 juillet de 10h30 à 12h.
- Circo’ados (9 à 15 ans), le 10 juillet de 16h30 à 18h, le 16 juillet de 13h30 à 15h.
Inscriptions : emmanuel.favrot@nuitsdefourviere.fr ou 04 72 57 16 04.
Battle breakdance : le 17 juillet de 20h30 à minuit. Dès 10/12 ans.
Tarifs : de 15 à 27 €.
 
Photo Psy © David Poulin
 
Festival coopératif

Festival Bellevue - En famille

C’est un petit festival de quartier qui a pour belle ambition d’expérimenter d’autres manières de vivre ensemble, dans un esprit de partage et d’écocitoyenneté. Initié par l’association les Art Gens et la Maison de l’écologie, la 3e édition du festival Bellevue, perché sur les hauteurs des pentes de la Croix-Rousse, se déroulera cette année sur huit jours répartis dans l’été. Son credo : inviter chacun à venir faire la fête en apportant un peu de sa contribution (idées d’ateliers ou coups de main pour l’installation). Et si le programme doit encore s’enrichir au gré des propositions, de nombreux rendez-vous sont d’ores et déjà prévus pour les parents comme les enfants : fabrication de cabane, arts créatifs avec des matériaux de récupération, atelier cuisine, initiation à la flûte de pan… Le festival Bellevue, c’est aussi des repas coopératifs tous les jours, des concerts, des projections de documentaire et courts-métrages, des agoras pour discuter.
 
Aude Spilmont
 
Festival Bellevue : Le 25 juin, du 14 au 17 juillet et le 3 sept. Place Bellevue de 9h à minuit. Décentralisation les 2 et 3 juillet au parc de la Tête d’Or pour le festival Dialogues en humanité. Gratuit. www.bellevuefestival.artgens.net
 
 
Sur terre et sur l'eau

Fête du quartier Confluence - En famille

Un an après l’événement “À la Confluence, on y danse !”, le nouveau quartier de Lyon, ce véritable morceau de ville qui a poussé derrière les voûtes de Perrache, propose le 25 juin, une journée d’animations sur le thème de la “ville plaisir”. En bordure de Saône, la Confluence est désormais dotée d’une vaste place nautique (4 hectares, dont 2 de bassin sur 340 mètres de long !) et d’un miniport de plaisance. Des balades en vélo (avec Les Robins des villes) ou des minirandos en kayak permettront de partir à la découverte de ce quartier, sur terre ou sur l’eau. Les plus jeunes (8-15 ans) pourront bénéficier d’un baptême de canoë-kayak.
Au programme également des ateliers de sensibilisation au développement durable et des animations sur l’alimentation et la biodiversité : la Confluence est en effet un quartier durable WWF, soucieux, notamment, de valoriser les circuits courts. Des producteurs locaux sont ainsi invités à vendre leurs productions de fruits rouges, tandis que les jardiniers de la Ville de Lyon dispenseront des conseils de jardinage ou procéderont à un lâcher de coccinelles.
Pour les enfants, un espace de jeux est animé par Quais des ludes, et un atelier de recyclage artistique proposé par Art gens. Mais les plus jeunes pourront sans doute bénéficier aussi des initiations à la danse hip-hop ou au flamenco avant le bal du samedi soir. Une fête qui revendique un esprit guinguettes contemporaines, mais ne manquera pas de célébrer la tradition des feux de la Saint-Jean.
 
Anne-Caroline Jambaud
 
Le temps des cerises à la Confluence : Samedi 25 juin, place nautique, Lyon 2e. www.le-temps-des-cerises.net

14/06/2011

Culture d'Orient

Exposition - Dès 10 ans

Pour évoquer Le Génie de l’Orient et la qualité des œuvres islamiques collectionnées en Europe dès la fin du XVIIIe siècle, le musée des Beaux-Arts de Lyon a imaginé une exposition raffinée où sont réunies des pièces exceptionnelles. S’il n’est pas conçu spécifiquement pour les enfants, le parcours ponctué d’objets (céramiques, verres, tapis, vêtements) les plonge dans un univers où le graphisme et la couleur sont rois. Les grandes peintures orientalistes plantent le décor de palais et harems qui invitent à la rêverie, les dessins fourmillent de détails, la beauté est partout où se pose le regard (attention : la salle 4 présente un tableau impressionnant d’Henri Regnault). Seul bémol pour les petites (et parfois les grandes) jambes : à l’issue d’un premier vaste accrochage, il faut traverser les expositions permanentes pour achever la visite. Afin d’éviter de décourager les jeunes visiteurs, on pourra s’en tenir à la première partie ou prévoir une halte au café du musée. 

Blandine Dauvilaire

Le Génie de l’Orient : Jusqu’au 4 juillet au musée des Beaux-Arts, 16, rue É.-Herriot, Lyon 1er. Tél. 04 72 10 17 40. www.mba-lyon.fr Ouvert tous les jours sauf mardi et jours fériés, de 10h à 18h, vendredi de 10h30 à 18h. Gratuit -26 ans, 6 et 10 € / adulte.

 

Bellecour reboisée

Événement nature - En famille

Non, vous n’avez pas rêvé si vous avez vu passer des péniches avec, à leur bord, de drôles de passagers plus verts que les habituels touristes. Il s’agissait bien d’arbres sur pieds. Adeptes des modes de transport durable, ils ont quitté leur lieu de villégiature pour participer à une “rêve” party très nature, qui se tiendra, pendant trois jours et deux nuits, sur la place Bellecour. Capitale Nature avait investi en 2010 les Champs-Élysées, transformés en vaste jardin. Gad Weil et Laurence Médioni, les concepteurs, ont décidé cette année de reboiser, Année internationale de la forêt oblige, l’une des plus grandes places piétonnes d’Europe. Ils se sont plongés dans l’histoire des lieux pour concevoir leur végétalisation éphémère : la place fut un marécage durant des siècles, se transforma sous Charlemagne en jardin et, à la fin du XIIe siècle, l’archevêque y possédait une vigne baptisée “bella curtis”, en français cela donna “Bellecour”. C’est ainsi que des milliers d’arbres, des plants de céréales, des pieds de vignes, des fleurs et des légumes vont composer un labyrinthe végétal sur plus de six hectares. À l’issue de la fête, les éléments (végétaux) de ce décor seront mis à la disposition d’établissements scolaires, de jardins associatifs, des parcs du Grand Lyon... Les écoliers pourront ainsi moissonner ou récolter des légumes, en repensant à ces trois jours magiques.

Vincent Jadot

Place Bellecour : Les 17, 18 et 19 juin. Infos : lyon.naturecapitale.com

 

À table, à cheval ou à vélo…

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Photo : De Stille Fanfare crédit Marlise Steeman

Musique et arts de la rue - En famille

Pour leur 10e anniversaire, Les Invites de Villeurbanne conservent la formule qui fait le succès de ce festival gratuit de musique et d’arts de la rue : culture et convivialité, exigence artistique et participation citoyenne. Au fil des éditions, les habitants ont en effet apporté leur concours pour reconstruire la ville en carton, la tapisser de chaises ou exhiber sur de vastes étendages leurs petites affaires. Comme Les Invites adorent jouer avec les mots, cette année, les habitants “remettent le couvert” pour des repas de quartier géants, avec des couverts de 3 à 5 mètres de haut qu’ils ont fabriqués aux Ateliers Frappaz. 

Mais les habitants participent aussi en accueillant des artistes dans leur quartier, à l’instar de Bruno Boisliveau et les Cavaliers de l’Aventure, qui traverseront la ville à cheval pour se rendre à leurs spectacles burlesques de dressage monté et de voltige. “Ce sont de vrais amoureux des chevaux, à l’ancienne” souligne Patrice Papelard, directeur artistique des Invites, qui précise que des écoliers villeurbannais pourront rendre visite aux chevaux pendant le festival. À cheval… ou à vélo. La compagnie Res publica invente en effet des instruments de musique avec des vélos et propose de former un orchestre symphonique de cent vélos lors des Invites. 

Entièrement gratuit, ce festival de musique et d’arts de la rue s’adresse à un public familial, à l’exception de quelques concerts ou spectacles donnés à une heure tardive, avec bain de foule assuré - c’est notamment le cas d’une création très attendue du groupe de dub Hightone et de la compagnie de rue KompleXKapharnaüM. Mais la plupart des spectacles dans l’espace public sont visibles par tous, de l’étrange scénographie urbaine composée par Lucie Lom devant l’hôtel de ville de Villeurbanne, aux concerts de l’école nationale de musique qui fête ses trente ans. Plusieurs fanfares seront de la partie : la Rhinofanpharyngite, une fanfare théâtralisée pour la rue, Les Archers, uniquement composée de guitares électriques, ou encore De Stille, une fanfare déambulatoire… silencieuse. À noter également, le retour des Grandes Personnes d’Afrique, superbes marionnettes géantes de Boromo, et la présence d’Ahmad, artiste burkinabé donnant vie à des marionnettes à formes humaines ou animales.

Anne-Caroline Jambaud

Les Invites : Du 15 au 18 juin à Villeurbanne. http://invites.villeurbanne.fr/

 

 


 

 

07/06/2011

Rétro, disco, bobo

Mode et déco - En famille 

Ils ont à peine 10 ans qu’ils farfouillent déjà dans nos garde-robes à la recherche d’accessoires “ flashy” ou “eighties” pour leur première boum “disco”. La mode vintage frappe à tous les âges ! Chaque année, le Marché de la mode vintage de Lyon attire, dans les travées de l’ancien marché-gare, une étonnante diversité de passionnés de mode. Il y a les puristes, qui appliquent à la lettre la règle du vintage : d’au moins 20 ans d’âge, la fringue ou l’objet doit témoigner du style propre d’un couturier ou designer, et représenter un instant de la mode, n’avoir pas subi de transformation et être parfaitement conservé. Et puis il y a tous les autres, qui craquent pour la forme, la couleur d’un objet rétro par nostalgie ou pour le fun !  

En plus du traditionnel marché de la mode, l’édition 2011 propose deux défilés de mode imaginés par les étudiants d’ESMOD international et un carreau créateurs réunissant une vingtaine de créateurs invités à s’inspirer du thème vintage, sous l’égide du Village des Créateurs. Au programme également : expos photos, concours du meilleur look vintage, stand de coiffure à l’ancienne, performances de graff et de street art, ou rétrospective sur lejean. Pour les enfants (6-12 ans), votre magazine Grains de Sel s’associe au musée des Tissus de Lyon pour proposer des ateliers de création : fresque géante à customiser et Quizz Vintage et même un coin salon pour les parents.

Anne-Caroline Jambaud

Marché de la mode vintage : Le 11 juin (10h à 20h) et le 12 juin (10h à 18h). Site du Marché de gros, angle rue Vuillerme et Cours Charlemagne, Lyon 2e. Entrée : 3 €. Moins de 15 ans gratuit.www.marchemodevintage.com

 

À vos amours

Art contemporain - Dès 6 ans

Le musée Paul-Dini célèbre l’amour à travers les œuvres de douze artistes contemporains, véritables jardiniers du désir. Chacun à sa manière fait germer les sentiments, tel Jacques Perconte qui analyse les photos numériques de sa dulcinée, jusqu’à quantifier l’amour contenu dans chaque image. De son côté, Léa Amélie Adilon reconstitue en 1 343 signes une déclaration enflammée que les visiteurs tenteront de déchiffrer. Avec humour, Mister Helic détourne les claviers de machines à écrire pour déclarer sa flamme ou sa haine avec facilité. Toujours aussi éblouissant, le travail titanesque accompli par Isabelle Jarousse accroche le regard. Minutieusement, l’artiste a plissé des mètres de papier chiffon qu’elle a fabriqué elle-même, puis recouvert de minuscules dessins à l’encre de Chine : on jurerait du textile. Pour soulager les âmes en peine, Daniel Tillier piège la couleur au cœur de la toile, tandis que Pipilotti Rist livre une vidéo mélancolique sur les amours de vacances classées sans suite. D’un trait de goudron de houille sur papier, Jean-Philippe Aubanel trace de sensuels paysages amoureux. Quant à Agnès Pétri, elle réinvente avec poésie l’art du tête-à-tête intimiste dans une installation à la (dé)mesure de nos emballements. 

Une fois de plus, l’accrochage des œuvres qui dialoguent avec intelligence et la qualité des feuilles de salles prouvent la volonté du musée de Villefranche de mettre l’art contemporain à la portée de tous.

Blandine Dauvilaire

Amours : Jusqu’au 18 septembre au musée Paul-Dini, 2, place Faubert à Villefranche. Tél. 04 74 68 33 70. Ouvert mercredi de 13h30 à 18h, jeudi et vendredi de 10h à 12h30 et 13h30 à 18h. Samedi et dimanche de 14h30 à 18h. Sauf jours fériés. 

Tarifs : gratuit -18 ans, 5 € / adulte. Gratuit pour tous le premier dimanche du mois. Jeu parcours gratuit (dès 6 ans) disponible à l’accueil. www.musee-paul-dini.com

 

31/05/2011

Coup de ballet

FonVert@C.Ganet

Photo : FonVert©C.Ganet

Danse - Dès 5 ans

Ils sont fougueux, talentueux et s’élanceront sous peu sur les plus belles scènes de France. Pour l’heure, c’est à la Maison de la danse que vous pourrez admirer le Jeune Ballet du Conservatoire national supérieur musique et danse. Comme chaque printemps, les étudiants en dernière année donnent un aperçu de leur formation à travers un programme qui alterne pièces classiques et contemporaines. Cette année, ils interprèteront Romance en stuc de Daniel Larrieu, ainsi que trois créations signées Eric Oberdorff, Ken Ossola et Andonis Foniadakis. Un joli bouquet pour finir la saison.

Blandine Dauvilaire

Jeune Ballet du CNSMD : Les 6 et 7 juin à 20h30, le 8 juin à 19h30. Tarifs : 17 € et 20 €.

Formule Complices le 8 juin à 15h (réservée aux enfants de 5 à 13 ans accompagnés d’un adulte, placement libre. Tarifs Complices : 7 € / enfant, 12 € / adulte. Durée : 1h).

À la Maison de la danse de Lyon, 8, avenue Jean-Mermoz, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00. www.maisondeladanse.com

La Maison de la danse et Grains de Sel vous invitent à la séance Complices du 8 juin à 15h. 1 place enfant + 1 place adulte offertes dans la limite des places disponibles. Réservation auprès de Grains de Sel au 04 72 60 91 55.

 

Nourritures terrestres

Vergers et potagers - En famille

1,5 million de visiteurs sont attendus dans plus de 2 000 jardins des quatre coins de la France pour cette nouvelle édition de Rendez-vous aux jardins. Ce sont un peu les journées du patrimoine vert. Jeux de piste, concerts, ateliers jardinage et expositions seront à cette occasion organisés autour des espaces verts nationaux. Le jardin nourricier sera le thème de cette édition 2011, potagers, vergers et jardins maraîchers mis à l’honneur.

Ces journées sont notamment l’occasion de pénétrer dans des endroits habituellement fermés au public : cette année, près de 400 jardins “secrets” seront ouverts à titre exceptionnel.

Rendez-vous aux jardins : Les 3, 4 et 5 juin, partout en France. Programme complet : www.rhone-alpes.culture.gouv.fr/jardins/

3 jardins à découvrir exceptionnellement (entrée gratuite) :

Le potager de la Cressonnière

Blotti entre la piscine de Vaise et l’autoroute A7, se cache un petit paradis de nature de 2,5 hectares, la dernière zone humide de Lyon intra-muros. Quand l’agriculteur, qui y cultivait du cresson, est parti à la retraite, la municipalité a confié la Cressonnière à des associations, qui l’ont transformée en havre de paix pour les libellules, les grenouilles, le titron (cousin de la salamandre), et plus récemment les abeilles sauvages, suite à l’implantation d’un site Urban Bees. Habituellement, seuls quelques classes, des centres sociaux et les adhérents qui le cultivent sont autorisés à pénétrer dans ce lieu magique, qui fait vite oublier la proximité de la ville et de la circulation.

La Cressonnière : 48, rue Sidoine-Apollinaire, Lyon 9e.

Le Petit Perron 

Lorsque l’on pénètre dans l’enceinte du Petit Perron à Pierre-Bénite, on franchit les portes du temps, pour découvrir une “maison des champs” lyonnaise du XVIe siècle et son jardin d’agrément style Renaissance. Au programme, des pauses gustatives et même un pique-nique au crépuscule (le 4 juin). Il ne manque plus dans ce jardin que quelques accords de viole de gambe pour inviter à danser damoiselles et damoiseaux.

Le Petit Perron : 89, rue Voltaire à Pierre-Bénite.  

Maison Padre Pio 

Tout n’est qu’ordre et beauté dans ce parc privé du XIXe siècle et son cloître végétal formé de mûriers platanes et de cyprès, surplombant un verger planté de 46 arbres fruitiers, sur une terrasse paysagée à l’ambiance florentine. Une roseraie et des pergolas complètent l’ensemble et offrent un panorama sur les monts du Lyonnais, qui prennent des airs de Toscane. Visite guidée, conseils de jardinage les 4 et 5 juin, de 10 heures au crépuscule. Possibilité de pique-niquer.

Maison Padre Pio : 1, chemin de Petite-Champagne à Francheville.

Vincent Jadot

 

Plus de mini dans les Nuits sonores

Danse/musique/vidéo - Dès 4 ans

Pedro Winter, ex-manager des Daft Punk, déguisé en dinosaure et faisant danser des kids de 4 à 10 ans déchaînés sur le dancefloor de la piscine du Rhône. Pluvieuse mais superjoyeuse, la première édition de Minisonore, programmation des Nuits sonores dédiée aux enfants, a laissé aux jeunes participants une envie très forte : recommencer ! Message reçu de la part de l’équipe du festival de musiques électroniques lyonnais, qui étoffe sa Minisonore et la déroule sur cinq jours. Dès le mercredi après-midi, les enfants sont conviés à une boom électronique dans le cadre exceptionnel de la cour haute de l’hôtel de ville de Lyon, avec, aux platines, une star de l’électro habituée des Nuits sonores : Laurent Garnier himself. Puis, du jeudi au samedi, toute une série d’ateliers rigolos sont proposés aux enfants, pour se faire tirer le portrait en rockeur, DJ ou punkette (avec la Ka’fête ô mômes), pour réaliser une fresque collective avec l’artiste japonais Postics, ou s’initier aux instruments de musique électronique : samplers, synthés et autres batteries électros. Enfin, l’événement se termine par une Minisunday, “journée cool, conviviale et familiale” dans les jardins de la Visitation (Lyon 5e). Dans ce parc bucolique, une large place est donnée aux activités et spectacles pour enfants. Au programme : pliage et customisation de tickets de métro, coloriages en tout genre, détournement ludique de jouets sonores, fabrication d’instruments de musique avec les légumes du potager, initiation au mix, etc. Pour les plus sportifs, un petit skate-park propose des sessions libres d’initiation au skateboard, encadrées par des riders professionnels. Le tout évidemment ambiancé par un plateau surprise de DJs éclectiques.

Anne-Caroline Jambaud

Minisonore + Minisunday : Dans le cadre des Nuits sonores, du 1er au 5 juin 2011 à Lyon. www.nuits-sonores.com

 

25/05/2011

En prendre de la graine

Jardin pédagogique - En famille

Même si les canards n’y parlent pas anglais, comme dans la chanson de Charles Trenet, il s’agit bien là d’un jardin extraordinaire. Les 3 000 m² du jardin des Allivoz, au cœur du grand parc de Miribel, constituent un terreau idéal pour faire pousser des graines de jardiniers et de citoyens écoresponsables. Un lieu unique dans la région avant tout pensé comme outil d’éducation environnementale pour tous les publics : élèves de maternelle ou en lycée agricole, jardiniers expérimentés ou débutants, simples curieux ou vrais gourmands. Autre atout de ce jardin partagé (membre du réseau Le Jardin dans tous ses états) cultivé collectivement par des habitants de l’agglomération lyonnaise, il offre, dans le cadre de son entretien, un support de formation pour adultes et d’insertion sociale.

Véritable labyrinthe de couleurs et de senteurs, le jardin des Allivoz invite à cheminer et à expérimenter. On y apprend à respecter l’environnement, à privilégier le bio, on y découvre les rouages des écosystèmes, les étapes du cycle de l’eau, des plantes… ou des notions de météorologie. Il est également possible d’y paresser, pique-niquer ou palabrer sous les arbres fruitiers, à côté des légumes et des plantes aromatiques.

Bonne nouvelle : le jardin sera ouvert définitivement et gratuitement au public dès l’été 2012 et deviendra Centre de pédagogie eau et nature des Allivoz. En attendant, il peut être visité de manière ponctuelle, sur rendez-vous.

Vincent Jadot

Jardin des Allivoz : Grand parc de Miribel-Jonage, Ferme des Allivoz. Infos : 04 78 80 23 58. www.grand-parc.fr

Le 28/05 : atelier “Les p’tites bêtes de la mare”. Dès 6 ans. De 14h à 16h30.

Le 5/06 : découverte des arbres fruitiers, balade contée. Dès 12h30, espace pique-nique et hamac. Gratuit. Dans le cadre de Rendez-vous aux jardins.

 

Le bon plant

Rendez-vous nature - En famille

Le parc de la Feyssine se met sur son trente et un et déploie une nouvelle fois son tapis vert pour fêter la 10e édition des Bons Plants, le festival villeurbannais de la nature. Un anniversaire qui mérite bien un flash-back : il y a un peu plus de 10 ans, ces lieux voyaient fleurir toutes sortes de détritus, de cuisinières abandonnées, de carcasses de voitures, 
c’était un dépotoir, qui a laissé depuis la place à 45 hectares de prairies, de bosquets, de petites plages de galets… Un lieu dont la métamorphose illustre parfaitement l’esprit de cette fête familiale et écocitoyenne. Au programme, un défilé de drôles de stars très nature, dont Gaston le hérisson, qui avec le concours de la Frapna dévoilera aux plus jeunes (dès 4 ans) les détails de sa vie privée au cœur du jardin. Les jeunes festivaliers, seuls ou en famille, auront l’embarras du choix parmi une vingtaine d’ateliers, où ils pourront notamment réaliser un mur végétal (avec les Robins des villes), concevoir un système de filtrage de l’eau pour la dépolluer (avec les Petits Débrouillards), construire un refuge pour oiseaux (LPO), ou évoluer sur un jeu de piste sensoriel (Naturama). Les artistes en herbe seront, quant à eux, comblés de réaliser un jardinier des bois fétiche ou un totem protecteur des jardins et balcons, avec le célèbre sorcier plasticien Gilles Baise.

Ceux qui ont des fourmis dans les jambes pourront s’adonner à la grimpe d’arbre, s’offrir des sensations, mais aussi installer des cavités pour les abeilles et les insectes pollinisateurs. Pour le bonheur des minimômes, un Manéjàvelo (joli carrousel très bio), une miniferme et un miniparcours aventure… sont aussi de la fête.

Et quand le soleil se décide à décliner, tous les membres de cette tribu d’un jour se rassemblent autour du mythique marronnier du parc, qui devient arbre à palabre, à pique-nique et à guinguette. Résonnent alors des airs de musette dépoussiérés, grâce à l’accordéon et la guitare d’un duo de circonstance : Jour de fête.

Vincent Jadot

Les Bons Plants : Le 28 mai au parc de la Feyssine (Villeurbanne). Accès gratuit. 
Infos : 04 72 65 80 90 ou www.villeurbanne.fr 

 

Le goût de lire 

Si les Assises internationales du roman n'ont pas une ligne éditoriale tournée vers la jeunesse, l'événement littéraire n'oublie pas pour autant les jeunes lecteurs. Deux rendez-vous sont prévus. Pour les plus jeunes, dès 8 ans, l'actrice Anouk Grinberg viendra leur lire une sélection de ses contes favoris. Pour les plus grands, Timothée de Fombelle, Françoise Jay et Delphine Perret participeront à une table ronde intitulée “littérature jeunesse : donner le goût de lire”. Ce sera l'occasion de témoigner de leur expérience d'écriture menée dès l'automne auprès de 16 classes primaires de Lyon et du Rhône. Une démarche riche d'échanges et de réflexions sur l'importance du plaisir dans l'écriture et les différentes formes de lecture dont nous vous dévoilons un avant-goût. 

Propos recueillis par Anne-Caroline Jambaud.

 

Timothée de Fombelle : “Notre seule arme doit être le plaisir”

 Comment s’est passée votre rencontre avec les classes en amont des Assises du roman ?

Ce qui m’a passionné, c’est que la rencontre s’est faite à l’intersection de mon écriture et de la leur. D’un côté, il y avait mes livres, qu’ils avaient lus et qu’ils connaissaient parfaitement, de l’autre il y avait leur rêve d’écrire. Peu à peu nos rôles se sont inversés, je suis devenu lecteur, ils se sont transformés en auteurs. (…) Les élèves ont fait preuve d’une patience et d’une précision étonnantes. Ils ont joué aux mécaniciens, ont démonté le moteur des textes. Les enseignants ont fait un travail de chefs d’atelier. Ils leurs ont donné les outils.

Tobie Lolness pourrait décourager de jeunes lecteurs impressionnés par de longs textes. L’avez-vous écrit en ayant à cœur de “donner envie” aux lecteurs de le commencer, puis de ne plus le lâcher ? 

Oui, j’avais dans un coin de ma tête cette mission secrète. Donner envie. Transmettre la force de la littérature. Mais mon but était surtout de les emporter avec moi jusqu’au bout. Pour les jeunes lecteurs, le volume d’un livre peut devenir un attrait. Comme une montgolfière, qui porte plus et plus loin quand elle est plus grande.

Comment “donner le goût de lire” ?

Il n’y a rien de mieux à faire pour donner envie de lire que d’écrire de bons livres. De mon côté, tout est là. Ensuite, il y a le travail de tous ceux qui sont là pour aider à franchir les réticences, les paresses vis-à-vis de la lecture. J’ai une immense reconnaissance pour ces libraires, bibliothécaires, enseignants, médiateurs en tout genre. Ils ont fait exister mes livres. Notre seule arme doit être le plaisir. Plaisir de lire, de conseiller. Ce que j’ai vécu lors des Assises résume pour moi le meilleur des initiatives dans ce domaine. Je sais que c’est trop ambitieux pour être généralisé, mais il y a là une belle utopie. Je crois pouvoir dire que dans les classes où le projet s’est développé, pas un seul élève n’a été épargné par le choc de la lecture ou de l’écriture. C’est une grande aventure. 

 

Delphine Perret :  “Une narration peut être faite de mille façons”

Comment s’est passée votre rencontre avec les classes en amont des Assises du roman ?

En tant qu’auteur et illustratrice, j’ai la chance d’avoir plusieurs biais pour inviter les enfants à entrer dans les livres : textes, images, objets livres… Lors des interventions dans les classes, chacun s’est emparé du projet à sa façon. Le travail engagé dépendait alors des envies, et des angles d’attaque des enseignants. Avec des moyens aussi variés que l’image seule, le texte seul, ou la bande dessinée. Les classes étaient bien préparées ; les enfants s’étaient familiarisés avec mon univers, on avait des références communes. 

Cela a créé une complicité, des demandes, notamment sur les secrets de fabrication des livres. C’était intéressant d’amorcer quelque chose avec eux et de le prolonger par un rendez-vous électronique qui permet de voir l’évolution de cet échange. Et de découvrir comment chacun s’est approprié le projet.

Que signifie pour vous “donner le goût de lire” ? 

Ce n’est pas une question que je me pose en ces termes. Mais je ne veux pas dire qu’il ne faut pas se la poser ! Surtout en tant que médiateur du livre. Lire, ce n’est pas forcément lire un texte. C’est entrer dans une histoire, ça peut être la regarder aussi. Une narration peut être faite de mille façons : texte, image, un peu de chaque, imbriqués, images séquentielles... Un livre d’images sans textes est une lecture. J’ai du mal à penser que l’on n’aime catégoriquement pas lire. À moins d’y être forcé, ou de ne pas y avoir eu accès. C’est comme pour la musique : parmi tous les styles, les auteurs, les interprètes, il y a forcément un morceau qui vous parle. Pour moi, quelqu’un qui n’aime pas lire, c’est quelqu’un qui n’est pas tombé sur le bon livre. 

 

Françoise Jay : “Ce qui prime, c'est l'expérience d'écriture”

Qu’avaient de singulier ces rencontres avec des classes dans le cadre des Assises du roman ?

Ce qui est original dans ce projet, c’est la manière dont est pensé le travail d’écriture. Ce qui prime, c’est l’expérience d’écriture. Il n’y a pas d’exigence quant à un produit fini, comme c’est trop souvent le cas. Raison pour laquelle d’ailleurs, je n’accepte plus d’ateliers depuis quelques années. Trop souvent, en effet, les enseignants ne sont préoccupés que par la forme finale ; le désir d’avoir un produit fini propre et “montrable”. La conséquence est que l’on ne prend pas le temps vrai de la phase de création avec ses tâtonnements, ses errances, ses ratages, ses fulgurances et ses bonheurs indicibles. Et c’est dommage, car dans ce temps-là des déclics peuvent se produire pour chaque enfant. C’est seulement si quelque chose est né de cette magie de créer que l’on peut ensuite aborder joyeusement le travail sur la langue écrite ; le carcan scolaire a explosé et la nécessité d’aller vers la maîtrise de l’écrit n’a plus rien de rébarbatif. Ceux qui pensent l’école (souvent fort mal) feraient bien d’expérimenter cette manière de travailler : “écrire bien” pour avoir une bonne note et passer dans la classe supérieure n’est pas une motivation valable pour un petit homme en devenir. 

Comment donner le goût de lire ? 

En étant vivant, en partageant. L’enthousiasme, la joie, c’est contagieux ! Et surtout, surtout en ne prescrivant rien, en martelant qu’un livre, ça peut tomber des mains. Qu’on peut commencer dix livres et ne pas les finir, qu’on peut lire la fin et ensuite le début, qu’il n’y a rien de juste, rien de faux dans la manière de lire, il y a juste “comment moi, je suis lecteur”...  C’est en tentant des lectures que je trouverai mon chemin de lecteur... Relire Comme un roman de Pennac !

Derniers ouvrages parus : Timothée de Fombelle, Vango (Gallimard, 2010), Françoise Jay, Les Enfants-rats (Plon jeunesse, 2009), Delphine Perret, Moi, le loup et les vacances avec pépé (Thierry Magnier, 2010). 

Rendez-vous aux Subsistances, Lyon 1er :

• Lecture de contes, dès 8 ans, par l’actrice Anouk Grinberg : samedi 28 mai à 16h30 (durée 1h). Tarif : 5 €. 

• Table ronde “Littérature jeunesse, donner le goût de lire”, dès 14 ans, avec les auteurs Timothée de Fombelle, Françoise Jay et Delphine Perret, le pédagogue Philippe Meirieu, la présidente des éditions Gallimard Jeunesse Hedwige Pasquet : le mercredi 25 mai à 15h (durée 2h). 

Gratuit sur réservation : 04 78 39 10 02.

 

 

17/05/2011

Mythe ébouriffant

Orphée1©Laurent-Philippe

Danse-musique-vidéo - Dès 10 ans

Pour leur ultime création commune, Dominique Hervieu (qui prendra la tête de la Maison de la danse sous peu) et José Montalvo ont choisi de raconter le mythe d’Orphée avec des danseurs de tous horizons, de la musique baroque et un déluge de vidéos. Ce cocktail détonnant, qui est devenu leur marque de fabrique, donne un spectacle exubérant où le fond de scène, habillé d’un kaléidoscope d’images, joue au ping-pong avec les artistes sur le plateau. Issus du classique, du jazz, du cirque, ils entourent avec beaucoup d’énergie Brahem Aiache, magnifique Orphée hip-hopeur unijambiste, tandis que l’acrobate Karim Randé, monté sur échasses pneumatiques, plonge au cœur d’une ménagerie virtuelle, où se côtoient comme par magie des chevaux, un aigle, un caméléon, un cygne, quelques serpents… Un feu d’artifice visuel.

Blandine Dauvilaire

Orphée : Du 18 au 27 mai à la Maison de la danse de Lyon, 8, avenue Jean-Mermoz, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00. www.maisondeladanse.com Tarifs : de 20 à 30 €. Durée : 1h20.

 

Photo © Laurent Philippe

 

Le Gamin au vélo 

Cinéma - Dès 11 ans

De l’amour. De la reconnaissance. Et de la tendresse. Ne serait-ce qu’un tout petit peu. Voilà ce que Cyril, bientôt 12 ans, recherche en vain dans le regard de son père. Provisoirement placé dans un foyer, le gamin s’entête, refuse d’admettre l’évidence : cet homme dont il a tant besoin préfère ne plus le voir du tout. Alors Cyril pédale sur son VTT noir. Il pédale à toute allure pour oublier, pour apaiser sa colère et sa douleur. Boule de nerfs et de chagrin, Cyril (formidable Thomas Doret) en veut à la terre entière. Pourtant, il y a Samantha (Cécile de France), une coiffeuse belle comme le jour. Elle accepte de l’accueillir le week-end. Elle lui accorde sa confiance. Mais Cyril a trop souffert pour se laisser rapidement apprivoiser. Sans misérabilisme, avec une caméra agile et en perpétuel mouvement, le film, bouleversant, donne à ressentir la rage et la souffrance du jeune héros. Il privilégie l’action à une psychologie trop explicative. Tel un violent coup de poing dans le plexus solaire, il laisse le spectateur le souffle coupé. Malgré tout, les frères Dardenne se révèlent moins sombres que d’habitude. En effet, pour la première fois, un espoir émerge sur la fin. Même si ce n’est qu’une lueur. 

Laurent Djian

Sortie le 18 mai. De Luc et Jean-Pierre Dardenne. Durée 1h27.

 

Vivement dimanche

Faune et flore - Dès 6 ans

Jusqu’à la fin du mois de juin, pas de trêve dominicale pour les amoureux de nature. Le jardin botanique de la Ville de Lyon les invite à percer les petits mystères de la flore et de la faune des parcs de la Tête d’Or et de Gerland.

Au programme : mieux connaître les petites bêtes citadines ou encore celles qui aident les jardiniers au potager, concocter son propre parfum en s’inspirant des senteurs du jardin, comprendre le fonctionnement du lombricompost (ou comment fabriquer du compost à la maison, grâce au labeur des lombrics). Et pourquoi pas aussi observer la vie intime des oiseaux hôtes de ces lieux, confectionner des abris à faune à placer ensuite dans un jardin, sur un balcon ou même un rebord de fenêtre. À Gerland, séquence trappeurs assurée : petits et grands se lanceront sur les traces de cet incroyable bâtisseur qu’est le castor, apprendront à reconnaître les indices de sa présence et découvriront son étonnant mode de vie. Les jeunes cordons-bleus pourront même préparer et goûter une tartinade végétale, le tout encadré par des experts des parcs.

Vincent Jadot

Un dimanche aux parcs : Ateliers et sortie gratuits pour tous. Durée : 1h30.

Tête d’Or : rendez-vous devant les grandes serres, à 10h.

Gerland : rendez-vous  à l’accueil de la Maison des fleurs, à 17h.

Réservation conseillée au 04 72 69 47 78 ou animation@mairie-lyon.fr

Programme détaillé : www.jardin-botanique-lyon.com

 

10/05/2011

Costumes sur mesure

Musee-des-Tissus-de-Lyon-photo-Pierre-Verrier

Photo : Musée des Tissus de Lyon © Pierre Verrier

Exposition textile - Dès 7 ans

Tous les fans de mode devraient aller faire un tour au musée des Tissus pour admirer les somptueuses parures que leurs ancêtres portaient au XVIIIe siècle. Certes, les goûts ont un tantinet évolué depuis, mais l’élégance et l’exigence des grandes dames de cette époque  fascinent toujours. Mis en scène dans l’espace d’exposition temporaire, ces vêtements exceptionnels, restaurés par Marie Schoefer, donnent un aperçu de l’ambiance théâtrale qui régnait dans cette société du paraître. 

La première partie retrace les différentes étapes de fabrication des costumes : dessins, échantillons de tissus précieux, assemblage, etc. Pour se faire une petite idée de la quantité d’étoffe nécessaire, une robe a été mise à plat : 3,90 m x 1,73 m de soie peinte et brodée à la main… ça laisse rêveur. Ces robes ne pouvant être lavées, il fallait s’équiper de chemises longues et de jupons pour conserver une hygiène correcte, sans oublier le corset, les paniers et les coiffures démesurées, qui donnaient un petit air hautain aux belles aristocrates, et sans doute quelques crampes, le poids de l’ensemble approchant de celui d’une armure ! Détail amusant, les souliers à talon semblent minuscules au regard des silhouettes imposantes. Les hommes aussi bénéficiaient de costumes extrêmement raffinés, dont les gilets lacés dans le dos permettaient quelques variations de poids.

La seconde partie se compose de scénettes retraçant la vie quotidienne (le mobilier provient du musée des Arts décoratifs). Les vêtements d’enfants, calqués sur les modèles de leurs aînés, sont impressionnants de perfection.

Blandine Dauvilaire

Si le XVIIIe siècle m’était conté : Jusqu’au 18 septembre au musée des Tissus, 34, rue de la Charité, Lyon 2e. Tél. 04 78 38 42 00. www.museedestissus.com 

Ouvert tous les jours sauf lundi et jours fériés, de 10h à 17h30. 

Ateliers 7-12 ans en lien avec l’exposition les 11 mai et 22 juin à 15h30 (8 €).

Atelier 4-6 ans Chut, un cadeau pour maman ! le 25 mai à 15h30 (8 €).

 

Un pour tous !

Théâtre musical (création) - Dès 10 ans

En adaptant La Jeunesse des mousquetaires à la manière d’une comédie musicale, Michel Belletante revisite avec beaucoup de fraîcheur le théâtre romantique d’Alexandre Dumas. Dans un décor de fête foraine, quatre jeunes gens décident d’endosser les rôles des célèbres mousquetaires. Avec fougue, ils pénètrent au cœur de l’histoire de France unis par un même serment : “Un pour tous et tous pour un !” Cette pièce de cape et d’épée donne une importance toute particulière à la relation entre Athos et Milady de Winter, symbole de la lutte entre le bien et le mal. À leurs côtés, d’Artagnan, Porthos et Aramis se montrent d’une grande humanité. Par ses décalages, cette création de Théâtre et Compagnie suscite le rire, mais aussi le sentiment que ce roman s’adresse à tous les jeunes héros d’aujourd’hui.

Blandine Dauvilaire

La Jeunesse des mousquetaires : Les 12 et 13 mai au théâtre du Vellein à Villefontaine. Tél. 04 74 80 71 85. Les 17 et 19 mai au TNG. Tél. 04 72 53 15 15. Les 26 et 27 mai au théâtre de Vienne (en extérieur). Tél. 04 74 85 00 05. Durée : 1h40.

 

Indépendants à tout prix

Microédition - Dès 12 ans

Pour la deuxième année consécutive, le Grrrd Zero, lieu incontournable de la contre-culture lyonnaise aux allures de friche, accueille le Grand Salon de la microédition. Cette exposition collective rassemble cette année une cinquantaine d’éditeurs, ralliés autour d’une démarche commune, façonnée par la culture du Do It Yourself*.

Depuis trois ans, les projets d’autoédition se multiplient à Lyon. Des artistes délurés bousculent la tradition du livre-dessin en explorant les dernières prouesses techniques du numérique. Ils tirent parti de leur talent en produisant en petites séries de véritables objets d’art, de manière autofinancée et autodistribuée. Pour ces artistes de la débrouille, préserver à dessein une indépendance face à l’industrie du livre les pousse à trouver des solutions pour tout faire eux-mêmes. Éditeurs du système D, ils impriment leurs propres créations selon de multiples techniques d’édition, depuis le traditionnel offset en passant par la gravure, la sérigraphie, ou même l’abordable photocopieuse.

L’idée du collectif organisateur Grand Salon est de réunir en un même lieu les adeptes de ce type d’édition alternatif, comme les illustrateurs et éditeurs de la scène lyonnaise (Arbitraire, Madame Lapin, Barbe à Pop, Komiki, All Over…), mais aussi les dessinateurs de BD belges et indépendants Fremok, les éditions d’art séquentiel B.ü.l.b. Comix… Une série de concerts, débats, rencontres, performances, projections et ateliers pour enfants est aussi prévue au programme. 

Fabien Hanton

Grand Salon de la microédition : Les 14 et 15 mai à Grrrd Zero. www.grand-salon.fr 

12 expos jusqu’au 9 juin.

* Faites-le vous-même

 

Tous les sens en éveil

Fête de l’iris - En famille

Depuis 21 ans, à Oullins, on fête l’iris, plante de la famille des iridacées et excellent prétexte pour célébrer l’art et la nature. Les Oullinois sont à chaque fois très impliqués dans les créations artistiques : encadrés par des professionnels, danseurs amateurs, élèves en option théâtre, écoliers participeront aux spectacles et expositions. Un artiste plasticien a pour l’occasion animé, auprès des ateliers d’habitants, de lycéens, de collégiens et d’enfants, pour réaliser des œuvres à partir de bancs publics qui seront exposées lors de la fête. Au programme également : café-débat, jeu conçu par des enfants pour imaginer la ville du futur (avec les Robins des villes), parcours olfactif…

Vincent Jadot

La Fête de l’iris : Les 14 et 15 mai à Oullins, parc Chabrière. Samedi : 14h-19h.  Dimanche : 11h-19h. Accès gratuit. www.ville-oullins.fr

 

03/05/2011

Histoire d’O…péra

Opéra portes ouvertes – Dès 6 ans

Samedi 7 mai vous n’aurez aucune excuse pour ne pas franchir les portes de l’opéra de Lyon, puisqu’elles resteront exceptionnellement ouvertes de 14h à minuit, pour permettre à tous de découvrir gratuitement cette grande maison.

La 7e édition du Jour O (comme Opération Opéra Ouvert), donnera un bel aperçu du bâtiment, de ses coulisses et de tous les métiers qui s’y côtoient au quotidien. Vous pourrez assister à la répétition générale du ballet Giselle de Mats Ek, interprété par le ballet de l’opéra de Lyon ; participer à des ateliers artistiques (karaoké lyrique, hip hop et danse classi que), des ateliers techniques (costumes, décors, maquillage) ou encore au concours de danse, à la démonstration de claquettes et à la fanfare de rue. Une occasion en or pour tous les p’tits loups qui rêvent de la vie d’artiste, mais attention, à minuit précise le carrosse redeviendra citrouille, il faudra alors quitter la scène pour regagner son lit.

Blandine Dauvilaire

Jour O : Samedi 7 mai de 14h à minuit, à l’opéra de Lyon et place de la Comédie. Ateliers sur inscription. Visites et danses en accès libre. Opéra de Lyon, Lyon 1er, 0826 305 325. Programme complet sur www.opera-lyon.com

 

Cirque à tous les étages

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Du Goudron et des plumes © Christophe Raynaud De Lage

 Nouveau cirque - Dès 6 ans

Exit les comédiens, du 9 au 22 mai, le théâtre des Célestins est confié à l’acrobate-trampoliniste Mathurin Bolze et sa compagnie MPTA (Les mains les pieds et la tête aussi), le temps d’une carte blanche très animée. À son invitation, une ribambelle d’artistes circassiens vont transformer les lieux (intérieurs comme extérieurs) en pistes de nouveau cirque. On pourra (re)découvrir entre autres Le Grand C de la compagnie XY, collectif de 18 acrobates qui enchaînent pyramides géantes, voltiges et portés acrobatiques avec une facilité déconcertante (dès 6 ans) ; Deux hommes jonglaient dans leur tête, ballet poétique entre Roland Auzet (percussionniste) et Jérôme Thomas (jongleur) qui évoluent dans un univers étonnant (dès 10 ans). La compagnie Beau geste, dirigée par Dominique Boivin, se lancera avec Transports exceptionnels dans une performance spectaculaire, en faisant dialoguer un danseur et une pelleteuse sur la place des Célestins (gratuit, dès 10 ans). Ceux qui n’ont pas encore vu Ali pourront enfin le faire. D’une force et d’une grâce inouïes, ce spectacle qui touche l’âme est né de l’improbable rencontre entre Mathurin Bolze et Hedi Thabet, superbe jongleur unijambiste confronté au cancer des os à l’âge de 20 ans. Sur un plateau quasiment nu, les deux hommes jouent avec humour de leurs corps complices (dès 9 ans).

Accompagnés par les improvisations musicales de Jean-Pierre Drouet et Louis Sclavis, les acrobates des compagnies XY et MPTA animeront une déambulation festive, qui servira aussi de prélude aux représentations Du goudron et des plumes. Cette pièce pour cinq acrobates, aux prises avec un drôle de vaisseau en apesanteur, est l’œuvre de Mathurin Bolze (dès 10 ans). Dans un registre très différent, l’artiste Claude Couffin accrochera son  installation spatio-temporelle au niveau - 7 du parking des Célestins. Quant à la soirée d’ouverture… elle s’annonce riche en surprises.

Blandine Dauvilaire

UtoPistes : Du 9 au 22 mai, programme complet et réservation au théâtre des Célestins, 4, rue Charles-Dullin, Lyon 2e. Tél. 04 72 77 40 00. www.celestins-lyon.org

 

BD clandestines

Bande dessinée - Dès 12 ans

Pour sa dernière exposition avant d’importants travaux de rénovation, le Centre d’histoire de la Résistance et de la déportation s’intéresse à la Résistance dans la bande dessinée, de 1944 à nos jours. Extrêmement documenté, le parcours nécessite de prendre le temps de la lecture pour saisir l’influence de la création artistique tout au long de ces années. Dans le hall, une frise collective et des écrans vidéo donnent un aperçu des différentes publications. La BDRésistances est ensuite décortiquée à travers trois personnages et leur façon de résister à l’envahisseur allemand. Des objets émouvants sont aussi mis en avant, tel ce billet jeté d’un train de déportés en 1943, ou ce microphone de la BBC. La visite se poursuit au sous-sol avec un espace consacré à la représentation des bruits de la Résistance dans les bulles (chants, sirènes, etc.), puis au travail de propagande des illustrateurs (deux pictogrammes ludiques permettent de repérer l’info et l’intox). La suite de l’accrochage se divise en cinq sections thématiques (le maquis, l’aide aux personnes pourchassées et persécutées, etc.) regroupant des objets emblématiques, des publications phares couvrant toutes les périodes, et des œuvres exceptionnelles, comme cet original de La Bête est morte ! (1944) conçu dans la clandestinité. Une exposition qui passionnera tout particulièrement les amateurs d’histoire et les fous de bande dessinée.

Blandine Dauvilaire

Traits résistants : Jusqu’au 18/09 au CHRD de Lyon, 14, avenue Berthelot, Lyon 7e. Tél. 04 78 72 23 11. Du mercredi au vendredi (9h-17h30), samedi et dimanche (9h30-18h). Parcours-jeu gratuit pour les 7-12 ans. www.chrd.lyon.fr

 

26/04/2011

La magie de l'opéra

Décors et dessins - Dès 7 ans

L’exposition sur les décors d’opéras et d’opérettes à Lyon au 19e siècle, présentée aux archives municipales, n’est évidemment pas aussi “spectaculaire !” qu’un film en 3D sorti des studios Pixar. Elle restitue pourtant très joliment la magie du théâtre. Présentées dans des boîtes, les maquettes de décors en carton délicatement peintes à l’aquarelle font surgir des univers féeriques du siècle dernier. Bien avant les simulations sur ordinateurs, les effets spéciaux ou la 3D numérique, les techniques les plus artisanales – mine de plomb, encre sur calque, aquarelle… - savaient très bien créer l’illusion. 

Voués à l’éphémère, ces décors ont échappé à la disparition – souvent lors d’incendies de théâtres qui étaient alors éclairés à la bougie -  grâce à la passion de Louis Bardey, peintre décorateur au théâtre des Célestins. Il a réuni une collection inestimable d’esquisses, croquis, dessins préparatoires et maquettes en volumes de décors d’opéras et d’opérettes, aujourd’hui déposée aux archives municipales de Lyon. 

Dans une scénographie inspirée de la maquette des décors des Huguenots, opéra de Meyerbeer joué à Lyon en 1836, l’exposition présente d’émouvants témoignages de papiers, cartons et étoffes des spectacles du 19e siècle. Un ensemble d’affiches, de registres documentaires, de portraits d’acteurs ou de chanteurs, et de typogravures sur les coulisses du grand théâtre (l’opéra) permet de lever davantage encore le rideau sur ces flamboyantes scènes où ont résonné les airs d’opéra de LohengrinLa Flûte enchantée ou du Cid.

Anne-Caroline Jambaud

Spectaculaire ! Décors d’opéras & d’opérettes à Lyon au 19e siècle : Jusqu’au 2 juillet aux archives municipales de Lyon. www.archives-lyon.fr

 

Mieux se connaître

Café philo - Dès 10 ans

Les filles et les garçons se posent-ils les mêmes questions sur la sexualité, la puberté, l’amour ou l’anatomie ? Pour évoquer ces thèmes incontournables, les ados sont invités à s’interroger ensemble, autour de Sylvie Sargueil-Chouery, coauteure de l’ouvrage Filles garçons que de questions ! Journaliste et médecin, elle a regroupé, sans tabous, des informations précises pour des jeunes curieux ou inquiets. Suis-je homosexuel, à quoi servent les poils, quand faut-il mettre un soutien-gorge, pourquoi ma voix change-t-elle, comment attrape-t-on le sida, que signifie être amoureux ? Sous forme de café philo, la rencontre invite à débattre de tous les aspects de l’éducation sexuelle, en s’appuyant sur ce livre de la collection Oxygène, publié par La Martinière Jeunesse. L’ouvrage, collectif, regroupe quatre titres déjà parus, Le Zizi, questions et réponsesQuestions intimes de fillesLa Sexualité expliquée aux ados60 questions autour de la puberté. L’occasion de mieux se connaître, entre filles et garçons ? 

Julie Banos

Filles garçons que de questions ! Café philo pour les 10-13 ans. Le mercredi 27 avril à 16h à la Fnac Bellecour. Gratuit.

 

20/04/2011

La mode et la musique sont sur un bateau…

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Photo : Création ELSAFONTANGE © ALeplatre

Créateurs - En famille

Week-endressings est un nouvel événement qui se veut “familial et branché” autour de la mode et de la musique. S’inspirant des marchés de créateurs et autres pop up stores (magasins éphémères), il propose des défilés de mode ainsi qu’une trentaine de stands “designés” sur le thème de la récupération, et présentant des réalisations originales de jeunes créateurs en fringues, bijoux ou accessoires. Côté musique, des DJ’s assurent une ambiance sonore lounge en journée et des groupes jouent en live le soir sur la Plateforme, amarrée sur le Rhône et transformée en quartier général de ce Week-endressings. Les kids ne seront pas en reste avec un espace qui leur sera réservé et où ils pourront s’amuser à habiller une galerie de moustachus grâce à la nouvelle revue Georges*. Au poil !

A-C J

Espace Kid Week-endressings : Les 23 et 24 avril à la Plateforme, Lyon 3e. Dès 12h le samedi et dès 10h le dimanche. 2 € par personne. Infos : weekend.dressings@gmail.com 

*Revue alternative créée par les Éditions Grains de Sel. www.magazinegeorges.com  

 

Malin comme un singe

Zoologie - En famille

Elle est blonde, américaine, lui est noir d’origine allemande. Ils filent le parfait amour à Lyon. Élie et Cliff ne sont pas les vedettes d’une nouvelle sitcom, mais un couple de gibbons à favoris blancs (espèce très menacée en Asie). Ils sont pensionnaires au zoo de la Tête d’Or,  qui participe pour la première fois, aux côtés de 300 autres membres de l’EAZA*, aux Journées de la conservation.

Les grands singes** sont à l’honneur de l’édition 2011, riche en animations de tout poil, avec le concours du personnel bénévole et d’associations partenaires. Lulu la lyonnaise, doyenne mondiale des gibbons, regardera d’un œil amusé ses cousins humains s’offrir un retour aux origines avec de la grimpe d’arbre pour apprendre à se déplacer comme les gibbons, par brachiation***. Guignol et son complice Gnafron feront un peu les singes, toutes les heures, pour expliquer à leur façon les enjeux de la préservation des espèces. Avis aux artistes en herbe, un atelier de peinture très nature leur sera proposé.

L’objectif est double : informer le public sur les enjeux de la conservation des espèces, et collecter des fonds pour soutenir les ONG qui travaillent sur le terrain à la préservation des espèces menacées. Les 2 116 pièces d’un puzzle géant seront vendues (1 € la pièce) comme des billets de tombola. D’autres fonds seront récoltés par la vente de produits 100 % naturels, issus d’un commerce responsable.

Comme le souligne David Gomis, le directeur du zoo de Lyon, “notre établissement n’est pas une ménagerie en ville, mais un lieu dont la priorité est la préservation des espèces en voie d’extinction in situ”.

Vincent Jadot

Week-end de la conservation : Parc de la Tête d’Or. Les 23 et 24 avril, de 10 à 17h. Ateliers gratuits.

* Association européenne des zoos et aquariums

** Gibbons, chimpanzés, bonobos, gorilles, orangs-outans

*** Se balançant d’une branche à l’autre à l’aide des bras

 

Dans la peau de l'autre

Cinéma - Dès 9 ans

Fille ou garçon ? Au début, le film laisse planer le doute. La caméra, élégante, observe l’enfant s’amuser avec sa sœur, discuter avec ses parents. C’est l’été, sa famille vient d’emménager dans un nouvel appartement. Alors qu’il se balade devant chez lui, l’enfant, âgé de 10 ans, rencontre Lisa. “T’es nouveau ? lui demande-t-elle. Comment tu t’appelles ?” “Michaël”, répond l’enfant. Peu de temps après, le spectateur découvre que Michaël, malgré ses cheveux courts et ses attitudes plutôt masculines, est en fait une fille. Et qu’elle s’appelle Laure. Heureuse, bien dans son corps, Laure a triché sur son identité avant tout par jeu. Sans réfléchir. Sans imaginer qu’elle s’enfermerait dans une spirale de mensonges. La réalisatrice exploite à merveille ce point de départ. Elle y emmène à la fois de l’humour et du suspens (les copains de Laure vont-ils la démasquer ?). Elle parvient à se mettre à hauteur d’enfant, à nous plonger dans la tête d’une héroïne qui apprend à se construire et qui s’interroge sur son rapport aux autres. Plus physique que psychologique, sans cesse en mouvement, son récit baigne dans une belle lumière d’été qui lui apporte un côté joyeux et solaire.

Laurent Djian

Tomboy. Sortie le 20 avril. De Céline Sciamma. Durée : 1h22.

 

Révélatrice d'identités

Dans Tomboy, ce mois-ci sur les écrans, Céline Sciamma évoque un sujet peu traité au cinéma : les questions d’identité pendant l’enfance. Entretien avec une femme engagée.

Pourquoi avez-vous eu envie d’aborder la question de l’identité durant l’enfance ? 

Suis-je un garçon ? Ou suis-je une fille ? Il n’y a pas si longtemps, un enfant de 8 ou 10 ans ne se posait pas la question de l’identité en ces termes. Aujourd’hui, c’est plus compliqué. Tout est plus sexué. Regardez les petites filles, elles portent toutes les cheveux longs. Allez dans un magasin de vêtements : des inscriptions sur le tee-shirt aux couleurs proposées, tout est fait pour différencier les filles et les garçons dès leur plus jeune âge. Les enfants se moquent des codes, ils passent leur temps à mentir et à s’inventer des vies. Je voulais montrer que s’ils paraissent libres, ils ne le sont pas tant que ça. Ils sont éduqués par des adultes, dans un monde normatif. Du coup, quand ils ne sont plus en mode “jeu”, ce qui sort de la norme peut les perturber. 

Pourquoi, à votre avis, Laure se fait-elle passer pour un garçon auprès de Lisa et de ses copains ? 

C’est le regard de l’autre qui détermine qui on est. Et c’est Lisa, la première, qui a pris Laure pour un garçon. Laure n’a donc pas agi à cause d’un mal-être quelconque, elle n’a fait que continuer à jouer le jeu. Sans penser aux conséquences et aux complications que cela engendrerait. 

Comment procède-t-on pour écrire un film à hauteur d’enfant ? 

Je garde des souvenirs très vivaces de cette période. De sensations physiques, de mon agilité, de ma capacité à courir vite. Je suis allée puiser dans ces émotions, notamment pour écrire les scènes en extérieur. 

Laure ressemble-t-elle à la petite fille que vous étiez ? 

Il paraît, oui. Je ne m’en rends pas compte, mais c’est ce qu’affirment mes proches. J’étais moi-même un garçon manqué, avec les cheveux courts. Les jeux créatifs entre Laure et sa petite sœur ressemblent à ceux que j’avais avec la mienne, et j’entretenais moi aussi une relation très complice avec mon père. Laure n’est toutefois qu’une héroïne, pas mon alter ego

Quel souvenir gardez-vous de votre enfance ? 

Un souvenir heureux, et de collectivité permanente. J’étais soit avec mes parents, soit entourée d’amis. Je n’ai découvert la solitude que plus tard. Je voulais que mon film soit dans un mouvement perpétuel, qu’il soit intense et lumineux, car un enfant vit dans un gigantesque présent. Il ne connaît pas la nostalgie – à moins, bien sûr, d’avoir vécu une tragédie, comme la perte d’un parent. N’est-ce pas à partir du moment où l’on découvre la nostalgie que l’on quitte l’enfance ?

Comment avez-vous arrêté votre choix sur Zoé Héran pour incarner Laure ? 

Le casting ne devait pas dépasser les trois semaines. Je n’ai donc pas eu le temps d’aller repérer des gamins dans les écoles ou dans les ateliers théâtre. En frappant à la porte des agences, Zoé s’est vite imposée. Elle aimait les jeux de garçons, le foot, elle avait un côté androgyne idéal pour le rôle. Elle a également de suite accepté de se couper les cheveux, contrairement aux autres. Sur le plateau, pendant que la caméra tournait, je lui donnais des indications – du genre, tourne la tête, lève-toi – et elle m’écoutait, tout en continuant à regarder la caméra. Elle était douée. 

Au Festival du film de Berlin, Tomboy a été présenté devant une salle remplie d’enfants. Leurs réactions ?

Ils se sont identifiés à l’héroïne, ils avaient de l’empathie pour elle. J’étais soulagée. Ils m’ont également bombardée de questions pertinentes. Ils voulaient savoir si Laure recommencerait. J’ai délibérément laissé la fin du film ouverte. Je ne veux pas donner de leçon de morale. Je veux juste leur faire comprendre qu’il n’est pas nécessaire de se cacher derrière quelqu’un d’autre pour vivre les choses et les émotions que l’on a envie de vivre. 

Propos recueillis par Laurent Djian.

 

Moi et les autres…

Festival - Dès 6 mois

Avec les beaux jours, Le Printemps des petits lecteurs est de retour avec son florilège de rencontres, spectacles, histoires et ateliers. Organisé chaque année, depuis 2005, dans les bibliothèques de Lyon, ce festival spécialement dédié aux moins de 5 ans a cette année pour thème Moi et les autres. “Nous avons voulu évoquer l’éveil progressif des tout-petits aux relations avec les autres et au monde qui les entoure”, souligne  Marie-Laure Denis, coordinatrice de l’événement. Bien sûr, le livre est à l’honneur, avec des histoires et des comptines à écouter et à partager. Mais pas seulement. Spectacles et concerts seront également de la fête, avec notamment Béatrice Maillet, bien connue des aficionados 
des disques d’Enfance et musique, qui sait si bien mettre en bouche les mots et les sonorités, comme des gourmandises*. Ou encore avec un spectacle musical librement inspiré de l’album à succès Petit-Bleu, Petit-Jaune**

Mais cela ne s’arrête pas là puisqu’il sera également possible de participer à un atelier d’initiation à la danse avec une professionnelle de la compagnie Hallet-Eghayan, de s’essayer au yoga, et d’admirer des œuvres d’art... Les expositions quant à elles présenteront des photographies d’enfants du monde entier ou encore de drôles de doudous en vadrouille. Les parents ne seront pas en reste, avec une conférence de la pédopsychiatre Myriam Szejer (fondatrice de l’association La Cause des bébés), ou encore une rencontre autour de la méthode Faber & Mazlish, pour créer un climat de coopération parent enfant.

Aude Spilmont

Le Printemps des petits lecteurs : Jusqu’au 23 avril, dans les treize bibliothèques de Lyon. Rens. 04 78 62 18 00. 

Tout le programme sur : www.bm-lyon.fr/printemps-petits-lecteurs/ Réservation conseillée.

*Avant toi, y’avait pas rien !   

**Rêve-moi un petit bleu

 

12/04/2011

En garde !

Escrime artistique / Dès 5/6 ans

Si Jean Marais était encore de ce monde, il ne bouderait pas son plaisir. Profitant de la fête Renaissance du Vieux-Lyon, une poignée de passionnés pratiquant l’escrime médiévale, sportive et artistique en costume, vont croiser le fer dans la cour des musées Gadagne. Qu’on se le dise : les combats menés à armes réelles, dans le respect d’une vérité historique, feront frémir les demoiselles et s’esbaudir les damoiseaux. À la présentation des bottes secrètes, succédera un corps à corps viril entre messieurs maniant l’épée et le petit bouclier. Clin d’œil aux duels de pirates, le combat à l’épée et à la dague fera s’affronter un duo mixte. Le fameux duel des mignons d’Henri II réunira six personnes, tandis que le célèbre coup de Jarnac se déroulera en présence de Catherine de Médicis (toujours pimpante malgré ses 492 ans !). Sans oublier la reconstitution du  premier duel féminin de l’histoire… accompli en 1610, ni l’attachant Cyrano de Bergerac affrontant Valvert dans une tirade mémorable. À la fin de l’envoi, l’insolent vicomte pourra aller se moucher. 

Blandine Dauvilaire

Histoires de duels : Samedi 16/04 de 14h à 17h30, dans la grande cour des musées Gadagne, 1, place du Petit-Collège, Lyon 5e. Tél. 04 78 42 03 61. Entrée libre et gratuite. www.gadagne.musees.lyon.fr

 

Symphonie de jouets

Ciné-concert / Dès 2 ans

Prenez un grand écran, sur lequel sont projetés des films d’animation. Rajoutez sur la scène un groupe de quatre musiciens qui jouent en direct une “Toy music”, en utilisant de vrais jouets comme instruments de musique. Vous aurez un étonnant ciné-concert créé spécialement pour les tout-petits et à découvrir absolument ce mois-ci à l’Épicerie moderne. Concoctée en partenariat avec le Forum des images à Paris et le festival Travelling à Rennes, cette Petite Fabrique de jouets présente quatre films d’animation polonais des années 60/70. Des courts-métrages poétiques, peuplés de peluches, de Meccano, de poupées russes et de chiens de papier. Pour orchestrer cette symphonie, les musiciens du groupe Chapi Chapo ont composé une partition originale avec pour instruments des pianos, xylophones, mais aussi une cinquantaine de jouets et leurs kyrielles de sons (tableau d’éveil, boîte à musique, girafe qui fait pouet-pouet, taxi parlant…). Enfantine, captivante et un peu mélancolique, cette musique s’accorde parfaitement avec l’univers touchant des images. Nul doute que même les adultes y goûteront avec délice.

Aude Spilmont

La Petite Fabrique de jouets : Le 15 avril à 10h30, le 16 à 15h30. De 2 à 6 ans. Enfant 5 €, adulte 8 €. À l’Épicerie moderne, Feyzin. 04 72 89 98 70. www.epiceriemoderne.com

 

Famille chérie  

Théâtre / Dès 7 ans

Imaginez une famille modèle où l’amour coule à flots et où l’attention des parents est entièrement centrée sur la fille unique. Le tableau semble idyllique, et pourtant, ce cocon rassurant censé favoriser la réussite de l’enfant se révèle étouffant, surtout quand la machine s’emballe. Sur un rythme trépidant, la compagnie Rodisio croque les travers de ce trio pour dessiner une comédie ironique très  musicale. Avec beaucoup de fraîcheur, cette Histoire d’une famille (et des choses de tous les jours) nous rappelle que la perfection est une illusion, et que chacun doit s’épanouir selon ses besoins.

Blandine Dauvilaire

Histoire d’une famille (et des choses de tous les jours) : Le 13/04 à 15h, le 16/04 à 20h et le 17/04 à 16h au TNG, 23, rue de Bourgogne, Lyon 9e. Tél. 04 72 53 15 15. Tarifs : 13 € / enfant et 17 € / adulte. Tarif réduit : 13 € / personne, à partir de 3 personnes venant à la même représentation. Durée : 1h.www.tng-lyon.fr

 

06/04/2011

Voyage en Inde

Art contemporain - Dès 6/7 ans

Envie d’un petit séjour exotique sans décalage horaire ? Filez au MAC découvrir Indian Highway IV. Après Londres, Oslo et Herning, 31 artistes présentent à Lyon, sur deux niveaux, un panorama de l’art contemporain indien, à travers un foisonnement d’œuvres spectaculaires. 

Accueillis par le cœur géant que Bharti Kher a recouvert de bindis, les jeunes visiteurs approchent ensuite avec amusement deux véhicules réduits à de “simples” squelettes par Jitish Kallat. Figure majeure de la scène artistique actuelle, Subodh Gupta expose Take off your Shoes and wash your Hands, œuvre hypnotisante de  27 mètres de long, composée d’ustensiles de cuisine en inox étincelant. Nettement plus minimaliste, Hema Upadhyay restitue, à partir d’objets trouvés et de matériaux de récupération, l’extrême densité du tissu urbain des mégalopoles indiennes. Une surprise de taille attend les enfants à l’étage supérieur, où Valay Shende a installé son Transit. 15 mois de travail, aidé de 25 assistants, lui ont été nécessaires pour reconstituer, uniquement à partir de bouchons en acier, ce camion de 6,5 tonnes transportant une vingtaine de passagers. Le résultat est époustouflant (si l’œuvre avait été fabriquée en France, elle aurait coûté 3 millions d’euros !). Une odeur typique de l’Inde émane de la salle suivante, où Hemali Bhuta a suspendu des centaines de bâtons d’encens. Dans un tout autre genre, Prajakta Potnis accroche une série de photos numériques imprimées sur papier archive, dont il faut s’approcher pour réaliser que ces nuages ou ces ballons sont en réalité des légumes. Cette exposition de haut vol, à découvrir tous sens en éveil, prouve s’il en était besoin que la mondialisation a vraiment du bon.

En parallèle, Pascale Marthine Tayou, artiste camerounais vivant en Belgique, envahit le troisième étage du musée avec une multitude d’œuvres éclectiques. Il vous faudra traverser une forêt inversée, croiser des installations de tissu et de fer, des poupées de cristal et de matériaux divers, des photos et des enseignes en néons, avant de rejoindre la gigantesque sculpture centrale en sacs plastique. Étonnant.

Blandine Dauvilaire

Pascale Marthine Tayou - Always all ways (jusqu’au 15 mai) - Indian Highway IV (jusqu’au 31 juillet) 

Au musée d’Art contemporain de Lyon, Cité internationale, 81, quai Charles-De-Gaulle, Lyon 6e. Tél. 04 72 69 17 17. www.mac-lyon.com 

Du mercredi au dimanche, de 12h à 19h. Entrée gratuite - 18 ans, 6€/adulte.

Ateliers enfants et ados, visites en famille, sur réservation. 

 

Augmentation2

Photo © Christophe Raynaud de Lage

Essaye encore

Théâtre - Dès 15 ans

L’Augmentation de Georges Perec est un texte corrosif, qui décortique de façon méthodique tous les scénarios envisageables et souhaitables, pour qu’un employé obtienne enfin une augmentation de salaire. Mise en scène, ou plutôt ciselée par Anne-Laure Liégeois, cette pièce aux allures de labyrinthe sans fin, repose entièrement sur le jeu de deux comédiens formidables. Anne Girouard (l’irrésistible Guenièvre de Kaamelott) et Olivier Dutilloy endossent à tour de rôle le costume du patron et celui du salarié, dans un jeu de ping pong implacable qui tourne à la performance. Rapidement, le comique de répétition se fait plus cynique, l’humour plus grinçant, jusqu’au paroxysme délirant où la situation dégénère franchement. Mis à nu, les rouages de l’entreprise sont actionnés de manière jubilatoire par ce duo impeccable. On quitte la salle un peu essorés, admiratifs devant tous les efforts déployés en vue de terrasser la machine infernale.

Blandine Dauvilaire

L’Augmentation : Du 5 au 16 avril à 20h au théâtre de la Croix-Rousse, place Joannès-Ambre, Lyon 4e. Tél. 04 72 07 49 49. Tarifs : de 10 € à 25 €. Durée : 1h15.www.croix-rousse.com

 

29/03/2011

Le génie d'Introdans

© Hans Gerritsen
Danse contemporaine - Dès 6 ans

De toute évidence, les fées se sont penchées sur le berceau de la compagnie néerlandaise Introdans ensemble for Youth, pour donner à ses interprètes cette grâce et cette technique mâtinée d’ironie qui enthousiasment le public. Un bonheur n’arrivant jamais seul, la troupe est de retour à Lyon avec un programme entièrement dédié au chorégraphe Jiri Kylian. Cette excellente introduction à la danse contemporaine sera composée du bondissant Stamping ground (1983) qui fait la part belle aux percussions ; d’Evening Songs (1987) aux accents plus lyriques ; des jeux de symétrie mis en valeur par Indigo Rose (1998) ; et surtout de l’irrésistible Sechs Tänze où les danseurs emperruqués et poudrés évoluent avec humour sur la musique de Mozart. Ces quatre fenêtres ouvertes sur le vaste répertoire de l’un des plus grands chorégraphes du monde sont confiées à des danseurs merveilleux, dont la joie de vivre est contagieuse. Profitez-en.

Blandine Dauvilaire

Kylian4kids : Séances Complices* le 2 avril à 15h et 19h30, le 6 avril à 15h, à la Maison de la danse, 8, avenue Jean-Mermoz, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00.www.maisondeladanse.com  

*Formule Complices, durée 1h30, réservée aux enfants de 6 à 13 ans accompagnés d’un adulte, placement libre. Tarifs : 7 €, 12 € ou 15 €.

Photo © Hans Gerritsen

L'art délicat de rendre chèvre

Avec Comment ai-je pu tenir là-dedans ?, Jean Lambert-Wild signe une remarquable adaptation théâtrale de La Chèvre de M. Seguin. Rencontre avec ce poète, metteur en scène et directeur de la Comédie de Caen, qui signe l'un des spectacles les plus attendus du printemps.

Pourquoi avez-vous choisi d’adapter ce texte d’Alphonse Daudet ?

Ce texte m’avait ravi étant enfant, il fait partie de ceux qui ont fondé ma construction d’homme. Il traverse les générations car il parle de la relation entre parents et enfants, de la transmission des règles, de la liberté, la possibilité de faire un choix, le rapport au temps.

Et puis il y a chez Alphonse Daudet différents niveaux de signes et de langage qui font que la chèvre n’est peut-être pas tout à fait une chèvre ni le loup un loup, que la relation de M. Seguin avec cette chèvre reste ambiguë, ce qui permet des niveaux de lecture différents en fonction de l’âge du spectateur.

La pièce repose sur le jeu de Chiara Collet qui incarne la chèvre, accompagnée par la voix d’André Wilms…

Il fallait trouver une chèvre qui soit aussi une petite fille, car ce que veut dire cette fable, c’est qu’à un moment il faut accepter le loup qui est en nous et admettre qu’il dévore la petite chèvre que l’on est, pour pouvoir passer du monde de l’enfance à celui de l’adulte.

Le dispositif scénique, les lumières, les décors beaux et astucieux sont chargés de symboles…

Au théâtre il faut créer des passerelles entre tradition et innovation. La tradition c’est aussi de réutiliser toute la fantasmagorie parfois oubliée dans notre théâtre. La possibilité du sublime permet de convoquer d’autres émotions et pour ça, il faut être astucieux dans tous les entresorts que l’on va créer et dans le rythme dans lequel ils apparaissent. Le décor est essentiel, c’est une écriture et si elle n’est pas en relation avec les autres écritures, ça devient une cacophonie.

Le succès de ce spectacle dépasse toutes vos espérances…

Je prépare la version japonaise, on va jouer à Dublin et nous avons des contacts à New York… C’est une chèvre qui va beaucoup voyager !

Propos recueillis par Blandine Dauvilaire.

© Tristan Jeanne-Valès

Comment ai-je pu tenir là-dedans ? 

Théâtre - Dès 7 ans

Présentée à Avignon l’été dernier, la première création jeune public de Stéphane Blanquet et Jean Lambert-Wild est une belle réussite. La mise en scène, sobre et intelligente, nous fait découvrir la richesse de La Chèvre de M. Seguin en mettant en lumière les enjeux cachés du texte d’Alphonse Daudet.

Seule en scène, la comédienne Chiara Collet, accompagnée par la voix du narrateur André Wilms, incarne avec une force magistrale cette petite chèvre fougueuse avide de liberté. Le  dispositif scénique et les décors astucieux servent de tremplin à l’imaginaire. Baigné par cette atmosphère à la poésie inquiétante, le spectateur est tenu en haleine jusqu’à l’ultime seconde.

Blandine Dauvilaire

Les 2 et 3 avril au TNG, 23, rue de Bourgogne, Lyon 9e. Tél. 04 72 53 15 15. www.tng-lyon.fr Tarifs : de 9 € à 17 €. Tarif réduit : 13 € / personne, à partir de 3 personnes venant à la même représentation. Durée : 55 mn.

Photo © Tristan Jeanne-Valès

 

Changement de codes

Festival de création contemporaine-cirque - Dès 7/8 ans

Après Paris et Brest, la deuxième édition du festival itinérant de création contemporaine Anticodes, réunit une poignée d’artistes singuliers aux Subsistances. Si certains comme Camille Boitel font déjà salle comble, il reste encore quelques places pour découvrir trois compagnies circassiennes au caractère bien trempé.

Très attendu, Petit Mal, le premier spectacle du Circo Aereo & Race Horse Company, réunit trois virtuoses finlandais à l’énergie débordante. Passant du trampoline au mât chinois, de l’humour noir à la poésie, ils dynamitent le cadre traditionnel pour dessiner leur propre univers.

Beaucoup plus intimiste, le Moulinoscope de la Cie 2 rien merci se dévoile sous un tout petit chapiteau où l’on pénètre par groupe de 20 personnes. Dans cet espace confiné, une bande de forains-voyageurs ressuscite avec une pointe de nostalgie quelques images du cinéma d’Asie. Un parcours guidé aux allures d’expérience personnelle.

Enfin, Yoann Bourgeois nous entraîne dans ses Fugues vertigineuses. Cet ancien danseur de Maguy Marin, formé au Centre national des arts du cirque, décline l’art de tomber avec une certaine élégance. Armé d’une grosse balle ou d’un trampoline, il propose durant tout le festival des impromptus gratuits en plein air, accompagnés par la musique de J.S. Bach. Les petits yeux apprécieront.

Blandine Dauvilaire

Anticodes : du 31 mars au 3 avril aux Subsistances, 8 bis quai St Vincent, Lyon 1erwww.les-subs.com Programme complet et réservation au 04 78 39 10 02. Tarif : 5 € par spectacle.

Moulinoscope durée : 50 mn. Petit Mal durée : 1h15. Fugues durée : 5 mn.

 

Clapotis des vagues

Théâtre musical - Dès 3 ans

Contre vents et marées, Nelly Frenoux consacre ses spectacles aux tout-petits, public dont elle connaît la sensibilité sur le bout des doigts… et des oreilles. AvecPêcheurs de sons, cette auteure-interprète embarque les moussaillons à bord d’une drôle d’histoire de marins. Guidés par le bruit des vagues et des mouettes rieuses, les enfants traversent la tempête et remontent en musique du fond des océans.

Blandine Dauvilaire

Pêcheurs de sons : Le 30 mars à 15h au centre Théo-Argence, place Ferdinand-Buisson à Saint-Priest. Tél. 04 78 20 02 50. www.cctheoargence-saint-priest.frTarifs : 6,50 € et 8 €. Durée : 45 mn environ.

 

22/03/2011

Le meilleur de Grimm

Vraie Fiancee photo A.Fonteray
Théâtre musical - Dès 7 ans

Ce que l’on aime tout particulièrement chez Olivier Py lorsqu’il adapte les frères Grimm au théâtre, c’est sa capacité à mettre en scène des spectacles tout public qui conduisent chacun des spectateurs, quel que soit son âge, à s’interroger sur la violence du monde qui l’entoure. La Vraie Fiancée n’échappe pas à cette exigence, et donne un juste aperçu de la maîtrise impeccable de son art.

Comme tous les contes de la résilience signés Grimm, l’histoire laisse planer la possibilité du pire, mais permet à l’enfant de dépasser sa souffrance pour vivre quand même. En l’occurrence, une marâtre impose à sa belle-fille d’impossibles épreuves avant de la chasser. Réfugiée dans la forêt,  celle-ci rencontre un prince qui promet de revenir la chercher. Mais la marâtre fait boire l’eau de l’oubli au prince. Le conte finira mieux qu’il n’a commencé. Transformée en grand cabaret par une scénographie précieuse (sol doré, rangées d’ampoules étincelantes), la scène devient le miroir de puissantes émotions. La peur, l’injustice, la culpabilité, l’amour bondissent des cœurs pour habiller les visages des comédiens et refléter nos propres angoisses. En contrepoint, la musique accompagne la progression des personnages jusqu’à la happy end tant attendue.

Blandine Dauvilaire

La Vraie Fiancée : Du 29 mars au 02 avril à 20h, le 30 mars à 15h, au théâtre de la Croix-Rousse, place Joannès-Ambre, Lyon 4e. Tél. 04 72 07 49 49. www.croix-rousse.com Tarifs : de 9 € à 24 €. Durée : 1h30. 

Photo © Alain Fonteray

Présence clandestine 

Solo hip-hop - Dès 13/14 ans

En adaptant sous la forme d’un solo dansé le roman d’Hamid Skif, La Géographie du danger, Hamid Ben Mahi propose un spectacle coup de poing sur l’errance d’un sans-papiers. Rejeté par une société hostile, terré dans sa chambre de bonne, cet être qui tente de rester digne jusqu’au bout s’enfonce dans une solitude proche de la démence. Faisant corps avec les mots de l’auteur, le hip-hop engagé de Ben Mahi se cogne aux limites d’un rêve devenu enfer.

Blandine Dauvilaire

La Géographie du danger : Le 25 mars à 20h au théâtre de Vénissieux, Maison du Peuple, 8, boulevard Laurent-Gerin à  Vénissieux. Tél. 04 72 90 86 68. www. theatre-venissieux.fr 

Tarifs : de 8 € à 18 €. Durée : 1h05.

La culture polar sous toutes ses formes

Festival de polar - Dès 7 ans

Au fil des années, Quais du polar s’est affirmé comme le premier festival de polar en France. Et c’est bien plus qu’un salon du livre dédié à la littérature policière qui fiche la trouille et donne des frissons. D’une part parce que la littérature “noire” explore des veines de plus en plus variées : il y a des polars psychologiques, sociaux, ironiques, fantastiques, technologiques, voire métaphysiques. D’autre part, Quais du polar embrasse toute la culture polar : le cinéma comme les séries télé, la musique, le théâtre, les jeux, et n’oublie pas les animations pour la jeunesse. Le suspens fascine évidemment les enfants et adolescents qui aiment se faire peur, mener l’enquête ou jouer les justiciers. 

Pendant trois jours, du 25 au 27 mars, Lyon baignera dans une ambiance polar, avec notamment une enquête sur les pentes de la Croix-Rousse (voir page suivante), des reconstitutions de scènes de crimes à l’École nationale supérieure de police, des projections de courts-métrages noirs au cinéma Le Zola, et un week-end L’Enfer de la corruption, avec hommage à Claude Chabrol à l’Institut Lumière. 

Mais c’est au quartier général de la manifestation, le palais du Commerce (Lyon 2e), que se dérouleront la plupart des rencontres et animations. Une grande librairie déployée dans l’ancienne “corbeille” de la Bourse accueille les écrivains en dédicace. Des salles de conférences permettent d’engager la discussion avec des auteurs autour de problématiques liées à leurs œuvres.

Cinquante romanciers du monde entier seront présents à cette édition de Quais du polar, dont des stars du genre comme l’anglais David Peace, l’italien Donato Carrisi, le suédois Lars Kepler ou les français Marcus Malte, DOA et Dominique Manotti. Parmi eux, plusieurs auteurs jeunesse dont Sylvie Deshors (Mon amour Kalachnikov et Fuite en mineur, aux éditions Le Rouergue, DoAdo noir), qui propose des “conversations autour d’une œuvre” au musée des Beaux-Arts de Lyon. 

Au palais du commerce, l’espace jeunesse doté de sa propre librairie (À titre d’aile) propose aussi des animations gratuites, comme les ateliers scientifiques des petits débrouillards ou des jeux de plateau mis en place par Croc’ aux jeux. Quant à La disparition de Roberto Pépette, il s’agit d’une enquête avec portraits robots et carnet de détective, proposée par votre magazine Grains de Sel.

Anne-Caroline Jambaud

Quais du polar : du 25 au 27 mars à Lyon. www.quaisdupolar.com 
Espace jeunesse : le 26, de 10h à 19h30. Le 27, de 10h à 18h.

Enquête au cœur de la cité idéale

Jeu urbain - Dès 7 ans 

Du suspens et des découvertes palpitantes à faire sur le terrain… Tels sont les ingrédients que nous promet cette enquête au cœur de la cité Tony-Garnier, organisée en écho à Quais du polar. Concoctée par l’équipe du musée Tony-Garnier, cette intrigue convie à un voyage dans le temps. Nous sommes dans les années 30, dans le quartier des États-Unis, à Lyon. Alors que les premiers habitants emménagent dans le tout nouvel ensemble Tony-Garnier, on découvre le corps sans vie du célèbre égyptologue Gary Noirent, une statuette d’Anubis à la main. Très vite, d’autres disparitions inquiétantes se succèdent dans la cité… Sur les lieux du crime, accompagnés d’un guide et munis d’un carnet de bord, les apprentis détectives vont devoir chercher des indices. Un parcours qui va les conduire aux pieds des immeubles du quartier des États-Unis, au domicile d’une couturière dénommée Gretta Yronni, et même dans un étrange souterrain. Ils vont fouiller au fond de vases canopes, décrypter des hiéroglyphes, découvrir une scène de crime… Ludique à souhait, cette investigation est aussi une belle “occasion de découvrir ou redécouvrir l’histoire de Tony Garnier, cet architecte visionnaire qui a façonné la ville de Lyon pendant plus de 30 ans en créant l’hôpital Édouard-Herriot, le stade de Gerland, la grande halle des abattoirs de la Mouche, et surtout le quartier des États-Unis, avec les premiers logements sociaux”, souligne Catherine Chambon, directrice du musée urbain. Dans ce musée totalement atypique, à visiter à ciel ouvert, figurent 25 fresques murales géantes autour de la “cité idéale” rêvée par Tony Garnier. Ce fils de canuts, doué pour le dessin, qui devint architecte, appartient, en effet, à cette belle tradition des utopistes humanistes. Un idéal à approcher en élucidant joyeusement bien des mystères…

Aude Spilmont

Enquête au cœur de la cité Tony-Garnier : Musée urbain Tony-Garnier, 4, rue des Serpollières, Lyon 8e. Vendredi 25 mars de 20h à 22h30 (dernier départ). Samedi 26 et dimanche 27 de 14h30 à 17h30 (dernier départ). Départ toutes les demi-heures. Réservation obligatoire au 04 78 75 16 75. Adulte : 5 €, enfant de 7 à 16 ans : 3 €, gratuit pour les moins de 7 ans.

 

15/03/2011

Les mots pour le dire

Théâtre - Dès 13 ans

Ne sachant comment trouver sa place dans une société qui le juge et une famille qui ne le comprend pas, Yvon s’évade par la pensée. Pour cet adolescent trisomique, entamer le   dialogue s’avère difficile. Par la finesse de sa plume chargée d’espoir, Jean-Pierre Cannet libère la parole de ce garçon. Porté par un chœur de jeunes acteurs du Conservatoire de Lyon et quelques comédiens professionnels, ce récit intime est mis en scène avec beaucoup de sensibilité par Jean-Claude Gal. Plus que de handicap, c’est de partage et de fraternité dont il est question. De ce besoin vital de compréhension, de cette écoute et ces regards bienveillants qui peuvent combler bien des fossés.

Blandine Dauvilaire

Yvon Kader, des oreilles à la lune : Le 19/03 à 20h au TNG, 23, rue de Bourgogne, Lyon 9e. Tél. 04 72 53 15 15. Durée : 1h.

 

Manga et philo 

Projection vidéo - Dès 15 ans 

La bibliothèque de l’université Claude-Bernard Lyon 1 s’interroge sur ce que suscitent les robots et leur identité dans nos sociétés modernes. Pour cela, le manga représente le média parfait, tant pour ce qu’il montre du point de vue technique que sur le plan philosophique. Pour les passionnés, une séance marathon de projection d’épisodes de séries animées mettant en scène des robots est à ne manquer sous aucun prétexte. Au programme :Argento SomaArmittage IIIMaetelGunslinger girl

Anne Bens

2e Festival science et manga : Le samedi 19 mars, de 10h à 15h, salle de conférence de la bibliothèque sciences, La Doua, 27, avenue Claude-Bernard à Villeurbanne. Accès libre. 

 

Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

Festival de cinéma - Dès 8 ans

La 27e édition du festival que Villeurbanne dédie au cinéma ibérique et latino-américain, du 16 au 30 mars, a fait, cette année, l’effort d’une programmation riche et éclectique à destination des enfants. Pas moins de quatre films, représentant l’Argentine, le Mexique et la Colombie, leur sont directement destinés. 

Le Mexique est à l’honneur via deux productions de grande qualité. Abel, de Diego Luna (dès 12 ans), raconte comment un enfant, à peine sorti de l’hôpital, prend la place de son père absent et impose ses décisions de chef de famille à sa mère et à ses frères et sœurs. Jusqu’au jour où le père revient. Alamar, de Pedro Gonzalez-Rubio (dès 10 ans), parle aussi de la relation père-fils, mais d’une manière radicalement différente. Véritable poème filmé, c’est une ode à la liberté, à la différence, à une existence hors des normes actuelles. Le petit Nathan, 5 ans, élevé à Rome par sa mère, part en vacances chez son père, un îlot perdu sur une barrière de corail mexicaine, où on pêche pour subsister et où on vit en adéquation totale avec la nature. 

Le Dernier Été de la Boyita (dès 12 ans),  signé Julia Solomonoff, représente lui l’Argentine. Il est question du passage crucial à la puberté, auquel se heurte l’héroïne, non pas parce qu’elle en a l’âge, mais parce qu’elle s‘y retrouve confrontée par deux fois le même été. D’une part, sa sœur aînée quitte leurs habitudes d’enfants pour rentrer de plein fouet dans l’adolescence, tandis que son compagnon de jeu à la campagne doit faire face à une ambivalente identité sexuelle. Là encore, le sujet fort et plutôt inédit au cinéma est traité avec une délicatesse, une sensibilité qui excluent toute violence ou tout aspect sordide, en étant riche en interrogations. Voilà un film qui fait grandir même les parents ! 

Enfin, dernière pépite, à ce jour inédite en France – la sortie nationale est prévue pour le 27 avril -, le colombien Les Couleurs de la montagne (dès 8 ans),  conte  l’histoire d’un petit garçon de 9 ans, fou de football. Son ballon tout neuf atterrit un jour dans un champ de mines. Ce qui semble mettre en évidence l’imminence d’un conflit armé dans une 
région reculée et montagneuse de la Colombie. 

Voici donc quatre occasions d’ouvrir les yeux de vos enfants aux civilisations latino-américaines, à la fois proches de nos ressentis, de nos fondements culturels, mais tellement éloignées par la géographie qu’elles sont souvent inaccessibles. Cette nouvelle édition de ce festival, hébergé par le cinéma Le Zola de Villeurbanne, est là pour nous le rappeler.

Véronique Le Bris

Du 16 au 30 mars. Renseignements : www.lesreflets-cinema.com Tél. 04 37 43 05 88.

Gagnez deux invitations (1 enfant + 1 adulte) pour voir Alamar (le 23/3 à 18h30) et Le dernier été de la Boyita (le 26/3 à 14h) en adressant un mail à contact@grainsdesel.com

 

La clé des songes

Eric Roux-Fontaine photo Alain Basset
© Alain Basset

Exposition - En famille

Eden est certainement l’exposition la plus personnelle d’Eric Roux-Fontaine, tant elle dévoile l’univers onirique qui habite le peintre aujourd’hui. Au gré de ses voyages en terres sauvages,  capturant la lumière et les palpitations de forêts préservées, l’artiste a redessiné les contours d’une nature imposante de beauté qui sert d’écrin à ses songes. Epousant l’azur immaculé de son mouvement joyeux, une grande roue foraine élève ses passagers à la cime des arbres. Les rires aspirés dans le jour qui décline se confondent avec les premières étoiles. Un lit silencieux se dresse dans la clairière, le temps s’étire et paresse dans les premiers rayons.  Effleurant la surface de la toile d’un bruissement d’ailes, une nuée de papillons attise les pensées. Le bonheur suspendu estompe les heures et les saisons. L’œil cueille ces minuscules fragments qui nourrissent une peinture à l’âme, fragile et entêtée,  qui se fraie un chemin à renfort de pigments.

En parallèle de l’exposition, Eric Roux-Fontaine vient d’illustrer une nouvelle version du Livre de la jungle de Rudyard Kipling (Critères Éditions). Pour restituer l’atmosphère envoûtante et les personnages attachants du récit initiatique, l’artiste a parcouru l’Inde et vécu auprès des tribus semi-nomades. Le résultat est superbe.

Blandine Dauvilaire

Eden : Du 17 mars au 16 avril à la galerie Le soleil sur la place, 4, rue A. de Saint-Exupéry, Lyon 2e. Tél. 04 78 42 56 65.www.lesoleilsurlaplace.com Ouvert du mardi au samedi, de 10h à 12h30 et de 14h à 19h. Entrée libre.

 

Envolée musicale

CNSMD photo Blaise Adilon
© Blaise Adilon

Musique classique - Dès 6 ans

Pour que le Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon soit ouvert à tous, Géry Moutier, son directeur, vient de mettre en place une programmation jeune public particulièrement attrayante. Petit tour d'horizon de ce que propose cette grande maison.

Quelle est la vocation première du CNSMD ?

Sa vocation est de former les artistes musiciens et danseurs de demain. Ces jeunes, âgés de 16 à 28 ans, qui font un travail sur la création et sur la transmission des répertoires, vont sculpter le paysage culturel dans les années à venir. 

L’une des particularités de ces étudiants, dont 20 % sont étrangers, est qu’ils portent leur savoir-faire vers le public en se produisant tout le temps sur scène. Plus de 300 concerts et auditions sont organisés chaque année, dont 125 hors les murs.

Vous venez de mettre en place une programmation jeune public gratuite à l’attention des enfants dès l’âge de 6 ans…

Je tenais à ce que les enfants trouvent leur place au Conservatoire en tant que public. Leur regard est motivant pour tout le monde, notamment pour les jeunes artistes qui vont porter leurs travaux sur scène. L’idée est de montrer à travers des rendez-vous plus spécifiquement jeune public ce que tous les étudiants du Conservatoire entourés par leurs enseignants font ou maîtrisent. Cette programmation thématique est une première.

Le printemps s’ouvre donc sous le signe de la musique anglaise…

Parmi les œuvres emblématiques, nous en avons choisi une absolument extraordinaire, qui a bercé nombre de musiciens dans leur enfance et les a amenés sur le territoire de la musique, c’est The Young Person’s Guide to the orchestra (Guide de l’orchestre pour un jeune auditeur) de Benjamin Britten. Ce sont des variations et fugues sur un thème de Purcell qui sont commentées. Elles présentent tous les instruments de l’orchestre symphonique de manière subtile, intelligente, sensible, c’est fascinant. Ce rendez-vous à ne pas rater sera dirigé par Peter Csaba. Une séance particulière sera consacrée par les classes de piano à la véritable Histoire de Babar, de Francis Poulenc. 

Autre domaine étonnant pour des enfants, la classe de percussions sera mise en scène par Nicolas Ramond de façon interactive avec Jean Geoffroy et Henri-Charles Caget. La percussion a cette particularité de créer son propre répertoire en temps réel et nous avons un instrumentarium considérable au Conservatoire. Cinq histoires originales emmèneront donc les plus jeunes dans un monde imaginaire.

Par ailleurs, nous avons un orgue magnifique et les étudiants de la classe d’orgue vont proposer un programme passionnant autour des pièces de Sweelinck, Bach et Alain.

Enfin, nous ouvrons une répétition de l’atelier lyrique mise en scène par Jean-Philippe Amy, où les enfants pourront voir en temps réel les dernières séances de travail avant la présentation au public.

Quels arguments donnez-vous aux parents qui n’osent pas venir écouter un concert en famille ?

Je pense que la musique est une espèce de langue universelle maternelle. Hélas, on l’a beaucoup captée par la spécialisation, le savoir, on a fait des oppositions qui ont éloigné parfois les publics de la perception immédiate et du bonheur de la partager ensemble parce que c’est de l’art vivant. En l’occurrence au Conservatoire, c’est de la musique 
magnifiquement jouée par de jeunes étudiants qui sont déjà des professionnels. Ces concerts sont ouverts à tous, cette musique est accessible et compréhensible par tous. J’ai vu des enfants écouter des quatuors de Ligeti d’un bout à l’autre et rester totalement concentrés. Ce qui peut paraître un langage un peu abstrait à des adultes parle d’une autre façon aux enfants, qui ont une grande capacité de réceptivité et sont sensibles à des langages moins convenus.

Je pense aussi que la sensibilité se forme tôt, qu’il y a des moments importants dans la vie des enfants où il faut savoir faire une parenthèse un peu magique. C’est un plaisir pour nous de les accueillir avec leurs parents et leurs grands-parents.

Propos recueillis par Blandine Dauvilaire.

Alice au pays des sons, concerts jeune public et musique anglaise : Du 16 mars au 15 avril au CNSMD, 3, quai Chauveau, Lyon 9e. Renseignements : 04 72 19 26 61. www.cnsmd-lyon.fr Entrée libre sans réservation. Durée : 45 mn.

• Le 16 mars à 15h et 18h : 

2 et 2 font..., classe de percussions mise en scène par Nicolas Ramond.

• Le 19 mars à 15h : 
LHistoire de Babar de Francis Poulenc, avec Vincent Mardon (piano) et Octavian Saulnier (récitant).

• Le 30 mars à 15h : 
The Young Person’s Guide to the orchestra, orchestre du CNSMD de Lyon dirigé par Peter Csaba.

• Le 6 avril à 15h : 
classe d’orgue, programme autour des pièces de Sweelinck, Bach et Alain.

• Le 11 mai à 15h : 
répétition de l’atelier lyrique mise en scène par Jean-Philippe Amy.

 

 

01/03/2011

La trace et le trait

Max Schoendorff, Naturam natura docet, 1985 © Lyon, musée des Beaux-Arts

Max Schoendorff, Naturam natura docet, 1985 © Lyon, musée des Beaux-Arts.

Exposition - Dès 12 ans

La peinture de Max Schoendorff ne se décrit pas, elle s’éprouve. Intrigué par les formes qui
courent et s’enroulent dans un mouvement proche de l’anamorphose, le regard abandonne
tout repère pour pénétrer le mystère de la toile. Cet accrochage d’une poignée d’œuvres de l’artiste appartenant à la collection du musée des Beaux-Arts, des années 1960 à nos jours, donne à voir l’impressionnant dessin Foolish Wives. Avec une infinie curiosité (13 heures d’exploration par jour pendant 3 mois), Max Schoendorff est parti à l’aventure en traçant sans esquisse, à la mine de plomb sur de la tôle d’aluminium émaillée, des atmosphères au rendu pâle et léger, contrastant étrangement avec le poids total de l’œuvre : 200 kg. Autres voyages en noir et blanc, 6 lavis (dessins à l’encre) inédits cueillent le visiteur qui emprunte le couloir, avant l’étrange Autoportrait de dos : par la fenêtre qui conclue le parcours consacré à ce libre penseur.

Profitez de votre visite au musée pour admirer l’accrochage dédié à L’Estampe au temps de l’impressionnisme : quelques portraits ou paysages signés Jongkind, Manet, Appian etc. sont sortis exceptionnellement des réserves.

Blandine Dauvilaire

Max Schoendorff : Jusqu’au 23 mai au musée des Beaux-Arts, 20, place des Terreaux, Lyon 1er. Tél. 04 72 10 17 40. Ouvert tous les jours sauf mardi, de 10h à 18h, vendredi de 10h30 à 18h. Gratuit -18 ans, 7 € /adulte.

Et jusqu’au 29 avril, l’URDLA présente une rétrospective de l’œuvre gravé de l’artiste.
207 rue Francis de Pressensé, Villeurbanne. Tél. 04 72 65 33 34. www.urdla.com

 

Les Moomins et la chasse à la comète

Cinéma - Dès 3 ans

Star en Finlande où il est né, Moomin (mi-troll, mi-hippopotame) a fait ses premiers pas en France en novembre 2009. Ce film-ci reprend l’esprit, l’inspiration (les livres de Tove Jansson), la réalisatrice, Maria Lindberg, et les adorables petits personnages en feutrine. Quand Moomin et ses amis s’aperçoivent que leur vallée, d’habitude chamarrée, est recouverte de cendres, ils embarquent à bord d’un radeau puis escaladent une montagne sur laquelle est perché un observatoire… Ce long voyage, où seront défiés toutes sortes de dangers, unira encore plus les Moomins, toujours prêts à bondir pour découvrir le monde et de nouveaux amis… quitte à ce que le récit soit un peu tiré par les cheveux. À noter, un générique magnifique, très coloré, mis en musique par l’islandaise Björk. Car le Moomin est tendance, très tendance…

Véronique Le Bris

Invitation à l'avant-première du dimanche 6 mars à 11h15 au Comoedia à demander (dans la limite des places disponibles) par mail à Grains de Sel :contact@grainsdesel.com

 

22/02/2011

Ça va cartooner !

Cinéma d’animation - Dès 3 ans

Vacances scolaires rime parfois avec galère quand il s’agit d’occuper la prunelle de nos yeux. Par chance, un nouveau festival vient de voir le jour, qui devrait éviter bien des corvées de pâte à sel aux parents dévoués. Proposé par le Groupement Régional d'Actions Cinématographiques (en marge du forum professionnel Cartoon Movie), « On Cartoon dans le Grand Lyon » réunit cinq des meilleurs films d’animation jeune public européens de ces dernières années.

Les tout-petits (dès 3 ans) découvriront Les trois brigands de Hayo Freitag d’après l’album de Tomi Ungerer. À partir de 5 ans, les enfants plongeront avec délice dans Kerity, la maison des contes de Dominique Monféry, dont les illustrations sont signées Rebecca Dautremer ; rejoindront le pays des rêves avec Le marchand de sable de Jesper Møller et Sinem Sakagolu ; et sauront enfin à quoi ressemble Une vie de chat d’Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli. Enfin dès 6 ans, ils se transformeront en Chasseurs de dragons, d’Arthur Qwak et Guillaume Ivernel. Plusieurs animations complèteront cette programmation (atelier peinture, ciné conte, ciné-goûter, enquête-jeu…). Une aubaine.

Blandine Dauvilaire

On Cartoon dans le Grand Lyon : Du 27 février au 4 mars dans 15 salles du Grand Lyon. Programme complet :http://www.oncartoondanslegrandlyon.fr/programmation

 

Une biennale du ciel sans gravité

Astronomie - Dès 6 ans

Après une première édition test en 2009, l’événement Oufs d’astro revient ce mois-ci avec plusieurs spectacles, conférences, parcours découverte ou films dédiés “au ciel et à l’espace”. Organisé par le planétarium de Vaulx-en-Velin et plusieurs partenaires, dont le musée des Confluences, Oufs d’astro “balaie tout le spectre de l’astronomie, de son histoire jusqu’aux recherches contemporaines de l’astrophysique” résume Patrick Milliat, directeur du planétarium vaudais. Autre particularité : l’événement fait le lien entre sciences et culture en choisissant Michel Cassé, astrophysicien et poète, comme parrain de cette édition, et en invitant des spectacles de danse ou de théâtre. À l’affiche notamment : 9.81 cirque d’apesanteur (dès 6 ans) et Le Désastre des astres (dès 9 ans). 

Oufs d’astro a choisi pour fil rouge de l’édition 2011 la gravité, “cette force qui nous permet de nous tenir debout, qui déclenche les marées, qui sculpte l’univers et dont l’équation permet d’envoyer dans l’espace des fusées” rappelle Patrick Milliat. Les mystères de la gravité seront expliqués lors de conférences sur Einstein, Newton ou les trous noirs, et des séances de planétarium avec la diffusion de trois nouveaux films (dès 12 ans).

Autre rendez-vous original : un parcours à la rencontre des chercheurs de la région (dès 10 ans), qui dévoileront les secrets de leurs travaux sur la matière noire, la chute des neutrons ou l’expansion de l’univers. Ces scientifiques seront mis en scène au centre Charlie-Chaplin par un scénographe. Parmi eux, Patrick Nedelec, physicien des particules à l’Institut de physique nucléaire de Lyon, présentera ses études sur la chute gravitationnelle de l’antimatière, qu’il résume par cette question : “comment l’antipomme tombe-t-elle ?” 
À ne pas manquer non plus : une grande soirée d’observation familiale du ciel le 12 mars aux théâtres romains de Lyon, et la 23e édition des Trophées de robotique (dès 8 ans), avec matchs entre prototypes de robots le 27 février.

Anne-Caroline Jambaud

Oufs d’astro : Du 21 au 27 février à Vaulx-en-Velin. www.planetariumvv.com Entrée libre et gratuite. Réservation conseillée : 04 78 79 50 12.

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Image © www.labelidee.com Photo : Fotolia

 

 

15/02/2011

Ici et ailleurs

Conte en musique + Cours de langue - Dès 6 ans

Dans le cadre de l’événement Parlers d’ailleurs, Les Subsistances proposent un programme en trois parties spécialement conçu pour les familles.

1) Le spectacle La Reine des neiges : cette adaptation très réussie du conte d’Andersen par Jean Lacornerie se découvre tous sens en éveil dans un écrin immaculé. Contée par la captivante Cécile Kamp, qui tient la salle dans sa main, bercée par le piano de  Sarah Lavaud et chantée par Gersende Florens en Reine soprano, cette version resserrée emporte le public au pays des rêves. Tarif : 5 €. Durée : 50 mn. 

2) Sept cours de langue minute au choix (wolof, farsi, japonais…) pour s’initier en 30 minutes à une langue étrangère (gratuit).

3) L’accès à l’espace livres et contes (gratuit).

Blandine Dauvilaire

Parcours Neige : Les 19 et 20/02 aux Subsistances, 8 bis, quai Saint-Vincent, Lyon 1erwww.les-subs.com Programme complet et réservation au 04 78 39 10 02.

 

Ça bulle 

Opéra (création) - Dès 11/12 ans

En compagnie de l’ensemble musical Les Nouveaux Caractères, Sébastien d’Hérin relève un défi audacieux : faire découvrir l’opéra Didon et Enéede Purcell aux collégiens et  lycéens (accessoirement aussi à leurs parents). Pour permettre à ces oreilles particulièrement exigeantes de goûter la beauté de cette œuvre en anglais jouée sur instruments anciens, l’artiste va utiliser une ruse de sioux : la bande dessinée ! Chaque séquence de cette grande histoire d’amour contrariée par les dieux sera sous-titrée en direct par les dessins de Florence Dupré La Tour. Une idée plutôt originale, imaginée par Lyon BD Festival, pour rendre accessible cette musique baroque généralement méconnue des ados. La reine Didon parviendra-t-elle à détrôner Lady Gaga ?

Blandine Dauvilaire

Didon et Enée : Le 17/02 à 20h, au théâtre de la Renaissance, 7, rue Orsel à Oullins. Tél. 04 72 39 74 91. www.theatrelarenaissance.com Tarifs : de 9 € à 20 €. Durée : 50 mn.

 

Le Tigre et les Animaux de la forêt   

Cinéma - Dès 3 ans

On retrouve avec un plaisir non dissimulé le talent de conteurs, l’humour corrosif et l’imagination du duo de réalisateurs lettons, Dace Riduze et Janis Cimermanis. L’une avait réalisé Le Bal des lucioles, et l’autre, L’Ours arrive, deux films de grande qualité. Cette fois, il s’agit de quatre courts-métrages créés récemment, entre 2007 et 2010. Ils sont tous consacrés aux animaux, en utilisant la même technique de marionnettes en tissu. Avec peu d’effets et pas de dialogues, les réalisateurs parviennent à monter une véritable enquête policière concernant un cochon, amoureux mais endetté, qui s’en va voler les dents du castor pour mieux séduire sa belle. Ou encore à réveiller un vieux garde-chasse écolo qui monte un véritable piège pour des chasseurs agressifs, afin qu’ils s’amusent sans tuer les animaux. L’histoire des tigres maltraités d’un cirque est aussi tendre qu’amusante, surtout quand ils sont remplacés par des hommes de service déguisés, plus drôles que des clowns en piste. Mais notre petit film préféré reste celui des cochons sans-gêne, dont les voisins vont se venger. À vous de découvrir comment !

Véronique Le Bris

Sortie 16 février. 
De D. Riduze et J. Cimermanis. Durée 40 mn.

 

LE-TIGRE 

Photo : Cinéma Public Films

 

Le Bourgeois se déchaîne

Théâtre - Dès 8 ans

Quand Philippe Car et sa compagnie Agence de Voyages Imaginaires s’emparent du Bourgeois gentilhomme, un vent de folie se met à souffler dans le salon de musique de Monsieur Jourdain. Dans cette version décapante, de drôles de personnages, animés par des comédiens-manipulateurs, entourent le héros de Molière. Sur une musique jouée en direct, de grandes marionnettes inspirées du théâtre japonais bunraku, des poupées, des pantins mais aussi des robots, transforment la scène en ballet délirant. Flatté par les uns, moqué par les autres, ce bourgeois naïf, emporté par sa folie des grandeurs, bascule inexorablement dans le ridicule. La mascarade flamboyante, où l’on ne sait plus qui manipule qui, s’achève en apothéose, donnant à ce grand classique un sacré coup de jeune.

Blandine Dauvilaire

Le Bourgeois gentilhomme : Le 19/02 à 20h, le 20/02 à 16h au TNG, 23, rue de Bourgogne, Lyon 9e. Tél. 04 72 53 15 15. www.tng-lyon.fr Tarifs : 13 € / enfant et 17 € / adulte. 

Tarif réduit : 13 € / personne, à partir de trois personnes venant à la même représentation. Durée : 1h30.

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 Photo : Elian Bachini

 

08/02/2011

Société sécuritaire

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 Photo Daniel Otero : Welcome © 2010 - OTERO

Dessins / installation - Dès 10 ans

Dans les œuvres de Daniel Otero, les apparences sont souvent trompeuses. Qu’il accroche cinq dessins monumentaux de dobermans dressés sur leurs ergots, le regard fixé sur le visiteur, ou qu’il aligne des maquettes de maisons aseptisées, l’artiste dénonce la même dérive sécuritaire qui déshumanise et isole. Choqué par ces comportements, le jeune homme d’origine colombienne, diplômé de l’école des beaux-arts de Lyon, retranscrit son malaise dans chacune de ses créations. En témoignent les personnages un peu effrayants, aux doigts griffus, qui semblent prêts à bondir. Face à ces œuvres engagées, les enfants auront besoin de l’accompagnement des parents pour saisir la portée du message.

Blandine Dauvilaire

Daniel Otero : Jusqu’au 5 mars à l’Attrape-couleurs, mairie de Saint-Rambert-l’Ile-Barbe, place H.-Barbusse, Lyon 9e. Tél. 04 72 19 73 86.www.attrape-couleurs.com Du mercredi au samedi, de 14h à 18h et sur RDV. Entrée libre, médiatrice à disposition du public.



Corps raccords

 

ERNEST

Photo Ernest Pignon-Ernest : Sérigraphie collée à Naples en 1988.

Art urbain - Dès 11/12 ans

Depuis quarante ans, Ernest Pignon-Ernest colle des images saisissantes sur les murs des cités du monde entier. Imprégnées du climat politique, social, et de l’histoire des lieux où il intervient, ses silhouettes grandeur nature, frappantes de réalisme, interrogent les passants et dérangent les dirigeants. Le parcours proposé par la galerie IUFM Confluence(s) réunit une quarantaine d’œuvres sous forme de dessins et de photos, depuis les corps en souffrance inspirés du Caravage et réalisés à Naples, jusqu’à son récent travail en Palestine, sans oublier les cabines téléphoniques investies à Paris et Lyon, ou encore son implication artistique en Afrique du Sud sur la question du sida. Généralement collées de nuit à fleur de murs, les affiches de ce peintre-dessinateur militant laissent une empreinte brûlante dans l’espace public, transformé en musée à ciel ouvert. Elles accrochent le regard et bousculent les consciences. Ne les manquez surtout pas.

Blandine Dauvilaire

Ernest Pignon-Ernest : Jusqu’au 26 février à la galerie IUFM Confluence(s), 5, rue Anselme, Lyon 4e. Tél. 04 72 07 30 74. Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h, le samedi de 14h30 à 18h. Entrée libre et gratuite.

 

Le beatnik et le blancbec 

Festival - Dès 15 ans

Le nouveau festival Plug & Play s’adresse aux amateurs de folk et de rock, sans artifice ni mise en scène. Nul doute que les artistes programmés feront vibrer à l’unisson les cordes sensibles de toutes les générations, puisque le festival lorgne aussi du côté des tendances actuelles.

Peu importe si les ballades anglo-irlandaises de l’invitée Arianna Monteverdi rappellent celles de Joan Baez à ses débuts, elles permettent à la fois de commémorer une époque et de découvrir un style. Tout comme la country rouillée et les chants mexicains des Fidji Phoenix Sisters qui, selon ses références, rappellent The Ronettes ou rendent comme un hommage à Calamity Jane au fond du désert californien. Pour cette première édition, les artistes conviés s’emparent de la musique folk ou sollicitent un renouveau du genre, plus électronique (Libelul), alternatif (Angil & The Hiddentracks), ou encore inspiré de la contemplation (Benni Hemm Hemm).

À la question “est-ce une bonne ou une mauvaise chose que les jeunes cherchent à vous copier ?”, Bob Dylan répondait succinctement : “C’est une chose.

Retour aux sources ou coup de fraîcheur sur la folk traditionnelle, ce festival acoustique donne carte blanche à ces musiciens, montants ou confirmés, avec un seul mot d’ordre : se brancher et jouer. Un moment intimiste pour accorder ensemble vos guitares.

Fabien Hanton

Plug & play : jusqu’au 17 février, à 20h30. Au Kraspek Myzik, 20 Montée St Sébastien, Lyon 1er.Tél. 04 69 60 49 29. Tarifs : 1 soirée 5 €. 3 soirées 10€. + 2€ adhésion. 

www.lerockepamort.org

 

Bron, la Fête du livre idéale

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 © Christine Chaudagne.

C’est une Fête du livre chaleureuse et colorée, où familles et poussettes batifolent entre les étals des libraires, les coins lecture, les pauses bistrot et les chapiteaux. Pourtant, la Fête du livre de Bron n’a rien d’une foire d’empoigne ou d’une bourse aux célébrités, où se mêlent mémoires de vrais académiciens et vécus de star-académiciens. Ici, les écrivains invités sont lus attentivement, choisis et aimés. Ils s’intègrent dans une programmation de lectures et de rencontres qui tissent de subtils échos entre les œuvres. Ainsi, cette année, Régis Jauffret et Patrick Lapeyre conversent autour du discours amoureux, Javier Cercas et Mathias Énard évoquent les accidents de l’histoire et Jean-Pierre Siméon reçoit Yves Bonnefoy. La programmation ne cède pas aux effets de mode ou aux lois du marché éditorial ; elle est à la fois exigeante, amoureuse et fidèle. Et cela fait 25 ans que ça dure ! Pour célébrer cet anniversaire, la Fête du livre de Bron a étoffé sa programmation pour les jeunes publics en proposant plusieurs rendez-vous amusants (voir ci-dessous) et en accueillant notamment deux pointures de la littérature jeunesse : Timothée de Fombelle et Jean-Claude Mourlevat. Autre clin d’œil à ce quart de siècle littéraire : les écrivains invités livrent leur bibliothèque idéale de ces 25 dernières années. Il y a fort à parier que la plupart des auteurs retenus seront déjà venus à la Fête du livre de Bron qui fait rarement de fautes de goût et sait dénicher les pépites de la littérature contemporaine, pour petits et grands.

Anne-Caroline Jambaud

Fête du livre de Bron : Les 11, 12 et 13 février à l’hippodrome de Parilly à Bron. www.fetedulivredebron.com

 

. Le grand coloriage : les artistes du collectif Le Bocal, qui est aussi un lieu d’exposition dans le 7e, invitent tous les visiteurs à participer à un amusant coloriage collectif. Avec Lucie Albon, Tian Keu et Delphine Perret. Sous le grand chapiteau (tout public).

. SI-T-ADO : journalistes, reporters, photographes ou illustrateurs en herbe – recrutés sur place – sont invités à “couvrir” les 25 ans de la Fête, aux côtés du journal Texto. Pour écrire le journal de la Fête, salle de rédaction, salon d’interview et espace d’illustration sont mis à la disposition des jeunes (dès 12 ans). Sous le grand chapiteau.

. Photobulles : la compagnie Sucrés Salés propose un “microtrottoir photographique”. Les participants sont pris en photo avec, à leurs côtés, une bulle dans laquelle ils ont écrit la réponse à une drôle de question (tout public).

. Rencontre avec Timothée de Fombelle : l’auteur de la saga des aventures de Tobie Lolness, traduite dans le monde entier, a sorti en 2010 le 1ertome d’une nouvelle série, Vango, qui se déroule dans l’entre-deux-guerres. Samedi 12 février à 14h30, salle du Manège, sous le grand chapiteau (dès 10 ans). 

. Des livres et de l’art pour les petits : rencontre avec deux artistes dont les dessins et illustrations sont publiés aux éditions Les Grandes Personnes : Lionel Le Néouanic et François Delebecque (dès 4 ans).

 

02/02/2011

Qu'est-ce que tu fabriques ?

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 Photo : La salle de bain, Appartement témoin © musées Gadagne

Exposition / Animations - Dès 7 ans

En complément de l’exposition Appartement témoin, imaginée avec humour et poésie par le Turak théâtre, les musées Gadagne proposent aux familles un “Espace Je” dédié aux animations. 

Pensez à vous munir d’un appareil photo pour immortaliser La tête en bidule des petits comme des grands. Pour ce faire, il suffit de glisser son visage dans l’un des panneaux à trous, découpés en forme d’objets de la vie quotidienne, et de prendre la pause. Vos plus beaux clichés peuvent même être déposés sur le site internet des musées.

Autre animation qui suscite les fous rires, Les monstrocubes sont l’occasion d’assembler des cubes à six faces représentant des bouts de personnages, d’animaux ou d’objets, pour recréer d’improbables bonshommes et imaginer leur histoire.

Ceux qui préfèrent jongler avec les mots laisseront libre cours à leur imagination grâce au Mémo mes mots, un jeu de cartes qui réunit des homonymes du type mère et mer, poil et poêle, ver et verre… ça promet.

Dernière étape et non des moindres, La tête sur les épaules réserve de drôles de sorts aux poupées Barbie dont les têtes seront remplacées par toutes sortes d’objets. Loufoque à souhait, l’exercice permet de plonger un peu plus encore dans l’univers du Turak théâtre.

Blandine Dauvilaire

Exposition Appartement témoin : Jusqu’au 10 avril aux musées Gadagne, 1, place du Petit-Collège, Lyon 5e. Tél. 04 78 42 03 61.www.gadagnemusees.lyon.fr Ouvert du mercredi au dimanche, de 11h à 18h30. Tarifs : gratuit - 26 ans, 6 € / adulte. 

Accès libre à l’“Espace Je” sur présentation du billet d’entrée. Présence d’un médiateur les samedis et dimanches et tous les jours pendant les vacances scolaires, de 14h30 à 17h30.

 

Hitchcock, ce n'est pas toujours l'angoisse !

Cinéma - Dès 13 ans

Une vie d’ombres et de lumières, c’est sous ce titre que l’Institut Lumière publie la traduction de la biographie fouillée d’Alfred Hitchcock par Patrick Mac Gilligan (éditions Actes Sud). La parution de ce texte de référence est le prétexte d’une rétrospective des œuvres du cinéaste anglo-américain, à l’Institut Lumière et à la cinémathèque française. Explorant les thèmes de l’angoisse psychologique, du meurtre, de la culpabilité ou de la persécution, les œuvres d’Alfred Hitchcock ne sont guère adaptées à un trop jeune public. Un chef-d’œuvre comme Psychose peut faire l’effet d’une douche froide assez traumatisante pour les plus jeunes. De plus, parce qu’elles appartiennent au patrimoine du cinéma des années 40 et 50, les œuvres du “maître du suspense”, toutes présentées en version originale sous-titrée, nécessitent la connaissance de tout un back ground historique, sur le contexte de la seconde guerre mondiale ou de la guerre froide. Mais l’abondante filmographie d’Alfred Hitchcock, qui comporte plus d’une cinquantaine de films muets ou parlants, en couleurs ou en noir et blanc, anglais ou hollywoodiens, pour le cinéma ou la télévision, contient des œuvres moins effrayantes qui tiennent plus de l’aventure que de la torture psychologique. C’est notamment le cas de la période classique américaine des années 50, en couleurs. Pour entrer dans l’univers d’Alfred Hitchcock, Alban Liebl, responsable du service pédagogique à l’Institut Lumière, conseille donc La Mort aux trousses, qu’il juge accessible à partir de 13 ans. Cette course-poursuite à travers les États-Unis regorge de rebondissements et procure un plaisir immédiat. On pense à la scène mythique où Carry Grant, l’innocent persécuté, est poursuivi par des avions en rase campagne, dans les champs de maïs. Improbable mais très efficace. “Un film doit-il être logique alors que la vie ne l’est pas ?” avait coutume de répondre Hitchcock à toute  critique d’invraisemblance. Autre film conseillé pour un public adolescent : L’Homme qui en savait trop (2e version), qui met en scène une famille, dont des enfants, et comporte lui aussi une scène mythique de suspense dans un orchestre qui joue.

Anne-Caroline Jambaud

Rétrospective Alfred Hitchcock : Jusqu’au 3 avril à l’Institut Lumière. 25, rue du Premier-Film, Lyon 8ewww.institut-lumiere.org

 

Monde singulier

Illustrations - En famille

Au fil des albums jeunesse qu’elle illustre avec tous les moyens graphiques à sa portée,  Géraldine Alibeu a composé une famille de personnages fantaisistes et un peu étranges, qui ne laissent jamais indifférents. Le Bocal expose un panorama de ses travaux en cours. On retrouve des images en papiers découpés rehaussés de peinture à l’huile (technique qu’elle affectionne particulièrement), une série de dessins consacrés aux montagnes, trois images inédites réalisées à la machine à coudre, et même des céramiques, dernières trouvailles de l’artiste qui arpente avec curiosité le champ des possible.

Blandine Dauvilaire

Géraldine Alibeu : Jusqu’au 20 février au Bocal, 44, rue Chevreul, Lyon 7e. Tél. 09 53 14 83 92. Du lundi au vendredi de 14h à 18h. Entrée libre. www.le bocal.org

 

25/01/2011

Symphonie bucolique

Concert mis en scène - Dès 3 ans

Initier les plus jeunes à la musique classique tout en rendant l’écoute ludique, tel est l’objectif des Concerts en famille proposés par l’auditorium. En ce début d’année, Nicolas Ramond met en scène des extraits de la Sixième symphonie de Beethoven, appelée aussiSymphonie pastorale. Enveloppantes et joyeuses, ces mélodies, que les fans du dessin animé Fantasia connaissent par cœur ou presque, sont un hymne à la nature et à la beauté. Sous la direction de Jaime Martín, les musiciens de l’Orchestre national de Lyon interpréterontL’Ouverture de Guillaume Tell de Rossini, le Concerto pour trompette en mi bémol majeur de Hummel et la fameuse Pastorale.

Blandine Dauvilaire

Une symphonie pastorale : Le 29/01 à 15h et 18h à l’auditorium, 149, rue Garibaldi, Lyon 3e. Tél. 04 78 95 95 95. www.auditorium-lyon.com Tarifs : 1 € / enfant -12 ans, 15 € / adulte. Durée : 1h.

 

18/01/2011

Africa United

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Photo © Pathé Distribution
Cinéma - Dès 8 ans

Le foot peut mener à tout. Fabrice, jeune Rwandais surdoué, jongle comme il respire avec n’importe quel ballon. Dudu, un gamin des rues, croit tellement en lui qu’il s’autoproclame son “manager”. Lorsqu’un sélectionneur vient repérer de nouveaux talents pour constituer Africa United, une équipe de jeunes espoirs africains qui joueront pour l’inauguration de la Coupe du monde d’Afrique du Sud, Fabrice est retenu, à condition qu’il se présente le lendemain à Kigali. Supermotivés, Fabrice, Dudu et sa sœur Béa embarquent dans le premier bus venu et se retrouvent… au Congo. C’est alors le début d’une incroyable aventure  de 5 000 km à travers le Sud de l’Afrique, qu’ils commencent à trois et poursuivent à cinq… Ce road movie rocambolesque, aussi joyeux que dangereux, est mené par l’enthousiasme inébranlable de Dudu, la sagesse de Béa… et parsemé d’un merveilleux conte animé, drôle et imagé, qui ajoute un peu plus de merveilleux à une histoire déjà très enchanteresse, mais pas mièvre pour autant. Les vrais problèmes de la jeunesse africaine sont tous abordés, faisant de cet Africa United un témoignage d’une brûlante actualité.

Véronique Le Bris

Sortie le 19 janvier. De Debs Gardner-Paterson. Durée 1h27.

 

 

 

11/01/2011

Têtes à clap

Festival de marionnettes - Dès 2 ans

Pour faire un bon festival de marionnettes, il faut savoir prendre des risques et n’exclure aucune forme artistique, comme le prouve le festival Têtes de bois cette année encore. Parmi les spectacles très attendus, on retiendra Le Petit Chaperon Uf, de la compagnie PunchIsNotDead, d’après le texte de Jean-Claude Grumberg, ou comment certains enfants doivent soudain se cacher et changer de nom pour échapper au loup-policier tout-puissant (dès 7 ans). Pour sa part, la compagnie Créature mélange opéra, masques et danse pour porter sur scène le célèbre Bibi d’Elzbieta, texte poignant sur les relations incestueuses qu’entretiennent certaines mères avec leurs poussins, les empêchant de prendre leur envol (dès 4 ans). Plus léger, Le Joueur de flûte de Hamelin repose sur le jeu d’acteur de Raphaël Poli, qui remonte le temps avec humour (à partir de 6 ans). Très attachant, le duo belge de Foule Théâtre nous embobine avecFicelles, spectacle de cirque dont tous les acrobates sont en cordelette (dès 3 ans). Avec délicatesse, Eun-Youn, originaire de Corée, explore les recoins de sa mémoire et découpe ses souvenirs dans du papier, pour raconter à la manière d’un livre en pop-up la vie quotidienne, la guerre et l’exil (Je me souviens, compagnie la Boule Bleue, à partir de 5 ans). Délaissant sa roulotte, la compagnie Sous le Ciel a posé ses valises à Lyon et créé spécialement pour le festival un spectacle de musique et théâtre d’ombres : La Nuit (dès 2 ans) se compose d’images poétiques réalisées en matériaux de récupération et végétaux. Sorti tout droit d’un livre animé, un détective raté se lance dans une étrange enquête, menée du bout des doigts par le Lyonnais Antoine Boivin (Ça butte à Chaumont, dès 7 ans). Dans un tout autre genre, sept court-métrages venus des pays de l’Est seront mis en musique et en voix en direct. Enfin, Catherine Chauviré exposera ses Tonneaux et galiboules, petite famille d’animaux géométriques en carton bois, que les enfants pourront animer à leur tour.

Blandine Dauvilaire

Têtes de bois : Du 18/01 au 18/02 à l’espace Tonkin, 7, avenue Salvador-Allende à Villeurbanne. Programme complet et réservation : 04 78 93 11 38.www.netleoville.org Tarif unique : 5,50 € / personne.

 

Trois fois mieux

Danse - Dès 8 ans

À ceux qui pensent tout connaître du Boléro de Ravel, le Göteborg Ballet propose trois variations réjouissantes sur ce même thème. Orchestrées par trois jeunes chorégraphes délurés venus du Nord, ces pièces originales offrent à la vingtaine de danseurs plutôt classiques une incursion en terres excentriques. Avec un plaisir manifeste, ils s’élancent dans l’univers théâtralisé de Johan Inger, habitent l’espace plus abstrait imaginé par Kenneth Kvarnström, avant de plonger avec délice dans la délirante version d’Alexander Ekman. Du bonheur.

Blandine Dauvilaire

3XBoléro : Du 19 au 23/01 à la Maison de la danse de Lyon, 8, avenue Jean-Mermoz, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00. www.maisondeladanse.com Tarifs : de 20 € à 30 €. Durée : 1h40 avec entracte.

 

Épopée minuscule

Théâtre d'objets (création) - Dès 8 ans

Ne demandez surtout pas l’heure à Michel Laubu, il serait capable de démonter sa montre pour compter les minutes qui s’égrainent. Artiste fantasque né en Turakie, quelque part entre l’imaginaire et l’apesanteur, ce bricoleur de génie pratique l’archéologie poétique en dévoilant  les histoires secrètes des objets du quotidien. Son nouveau chantier de fouilles a pour cadre les fenêtres éclairées derrières lesquelles… Impossible d’en dire plus, sachez seulement que le voyage ne fait que commencer, que la mer risque de monter et qu’il faudra sans doute sauver les meubles et les animaux d’abord. Pour cette traversée en solitaire, Michel Laubu s’entourera de deux musiciens et des partitions de Rodolphe Burger. Roulis du cœur assuré.

Blandine Dauvilaire

Les Fenêtres éclairées : Du 18 au 29/01 à 20h, aux Subsistances, 8 bis, quai Saint-Vincent, Lyon 1erwww.les-subs.com Réservation au 04 78 39 10 02. Tarifs : de 6 € à 12 €. Durée : 1h environ.

Photo Turak théâtre
 
Photo © Turak théâtre

Je, tu, île

Michel Laubu et son Turak Théâtre nous entraînent dans un nouveau voyage imaginaire, composé d'un spectacle insulaire (voir ci-dessus) et d'une exposition. Rencontre avec l'inventeur de la Turakie. 


En parallèle du spectacle présenté aux Subsistances, vous plantez le décor d’un Appartement témoin aux musées Gadagne, de quoi s’agit-il ?

C’est une “Installation pour spectateurs en promenade” dans un appartement composé de quatre espaces : une cuisine, une chambre, une salle de bains et un salon-séjour. Dans chaque pièce, des meubles ordinaires sont installés de façon décalée pour laisser naître une logique absurde et s’amuser. L’Appartement témoin vient témoigner de la vie d’un habitant, le spectacle est la reconstitution de sa vie.

Votre  théâtre d’objets plein d’humour vous permet d’entrer par une douce effraction dans l’imaginaire des spectateurs…

Il n’y a pas de préméditation dans notre travail, nous nous laissons guider par les objets. Comme un archéologue qui s’interroge à partir d’un petit morceau d’argile, nous avons recomposé un appartement à partir de nos fouilles archéologiques chez Emmaüs et dans les bennes. Par exemple, nous avons retrouvé des brosses à dents complètement tordues. Pourquoi ? Comment ? Nous avons aussi imaginé que cet habitant récupérait des guitares électriques, nous en avons intégrées dans les meubles et elles se mettent en route quand les gens s’approchent. Comme dans un jeu de piste, il faut donner des indices mais que ça reste mystérieux, pour que le visiteur mène son enquête. Un petit texte, qui pourrait être un extrait des carnets intimes de l’habitant, est remis à l’entrée du musée. Ensuite, je pense que les choses doivent fonctionner toutes seules. Certains feront des associations d’idées, d’autres trouveront ça incongru. Il y a une poésie qui peut donner envie de rêver. 

Vous plongez volontiers dans l’intimité de vos personnages imaginaires…

C’est important pour nous d’aller chercher au plus intime à travers des choses  ludiques. Nous travaillons depuis plusieurs années sur l’insularité et ce qui nous intéresse dans ce thème, étrangement, c’est l’intimité. À la fois le microcosme et les îles intérieures, ces îlots sur lesquels on se réfugie, ces souvenirs. Comme si l’océan était notre mémoire et nos souvenirs des îlots. 
 

Que souhaitez-vous partager avec les visiteurs de cette installation ?

J’espère qu’en rentrant chez eux ils regarderont leur appartement autrement. Ce qui m’intéresse, c’est d’aiguiser leur regard et par là même leur imaginaire. Avec cette installation et ce spectacle, nous invitons les gens à poser un regard tendre sur les objets, à s’ouvrir un peu, à être curieux. Quand un spectateur me dit : “depuis que j’ai vu votre spectacle je regarde ma cafetière électrique autrement… j’ai l’impression qu’elle ronfle !”, ça me fait plaisir.

Propos recueillis par Blandine Dauvilaire.


Appartement témoin (dès 7 ans) : Du 12/01 au 10/04/11 aux musées Gadagne, 1, place du Petit-Collège, Lyon 5e. Tél 04 78 42 03 61.www.gadagnemusees.lyon.fr Ouvert du mercredi  au dimanche, de 11h à 18h30. Tarifs : gratuit - 26 ans, 6 € / adulte.

Pour les enfants : 

• Fiche jeu Le safari domestique, pour explorer l’installation, disponible à la billetterie. 

• Après la visite de l’Appartement témoin, l’Espace JE, conçu par les musées Gadagne, permet d’explorer un peu plus l’univers du Turak Théâtre. Présence d’un médiateur les samedis et dimanches et tous les jours pendant les vacances scolaires, de 14h30 à 17h30.

 

04/01/2011

Nouvelles émotions

Festival de théâtre, danse, cirque - Dès 3 ans

Réunissez pendant neuf jours quatorze compagnies émergentes issues de la région Rhône-Alpes, du Nord de l’Italie, de l’Espagne, d’Allemagne et du Québec ; demandez-leur de décliner l’art du théâtre sous toutes ses facettes et vous obtiendrez un festival d’une fraîcheur enthousiasmante. Organisée par le TNG, la 5eédition de Ré-génération, ouverte à tous les publics, emprunte les chemins de traverse fréquentés par de jeunes artistes aventureux. Nos coups de cœur : En ouverture et en avant-première, Nino D’Introna présente son nouveau spectacle, Terres !, fable universelle de Lise Martin sur la quête du bonheur idéal et la soif de possession qui animent les hommes (à partir de 9 ans).

Dès 3 ans : Tian Gombau (compagnie El Teatre de l’home dibuixat) décline un théâtre d’objets riche en sentiments. Avec Pierre à Pierre, les cailloux ramassés en bord de mer se transforment en personnages attachants.

Dès 4 ans : RAS !, du Maduixa Teatre, rend hommage à Joan Miro en transformant la scène en tableau vivant, où se croisent sans un mot la danse, la vidéo, le théâtre, les lumières, dans une grande proximité avec les spectateurs.

Dès 5 ans : Artistes de cirque contemporain, Los Gingers enchaînent les acrobaties et les gags pour faire de Perlas y plumas un cabaret irrésistible.

Dès 6 ans : Avec Rosaspina, Il Teatro del Piccione revisite La Belle au bois dormant dans une scénographie  inventive, où les marionnettes déclenchent le rire et la réflexion.

Dès 7 ans : Déjà primé, Le Canard, la mort et la tulipe, du Theater Couturier et Ikkola, aborde la question de la mort avec simplicité et douceur grâce à la manipulation de marionnettes.

Dès 9 ans : À peine sortis du conservatoire, les comédiens de la Compagnie des gentils s’attaquent à Ouasmok ?, texte écrit par Sylvain Levey. La rencontre entre Pierre et Léa, deux préados qui jouent aux adultes, se révèlent aussi tendre que cruelle.

Dès 12 ans : La Fabrique fastidieuse, composée d’une comédienne danseuse et d’un comédien  musicien, nous invite à prendre un Breakfast [on the rocks]acrobatique. Pour ce couple complice et chamailleur, la table du petit déjeuner sert de tremplin à une performance bourrée d’énergie.

Dans le hall du théâtre, Chiara Trevisan propose deux spectacles de microthéâtre uniques en leur genre, pour un seul spectateur à la fois. Deux aventures minimalistes qui se déroulent dans de grosses boîtes et durent trois minutes chacune.

Enfin, cette année, le festival multiplie les rencontres avec des artistes qui viennent parler de leurs  “chantiers” en cours ou mettre en voix des écritures contemporaines (gratuit sur réservation).

Blandine Dauvilaire

Festival Ré-génération : Du 7 au 15/01 au théâtre Nouvelle Génération, Lyon 9e

Programme complet et réservation : www.tng-lyon.fr ou 04 72 53 15 15. Pass Ré-génération de 9 € à 14 €, donnant accès à un spectacle du festival, chaque spectacle supplémentaire coûtant 3 €.

Le festival rayonne dans la région : plusieurs spectacles sont aussi proposés en janvier au théâtre de Vienne et à l’Espace 600 de Grenoble.

  ROSASPINA © Massimiliano Valle

Photo : Rosaspina © Massimiliano Valle

 

Dernières limites

Danse hip-hop - Dès 8 ans

Confrontés aux limites d’une cage grillagée qui les sépare, les six danseurs de la compagnie Alexandra N’Possee explorent les contraintes et les espaces de liberté qui leur sont offerts. Solitaires ou unis, ces interprètes rageurs et graciles se déploient dans l’espace imposé, sans jamais renoncer à leur énergie vitale. Les corps et les esprits surchauffés semblent au bord de l’explosion, et c’est le souffle court que cette jeunesse se frotte aux contours d’une société qui impose sa loi. Faut-il s’affranchir des limites pour atteindre le bonheur convoité ? Martine Jaussen et Abdennour Belalit signent une pièce forte, où le hip-hop enrichi de break dance et de funk nous questionne tous.

Blandine Dauvilaire

No(s) limit(es) : Séances Complices* le 5/01 à 15h, le 8/01 à 15h et à 19h30, à la Maison de la danse de Lyon, 8, avenue Jean-Mermoz, Lyon 8e. Tél. 04 72 78 18 00. www.maisondeladanse.com 

*Durée 1h, réservée aux enfants de 5 à 13 ans accompagnés d’un adulte, placement libre. Tarifs : 7 €, 12 € ou 15 €.

 

21/12/2010

Réserves naturelles

Exposition - Dès 6 ans 

600 objets exceptionnels appartenant aux collections du musée des Confluences sont présentés au Musée gallo-romain de Lyon. Conçue comme une plongée dans les réserves généralement interdites au public, l’exposition permet d’admirer une sélection de fossiles, météorites, momies, masques africains, monnaies océaniennes, et même, fait rarissime, une partie du squelette du camarasaurus, dinosaure unique en Europe (présenté ici en pièces détachées). Les visiteurs sont invités à déambuler entre les grandes étagères surchargées qui représentent tous les départements des collections ; à découvrir de façon interactive, grâce à une tablette tactile mobile, l’histoire de ce musée et ses petits secrets.

Blandine Dauvilaire

Le musée des Confluences dévoile ses réserves : Jusqu’au 8 mai, au Musée gallo-romain, 17, rue Cléberg, Lyon 5e. Tél. 04 72 38 49 30. Renseignements :www.museedesconfluences.fr  Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h. Tarifs : gratuit -18 ans, 7 € / adulte. Gratuit pour tous le jeudi.

 

Underground d'avant-garde

Exposition - Dès 6 ans

Le musée de l’Imprimerie présente un panorama des affiches accrochées dans les transports publics britanniques entre 1913 et 1970. Grâce à elles, le métro puis les gares se sont transformés en galeries d’art incitant les voyageurs à découvrir banlieues, parcs ou villes côtières.

En faisant le choix d’artistes inspirés par des avant-gardistes comme Duchamp, Derain, Van Gogh, ou encore par le fauvisme ou le cubisme, Franck Pick, administrateur de ces campagnes d’affichage aux couleurs vives, a contribué à créer un véritable style impertinent et élégant, très éloigné de l’austérité typographique qui régnait alors.

Bouleversant du même coup les techniques d’impression qui ont dû s’adapter à la couleur, ces images n’ont perdu ni charme ni efficacité. Elles sont les témoins d’une identité urbaine qui persiste encore de nos jours.

Pour les enfants, un atelier de création de logo est proposé le 20 décembre de 14h à 17h. Le musée propose ainsi aux jeunes visiteurs de tester la typographie imaginée en 1916 pour le métro de Londres et encore utilisée aujourd’hui !

Julie Banos

Art pour tous : Jusqu’au 13 février, au musée de l’Imprimerie, 13, rue de la Poulaillerie, Lyon 2e, 04 78 37 65 98. www.imprimerie.lyon.fr. Du mercredi au dimanche, de 9h30 à 12h et de 14h à 18h. Tarifs : 3 € et 5 €.

  

Grand frisson

Expositions / animations - Dès 3 ans

Cet hiver, le domaine de Lacroix-Laval prend des allures de Grand Nord en rendant hommage aux explorateurs qui nous font tant rêver. Dès l’entrée du château, nous voici plongés dans l’ambiance d’un igloo, que décorent 37 dessins originaux de Paul-Émile Victor. Manchots, ours brun et caribou guident nos pas vers la grande salle, où Sébastien Dos Santos Borges, qui a bouclé cet été son premier tour du monde sur le cercle polaire, a reconstitué ses différents hébergements avec son matériel d’expédition. Un campement nomade avec une tente alaskan ; un village d’hiver avec des tentes géodésiques résistantes aux grands vents et grands froids (- 40°C à - 60°C) ; et son fameux traîneau sous lequel il s’abrite pour dormir en cas de blizzard. Tandis que plusieurs films retracent son périple, l’aventurier s’est installé dans le parc avec ses chiens de traîneaux, pour animer des ateliers qui passionneront les plus jeunes. Découverte des chiens nordiques, initiation à la préparation de l’attelage, recherche d’empreintes d’animaux sauvages, récits de ses aventures… Un moment rare et passionnant.

Blandine Dauvilaire

Lacroix-Laval au Grand Nord : Jusqu’au 9 janvier, domaine de Lacroix-Laval à Marcy-l’Étoile. Tél. 04 78 87 87 00. www.lacroix-laval.com Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 17h45, accès libre. Ateliers et animations sur réservation au 04 78 87 65 65. Tarif : 1,50 € / enfant.

Photo : Sébastien Dos Santos

 

Profession explorateur 

Originaire d’Annecy, Sébastien Dos Santos Borges (38 ans) a parcouru en 29 mois 25 137 km sur le cercle polaire, depuis la Mongolie jusqu’à l’Islande, avec ses douze chiens nordiques. Rencontre avec un aventurier généreux.  

Comment est née votre vocation ?

Ce sont les chiens qui m’ont poussé vers ces terres boréales. En 1999, j’ai recueilli une boule de poils, un husky de Sibérie, et j’ai voulu savoir d’où il venait. J’ai constitué mon premier attelage avec huit chiens récupérés à la SPA et je suis parti dans le Grand Nord canadien avec mon appareil photo.

Ce sont des chiens très attachants…

Les chiens nordiques sont particuliers. Ils sont très résistants et sauvages, mais ils sont aussi proches des hommes et ont un contact intéressant. Certains de mes chiens sont croisés avec des loups, j’ai des crocs-blancs et des crocottes.

Quel est votre meilleur souvenir dans le Grand Nord ?

Quand on est seul sur la banquise avec douze chiens en attelage, on entend juste le crissement des patins sur la glace qui craque, avec des aurores boréales en toile de fond… C’est un grand moment. J’ai rarement eu autant cette sensation de liberté. 

Pourquoi cette exposition ?

Je suis un solitaire dans l’âme, mais rencontrer des gens, parler du Grand Nord, des ours polaires, ça rapproche tout le monde. Si j’arrive à les faire rêver je serai heureux. Je dis toujours  aux enfants : si vous avez un rêve, foncez ! Même si c’est l’élevage d’escargots de Bourgogne, faites-le, au moins pour vous réveiller le matin avec le sourire aux lèvres. Donnons à nos rêves toute l’ambition qu’ils méritent.

Quels sont vos projets ?

Le 2 février 2011, je pars relier l’Arctique à l’Antarctique via le continent américain, puis je vais faire le tour du cercle polaire antarctique. Début mars, Arte diffusera mon film sur mon premier tour du monde. J’ai aussi un livre pour enfants en préparation. J’adore revenir pour mieux repartir.

Propos recueillis par Blandine Dauvilaire.

Pour en savoir plus : www.reves-nomades.fr

 

Have fun !

Cinéma - Dès 5 ans

L’humour anglais est à l’honneur à l’Institut Lumière, avec la projection de quatre films d’animation à déguster sans modération. Chaque projection est précédée d’une présentation et un goûter est offert aux enfants entre les séances. Au programme :

James et la pêche géante de Henry Selick, ce voyage initiatique est adapté d’un texte de Roald Dahl et produit par Tim Burton. (1h19, dès 5 ans).

Chicken Run de Peter Lord et Nick Park, la révolte d’un poulailler qui tente d’échapper à une terrible menace, par les créateurs de Wallace et Gromit. (1h25, dès 6 ans).

Souris City de David Bowers et Sam Fell, les aventures trépidantes de deux rats que tout sépare, par les studios Aardman et Dreamworks. (1h20, dès 6 ans).

Wallace et Gromit : le mystère du Lapin Garou de Nick Park et Steve Box, le célèbre duo se lance à la poursuite d’une drôle de créature. (1h25, dès 6 ans).

Blandine Dauvilaire

Du 21 au 30 décembre à l’Institut Lumière, 25, rue du Premier-Film, Lyon 8e. Tél. 04 78 78 18 95. Tarif : 3 € / personne.

 

15/12/2010

Tempête de rires

Opéra clownesque - Dès 8 ans

Dans la vie il y a deux sortes de clowns : ceux que vous connaissez déjà et Slava Polunin. Fondateur du théâtre Licedei de Saint-Pétersbourg, cet enfant terrible enfermé dans un corps d’adulte a déclaré la guerre à la morosité. Considéré par certains comme le “meilleur clown du monde”, il enthousiasme la planète avecSlava’s snowshow, spectacle impitoyable pour les zygomatiques. Dans son univers délirant, un commando burlesque transforme les flocons en tempête de neige, dégaine des bulles de savon, capture les spectateurs dans une toile d’araignée géante, le tout sur une musique trépidante. On rit, on rêve, on se laisse contaminer par une douce folie, portés par la poésie éphémère de ces clowns généreux.

Blandine Dauvilaire

Slava’s snowshow : Du 15/12 au 1er/01 au théâtre des Célestins, 4, rue Charles-Dullin, Lyon 2e. Tél. 04 72 77 40 00. www.celestins-lyon.org Tarifs : de 7,50 € à 33 €. Durée : 1h30 avec entracte.

 

Deux bonnes raisons d'aller au TNP  

Théâtre - Dès 8 et 12 ans

> Pour découvrir la nouvelle version de La Jeanne de Delteil. Créée en 1995 et enfin reprise au TNP, la pièce de Christian Schiaretti retrace l’épopée de Jeanne d’Arc, depuis la naissance jusqu’au bûcher. Adapté par Jean-Pierre Jourdain, le texte savoureux de Joseph Delteil est confié à la comédienne Juliette Rizoud, qui, seule en scène, campe une Jeanne généreuse et charnelle. Privilégiant l’épure, la mise en scène donne vie au plateau nu en utilisant tous les accessoires entassés en coulisse. D’une inventivité remarquable, ce spectacle dessine la figure complexe et attachante de l’héroïne.

> Pour rire et rêver avec Don Quichotte. En adaptant le roman de Cervantès, Jean-Pierre Jourdain espère faire (re)découvrir ce personnage à  l’imaginaire galopant, qui transforme la réalité en aventures de cape et d’épée. Pour mettre en lumière l’optimisme forcené de ce héros populaire qui réinvente le monde, la mise en scène de Christian Schiaretti devrait s’appuyer sur un plateau dépouillé où les comédiens bricolent et détournent le réel en direct. Riche en rebondissements, ce premier épisode s’annonce haletant.

Blandine Dauvilaire

La Jeanne de Delteil : Dès 12/13 ans. Jusqu’au 18/12 à 20h, sauf le 12/12 à 16h. Durée : 1h20.

Don Quichotte (création) : Dès 8 ans. Du 21 au 30 décembre à 19h ou 14h30. Durée : 1h. 

Au petit théâtre, derrière le TNP, rue Louis-Becker à Villeurbanne. 
Tél. 04 78 03 30 00. www.tnp-villeurbanne.com Tarifs : de 13 € à 23 €. 

 

Esprit rock es-tu là ? 

Exposition - Avec des ados

Avec l’exposition Sympathy for the devil, clin d’œil au titre incontournable des Rolling Stones, une trentaine d’artistes réunis à la MLIS invoquent les légendes subversives des sixties autour d’un ensemble de créations creusant les sillons du vinyle. 

La face A de l’exposition commence par une compilation d’œuvres triées sur le volet par la Galerie de Multiples à Paris. Elle associe musiciens et plasticiens qui intègrent l’objet vinyle en tant qu’héritage culturel et subliment le matériau. C’est le cas de David Monnet qui transforme un vinyle en une typographie 3D ou de l’artiste vénézuélien Jorge Pedro Nuñez qui sculpte plusieurs disques dans des formes abstraites surprenantes.

Afin d’être tout yeux, tout oreilles, la collection EN/OF propose également des extraits sonores plutôt expérimentaux, chacun lié à une œuvre plastique originale, disponibles à l’écoute.

La face B représente une peinture murale à 180 degrés, résultat d’une performance inédite exécutée par Ludovic Paquelier. Cet artiste, amateur de films d’horreur et de séries Z, a réalisé une fiction surréaliste à partir du collage d’une banque d’images autour d’un disque, qui s’avère être un objet maléfique. Il offre au spectateur la possibilité d’imaginer sa propre trame narrative en fonction de ses références culturelles et visuelles.

Pour les audiophiles avertis, direction la discothèque, au quatrième étage de la MLIS, où la plupart des extraits musicaux sont disponibles à l’emprunt au format numérique, rayon Extrémités sonores.

Florent Hornez

Sympathy for the devil : Jusqu’au 31 décembre à la MLIS (Maison du livre, de l’image et du son), 247, cours Émile-Zola à Villeurbanne. Entrée libre. Du mardi au vendredi, de 14h à 19h. Le samedi, de 14h à 18h.

 

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Une vie de chat

Cinéma - Dès 5 ans

Voir Une vie de chat est une expérience inédite, puisqu’il s’agit de l’un des tout premiers polars pour enfants, réalisé sous la forme d’un dessin animé. Zoé est une petite fille un peu triste et muette depuis qu’elle a perdu son papa. Elle trouve refuge auprès de son chat qui, quand elle dort, s’enfuit par les toits pour rejoindre Nico. Une double vie assumée pour le félin, dorloté le jour dans une famille de flic - la mère de Zoé est commissaire de police - et précieux assistant d’un habile cambrioleur d’œuvres d’art la nuit. Le jour où l’affreux Victor Costa et sa bande décident de voler la statue géante du Colosse de Nairobi, la vie de Zoé sera en danger. Sa mère va donc devoir mener l’enquête pour sauver sa fille. L’aventure est rocambolesque mais on la suit sans ciller, portés par le magnifique univers visuel et musical, référence aux films noirs américains des années 40 et 50. Des ombres portées, des plans décadrés, des perspectives hallucinantes nous plongent dans un Paris parfois rêvé, au son d’un jazz très inspiré. Une belle aventure, pas complètement morale (tant mieux), précédée par La Queue de la souris, un court métrage lui aussi d’un graphisme époustouflant.

Véronique Le Bris

De Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli. Durée 1h10.

Sortie le 15 décembre. Ciné-goûter le 15/12 à 14h, dès 6 ans, au cinéma Comœdia, Lyon 7e, 04 26 99 45 00. Film suivi d’un atelier jeux.

 

 

 

08/12/2010

Douce nuit

Concert - Dès 5 ans

À l’approche des fêtes, les enfants de la Maîtrise de l’Opéra de Lyon unissent leurs voix pour faire résonner les chants traditionnels de Noël. Accompagnés par les musiciens de l’orchestre, sous la direction musicale de Karine Locatelli, ils entonneront Douce nuitWhite ChristmasJingle Bells, ainsi que des extraits de Britten, Purcell et Saint-Saëns. De quoi patienter avant  l’arrivée du Père Noël.

Blandine Dauvilaire

Les Noëls du monde :

• Les 12 et 19/12 à 16h, à l’église Saint-Bonaventure, Lyon 2e. Tél. 0 826 305 325. www.opera-lyon.com Tarifs : de 10 € à 16 €. Durée : 1h.

• Le 17/12 à 20h30 au théâtre de Vénissieux. Tél. 04 72 90 86 68. 

www.theatre-venissieux.fr Tarifs : de 8 € à 18 €. Durée : 1h.

 

Fjord © Olaf Otto Becker
Hymne à la nature

 Anniversaire Exposition - En famille

Engagée bien avant l’heure dans une démarche de développement durable, l’agence lyonnaise d’architectes et d’urbanistes Tekhnê, dirigée par Christian Charignon, fête ses 20 ans. L’occasion ou jamais de jeter un coup d’œil admiratif dans le rétroviseur de ces précurseurs, à qui l’on doit des projets pilotes comme le quartier d’habitation écoconstruit des Hauts de Feuilly à Saint-Priest ; le lycée Sampaix de Roanne (premier établissement scolaire de Rhône-Alpes certifié haute qualité environnementale) ; ou encore le projet d’école 
basse consommation, en cours de construction à Montrottier, qui vient d’être primé par l’Ademe. 

Consciente du chemin qui reste à parcourir à tous les échelons de la cité pour préserver l’environnement, l’agence Tekhnê profite de cet anniversaire pour partager ses convictions avec le grand public. Loin des discours accablants qui font généralement culpabiliser les foules, l’agence a choisi de marquer les esprits en beauté, en exposant ses projets, ainsi que les superbes photos d’Olaf Otto Becker. Depuis plusieurs années, l’artiste allemand sillonne la côte Ouest du Groenland pour témoigner des changements climatiques. Les quinze grands formats présentés à Lyon, issus des séries Broken lines et Above 0, sont autant de fenêtres ouvertes sur une nature sauvage, où les icebergs moirés se découpent sur un ciel immense, où la banquise se disloque en éclats de miroir, laissant apparaître le ruban vaporeux de nouvelles rivières. Puissantes et fragiles à la fois, ces images oniriques capturées par un œil sensible, viennent frapper à la porte de nos consciences. Une exposition indispensable, pour que ces paysages grandioses ne se transforment pas définitivement en souvenirs photographiques.

Blandine Dauvilaire

Tekhnê invite Olaf Otto Becker : Jusqu’au 18 décembre, 43, rue des Hérideaux, Lyon 8e. Exposition ouverte de 13h à 19h en semaine, de 12h à 18h le samedi. 

Demande d’infos : 20ans@tekhne-architectes.com

 Photo © Olaf Otto Becker 

 

 

Nanouk l'esquimau

 

Ciné-Concert - Dès 6 ans

Il a fallu presque deux ans à l’explorateur Robert Flaherty pour tourner ce film commandé par les fourreurs parisiens Révillon, et considéré depuis comme le premier documentaire de l’histoire du cinéma. En 1919 et en 1920, le réalisateur a suivi pas à pas, et au fil des saisons, la vie quotidienne de Nanouk et de sa famille dans le Grand Nord canadien, au bord de la baie d’Hudson. Cette vie quotidienne est alors constituée de pêche, de chasse, de construction d’igloos, de jeux avec les enfants, de déplacements en pirogue ou en traîneaux à chiens, d’une existence errante en permanence ponctuée par la recherche de moyens d’assurer la survie dans des conditions naturelles extrêmement difficiles. Ce qui n’empêche pas d’en rire, comme dans la scène burlesque de pêche où Nanouk devient la marionnette sur glace d’un phoque qui se débat. On a beaucoup reproché à Flaherty d’avoir “dramatisé” l’action de son film, d’avoir tordu la réalité ou fait rejouer des scènes quand cela était nécessaire à la narration. Cette distance prise avec le réel donne aujourd’hui toute sa puissance à ce témoignage exceptionnel et facilite, pour les plus jeunes, la compréhension d’une aventure incroyable. Ceux-ci auront même l’occasion de découvrir ce film en musique, accompagné du groupe de percussions et vents Baron Samedi. Un ciné-concert de saison, rafraîchissant, qui met à la portée de tous l’un des plus émouvants classiques du cinéma.

Véronique Le Bris

Nanouk l’esquimau : Le 11 décembre à 17h. Amphi Opéra de Lyon. Tél. 0826 305 325.

 

Show et lumières

Festival - En famille

Si la Fête des lumières fait la joie des badauds, elle peut vite se transformer en parcours du combattant pour les familles équipées de poussettes et de lutins à petits pieds.
À ces derniers, nous recommandons une déambulation peut-être un peu moins spectaculaire que les animations proposées place des Terreaux (avec une fontaine Bartholdi transfigurée) ou place des Célestins (dont le théâtre va se mettre à twister grâce au morphing lumineux), mais à coup sûr plus poétique.
Au parc de la Tête d’Or par exemple, la compagnie Carabosse invite à flâner dans un jardin balisé de torches, boules de feu et braises hypnotisantes. Entre les ponts Wilson et Guillotière, une dizaine de tipis colorés, dont s’échappe parfois de la fumée, viennent chatouiller l’imagination des aventuriers.
Autour de la passerelle du collège, Sébastien Lefèvre a semé un champ d’éoliennes aux allures de fleurs géantes, dont les pales changent d’intensité.
La place Lyautey se laisse envahir par une forêt de cercles multicolores. La passerelle Saint-Vincent accueille une procession géante de parapluies bien mystérieux.
Clin d’œil au jeu vidéo Space Invaders, la montée de la Grande-Côte dévoile une armée de créatures fluo qui clignotent en chœur. Un peu plus haut, sur l’esplanade du Gros-Caillou, un œuf étincelant de six mètres de haut aspire les visiteurs qui s’en approchent… La magie s’invite dans ces installations impressionnantes, les nouvelles technologies se plient aux désirs des artistes, mais l’humain n’est jamais loin. Ainsi le Karnaval Humanitaire (151, boulevard de la Croix-Rousse) organise cette année un spectacle d’ombres basé sur un conte africain, qui permet aussi de soutenir un projet en faveur du Burkina Faso.
À la Cité internationale, ce sont les personnages fantastiques de la compagnie Zanka, juchés sur des échasses, qui entrainent les spectateurs dans une parade de lumière riche en surprises.

Blandine Dauvilaire

Fête des lumières : Du 8 au 11 décembre, dès 17h. Programme complet : www.fetedeslumieres.lyon.fr Tél. 04 72 10 30 30.

 

 



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